manipulation boursière – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Fri, 29 Aug 2025 11:09:15 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.1 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png manipulation boursière – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Corée du Sud : l’ex-première dame accusée de manipulation boursière https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/coree-du-sud-lex-premiere-dame-accusee-de-manipulation-boursiere/ Fri, 29 Aug 2025 11:09:15 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=109231 PLANÈTE FINANCE – Kim Keon-hee arrêtée pour avoir organisé des transactions fictives autour d’un titre.

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La justice sud-coréenne a arrêté et placé en détention provisoire Kim Keon-hee, âgée de 52 ans, épouse de l’ancien président déchu Yoon Suk-yeol, pour manipulation boursière et corruption. Le tribunal du district central de Séoul avait délivré un mandat d’arrêt quelques heures plus tôt, invoquant un risque de destruction de preuves. Les accusations portent sur une série d’opérations réalisées entre 2009 et 2012 autour de l’entreprise Deutsch Motors, distributeur de BMW en Corée du Sud.

Selon l’acte d’accusation, l’ancienne Première dame aurait participé à un stratagème visant à gonfler artificiellement la valeur du titre, en organisant des transactions fictives et en utilisant des comptes d’emprunt. Cette manœuvre aurait créé une illusion de forte demande, incitant d’autres investisseurs à acheter.

Les enquêteurs estiment que l’opération lui aurait rapporté plus de 800 millions de wons (environ 810 000 $) grâce à ces transactions, rapporte RFI. L’accusée nie les faits. Cependant, pour de nombreux Sud-Coréens, ce type de fraude, qui touche directement les petits épargnants, est considéré comme l’un des délits financiers les plus graves. Les révélations, relayées depuis plusieurs années par la presse et confirmées par l’enquête judiciaire, s’ajoutent à une série de polémiques entourant la conjointe de l’ex-président.

Les enquêteurs reprochent également à l’épouse de Yoon Suk-yeol d’avoir mis ses comptes boursiers à la disposition d’opérateurs spécialisés dans la fraude financière. Ces derniers auraient acheté et vendu des actions de Deutsch Motors de manière coordonnée afin d’en contrôler le cours. Ce type de manipulation, connu sous le nom de pump and dump, consiste à faire grimper artificiellement le prix d’un titre avant de le revendre plus cher, au détriment des investisseurs ordinaires.

D’après le dossier présenté par les procureurs, les opérations auraient été menées alors que Deutsch Motors cherchait à renforcer sa position dans l’importation et la distribution d’automobiles de luxe. L’affaire n’avait toutefois pas abouti à des poursuites immédiates, car les preuves étaient jugées insuffisantes à l’époque. Ce n’est qu’après plusieurs années de pression de nouvelles investigations que les charges ont été retenues, indique Le Figaro.

L’inculpation survient alors que l’époux de Kim Keon-hee, élu président en 2022, a lui-même été destitué par l’Assemblée nationale puis inculpé pour abus de pouvoir. Son mandat avait été marqué par des tensions politiques et sociales, notamment autour de sa gouvernance et de ses choix économiques.

La justice reproche aussi à l’ex-Première dame d’avoir violé les lois anticorruption lorsqu’elle résidait dans la Maison-Bleue. Elle aurait accepté des cadeaux de luxe, dont un collier en diamants d’une valeur de plusieurs dizaines de milliers de dollars, une montre de prestige et plusieurs articles de mode en échange de faveurs commerciales.

Des perquisitions menées à son domicile et chez sa famille ont permis de saisir d’autres objets, notamment des chaussures Chanel qui auraient été offertes par des personnes liées à un groupe religieux impliqué dans un trafic d’influence. Plus récemment, une enquête a visé une entreprise de construction soupçonnée de lui avoir offert un collier estimé à 60 000 $, en échange de l’embauche du gendre de son président comme chef de cabinet du premier ministre de l’époque.

En 2022, Kim Keon-hee avait fait parler d’elle lorsqu’une caméra cachée l’avait filmée en train de recevoir un sac à main Christian Dior d’une valeur de 3 000 $ des mains d’un pasteur coréen-américain. La justice avait conclu qu’il n’y avait pas lieu d’entamer des poursuites, mais l’affaire avait alimenté les soupçons sur son train de vie et ses fréquentations.

La justice reproche également à l’intéressée d’avoir enfreint les lois électorales en interférant dans la nomination de parlementaires du Parti du pouvoir au peuple (PPP), alors dirigé par son mari. Celui-ci, élu sur une promesse de transparence et de lutte contre la corruption, a été destitué par l’Assemblée nationale en décembre 2024. En avril dernier, la Cour constitutionnelle a confirmé sa destitution, estimant qu’il avait manqué à son devoir de neutralité et d’intégrité.

Inculpé pour abus de pouvoir, l’ancien président est soupçonné d’avoir utilisé ses prérogatives à des fins personnelles et politiques, notamment via des interventions controversées dans le système judiciaire. Selon L’Actualité, plusieurs opposants pensent que certaines de ses décisions visaient avant tout à protéger son épouse, dont les affaires entachaient sa popularité.

Le Figaro rapporte que le procès de Kim Keon-hee s’annonce long et médiatisé, dans un pays où les scandales politico-financiers déclenchent régulièrement des vagues d’indignation. Pour une partie de l’opinion, cette affaire illustre la présence d’un sentiment d’impunité parmi les élites. La Corée du Sud a déjà vu plusieurs de ses anciens chefs d’État condamnés à de lourdes peines de prison, avant d’être graciés quelques années plus tard. Reste à savoir si la justice choisira de reproduire ce schéma ou de marquer une rupture.

Pour la première fois, un couple présidentiel est détenu simultanément en Corée du Sud, dans des prisons distinctes. La justice a précisé que l’accusée devra comparaître devant un tribunal de Séoul. Si elle est reconnue coupable de manipulation boursière, elle risque plusieurs années de prison ainsi qu’une lourde amende. Compte tenu de la complexité du dossier et du statut de la prévenue, les procédures devraient durer plusieurs mois, voire plus d’un an.

Son avocat a pour l’instant refusé de commenter les accusations en détail, affirmant que sa cliente coopérera avec la justice et entend démontrer son innocence. Selon des juristes interrogés par Le Figaro, la défense pourrait plaider que Kim Keon-hee n’était pas directement impliquée dans les transactions litigieuses, mais qu’elle avait simplement confié la gestion de ses comptes à des tiers.

Interrogée brièvement lors de son dernier passage devant les juges, l’ancienne Première dame a présenté des excuses floues pour « avoir inquiété le public », tout en se décrivant comme « quelqu’un d’insignifiant ». Durant sa présidence, Yoon Suk-yeol avait systématiquement rejeté les appels à enquêter sur son épouse, qualifiant les accusations de « manœuvres politiques ».

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