BCA Research | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/bca-research/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 07 Jan 2026 21:15:20 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png BCA Research | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/bca-research/ 32 32 IA en Bourse : alerte à la bulle ou simple pause du marché ? https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/ia-en-bourse-alerte-a-la-bulle-ou-simple-pause-du-marche/ Wed, 07 Jan 2026 11:03:32 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111669 Pour Alpine Macro, les fondamentaux demeurent solides et la tendance haussière pourrait se prolonger.

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Les craintes d’implosion d’une bulle financière de l’intelligence artificielle (IA) se multiplient, mais Alpine Macro, de Montréal, juge qu’on est encore loin d’un tel moment. Le marché haussier peut se poursuivre encore longtemps.

Les alertes d’orage sur le marché de l’IA se sont multipliées ces derniers temps. Par exemple, deux universitaires de l’Université Yale repèrent des signes troublants.

Tout d’abord, les ententes croisées qui ressemblent à des labyrinthes de surinvestissement abondent, une concentration qui hausse les risques de contagion. « En moins de trois ans, OpenAI est passé du statut de jeu de société à un pilier de l’économie globale », écrivent les deux chercheurs de Yale, OpenAI ayant signé le 1er octobre dernier une entente de 500 milliards de dollars (G$) avec Samsung pour le projet Stargate.

Au cours du Yale Chief Executive Leadership Institute CEO Summit de juin 2025, 40 % des 150 chefs de direction présents ont soulevé d’importantes réserves à l’endroit de l’exubérance AI, « jugeant qu’une correction est imminente », écrivent les auteurs de Yale.

Analyste vedette chez Groupe RBC, Kelly Bogdanova prévoit qu’après les hausses massives de profits de 2023 et 2024, les taux de croissance entre les Magnificent Seven et le reste du marché sont appelés à converger en 2026.

La firme d’analyse BCA Research, de Montréal, vient de publier une étude qui, le 15 décembre, a trouvé écho dans MarketWatch, bulletin financier du Wall Street Journal. Elle annonce une déconfiture de la bulle IA dès 2026. Poursuivant sur la lancée de Kelly Bogdanova, BCA fait observer que l’idée d’une hausse soutenue des profits des firmes technologiques va paraître très chancelante au début de 2026. Le morcellement de l’idée IA va heurter de plein fouet un secteur techno où le niveau des bénéfices par action est de 22,6 comparé à une médiane de 18 pour l’ensemble du S&P 500.

Autre point de vue montréalais

Tout le monde ne partage pas cet avis. Une autre firme de Montréal, Alpine Macro, a également vu MarketWatch donner écho à sa vision, une vision plus optimiste toutefois de la course financière de l’IA. Chef des stratégies quantitatives chez Alpine Macro, Henry Wu considère que, jusqu’à ce jour, les risques sont contenus et ne devraient pas faire dérailler le train IA.

Henry Wu traite de trois sujets anxiogènes liés à l’IA. Tout d’abord, face à l’objection fréquente que l’investissement en IA est démesuré et rappelle les excès de la bulle techno de 2000, il fait remarquer que, comparativement à la tendance courante des investissements, ceux qu’on observe en IA ne sont que légèrement supérieurs à ceux de 2000. Alors que les investissements en technologie ont bondi d’environ 4,6 % du PIB américain à 6,5 % de 1995 à 2000, depuis 2023 le saut est d’à peine trois dixièmes de points de pourcentage du PIB. « Nous sommes encore tôt dans la course », dit Henry Wu.

Une autre facette de la hausse des investissements tient au fait qu’elle a été financée surtout à partir des encaisses gigantesques des sociétés technologiques, ne représentant en 2025 que 38 % des trésoreries. Par ailleurs, l’endettement obligataire des sociétés technologiques ne représente qu’environ 3,5 % du marché obligataire total, alors qu’il s’est élevé à 12 % en 2000.

Quant au « labyrinthe » des investissements que dénonce l’analyse de Yale, Alpine Macro n’y voit rien de tel. « Les entreprises de l’IA sont souvent le mieux habilitées pour évaluer les risques et bénéfices de leurs partenaires en amont et en aval », note Henry Wu.

Plusieurs observateurs dénoncent la rapide dépréciation des puces IA qui mine la réelle profitabilité des leaders du secteur. Ces derniers annoncent des dépréciations sur cinq à six ans, alors que le cycle d’apparition des nouvelles puces est de trois ans ou moins. C’est une situation qui n’émeut pas Henry Wu. « La dépréciation des puces est économique, dit-il, et ne tient pas à une détérioration des composantes. La capacité de traitement des puces antérieures ne décline pas parce qu’une nouvelle puce fait son apparition. Ce sont les prix qui tombent avec l’apparition de produits plus efficients. »

Enfin, les marchés s’inquiètent d’un nouvel événement DeepSeek, le modèle de langage chinois très économique qui a traumatisé tout le monde au début de 2025. Alpine Macro ne s’en émeut pas non plus. Si un tel événement se produit à nouveau, ce sera simplement une occasion de réinvestir sur un fléchissement des marchés, comme ce fut le cas en janvier 2025.

Henry Wu ne nie pas la possibilité d’une « bulle IA ». En fait, il juge que sa probabilité est élevée, « mais nous sommes tôt encore dans le gonflement de cette bulle », dit-il. C’est la même conclusion à laquelle arrive Deutsche Bank, l’analyste Brian Cox affirmant que, même si nous avons affaire à une bulle, elle est encore jeune. En se retirant prématurément, les investisseurs risquent de renoncer à des gains potentiels.

Qu’en est-il du vrai marché?

Une question demeure : le marché des applications de l’IA chez les consommateurs et les entreprises justifiera-t-il la masse des investissements en cours. Henry Wu le croit et note que les ventes tant chez Open AI que chez Anthropic atteignaient les 10 G $US en 2025.

Est-ce suffisant? La question reste ouverte — et inquiétante. Une récente étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a montré que sur un sondage récent de 52 entreprises, 95 % ont annoncé un rendement de zéro sur leurs investissements en IA d’environ 35 G $US dans 300 projets différents.

Alpine Macro, un trésor caché de Montréal

Sise au 666 rue Sherbrooke à Montréal, la firme de recherche en investissement mondial Alpine Macro occupe peu de place au Québec, mais son empreinte internationale est très large.

Fondée en 2017 avec six employés, la firme en compte aujourd’hui une cinquantaine, avec une équipe essentielle d’environ 25 stratèges et analystes. « Le Québec compte pour environ 1 % de notre activité, cependant nous couvrons plus de 70 pays », affirme Arun Kumar, chef de la direction d’Alpine. C’est ce qui explique l’absence presque complète de stratèges francophones issus du Québec, juge le dirigeant. « Nous recrutons dans tous les marchés que nous couvrons », ajoute-t-il, ce que les noms des stratèges illustrent éloquemment : Yan Wang, stratège en chef des marchés émergents et de la Chine, Harvinder Kalirai, stratège en chef du revenu fixe et des devises, Bassam Nawfal, stratège en chef de l’allocation des actifs.

La perspective est globale et tous les secteurs s’y retrouvent : des denrées de base à l’intelligence artificielle, de l’énergie aux marchés émergents, des obligations américaines aux stratégies quantitatives.

Cette pépinière de cerveaux analytiques se rattache à un fil conducteur unique : Anthony Boeckh, co-fondateur d’Alpine, mais aussi fondateur de cette autre firme montréalaise d’analyse globale, BCA Research, où il a été actif pendant 34 ans avant de fonder Alpine. Pas surprenant qu’on trouve chez Alpine plus d’une dizaine de transfuges de BCA. Aujourd’hui encore, âgé de plus de 80 ans, Anthony Boeckh participe chaque semaine aux rencontres de recherche.

Arun Kumar ne veut pas s’étendre sur les différences qui distinguent Alpine de BCA. Il se contente d’indiquer qu’Anthony Boeckh « voulait recréer ce que BCA Research était à ses débuts ». Il note aussi en passant qu’Alpine vise à présenter à sa large clientèle une vision « maison » unifiée alors que BCA présente une approche « par silo », où différents analystes peuvent être en contradiction les uns avec les autres.

En juin 2025, Alpine est devenue un joueur de niche au sein de la grande famille de la firme londonienne Oxford Economics, qui a acquis un intérêt majoritaire dans la firme de Montréal. Oxford abrite un personnel de 840 employés dispersés entre 20 bureaux mondialement. Alors qu’Oxford est spécialisée en études et prévisions économiques, Alpine contribue une expertise de stratégie financière mondiale.

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Corrélation entre actions et obligations https://www.finance-investissement.com/edition-papier/nouvelles-edition-papier/correlation-entre-actions-et-obligations/ Wed, 15 Jun 2022 04:16:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=87441 Une notion à revoir.

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Voilà près de 25 ans que la corrélation entre actions et obligations se détériore, les deux catégories d’actifs évoluant de plus en plus en tandem, alors que l’une devrait compenser l’autre. Cette corrélation positive arrive-t-elle à son terme ? Va-t-on bientôt revoir les obligations offrir une résistance à des marchés boursiers en baisse?

La corrélation faible ou négative entre actions et obligations est un diktat fondamental de la composition d’un portefeuille. Selon l’idée reçue, lorsque les actions fléchissent, les obligations résistent et tiennent la profitabilité du portefeuille à flot; quand les actions planent, les obligations faiblissent et s’estompent à l’arrière-plan.

C’est sur cette base que l’on conseille à tous les investisseurs de construire un portefeuille « équilibré » dont la répartition entre actions et obligations oscille autour de 50/50. Aujourd’hui, cette proposition fondamentale ne tient plus la route.

Pendant près de 30 ans à partir de 1966, selon BCA Research, de Montréal, la corrélation entre actions et obligations est passée en territoire négatif, ce qui a aidé à fonder la théorie moderne des portefeuilles. Cette corrélation négative a également prévalu pendant la majeure partie du 20e siècle. Quand les actions dans un portefeuille baissaient, les obligations le tenaient à flot, et vice versa.

Or, depuis 1997, la corrélation entre les deux catégories d’actifs s’accroît sans cesse et, aujourd’hui, les deux catégories évoluent souvent en tandem. Pire, les obligations offrent un rendement négatif qui f léchit en même temps que le prix des actions s’effondre.

Un leurre

Cette idée d’une corrélation actions/obligations est un leurre, juge Yanick Desnoyers, vice-président et économiste principal chez Addenda Capital, à Montréal. « La corrélation entre les actions et les obligations est un événement fortuit qui caractérise seulement à un niveau très superficiel l’évolution des prix des deux actifs. La communauté financière parle de corrélation, mais les économistes parlent plutôt de causalité. »

En fait, explique l’économiste, les deux catégories d’actifs obéissent à des impératifs économiques bien distincts qui, parfois, peuvent faire qu’elles sont corrélées, et d’autres fois, qu’elles ne le sont pas. Il n’y a aucune loi d’airain qui commande qu’actions et obligations doivent évoluer dans des directions divergentes. Quand les conditions économiques et financières le commandent, leur corrélation augmente, comme c’est le cas présentement de façon très aiguë; et quand les conditions en décident autrement, leur corrélation décroît.

Ainsi, Yanick Desnoyers désigne trois variables qui dictent les relations « corrélées » ou « décorrélées » entre actions et obligations : accélération ou décélération économique, hausse ou baisse de l’inflation, montée ou descente des taux directeurs des banques centrales. « La corrélation dépend du contexte économique, affirme l’économiste. C’est pour ça que plusieurs se sont fait prendre depuis le début de l’année. »

Par exemple, dans un cas de décélération économique et de hausse de l’inflation, la « corrélation » s’accroîtra; cependant, si l’économie accélère et que l’inflation baisse, la « corrélation » s’amenuisera. Tout tient à la façon dont l’inflation et le ralentissement économique font anticiper une détérioration de la valeur future des rendements et influent sur les prix des actifs.

« Sans inflation, et même s’il y a récession, un portefeuille classique 60/40 va gagner, explique Yanick Desnoyers. Les actions baissent, mais les obligations se portent bien : la corrélation est faible. Ajoutez l’inflation, et on voit les deux actifs baisser : la corrélation se renverse. »

La troisième variable, celle du taux directeur des banques centrales, est appelée à faire basculer la forte « corrélation » actuelle. « Il se peut qu’elle dure encore un peu, pense l’économiste. Cependant, elle va s’inverser avec une récession, quand les taux directeurs seront assez hauts pour mater l’inflation. À ce moment-là, la banque centrale va baisser ses taux, ce qui va améliorer le rendement des obligations, qui vont compenser les pertes du marché des actions. »

Ainsi, Yanick Desnoyers attend que le taux directeur de la Réserve fédérale américaine atteigne 4,5 %. Ce sera le moment de replonger dans le marché des obligations, un peu avant que le taux directeur atteigne ce sommet cyclique.

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