souveraineté | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/souverainete/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Fri, 24 Oct 2025 12:09:11 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png souveraineté | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/souverainete/ 32 32 L’énergie comme pilier de souveraineté https://www.finance-investissement.com/nouvelles/lenergie-comme-pilier-de-souverainete/ Fri, 24 Oct 2025 10:09:01 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110497 OPINION — Le Canada à la croisée des chemins.

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La présente chronique s’inscrit dans le prolongement du Forum Vision Québec 2025, tenu récemment à Québec, où plusieurs leaders économiques et politiques ont partagé leurs perspectives sur l’avenir du modèle québécois. Parmi les interventions marquantes, celle de l’ancien premier ministre Jean Charest a retenu l’attention en affirmant que l’énergie constitue l’un des piliers sur lesquels repose l’économie canadienne. Il a notamment souligné que le Canada, grâce à ses ressources naturelles et à son expertise, possède le potentiel de demeurer un leader mondial dans ce domaine — notamment dans le secteur du gaz naturel.

Mais au-delà de cette affirmation, nous savons que l’enjeu est plus global, soit celui de la souveraineté énergétique. Dans un contexte de remodèlement économique mondial, marqué par des tensions géopolitiques, des impératifs climatiques et une reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, la capacité d’un État — ou d’une nation comme le Québec — à maîtriser ses choix énergétiques devient un enjeu stratégique majeur.

Cette souveraineté ne se limite pas à la production ou à l’exportation. Elle touche à la gouvernance, à la sécurité d’approvisionnement, à l’innovation et à la diplomatie énergétique. Et dans ce cadre, le Québec, fort de sa culture des énergies renouvelables et de son potentiel en hydrogène, doit être davantage proactif.

Un contexte de transformation économique

Nous vivons une période de recomposition accélérée. Les modèles économiques traditionnels sont remis en question par la transition énergétique, la numérisation, la relocalisation industrielle et les impératifs de résilience. Dans ce contexte, l’énergie n’est plus un simple intrant : elle devient un levier stratégique de souveraineté, de compétitivité et de diplomatie.

Jean Charest l’a rappelé avec justesse : l’énergie est un pilier de notre avenir économique. Le gaz naturel, notamment, représente une ressource que le Canada peut valoriser à l’échelle internationale. Mais cette vision, bien que pertinente, doit être élargie. Car la souveraineté énergétique doit se reposer au sein d’un cadre plus large. Elle exige un portefeuille diversifié, résilient, et aligné sur les exigences environnementales du XXIe siècle.

Une culture énergétique distincte

Le Québec n’a pas la culture du pétrole ni celle du nucléaire. Ce constat, loin d’être une faiblesse, peut devenir une force. Notre histoire énergétique est marquée par l’hydroélectricité, les énergies renouvelables et une conscience environnementale profondément ancrée. Cette culture nous positionne favorablement pour embrasser les nouvelles filières énergétiques qui émergent à l’échelle mondiale.

Nous avons développé une expertise unique en matière d’électrification des transports, de stockage d’énergie, de gestion de réseaux intelligents. Nous avons aussi su bâtir une acceptabilité sociale autour de projets énergétiques à faible empreinte carbone. Ce capital immatériel est précieux. Il constitue un avantage comparatif dans un monde où la transition énergétique devient un critère de compétitivité.

L’hydrogène : levier de souveraineté et d’exportation

Parmi les filières d’avenir, l’hydrogène se distingue par sa polyvalence et son potentiel stratégique. Qu’il soit vert (produit à partir d’énergies renouvelables), blanc (issu de gisements naturels) ou même bleu (issu du gaz naturel avec captation du carbone), l’hydrogène suscite un intérêt croissant à l’échelle mondiale.

Le Québec dispose de plusieurs atouts pour devenir un leader dans ce domaine :

  • Un réseau hydroélectrique abondant et stable, idéal pour produire de l’hydrogène vert à faible coût.
  • Une expertise industrielle et scientifique en électrolyse, en ingénierie énergétique et en logistique.
  • Des corridors industriels et portuaires (Bécancour, Sept-Îles, Saguenay) pouvant servir de plateformes d’exportation.
  • Une proximité stratégique avec les marchés nord-américains et européens en quête de solutions décarbonées.

Mais ces atouts ne suffisent pas. Il faut une volonté politique affirmée, un cadre réglementaire adapté, et un soutien financier structurant. Si le gouvernement fédéral encourage l’implantation d’infrastructures dans une logique d’intérêt national, le Québec doit répondre avec une stratégie concordante, propre, cohérente et ambitieuse.

Ne pas rester passif : une responsabilité collective

Le risque, aujourd’hui, est de rester passif. D’attendre que les investissements viennent d’ailleurs. De laisser à d’autres le soin de définir les standards, les priorités et les modèles d’affaires. Or, la souveraineté énergétique ne se délègue pas. Elle se construit.

Cela implique :

  • Un engagement réglementaire clair, pour encadrer le développement des filières énergétiques sans alourdir inutilement les processus.
  • Un soutien financier ciblé, pour accompagner les entreprises dans leurs projets de transition énergétique.
  • Une mobilisation des acteurs régionaux, pour que les territoires deviennent des laboratoires d’innovation énergétique.
  • Une diplomatie économique proactive, pour positionner le Québec comme fournisseur de solutions énergétiques propres.

Le Québec a déjà démontré sa capacité à structurer des filières industrielles performantes — pensons à l’aéronautique, à l’aluminium ou à l’intelligence artificielle. Il peut faire de même avec l’énergie, à condition d’agir avec cohérence et détermination.

Une souveraineté à plusieurs dimensions

La souveraineté énergétique ne se limite pas à la production. Elle touche aussi :

  • La gouvernance des infrastructures : Qui contrôle les réseaux ? Qui décide des orientations ?
  • La sécurité d’approvisionnement : Sommes-nous capables de répondre à nos besoins en cas de crise ?
  • La diplomatie énergétique : Comment le Québec peut-il utiliser ses ressources pour renforcer ses partenariats internationaux ?
  • L’innovation technologique : Sommes-nous en mesure de développer nos propres solutions, ou dépendons-nous de technologies étrangères ?

Dans chacun de ces domaines, le Québec doit affirmer sa voix en complémentarité stratégique. Il s’agit de reconnaître que les intérêts énergétiques du Québec peuvent s’inclurent à ceux du reste du pays, et que cette diversité est une richesse pan canadienne à valoriser.

Conclusion : une vision à bâtir

Le Forum Vision Québec 2025 a permis de remettre en lumière l’importance de l’énergie dans le modèle économique québécois. Il a aussi révélé une attente : celle d’une vision claire, ambitieuse et inclusive pour notre avenir énergétique.

Ne laissons pas passer l’occasion de bâtir une souveraineté énergétique qui soit à la fois écologique et économique, car dans un monde en mutation, l’énergie n’est pas seulement une ressource : c’est une stratégie.

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Ma première récession : Francis Sabourin et la récession de 1995 https://www.finance-investissement.com/fi-releve/carriere/ma-premiere-recession-francis-sabourin-et-la-recession-de-1995/ Wed, 27 Aug 2025 11:12:42 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=109023 Une récession sur fond de souveraineté et d’incertitude.

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En 1992, Francis Sabourin, a fait son entrée dans l’industrie comme conseiller financier indépendant. Quelques années plus tard, le Québec traverse une période de ralentissement économique, alimentée par les débats sur la souveraineté et la tenue d’un référendum.

« En 1994-1995, c’était ma première vraie récession. J’avais 27 ans. J’ai vraiment vécu de l’incertitude. Je me demandais même si j’allais encore avoir un travail après le référendum. Si le Québec se sépare, est-ce que ce sera l’anarchie ? On n’en avait aucune idée », se remémore celui qui est aujourd’hui gestionnaire de portefeuille principal et conseiller en placement principal chez Patrimoine Richardson.

Si les médias sociaux n’existent pas encore et que les chaînes d’information continue sont alors à peine naissantes au Québec[1], tout le battage médiatique et publicitaire autour de la question de la souveraineté et de la campagne référendaire plombe l’économie de Montréal et de la province.

À l’époque, le développement des affaires est au point mort pour le jeune conseiller.

« Les taux d’intérêt avaient monté jusqu’à 10 %. Sur le marché obligataire, la Bourse avait crashé. Les clients qui avaient déjà investi n’étaient pas contents et ceux qui avaient des liquidités se retenaient parce qu’on ne savait pas ce qui allait se passer. »

Rétrospectivement, il considère avoir sous-estimé l’impact économique du référendum de 1995 au Québec.

« Bâtir une business dans ce genre d’économie-là, c’est difficile. Des gens perdaient leur emploi. Des entreprises fermaient ou transféraient leur siège social ailleurs. »

Néanmoins, il entame des démarches pour l’acquisition d’une maison à l’été 1995, accompagné de celle qui deviendra plus tard son épouse, convaincu que les choses vont s’améliorer.

Une reprise rapide

De fait, la situation se redresse rapidement après le référendum du 30 octobre 1995, qui n’a pas passé.

« Les taux d’intérêt se sont mis à baisser, les obligations ont pris de la valeur, les Bourses se sont mises à remonter du côté canadien. Les entreprises étaient plus à l’aise d’investir et d’engager du personnel. Il y a eu une reprise de l’économie dans son ensemble. »

Sur le plan professionnel, les années suivantes ont été particulièrement fructueuses pour le conseiller.

Les clients existants qui avaient investi, en 1995 ou avant, dans des obligations à long terme à un taux de 10 % sur 30 ans par exemple, ont obtenu des rendements élevés.

« Cela a instauré un climat de confiance, et le reste a suivi naturellement », souligne-t-il.

Sur le plan personnel, c’est aussi après le référendum que Francis Sabourin et sa femme ont finalement acquis leur résidence, « dans le creux du marché immobilier québécois », par pure coïncidence, explique-t-il, « parce qu’on voulait s’acheter une maison et parce que rester en appartement, ce n’était pas notre futur ».

En rétrospective, il admet que c’était une période creuse et stressante, mais qu’elle ne l’a pas poussé à quitter le métier. « Au pire, je me disais qu’il fallait simplement faire preuve de patience », confie-t-il.

« Mais bon, concède-t-il, quand tu es jeune, tu vois moins le risque. Si ça arrivait aujourd’hui, je n’aurais peut-être pas la même réaction. Financièrement, ce n’est pas pareil, je suis plus établi. »

Des leçons, de l’optimisme et de l’expérience

De cette période difficile de sa carrière, il retient plusieurs leçons. « Il faut être audacieux. Il faut persister. À un moment donné, il y a toujours une solution qui finit par apparaître. »

D’après lui, son tempérament optimiste a aussi joué en sa faveur.

« Quand on est un investisseur dans le marché boursier, on a tendance à être toujours plus positif que la moyenne. Quand on est un investisseur dans le marché obligataire, on a tendance à être plus négatif. Moi, j’étais plus un gars de croissance, d’action. Alors, j’ai un tempérament plus positif que la moyenne ou que le marché en général. »

Aujourd’hui, il partage sa vision des marchés avec sa fille Mélissa, 22 ans, qui rejoindra officiellement le cabinet en septembre prochain.

« Je lui ai dit : tu vas apprendre que les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. En moyenne, la tendance est qu’une année sur cinq, ça ne va pas bien, et que quatre années sur cinq, ça va bien. Nous, on a un historique de rendement depuis 17 ans, et on a seulement eu trois années négatives dans nos portefeuilles modèles. »

En terminant, Francis Sabourin estime qu’il est préférable de vivre une récession en début plutôt qu’en fin de carrière, parce que cela forge le caractère et affine aussi la vigilance.

« L’expérience, ça ne s’apprend pas dans les livres, à l’école. […] Les choses vont tellement vite. On le voit bien en 2025, avec les événements et les impondérables qu’on vit tous les jours. Cela dit, une chose demeure : l’économie mondiale grossit année après année. Mais tout fonctionne par cycles. Il faut juste savoir se propulser sans pour autant prendre des risques démesurés. »

[1] Par exemple, la chaîne RDI est entrée en ondes le 1er janvier 1995. La chaîne LCN sera lancée deux ans plus tard.

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