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Évidemment, pour que la « mayo pogne », comme on dit, il faut ajouter un peu de mortier pour nous permettre de nous lier davantage. Je vous confierai donc qu’avant même d’être un investisseur immobilier, j’ai été un multi entrepreneur. Dans des domaines qui n’avaient absolument rien à voir avec la brique et le mortier, justement. J’ai distribué les journaux, effectué des livraisons à vélo, possédé une compagnie de pavage et d’asphaltage, été propriétaire d’un garage et d’un salon de bronzage, tout cela avant l’âge de 35 ans.

Les compétences transversales, ça me connaît. J’ai donc pris cet énorme sac d’apprentissages professionnels, je l’ai brassé bien comme il faut et je m’en suis créé un job sur mesure; investisseur immobilier.

Créatif de nature, je n’ai pas hésité à voir des solutions là où d’autres ne voyaient que des problèmes. J’ai défoncé (littéralement, dans certains cas) toutes les portes qui refusaient de s’ouvrir devant moi. Dans d’autres occasions, je les ai empêchées de se refermer. Comme la fois où une cliente voulait me pousser vers la sortie de son domicile et plutôt que de la laisser faire, j’ai sournoisement attrapé le bâton de hockey de son fils qui traînait dans le vestibule et je l’ai tenu à l’horizontale devant moi comme un bouclier. Tout en continuant de discuter des performances sur glace de son héritier, j’ai réussi à l’empêcher de me foutre à la porte. Mieux encore, nous avons fini par conclure une transaction ensemble.

Il y a aussi l’épisode de la tempête de neige durant lequel j’ai fini par cacher l’enseigne « à vendre » d’un plex que je venais de dénicher et que je voulais éviter de me voir filer entre les doigts durant mon absence à l’extérieur pour les prochains jours.

Plus souvent qu’autrement, ces stratégies se sont révélées payantes. À un point tel que je me spécialise aujourd’hui dans la détention d’immeubles à revenus, plus précisément les immeubles à fort potentiel, comme je les surnomme affectueusement. La famille est grande. Elle totalise désormais près de 1 000 portes locatives.

À l’instar de Maurice Richard face à un filet, je ne rate jamais une occasion de marquer des points. J’ai même su tourner à mon avantage le fait d’avoir grandi dans un demi-sous-sol humide d’un quartier mal famé de Saint-Hubert. Je n’ai jamais oublié ces hommes qui venaient parader chaque premier du mois pour récolter l’argent de leurs loyers. Ils ont été ma première motivation à percer cet univers où s’enchaînent les transactions immobilières.

Sinon, qu’est-ce qui incite les gens à faire le saut du côté de la brique ? En réalité, la bonne question serait plutôt : qu’est-ce que vous attendez pour vous lancer ? Le père de l’immobilier au Québec, Jacques Lépine, m’a un jour dit « Jocelyn, fais bien attention de ne pas rester pris dans la paralysie de l’analyse ». Les deals parfaits n’existent pas. Ce sont les investisseurs immobiliers qui les rendent parfaits.

Pour bien comprendre le secteur dans lequel plusieurs de vos clients sont déjà actifs, nous couvrirons dans cette série de chroniques ces différents véhicules d’investissements immobiliers :

  • Les immeubles locatifs
  • Les flips
  • La location avec option d’achat
  • Les marchés dispensés et les fiducies de placements immobiliers (REIT)
  • Les investissements en partenariat
  • Le prêt privé

L’investisseur en série hyperactif que je suis a eu la chance de se perfectionner dans chacun de ces domaines au cours des quinze dernières années.

C’est bien beau savoir où déposer ses billes, mais encore faut-il que vous appreniez à les faire fructifier. Cela signifie de savoir où, quand, comment dénicher ses immeubles et plus important encore, quoi en faire au terme de votre cycle d’investissement.

Paris n’a pas été bâtie en un jour. Rome non plus et encore moins mon parc immobilier. Les grandes réalisations prennent du temps à naître. Mais, une chose est certaine. Elles n’auraient jamais vu le jour si quelqu’un n’avait pas commencé par en déposer la première brique.

Texte rédigé par Jennifer Blanchette.