titrisation privée | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/titrisation-privee/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Thu, 02 Apr 2026 12:28:10 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png titrisation privée | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/titrisation-privee/ 32 32 Optimum offrira un fonds inédit aux investisseurs accrédités https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/optimum-offrira-un-fonds-inedit-aux-investisseurs-accredites/ Mon, 13 Apr 2026 10:24:35 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113018 Il permettra aux investisseurs d’accéder au marché des titres liés aux risques d’assurance.

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Le 30 juin prochain, Optimum Gestion de placements lancera un nouveau fond d’un caractère inédit au Canada : un fonds composé d’investissements liés à l’assurance (ILA), mieux connus sous leur acronyme anglais ILS (Insurance-Linked Securities).

Ces instruments financiers partagent certaines caractéristiques structurelles avec d’autres produits bien établis. On peut, par exemple les rapprocher des fameux titres adossés à des hypothèques (MBS ou Mortgage Backed Securities), qui ont suscité bien des dommages lors de la crise financière de 2008, et plus près de nous, on peut les comparer aux obligations adossées à des prêts bancaires (CLO, ou Collateralized Loan Obligations). Ces similitudes demeurent toutefois essentiellement structurelles tandis que leur nature de risque et leur objectif économique sont différents.

Marché en croissance

Tout comme ces véhicules, les ILA sont des portefeuilles principalement composés d’obligations qui sont en fait des contrats d’assurance et de réassurance titrisés (c’est-à-dire qu’ils peuvent être transigés gré à gré comme toute obligation classique), explique François Bourdon, président d’Optimum. Selon le site Artemis.bm, ce marché des ILA est apparu au cours des années 1990, mais a pris son envol au lendemain de la crise financière de 2008.

Toujours selon Artemis, les actifs totaux du marché des ILA s’élevaient à 205 milliards de dollars américains (G$ US) à la fin de 2025. Cette même année a d’ailleurs enregistré un niveau record d’émissions, soit 25,6 G$ US répartis sur 122 contrats.

Le marché se divise en trois groupes principaux :

  • Les commanditaires, qui regroupent les plus importantes sociétés de réassurance, notamment Swiss Re, Munich Re, Allstate, Liberty Mutual ;
  • Les émetteurs, généralement des institutions, surtout des banques, qui « structurent » les contrats de réassurance en obligations : Swiss Re Capital Markets, JP Morgan, Goldman Sachs, BNP Paribas ;
  • Les gestionnaires d’actifs, qui offrent aux investisseurs, principalement institutionnels, des portefeuilles d’obligations de catastrophe, ou Cat Bonds, selon le nom générique qu’on leur prête souvent. Parmi eux figurant des sociétés comme Fermat Capital Management, qui détient un des plus importants portefeuilles dans la base de données d’Artemis (9,9 G$ US), ainsi que des joueurs plus modestes comme Tenax Capital, avec 175 M$ US en portefeuille.

C’est au sein de cette dernière catégorie que s’inscrit Optimum, qui lancera son Fonds Élément Optimum ILS en collaboration avec Scor Investment Partners, l’un des dix plus importants gestionnaires d’ILA à l’échelle mondiale.

Transférer le risque

Les assureurs et réassureurs veulent diminuer leur exposition aux risques liés à des événements géologiques ou climatiques, qu’il s’agisse de tremblements de terre ou d’ouragans.

Normalement, un assureur qui signe un contrat d’assureur de 200 millions de dollars (M$) pour des immeubles exposés à des ouragans peut être appelé à débourser la totalité voire davantage en cas de sinistre majeur. Pour limiter ce risque, l’assureur va en transférer une partie à un réassureur, qui épongera une portion des réclamations si un événement se produit.

Les ILA sont un instrument financier que les assureurs et réassureurs ont mis au point pour transférer une partie de ces risques aux marchés financiers.

Le point d’attachement

Un concept majeur d’un ILA est le « point d’attachement », c’est-à-dire le seuil à partir duquel une obligation est appelée à commencer à payer pour des réclamations — en d’autres termes, le point à partir duquel l’investisseur commence à perdre rendement et capital sur son titre.

François Bourdon donne l’exemple d’un assureur fictif exposé à hauteur de 1,0 G$ en contrats d’assurance. Il pourrait prendre le risque d’assumer entièrement les premières pertes pour le premier 100 M$ et de transférer aux investisseurs le risque du prochain 200 M$ à hauteur de 20 %. Le premier point d’attachement serait ainsi de 100 M$. C’est-à-dire que l’assureur encaisserait les premiers 100 M$ de réclamations en entier et 80 % pour les prochains 200 M$. Pour une réclamation totale de 300 M$, il en paye 260 M$ et reçoit 40 M$ de ses contrats.

S’il avait un second point d’attachement à 300 M$ à un niveau de 50 %, dans ce cas, pour des réclamations de 1 G$, il paierait le premier 100 M$ en entier, pour le 200 M$ suivant, il en paierait 160 M$, recevant 40 M$ de ses contrats ; enfin pour les 700 M$ qui suivent, il paierait 350 M$ et recevrait 350 M$.

En résumé, pour des réclamations totales de 1 G$, il paye :

  • 100 M$ en entier,
  • plus 160 M$ pour la première tranche
  • et 350 M$ pour la deuxième tranche.

Soit un total de 610 M$, puisqu’il recevra 390 M$ de sa couverture.

Le point d’attachement est un des facteurs prédominants pour déterminer le rendement courant de l’ILA et le risque de perte liée à des catastrophes sur ce rendement

Rendements substantiels

Les portefeuilles qui ressemblent à celui d’Optimum produisent en général des rendements de 9 % à 11 %, soit de 6 à 8 points de pourcentage au-dessus des bons du Trésor à court terme.

Dans un portefeuille bien diversifié, si les réclamations demeurent sous le seuil de 100 M$, l’investisseur peut atteindre le plein potentiel de rendement, soit environ 11 %. Toutefois, si les réclamations franchissent les points d’attachement à la suite d’un événement significatif, le rendement pourrait être réduit à environ 7 %.

Plus les réclamations sont élevées, plus le rendement est amputé. Dans un cas de multiples sinistres majeurs, comme un tremblement de terre en Californie et un ouragan sur Miami, la perte pour une année pourrait atteindre 20 %.

« Je m’attends, projette François Bourdon, à ce qu’il y ait deux années sur dix où nous pourrons faire plus de 10 points de pourcentage au-dessus des bons du Trésor, lorsqu’il n’y a pas de sinistres significatifs ; six années avec 8 points au-dessus ; une année où les rendements équivalent ceux des bons du Trésor ; et enfin une année où nous pourrions essuyer une perte. »

« Les ILA qui offrent le meilleur compromis entre le risque et le rendement sont ceux qui ont un point d’attachement plus élevé, selon moi », ajoute-t-il.

Deux avantages reliés distinguent les ILA, fait ressortir François Bourdon :

  • une diversification accrue, puisque leur corrélation aux marchés classiques est très faible, car leur performance n’est pas liée aux facteurs habituels de profits ou de performance économique ;
  • un rendement attrayant pouvant facilement dépasser celui des obligations à haut rendement, lesquelles sont fortement corrélées aux marchés.

Par ailleurs, les ILA ne sont pas dénués de risques propres :

  • leurs modèles sous-jacents peuvent sous-estimer la fréquence et la sévérité des catastrophes
  • certains ILA sont moins liquides que les obligations traditionnelles.

Évidemment un fonds bien diversifié couvre une multitude de risques dans plusieurs régions différentes : ouragans en Floride, tsunami au Japon, tremblement de terre au Mexique, etc.

Le fonds Élément que lancera Optimum investit dans une SICAV européenne, « un fonds qui détient des obligations liées à de l’assurance et des contrats de gré à gré de réassurance. Il s’agit en fait d’un fonds de fonds », explique François Bourdon.

Le dirigeant fait valoir que sa société présente un profil de compétence unique pour les investisseurs en combinant trois domaines d’activité :

  • l’assurance dommages,
  • la réassurance (le seul réassureur au Canada)
  • et la gestion de portefeuille.

Le Fonds Élément Optimum ILS s’adresse uniquement aux investisseurs accrédités, ce qui inclut les gestionnaires de portefeuille discrétionnaires. Un investisseur non accrédité, s’il participe au portefeuille d’un tel gestionnaire, pourrait alors se retrouver détenteur du fonds d’Optimum.

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Arrivée d’une nouvelle catégorie d’actif grâce aux FNB de titres de créance adossés à des prêts https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/laurent-boukobza/arrivee-dune-nouvelle-categorie-dactif-grace-aux-fnb-de-titres-de-creance-adosses-a-des-prets/ Wed, 09 Jul 2025 10:37:23 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108330 ZONE EXPERTS - Cette innovation continue à profiter aux investisseurs canadiens.

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Entre avril et mai derniers, huit fonds négociés en Bourse (FNB) offrant une exposition aux obligations structurées adossées à des prêts (OSAP) ont été mis en marché.

Cette nouvelle catégorie d’actifs est plus souvent désignée sous son nom anglais Collateralized Loan Obligations (CLO). Ce sont des titres de créance adossés à des prêts utilisés auparavant uniquement par des investisseurs institutionnels.

Ces prêts sont généralement des prêts bancaires syndiqués accordés à des emprunteurs corporatifs pour financer leurs besoins de liquidités pour investissement pour expansion. Ces prêts sont de qualité d’investissement inférieure et offrent des rendements élevés.

L’étape suivante pour arriver à la création d’un CLO est le regroupement d’un grand nombre (de 50 à 100) de ces prêts dans un seul et même véhicule afin de mutualiser le risque idiosyncrasique à chaque prêt.

Des titres de créance sont finalement émis avec comme collatéral l’ensemble des prêts dans le portefeuille. Différentes séniorités de titres de créance sont émises, allant d’AAA à actions, comme le montre le graphique suivant.

Pour consulter ce tableau en grand format, cliquez ici.

S’attaquer aux mythes liés aux titres d’emprunt titrisés

Certains investisseurs peuvent associer la titrisation à la crise financière mondiale de 2008. Si les instruments titrisés ont certainement joué un rôle, la racine du problème vient de ce qui a été titrisé.

Le principal problème était que certaines créances titrisées (collateralized debt obligation – CDO) étaient fondées sur des prêts hypothécaires à risque et des prêts en souffrance.

Il existe des différences cruciales entre les CLO et les CDO[1]:

Pour consulter ce tableau en grand format, cliquez ici.

Les CLO sont fondés sur des prêts garantis de premier rang assortis de faibles taux de défaillance et de taux de recouvrement élevés.

Même si les CLO AAA n’ont affiché aucun défaut de paiement durant la grande crise financière, les règles ont été renforcées depuis. Voici quelques différences notables:

  • Les agences de notation exigent désormais que les CLO soient davantage garantis.
  • Les CLO sont maintenant garantis presque exclusivement au moyen de prêts garantis de premier rang.
  • La documentation est plus conviviale pour les investisseurs, car les gestionnaires de CLO raccourcissent la période de négociation.

Cela devrait rappeler aux investisseurs qu’ils doivent comprendre la structure dans laquelle ils investissent, mais surtout qu’ils doivent faire preuve d’une grande diligence en ce qui concerne les actifs sous-jacents auxquels ils sont exposés.

Comment intégrer les CLO dans un portefeuille

Jusqu’à récemment la catégorie d’actifs n’était pas facilement accessible directement pour les investisseurs de détail. Le marché de la dette titrisée reste encore un marché principalement institutionnel.

Sur le marché américain, le FNB JAAA mis en marché il y a plus de cinq ans a connu des débuts modestes puis une croissance fulgurante dans les deux dernières années, portée par l’accès à la catégorie d’actifs pour les investisseurs de détail ainsi que leurs conseillers en placement.

Plus récemment au Canada, la mise en marché de plusieurs FNB de CLO offre aux investisseurs canadiens des solutions tenant compte des considérations qui leur sont propres et que nous examinerons dans la dernière partie de cet article.

Plusieurs raisons principales ont contribué à l’adoption des CLO dans les portefeuilles des investisseurs et des épargnants de détail:

  • Rendement des distributions attrayant pour accroître le revenu d’intérêt généré sur les positions à court terme en liquidités ou quasi-liquidités ;
  • Cote de crédit élevée permettant de maintenir ou de rehausser la qualité de crédit ;
  • Faible corrélation avec les autres catégories d’actifs ;
  • Duration du portefeuille proche de zéro.

Il est cependant important pour les investisseurs de comprendre le comportement attendu de cette catégorie d’actifs afin d’éviter les mauvaises surprises ou un désalignement entre l’utilisation d’un FNB et les objectifs.

Certaines mises en garde sont de rigueur[2]:

  • La probabilité de défaut n’est pas nulle. Cependant aucune tranche AAA n’a jamais fait défaut, depuis 1995 jusqu’à fin 2021, plus de 4895 CLO de tranches AAA étaient répertoriés et il faudrait en moyenne des pertes nettes supérieures à 35 % pour commencer à toucher la tranche AAA[3].
  • Il existe un risque de remboursement anticipé, les emprunteurs ayant la latitude de rembourser les prêts bancaires, et de réinvestissement à des conditions moins attrayantes.
  • Bien que la liquidité du marché ait été testée (aussi récemment qu’en avril 2025 avec les rachats substantiels du FNB américain JAAA), dans le cas d’une crise de liquidité majeure, il y a un risque que les investisseurs ne soient pas en mesure de vendre rapidement et facilement ou optimalement les actifs.

Pour consulter ce tableau en grand format, cliquez ici.

Par ailleurs, les conseillers doivent bien entendu tenir compte à la fois de la tolérance au risque du client et considérer, dans leur vérification diligente, les éléments habituels qui sont propres aux FNB à gestion active. Notons, parmi ceux-ci, la solidité de l’émetteur de FNB, les frais de gestion du FNB par rapport aux autres FNB de la même catégorie d’actifs, les coûts de négociation du FNB ainsi que les autres coûts, comme celui de l’écart cours acheteur/cours vendeur, la liquidité intrinsèque du FNB, ainsi que le rendement espéré du client par rapport à ses objectifs.

L’avantage d’une structure canadienne pour les investisseurs canadiens

Un autre aspect dont il est de plus en plus question chez les conseillers est l’efficience fiscale potentielle dont peut bénéficier un investisseur canadien en achetant un FNB coté au Canada en ce qui concerne les retenues d’impôts étrangères sur les revenus. Le sujet a été abordé plusieurs fois, notamment ici.

Du point de vue d’un client canadien, la devise est également une donnée à prendre en compte dans la stratégie de placements et l’option d’avoir une exposition offerte en dollars canadiens contre les fluctuations du taux de change entre les dollars canadiens et américains. Cela peut avoir un effet décisif.

Depuis le début de l’année, la devise américaine a reculé de 4,48%[4] au moment d’écrire ces lignes, autant de rendement en moins pour un investisseur canadien ayant opté pour une exposition en dollars américains ou en dollars canadiens non protégés contre le risque de change.

Pour les conseillers et les investisseurs qui veulent intégrer une exposition aux CLO dans leur portefeuille, y avoir accès via un FNB canadien (en dollars canadiens, couverts ou non) est donc potentiellement une meilleure option de leur point de vue.

Avertissement : Les placements dans les fonds communs de placement peuvent être assujettis à des commissions de vente et de suivi, ainsi qu’à des frais de gestion et autres. Veuillez lire le prospectus avant d’investir. Les fonds communs de placement ne sont pas des placements garantis, leur valeur change fréquemment et les rendements passés peuvent ne pas se reproduire. Le contenu de ces commentaires (y compris les faits, les perspectives, les opinions, les recommandations, les descriptions de produits ou de titres, ou les références à des produits ou à des titres) ne doit pas être interprété comme un conseil aux investisseurs ou une offre de vente ou une sollicitation d’une offre d’achat, ou comme une approbation, une recommandation ou une commandite d’une entité ou d’un titre cité. Bien que nous nous efforcions d’en assurer l’exactitude et l’exhaustivité, nous ne sommes pas responsables de son utilisation.


[1] Busting the bias against U.S. securitized – Janus Henderson Investors – US Investor

[2] Source : Mackenzie Investments

[3] Default, Transition, and Recovery: 2020 Annual Global Leveraged Loan CLO Default And Rating Transition Study | S&P Global Ratings

[4] Source: Bloomberg au 23 juin 2025

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Les ACVM exposent les vulnérabilités des marchés https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/les-acvm-exposent-les-vulnerabilites-des-marches/ Wed, 28 Feb 2024 12:20:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=99320 C’est une première.

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Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) viennent de divulguer pour la première fois leur rapport sur les risques systémiques qui pèsent sur les marchés des capitaux au Canada.

En vertu de leur souhait d’accroître la transparence et l’efficacité de leur surveillance, les ACVM rendent public leur rapport annuel 2023 sur les marchés des capitaux, émis par leur Comité sur les risques systémiques.

Ce rapport annuel, qui n’avait jamais été publié jusque-là, identifie les tendances récentes des marchés financiers, ainsi que les principales vulnérabilités des marchés des capitaux au Canada. Les ACM mettent en exergue la transition à des taux d’intérêt de référence sans risque, les risques de liquidité auxquels sont exposés les marchés financiers, ainsi que la conjoncture difficile occasionnée par la hausse des taux d’intérêt et le resserrement de la politique monétaire.

Parallèlement, les régulateurs canadiens ne se montrent guère inquiets. « Les risques à la stabilité financière des marchés des capitaux canadiens sont bien maîtrisés », assurent les ACVM, avant de détailler les principales vulnérabilités.

La liquidité du marché obligataire

Le rapport note que « la hausse des taux d’intérêt n’a entraîné aucune conséquence néfaste sur le marché obligataire ». La qualité de crédit des obligations de sociétés non financières canadiennes s’est toutefois légèrement détériorée ces dernières années. Le renouvellement des émissions d’obligations par ces sociétés ne montre pas de risque de refinancement élevé, car ces sociétés disposent d’une flexibilité suffisante pour se retirer du financement de marché, indique le rapport.

Le marché des cryptoactifs

Le Comité des risques systémiques prévient que « le marché des cryptoactifs demeure volatil et instable ». Cependant, le secteur des cryptoactifs et le secteur financier traditionnel semblent avoir des liens limités. Les faillites survenues sur le marché des cryptoactifs n’ont pas eu d’incidence significative sur le marché traditionnel. Parmi les 10 % de Canadiens qui détiennent des cryptoactifs, la majorité d’entre eux ne sont pas exposés pour plus de 20 000 $. Les ACVM soulignent qu’elles contribuent à la mise en œuvre de dispositifs de protection, notamment en ce qui concerne les plateformes de négociations des cryptoactifs.

Les FNB

Les ACVM se montrent également rassurantes quant à la résilience du marché canadien des fonds négociés en Bourse (FNB) en cas de choc financier important. Le Comité des risques systémiques entend se pencher davantage sur les FNB qui investissent dans des actifs moins liquides et qui emploient des stratégies de gestion active. En effet, les FNB actifs représentent aujourd’hui 12 % du marché canadien des FNB en termes d’actifs nets. Or, leurs gestionnaires ne divulguent pas quotidiennement la composition du portefeuille de leurs FNB, « probablement pour préserver le caractère confidentiel de leurs stratégies d’investissement ». Les participants au marché peuvent donc moins contribuer à la réduction des écarts entre les cours et la valeur liquidative.

Les marchés

Le rapport relève qu’une panne des bourses du GroupeTMX pourrait empêcher des courtiers et d’autres participants au marché d’être en mesure de réacheminer leurs flux d’ordre vers d’autres plateformes. « Par conséquent, une panne des bourses du Groupe TMX pourrait compromettre l’accès à l’information de certains participants au marché et investisseurs, ce qui empêcherait dans les faits la poursuite des opérations sur les autres marchés qui sont toujours fonctionnels. » Ainsi, lors de la panne qui a touché le Groupe TMX le 1er novembre 2022, les activités ont connu une baisse considérable sur la quasi-totalité des marchés. Son impact a toutefois été limité et ne représente pas un risque systémique pour la stabilité financière, assurent les ACVM.

Les courtiers en placement

Les ACVM mettent en garde contre le risque que survienne la faillite d’un grand courtier en placement, qui pourrait avoir de vastes répercussions, notamment en raison de la plus grande utilisation de l’effet de levier par les filiales de courtage des institutions de dépôt.

Les OPC

Concernant les organismes de placement collectif (OPC), c’est le risque d’asymétrie de liquidité qui interpelle les ACVM. « Plus précisément, il peut y avoir asymétrie entre la liquidité des parts d’OPC, habituellement rachetables quotidiennement par les investisseurs, et certains actifs sous-jacents de nature moins liquide. Cette asymétrie peut présenter des risques dans le cas peu probable où un fonds serait confronté à des rachats massifs. »

Cependant, le rapport précise que ce risque de liquidité est relativement faible, même si des hausses soudaines des tensions sur la liquidité sont possibles.

Les dérivés de gré à gré

Le marché des dérivés de gré à gré présente une vulnérabilité qui réside dans « l’effet domino

néfaste pouvant résulter de la faillite d’une entité à fort effet de levier ayant un degré d’interdépendance très élevé en raison de ses opérations sur ces dérivés ». Les ACVM entendent donc surveiller de près les tendances sur ce marché, tout en développant des outils d’analyses.

La titrisation privée

Enfin, les ACVM se sont penchées sur la titrisation privée, comme la création de titres négociables garantis par des actifs dont la négociation est difficile, tels que les prêts hypothécaires. La qualité du crédit des produits titrisés est solide, toutefois « la détérioration accrue des conditions économiques et le maintien de taux d’intérêt élevés (pourraient venir) accentuer la pression, ce qui pourrait nuire aux produits titrisés associés au crédit à la consommation.

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