Intelligence artificielle | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/intelligence-artificielle/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Mon, 04 May 2026 19:09:31 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Intelligence artificielle | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/intelligence-artificielle/ 32 32 Les tensions géopolitiques repoussent la baisse des taux https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/les-tensions-geopolitiques-repoussent-la-baisse-des-taux/ Mon, 04 May 2026 12:58:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113729 ZONE EXPERTS – Les pressions sur l’énergie et les chaînes d’approvisionnement retardent l’assouplissement monétaire.

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Les récentes données économiques montrent une croissance modérée de l’économie canadienne, soutenue par une croissance du secteur manufacturier. L’indice PMI manufacturier (Purchasing Managers’ Index), indicateur avancé largement utilisé pour évaluer la performance du secteur manufacturier, a enregistré en avril sa plus forte progression mensuelle depuis juin 2022, portée par une hausse marquée des commandes à l’exportation.

Toutefois, une part de cette amélioration s’explique par la hausse des prix du pétrole, qui soutient la valeur nominale des exportations. Ainsi, l’augmentation du PMI reflète en partie une activité plus soutenue dans le secteur de l’énergie, mais pourrait également traduire des pressions sur les coûts plutôt qu’un véritable renforcement de l’économie. En effet, la hausse des coûts de transport alourdit les intrants des entreprises, contribuant directement aux pressions inflationnistes.

Comme largement anticipé, la Banque du Canada n’a pas réagi à la situation entourant le détroit d’Ormuz, estimant que la hausse des prix du pétrole demeure probablement temporaire et ne justifie pas d’intervention immédiate. Par ailleurs, bien que le niveau élevé des prix de l’énergie pèse sur la consommation, son impact demeure moins prononcé que lors des chocs pétroliers des années 1970.

Les craintes inflationnistes même temporaires ont poussé les taux d’intérêts obligataires au niveau le plus élevé depuis presque 2 ans. Ceci explique la remontée des taux hypothécaires fixes observée ces dernières semaines, comme l’illustre le graphique ci-dessous.

Pour consulter ce graphique en grand format, cliquez ici.

La situation géopolitique actuelle perdure plus longtemps qu’anticipé. Même lorsque la circulation des navires reprendra dans le détroit d’Ormuz, plusieurs trimestres seront nécessaires pour retrouver l’équilibre observé avant le début du conflit. Pour cette raison, les perspectives indiquent que les prix du pétrole, et plus largement des matières premières, devraient demeurer élevés plus longtemps.

Ces pressions inflationnistes contribuent à repousser les attentes de baisse du taux directeur pour le reste de l’année aux États-Unis. Dans le même esprit, cet environnement limite également la marge de manœuvre de la Banque du Canada (BdC) dans la poursuite d’un cycle de baisses de taux à court terme.

Faut-il craindre une remontée des taux ?

Bien que certains économistes évoquent la possibilité de hausses de taux au Canada l’an prochain, nous n’adhérons pas à ce scénario pour le moment.

Les restrictions en matière d’immigration ont entraîné un recul de la population canadienne l’an dernier, réduisant ainsi la pression sur le marché du travail et contribuant à stabiliser le taux de chômage, malgré une croissance de l’emploi plus modérée.

Par ailleurs, l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi devrait se traduire à la fois par des perturbations, une transformation des postes et des gains d’efficacité. À moyen terme, ces gains de productivité, combinés à certaines pertes d’emplois, pourraient exercer des pressions désinflationnistes et ainsi accroître la probabilité d’un assouplissement des politiques monétaires par des institutions comme la BdC.

C’est pourquoi un éventuel assouplissement de la politique monétaire aux États-Unis, notamment dans un contexte de changement à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis, pourrait exercer une pression indirecte sur la Banque du Canada afin de poursuivre un cycle de baisses de taux. Comme mentionné précédemment, nous estimons que ce facteur pourrait influencer l’orientation des taux au Canada.

Dans ce contexte d’incertitude, il est plus important que jamais de consulter un courtier hypothécaire pour déterminer laquelle des options, entre une hypothèque variable (paiement fixe ou ajustable) et hypothèque fixe (court ou long terme), correspond le mieux aux besoins de ses clients.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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Mythos : « L’enjeu, c’est de ne pas laisser l’avantage aux attaquants » https://www.finance-investissement.com/fi-releve/carriere/mythos-lenjeu-cest-de-ne-pas-laisser-lavantage-aux-attaquants/ Thu, 30 Apr 2026 10:36:22 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113606 DÉVELOPPEMENT - Des menaces plus rapides, plus ciblées et plus difficiles à détecter.

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« Le vrai changement avec des modèles comme Mythos, ce n’est pas seulement une nouvelle menace, c’est un effet multiplicateur sur toutes les menaces existantes : hameçonnage, fraude, exploitation de failles… tout peut devenir plus rapide, plus ciblé et plus difficile à détecter », affirme Sarine Bedrossian, analyste en cyber-prévention chez CY-clic.

« Pour le secteur financier en particulier, la question n’est plus de savoir si ces modèles existent, mais à quelle vitesse les banques vont adapter leurs pratiques, leurs outils et leur gouvernance pour rester résilientes », déclare-t-elle.

Claude Mythos, un modèle d’intelligence artificielle (IA) développé par la société américaine Anthropique (Claude.ai) est capable de repérer et d’enchaîner automatiquement rapidement des failles informatiques pour construire des cyberattaques plus rapides, plus complexes et plus difficiles à contenir. Selon Anthropic, le modèle aurait permis de repérer des milliers de failles dans les systèmes et de résoudre en quelques heures des scénarios d’attaque qui auraient exigé de longues analyses par des experts.

Les capacités offensives de Mythos dépassent les défenses actuelles de nombreuses organisations, qui n’auront pas le choix de revoir leurs pratiques pour assurer la sécurité de leurs systèmes, indique Sarine Bedrossian. « À moyen terme, elles vont devoir intégrer l’IA offensive dans leurs exercices de crise : simuler des attaques augmentées par l’IA, tester la capacité des équipes à repérer des signaux faibles et à réagir vite, et pas seulement vérifier que les pare‑feu sont bien configurés. »

Effectuer des mises à jour de sécurité régulières, renforcer les contrôles d’accès, notamment par l’authentification multifactorielle, déployer des correctifs de sécurité robustes, surveiller les anomalies en temps réel, intensifier la formation des employés : la facture risque de s’alourdir pour l’ensemble du secteur, prévient-elle.

L’experte signale que les organisations devront intégrer l’IA offensive dans leurs exercices de crise, en simulant des attaques augmentées par l’IA et en testant la capacité de leurs équipes à repérer des signaux faibles et à réagir rapidement — et pas seulement en vérifiant que leurs pare-feux sont correctement configurés.

« On va aussi voir se développer l’IA défensive : des outils capables de repérer des comportements anormaux, de corréler des signaux faibles et d’automatiser une partie de la réponse à incident. L’enjeu, c’est de ne pas laisser l’avantage aux attaquants. »

La Banque du Canada a réuni récemment les principales institutions financières du pays afin d’évaluer leur niveau de préparation. Le ministre fédéral responsable de l’IA a pour sa part demandé à rencontrer les dirigeants d’Anthropic pour obtenir des précisions sur les risques associés au modèle. Plusieurs scénarios sont envisagés, allant d’incidents ponctuels maîtrisés à des perturbations majeures nécessitant une intervention réglementaire d’urgence.

Dans ce contexte, l’entreprise a décidé de limiter l’accès à Mythos à un cercle restreint de partenaires dans le cadre du projet Glasswing. Objectif : corriger les vulnérabilités repérées avant qu’elles ne puissent être exploitées à grande échelle.

Le modèle s’inscrit dans une nouvelle génération d’IA dont les capacités défensives peuvent aussi être utilisées à des fins offensives. D’autres entreprises technologiques s’inscrivent dans cette dynamique. OpenAI, créateur de ChatGPT, a ainsi annoncé dernièrement le lancement de GPT-5.4-Cyber, un modèle orienté cybersécurité, destiné aux professionnels du secteur.

Au-delà des enjeux de cybersécurité, ces nouveaux modèles obligent les investisseurs à revoir leur lecture du risque : ils devront désormais distinguer les entreprises capables de s’adapter à l’ère de l’IA de celles dont les solutions de sécurité risquent d’être rapidement dépassées. Selon France Épargne, ces avancées pourraient fragiliser certains actifs et influencer l’allocation de portefeuille.

Selon des informations rapportées par Bloomberg, une première faille de sécurité a été détectée : un groupe d’utilisateurs aurait réussi à accéder à Mythos via un sous-traitant impliqué dans son développement. Anthropic a indiqué avoir ouvert une enquête sur cet accès non autorisé. Malgré des préoccupations de sécurité, plusieurs institutions financières s’intéressent à ces technologies. Selon Reuters, Anthropic envisagerait un déploiement auprès des banques européennes d’ici « quelques jours à quelques semaines », une fois des vérifications de sécurité préalables effectuées.

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Allier technologie et humain pour craquer le code canadien https://www.finance-investissement.com/fi-releve/allier-technologie-et-humain-pour-craquer-le-code-canadien/ Wed, 29 Apr 2026 11:40:44 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113573 S’appuyant sur son expérience internationale, Jessica Tan, vice-présidente générale et présidente de Sun Life Canada, revient sur les principaux enjeux du marché canadien.

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À l’occasion d’un déjeuner-causerie organisé par le Cercle canadien de Montréal le lundi 20 avril dernier, Daniel Lamarre, vice-président exécutif du conseil d’administration du Groupe Cirque du Soleil, s’est entretenu avec Jessica Tan, la nouvelle présidente de la Sun Life Canada, devant un parterre de décideurs et de gens de l’industrie. Au cours de cet échange, Jessica Tan a partagé ses réflexions basées sur son expérience internationale, tout en analysant les enjeux majeurs qui touchent le marché canadien après 18 mois à la tête de l’organisation.

« Chaque fois que je déménage dans un nouveau pays, c’est une occasion de croissance personnelle. J’ai étudié aux États-Unis (elle est ingénieure diplômée du MIT), puis j’ai eu la chance professionnelle de passer de nombreuses années à Hong Kong, travaillant dans le secteur financier et technologique à travers l’Asie. »

Lorsqu’elle a eu l’occasion de venir au Canada, qu’elle avait déjà visité, elle a découvert un pays immense, bien plus vaste qu’elle ne l’imaginait. À son arrivée, pour parfaire son « éducation », elle s’est même plongée dans le livre « Cracking the Quebec Code in 45 minutes » et dans l’apprentissage du français pour mieux comprendre la seule province (officiellement) francophone au pays. « Bonjour tout le monde », a-t-elle d’ailleurs lancé pour amorcer l’entretien. »

« Ce qui m’a frappée du Canada, c’est la diversité. Tout est si différent d’une région à l’autre, mais tout le monde est profondément connecté. » Pour une entreprise, c’est selon elle à la fois un défi et une opportunité, car avec une telle diversité géographique et démographique, il faut savoir rester proche des gens tout en opérant à grande échelle. « C’est quelque chose que j’apprends chaque jour. »

Sur les besoins des Canadiens dans un contexte d’incertitude économique, elle évoque entre autres la sécurité et la responsabilité de prendre soin de ses proches « Ce qui ressort le plus est le besoin criant de sécurité. Des millions de Canadiens se posent des questions sur leur capacité à maintenir leur niveau de vie. La sécurité financière et la santé sont au cœur de leurs préoccupations. »

Avec une espérance de vie moyenne dépassant 80 ans (environ 82 ans), la planification financière à long terme devient, à ses yeux, essentielle, qu’il s’agisse de protection (assurances), d’épargne (pour la retraite) et d’accès aux soins de santé. « Comment répondrons-nous à ces besoins ? »

Questionnée sur la façon de créer plus de valeur pour les Canadiens et sur les occasions inexploitées, deux domaines d’activités ressortent plus particulièrement pour elle. Elle évoque d’abord le déficit d’assurance. Une proportion importante de Canadiens affiche une couverture d’assurance inadéquate : environ 45 % n’ont pas une couverture suffisante pour les maladies graves. « Je pense que nous avons une occasion immense d’innover pour simplifier nos produits. Si nous pouvons utiliser la technologie pour rendre les services financiers plus accessibles et compréhensibles, nous apporterons une valeur ajoutée. »

Jessica Tan a aussi rappelé la méconnaissance d’un principe de finance : le CAGR (Taux de croissance annuel composé). « Une différence de rendement de 2 % peut transformer complètement un patrimoine à long terme, pourtant ce concept reste peu ou mal compris. » Elle a démontré comment de petites différences de rendement, sur plusieurs décennies, peuvent transformer radicalement la sécurité financière à la retraite. « Les principes sont simples mais cela requiert à la fois de la confiance et une approche humaine pour que la personne emboîte le pas. »

Défis en santé : collaboration et prévention 

Appelée à commenter les défis en santé, la présidente a souligné que la croissance de ce secteur dépassait celle de l’économie (PIB). « C’est un secteur qui croît deux à trois fois plus vite que le PIB dans les pays où j’ai travaillé, en raison du vieillissement de la population. Ce marché représente environ 300 à 440 milliards de dollars au Canada. Aucun payeur unique ne peut tout assumer seul, la collaboration est donc essentielle. »

Un des enjeux majeurs, selon elle, est justement la responsabilité partagée entre les secteurs public et privé, ce qui complique parfois la coordination.

Selon elle le système public est performant pour les soins immédiats, les soins intensifs et de courte durée, mais il y a aussi le volet préventif qui, déficient en l’état, représente un enjeu majeur. « La prévention et la gestion des maladies chroniques restent insuffisantes, un domaine qui représente souvent 60 % à 70 % des coûts. » Elle prend le diabète en exemple, soulignant qu’en adoptant un mode de vie sain, une nutrition adéquate, bref en gérant mieux le diabète en amont, les coûts de santé pourraient être réduits des deux tiers.

L’autre volet où elle entrevoit à la fois des défis (et des occasions) a trait aux soins de santé pour les aînés, un secteur appelé à croître fortement avec le vieillissement de la population. « Statistiquement, dès que vous atteignez 80 ans et plus, 30 % de la population nécessite une forme de soins, et même à 65 ans, ce besoin touche déjà 10 % des gens. » Elle cite l’exemple de la Chine, où un secteur entier a été créé pour répondre aux besoins d’une population déclinante, notamment en raison des politiques de natalité du pays.

Intelligence artificielle et transformation numérique

Diplômée d’une maîtrise en ingénierie et en informatique, Jessica Tan en a profité pour partager sa vision sur la transformation numérique et l’impact de l’intelligence artificielle (IA). Si la technologie a toujours évolué, des éléments lui apparaissent différents, notamment à l’échelle massive des données et par rapport au niveau de l’intelligence et de l’accessibilité.

« Quand j’ai commencé à construire des modèles, nous utilisions peut-être 20 ou 30 variables. En 2013, avec l’arrivée du Big Data, nous parlions de dizaines de milliers de variables. Aujourd’hui, nous parlons de milliards, voire de centaines de milliards de paramètres en un seul modèle ! »

Elle ne pense cependant pas que l’IA remplacera l’humain, mais croit qu’elle nous obligera à travailler différemment et de manière plus cohérente. « De notre côté, notre approche consiste à infuser la technologie afin de libérer nos employés des tâches administratives pour qu’ils consacrent plus de temps à servir les clients de manière plus humaine et à plus forte valeur ajoutée. »

Jessica Tan évoque le lancement récent de Sun Life Essentiel, un régime de retraite collectif pour les petites et moyennes entreprises. « Nous pouvons offrir à tous des fonds qui étaient auparavant réservés aux employés des grandes entreprises, l’interface se doit d’être intuitive et accessible. »  Elle juge cette recherche de simplicité ironique au vu de son parcours, car après être passée par le MIT, elle revient à la base afin de simplifier les choses.

Aux jeunes professionnels, l’une des 100 femmes les plus puissantes au monde selon le magazine Forbes, recommande d’être curieux et d’oser. Selon elle, la jeune génération devra se montrer plus résiliente et multiplier les expériences. « Il faut accepter l’échec et le voir comme un apprentissage. J’ai échoué à plusieurs reprises, j’ai lancé des entreprises et j’en ai aussi fermé. »

Elle recommande de développer le plus possible leurs relations humaines, car les connexions sont essentielles. « J’ai peut-être 5 000 contacts sur mon iPhone et autant sur WeChat. Au fond, les besoins humains sont très similaires partout et on peut bâtir là-dessus. »

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L’IA pourrait entraîner un « changement majeur » des responsabilités https://www.finance-investissement.com/fi-releve/lia-pourrait-entrainer-un-changement-majeur-des-responsabilites/ Tue, 28 Apr 2026 12:03:19 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113598 DÉVELOPPEMENT — Une responsabilité accrue pourrait incomber aux firmes plutôt qu’aux conseillers.

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Les responsabilités réglementaires des firmes par rapport à celles des conseillers en services financiers pourraient évoluer de manière significative à mesure que le secteur adopte de plus en plus l’intelligence artificielle (IA), a laissé entendre le 20 avril dernier le chef de la direction de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI).

À mesure que les firmes tirent parti de l’IA et d’autres technologies pour accroître leur capacité et servir davantage de clients, « ce que nous allons probablement observer […] c’est une évolution continue dans la manière dont le cadre réglementaire attribue les responsabilités et l’imputabilité », a déclaré Andrew Kriegler lors de son allocution d’ouverture à la conférence annuelle de la Federation of Independent Dealers, à Toronto.

Historiquement, la réglementation des valeurs mobilières s’est « fortement appuyée sur la responsabilité individuelle », a-t-il expliqué, en référence aux conseillers. Or, avec la dépendance croissante du secteur aux technologies, « la seule réalité logique est que l’imputabilité et la responsabilité doivent progressivement être transférées de plus en plus vers l’organisation commanditaire, plutôt que vers l’individu », a-t-il affirmé. « Cela pourrait représenter un changement très important dans notre manière de concevoir le fonctionnement de la réglementation. »

Andrew Kriegler a toutefois précisé que ses propos ne visaient pas à annoncer des changements imminents de politiques ou de règles. « Ce que je partage avec vous, ce sont des réflexions et des observations » dans un contexte en évolution, a-t-il indiqué.

Il a également fait part aux courtiers de ses réflexions sur la cohérence réglementaire, notamment entre les canaux de conseil et d’investissement autonome (do-it-yourself ou DIY).

Les Canadiens ne s’inscrivent plus dans des « catégories étanches », a-t-il souligné, car ils recherchent de plus en plus à la fois des services de conseil et des options d’investissement autonome. « Ces univers ne sont plus aussi séparés qu’auparavant. »

La question devient donc de savoir comment concevoir un modèle réglementaire ou de prestation de services qui permette aux investisseurs de choisir, au moment opportun, la manière dont ils souhaitent investir et payer pour ces services, a-t-il observé. « Je pense que le plus grand défi consiste à assurer un certain degré de cohérence. »

Un autre domaine où des incohérences réglementaires peuvent apparaître concerne les tendances émergentes en matière d’investissement. Par exemple, les investisseurs autonomes ont accès à des actifs comme les cryptomonnaies ou les marchés de prédiction, tandis qu’un conseiller qui recommande une action de petite capitalisation doit satisfaire à des exigences renforcées en matière de convenance, de connaissance du client (KYC) et de connaissance du produit (KYP) et peut se heurter à des contraintes de conformité.

Cette incohérence réglementaire a récemment été mise en lumière dans les médias, a noté Andrew Kriegler. « Quelles devraient être les attentes du système quant à la prestation de conseils, par rapport à celles que nous avons à l’égard des personnes qui prennent leurs propres décisions dans un contexte d’investissement autonome ? » s’est-il demandé.

En ce qui concerne l’évolution de la réglementation, il a suggéré que, outre une analyse coûts-bénéfices, il faut également examiner la manière dont ces coûts et bénéfices sont répartis, étant donné que les coûts pèsent de façon disproportionnée sur « les acteurs intermédiaires ».

Dans l’ensemble, « il nous incombe, en tant que communauté des services financiers — industrie, régulateurs, fournisseurs de services, tous — de réfléchir à l’équilibre approprié » dans ce modèle réglementaire en évolution, a conclu Andrew Kriegler.

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Risques financiers : le BSIF met en garde contre de nouvelles fragilités https://www.finance-investissement.com/nouvelles/risques-financiers-le-bsif-met-en-garde-contre-de-nouvelles-fragilites/ Tue, 28 Apr 2026 12:03:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113559 Le régulateur identifie trois sources d’inquiétude.

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Le régulateur fédéral des institutions financières tire la sonnette d’alarme sur la fragilité du marché hypothécaire, l’opacité croissante des acteurs financiers non bancaires et les tensions potentielles sur la liquidité. Dans son Regard annuel sur le risque (RAR) pour l’exercice 2026-2027, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) brosse un tableau préoccupant d’un système financier soumis à de multiples pressions simultanées.

« La population canadienne peut être convaincue que le BSIF intervient tôt, […] et qu’il prend des mesures décisives pour renforcer la résilience du système financier dans un contexte économique et géopolitique incertain », promet Peter Routledge, surintendant des institutions financières.

Le RAR, qui paraît chaque printemps, recense les risques prépondérants pesant sur les banques, les assureurs et les régimes de retraite sous réglementation fédérale. Cette année, il en retient quatre par ordre d’importance :

  • les risques liés aux prêts hypothécaires et aux prêts garantis par un bien immobilier (prêts RESL),
  • les risques liés aux intermédiaires financiers non bancaires (IFNB),
  • les risques de financement et de liquidité,
  • un ensemble de risques connexes incluant la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’intégrité des institutions.

Immobilier : une pression accrue

Le marché résidentiel canadien continue de s’essouffler sous le poids des incertitudes commerciales, de la volatilité des matières premières, des pressions sur l’emploi et d’une confiance chancelante des consommateurs. Le recul est particulièrement marqué dans les grands marchés urbains, notamment Toronto et Vancouver, où le segment des copropriétés affiche des ventes à des niveaux inégalés depuis les années 1990. De nombreux acheteurs sur plans se retrouvent aujourd’hui propriétaires de logements dont la valeur est inférieure au prix payé avant la construction, ce qui fragilise leur situation financière au moment de la clôture de la transaction.

Le mur des renouvellements hypothécaires est une autre source d’inquiétude. En janvier 2026, 3,1 millions de prêts hypothécaires, soit 52 % du total, devaient être renouvelés avant la fin de 2027. Parmi ceux-ci, 1,3 million ont été contractés en 2021 et 2022, période de taux historiquement bas. Les emprunteurs concernés devront absorber des hausses de mensualités potentiellement importantes, et certains pourraient se trouver dans l’incapacité de refinancer leur prêt ou d’honorer leurs nouveaux versements.

Le BSIF note également la montée en puissance des prêts hypothécaires à taux variable et à versements fixes (PHTVVF), dont la part dans les nouveaux montages atteignait 36 % en décembre 2025, une proportion qui se rapproche rapidement du sommet de 41 % enregistré en mars 2022.

Malgré ces tensions, le régulateur estime que les institutions financières disposent encore de marges de manœuvre grâce à leurs niveaux de capital et à leurs provisions pour pertes. Des examens de surveillance ciblés auprès des prêteurs exposés aux prêts RESL sont néanmoins prévus dans la prochaine année.

Finance non bancaire : un risque en expansion

Autre évolution marquante cette année : le retour au premier plan des risques liés aux institutions financières non bancaires (IFNB), un secteur en forte croissance qui regroupe notamment les fonds de couverture et les sociétés de capital-investissement.

Ces acteurs jouent un rôle de plus en plus important dans le financement de l’économie, mais leur expansion soulève des enjeux de stabilité. Leur recours fréquent à l’effet de levier et à des instruments financiers complexes peut amplifier les chocs en période de stress.

En cas de tensions sur les marchés, des ventes rapides d’actifs pourraient accentuer la volatilité et se répercuter sur l’ensemble du système financier. Les institutions traditionnelles ne sont pas à l’abri : elles financent souvent ces acteurs ou sont exposées à leurs activités, ce qui augmente les risques de contagion.

Le développement du crédit privé constitue un autre point de vigilance. La croissance rapide de ce marché, combinée à un manque de transparence, pourrait masquer des fragilités structurelles, selon le BSIF.

Liquidité : un équilibre fragile

La troisième zone de risque concerne la liquidité et le financement. Pour l’instant, les conditions demeurent relativement favorables : les banques canadiennes continuent d’avoir accès à des sources de financement stables et à faible coût.

Mais cet équilibre pourrait être remis en cause rapidement. Le BSIF souligne que la confiance des marchés et des déposants peut se détériorer brusquement en cas de choc économique ou géopolitique.

La dépendance au financement international, notamment en devises étrangères, constitue une source de vulnérabilité supplémentaire. Une perturbation des marchés mondiaux pourrait se traduire par une hausse des coûts de financement ou une réduction de l’accès aux liquidités.

Dans ce contexte, la capacité des institutions à gérer activement leur bilan et à se préparer à des scénarios de crise devient déterminante.

En 2026, le régulateur concentrera ses examens de surveillance sur les plans de financement d’urgence et la capacité des institutions à rendre compte de leurs positions de liquidité dans des délais très courts, y compris leurs expositions transfrontalières.

Des révisions aux normes de liquidité entreront en vigueur le 1er mai 2026 pour certaines catégories de dépôts de détail. D’autres modifications, qui tiendront compte des commentaires de l’industrie, seront soumises à consultation le 21 mai 2026.

IA, cybersécurité et intégrité

Le BSIF maintient également une surveillance active sur plusieurs fronts. L’essor rapide de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur financier est salué pour ses gains d’efficacité potentiels, mais il multiplie également les points de vulnérabilité. Les cybermenaces gagnent en complexité, les acteurs malveillants utilisant eux-mêmes des outils propulsés par l’IA.

La concentration dans les tiers fournisseurs de services technologiques continue d’inquiéter. Des activités comme le blanchiment d’argent, l’extorsion et l’ingérence étrangère, qui compromettent l’intégrité des institutions financières, font l’objet d’une surveillance accrue en partenariat avec le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE).

Sur le plan réglementaire, le BSIF travaille à l’élaboration d’une ligne directrice exhaustive sur la gestion du risque de crédit, dont un document consultatif a été publié en janvier 2026. Les commentaires du secteur sont attendus jusqu’au 29 juillet 2026.

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La Banque Scotia veut accélérer l’adoption de l’IA https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-banque-scotia-veut-accelerer-ladoption-de-lia/ Mon, 27 Apr 2026 12:15:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113461 L’entreprise lance Intelligence Scotia.

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La Banque Scotia met en branle Intelligence Scotia, une approche unifiée à l’échelle de l’entreprise, réfléchie afin d’accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) au sein de l’institution et doter les membres du personnel de capacités sécurisées et évolutives en matière de données et d’IA.

« Combinées à notre infrastructure technologique existante, ces capacités d’IA tirent parti de la force combinée de nos données et de nos environnements infonuagiques, tout en intégrant des mécanismes de gouvernance et de sécurité, afin que les équipes puissent utiliser l’IA en toute confiance et de manière responsable », explique Tim Clark, chef de groupe et chef de l’information.

Intelligence Scotia regroupe les capacités, les plateformes et les mécanismes de gouvernance nécessaires au déploiement de l’IA à grande échelle.

Intégré à l’environnement de travail, le Navigateur Scotia offre au personnel des outils fondés sur l’IA pour les assister dans leurs tâches quotidiennes. Son but est notamment :

  • d’améliorer la prise de décision,
  • d’accélérer les cycles de développement,
  • et de permettre la création d’assistants personnalisés, notamment pour la recherche et l’analyse, dans un cadre sécurisé.

Le Navigateur Scotia fournit aux équipes techniques des fonctions d’aide au codage, afin de les aider à automatiser certaines tâches pour investir davantage de temps dans des activités à plus forte valeur ajoutée.

Intelligence Scotia a également été conçu afin de prendre en charge les avancées futures en matière d’IA agentique, capables d’agir en fonction du contexte et d’exécuter certaines actions de manière indépendante.

« En procurant des outils d’IA aux membres de notre équipe mondiale, nous leur permettons de se concentrer sur le travail à valeur ajoutée et donc de prendre de meilleures décisions, de bouger plus rapidement et de produire des résultats probants pour notre clientèle », affirme Phil Thomas, chef de groupe et chef, Stratégie et Exploitation.

L’IA est déjà bien intégrée dans plusieurs activités de la Banque Scotia :

  • Dans les centres de contact, par exemple, il traite plus de 40 % des demandes des clients.
  • En matière de Services bancaires commerciaux, les solutions IA traitent environ 90 % des courriels des Services bancaires commerciaux en les acheminant aux équipes appropriées, ce qui réduit le travail manuel de 70 % en plus d’améliorer les délais de traitement.
  • En matière de Services bancaires numériques, avec les services bancaires mobiles de la Banque Scotia, les clients peuvent plus facilement suivre leurs opérations courantes grâce à des rappels automatisés qui leur permettent notamment d’anticiper les paiements de factures, les virements électroniques et les transferts entre comptes.

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L’IA s’attaque à votre cabinet de gestion de patrimoine https://www.finance-investissement.com/fi-releve/lia-sattaque-a-votre-cabinet-de-gestion-de-patrimoine/ Thu, 23 Apr 2026 10:56:18 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113554 DÉVELOPPEMENT — L’efficacité des fonctions administratives ne sera bientôt plus un facteur distinctif.

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Toujours davantage d’emplois se retrouvent menacés par les avancées de l’intelligence artificielle (IA). Nombre de professionnels redoutent d’être remplacés par une machine dans les prochaines années. Une crainte qui semble fondée, notamment en gestion de patrimoine, à en croire un rapport récent publié par McKinsey & Company.

Sans verser entièrement dans l’alarmisme, l’étude distingue deux modèles de gestion de patrimoine. Si l’un apparaît particulièrement vulnérable à l’essor de l’IA, l’autre semble mieux résister. Selon McKinsey, les acteurs centrés sur la production de livrables pourraient voir leur modèle fragilisé, tandis que ceux axés sur les résultats seraient mieux positionnés pour s’adapter.

Les auteurs du rapport tirent deux autres conclusions : l’IA automatisera la planification de scénarios et d’autres tâches fortement axées sur les documents. Et le rôle du conseiller, dans la mesure où il repose sur le jugement et l’accompagnement des clients, demeurera intact.

« Pendant des années, la gestion de patrimoine s’est appuyée sur trois croyances : que le conseil est limité par le nombre de professionnels agréés, que la planification est gourmande en main-d’œuvre et que la confiance et la conformité constituent des barrières à l’automatisation », indique le rapport. L’IA et les services de conseil automatisés remettent chacune de ces hypothèses en question.

L’IA synonyme d’opportunité 

L’occasion offerte par l’IA aux dirigeants de cabinets de gestion de patrimoine consiste à automatiser les processus qui soutiennent le conseil, et non le conseil lui-même. Les dirigeants doivent bien saisir cette distinction.

« Il ne fait aucun doute que l’IA prendra en charge de nombreuses tâches de manière agressive, selon le rapport. Toutefois, affirmer que l’IA passera de l’automatisation de tâches au remplacement complet des emplois constitue une exagération importante. Surtout dans les segments des clients fortunés et très fortunés, le véritable produit n’est pas le tableur, mais le jugement responsable et l’accompagnement comportemental. »

À mesure que certains services deviennent de moins en moins différenciés d’un cabinet à l’autre, McKinsey estime que la pression pour réduire les prix s’intensifiera. Toutefois, « la crainte d’une chute immédiate et généralisée des frais dans l’ensemble du secteur est probablement exagérée ».

L’expérience client fera la différence. Les entreprises capables de répondre à des attentes croissantes continueront d’apporter une valeur que les robots-conseillers et autres fournisseurs numériques ne peuvent offrir.

Selon McKinsey, les investisseurs observent ces évolutions avec un vif intérêt. « La gestion de patrimoine vit désormais sa propre version du “SaaSpocalypse” », indique le rapport, en référence aux difficultés rencontrées par les entreprises de logiciels en tant que service face à l’émergence de l’IA comme menace existentielle pour leurs modèles d’affaires.

Un impact différent aux États-Unis

 

L’impact de l’IA sur le secteur de la gestion de patrimoine aux États-Unis sera différent de celui au Canada, selon Ju-Hon Kwek, associé principal et co-responsable mondial de la pratique de gestion de patrimoine et d’actifs chez McKinsey à New York.

« Le secteur américain de la gestion de patrimoine est plus fragmenté, plus segmenté et davantage axé sur les conseillers indépendants, a-t-il répondu par courriel à Advisor.ca. Au Canada, il est plus concentré autour des grandes banques et de leurs réseaux de courtage. Il est donc possible que ces différences structurelles se traduisent par un déploiement de l’IA plus rapide, plus inégal et plus concurrentiel aux États-Unis, contre un déploiement plus centralisé et institutionnalisé au Canada. »

Il s’attend ainsi à un déploiement de l’IA davantage « dirigé par le sommet ».

Dans ce contexte, les gestionnaires de patrimoine canadiens continuent d’afficher des valorisations solides, soutenues en grande partie par la vigueur des marchés boursiers. La taille demeure un facteur clé, et rien n’indique que l’IA freinera l’intérêt pour les fusions et acquisitions dans le secteur. Au contraire, elle pourrait renforcer la capacité des grandes organisations à investir dans la technologie.

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Les nombreux défis de la relève en assurance https://www.finance-investissement.com/nouvelles/les-nombreux-defis-de-la-releve-en-assurance/ Wed, 22 Apr 2026 13:14:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113409 Les agences en assurance les outillent pour qu’elle puisse les relever.

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Les départs à la retraite s’accélèrent dans l’industrie du conseil en assurance, mais la relève peine parfois à prendre sa place. Entre ce que les seniors pensent que les jeunes conseillers ont besoin et ce que ces derniers réclament, il existe un fossé qui dépasse le simple choc générationnel, selon le Baromètre de l’assurance 2025.

D’après les conseillers en sécurité financière expérimentés, les jeunes doivent d’abord développer leurs compétences techniques. Fiscalité, connaissance des produits, qualité de la relation client, rigueur documentaire : ces dimensions sont jugées insuffisamment maîtrisées par les conseillers de la relève. Ils insistent aussi sur le besoin de mentorat, d’une prospection mieux structurée et d’un accès au financement pour amorcer leur pratique et faire l’acquisition de bloc d’affaires.

Certains évoquent la nécessité d’être « à jour technologiquement et intellectuellement », de maîtriser les outils de prise de notes, les plateformes intégrées, les fiches clients ou encore l’analyse des besoins en assurance. L’accès à des blocs de clientèle et à des logiciels de gestion de relation avec les clients (GRC), aussi appelés CRM, adaptés est également perçu comme un facteur déterminant.

De leur côté, les jeunes conseillers formulent des besoins plus concrets et immédiats. Ils veulent principalement accéder à une clientèle qualifiée, générer un revenu stable et bénéficier d’un accompagnement pratique au quotidien.

Plusieurs d’entre eux réclament du temps, du mentorat, des outils de prospection et, surtout, des occasions réelles de développer leur clientèle. « De la clientèle, une paie et du support », résume un conseiller de la relève à propos de ses besoins. Certains dénoncent aussi la qualité inégale des occasions offertes, déplorant de se voir attribuer des « dossiers laissés de côté » par d’autres conseillers.

Selon Patrick Cloutier, président de Cloutier Groupe financier, certaines attentes des jeunes qui réclament de « bons prospects » reposent sur une perception incomplète du métier. « Quand on parle de prospects qui en valent la peine, comment savoir qu’ils en valent vraiment la peine au jour 1 ? La capacité à qualifier une clientèle s’acquiert avec l’expérience », souligne-t-il. Il ajoute que certaines approches commerciales peuvent par ailleurs décevoir si elles sont mal comprises.

Le modèle de rémunération à la commission, particulièrement exigeant dans les premières années, revient aussi comme un obstacle, voire un risque d’affaires. « (Les jeunes doivent) faire attention à leur budget au lieu de vouloir vendre toujours la plus grosse prime et de courir après l’argent », estime un conseiller d’expérience. « Les conseillers de la relève ont besoin d’une rémunération sous forme de salaire afin que leur situation financière ne soit pas pénalisée pendant qu’ils bâtissent leur bloc d’affaires. Cela éliminerait une grande partie des tactiques de vente désespérées et éviterait de donner une mauvaise réputation à l’industrie », ajoute un autre conseiller expérimenté.

Autre obstacle : l’effet combiné notamment de la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus et de la Loi canadienne anti-pourriel. « Lorsqu’on commence, il est très difficile de trouver de nouveaux clients avec toutes les règles sur le marketing », résume un répondant.

Pour Samuel Lajoie, vice-président, Ventes, Agences de carrière chez iA Groupe financier, cet écart de perceptions reflète deux réalités professionnelles. Les conseillers d’expérience, déjà bien établis, cherchent à positionner leur pratique sur des marchés plus haut de gamme, tandis que les recrues doivent d’abord apprendre à bâtir une base. « Un jeune qui débute sa carrière doit avant tout rencontrer des clients, développer son réseau et être en mesure de bien gagner sa vie », souligne-t-il.

Dans ce contexte, le rôle des agences dépasse la simple formation théorique. Il s’agit d’accompagner les jeunes conseillers et de les aider à structurer leur pratique : organisation du travail, gestion de l’agenda, développement d’un réseau, prise de notes, utilisation des outils. « On veut qu’ils deviennent fonctionnels le plus rapidement possible, mais dans un délai réaliste, et qu’ils se raffinent à travers les années », dit Samuel Lajoie.

iA Groupe financier a développé une architecture de formation à plusieurs niveaux pour former les jeunes conseillers, incluant des programmes spécialisés pour accompagner leur progression, comme le programme Ascension menant au titre de planificateur financier, qui cible les conseillers souhaitant monter en gamme. Un parcours à plusieurs niveaux a aussi été créé pour les directeurs d’agence, qui sont en première ligne dans la formation des conseillers.

Chez PPI, le programme des « Étoiles montantes » vise à accélérer le développement des compétences des conseillers de la relève, notamment en souscription médicale et financière via l’intégration de l’intelligence artificielle. Ce programme mise sur un accompagnement en continu et donne accès à de la formation ainsi qu’à un réseau d’experts en planification, conformité, développement des affaires et banque numérique, ainsi qu’à du mentorat.

Christian McGuire, vice-président régional, développement des affaires pour le Québec de PPI, souligne la complémentarité entre l’humain et la technologie dans cette démarche : « Ce programme est apprécié par les conseillers de la relève qui sont un peu plus aptes à utiliser la technologie. »

Cloutier Groupe financier, de son côté, a lancé le programme Gen C, pour Génération Croissance, un espace qui permet aux jeunes conseillers d’échanger sur leurs défis, de bénéficier de mentorat et d’accéder à une clientèle par référencement interne. L’approche vise à répondre à la fois aux besoins techniques et aux dimensions humaines du développement professionnel, signale Patrick Cloutier.

Chez IG Gestion de patrimoine, des programmes salariaux et des stages rémunérés assurent une stabilité financière aux conseillers qui débutent. La prise en charge par IG du financement lors de rachats de blocs d’affaires permet d’éviter aux jeunes conseillers de s’endetter les premières années. Des outils de coaching les aident à se positionner sur des créneaux porteurs.

SFGT mise pour sa part sur une approche collaborative, fondée sur le partage et l’entraide entre conseillers. De « super équipes » de cinq à huit conseillers partagent leurs frais d’exploitation, coordonnent leur conformité et s’unissent pour accéder à des spécialistes. Un groupe de conseillers intermédiaires, âgés de 35 à 45 ans, joue également un rôle de mentorat auprès des représentants qu’ils intègrent à leur équipe, allant jusqu’à offrir un soutien financier aux recrues pour les aider à se constituer une clientèle.

Caroline Thibeault, présidente de SFGT, insiste sur cette culture de collaboration. « On rencontre nos conseillers sur une base individuelle régulièrement. Ils nous amènent leurs problèmes et on met immédiatement en place des groupes de soutien », explique-t-elle. Cette approche a notamment permis de faciliter l’adoption des outils technologiques, grâce au transfert de compétences entre pairs.

Car l’appétit pour la technologie est bien présent. Les jeunes conseillers demandent des plateformes intégrées, des logiciels de CRM adaptés à leur réalité et du soutien pour tirer parti des réseaux sociaux dans leur prospection. Un répondant plaide pour « l’efficacité électronique et le moins de papier possible », tandis qu’un autre évoque l’intelligence artificielle comme outil à intégrer dans la pratique.

Reste que, malgré ces avancées, une réalité demeure : les jeunes conseillers ont besoin de temps pour mûrir. « On ne peut pas tout apprendre la première année », rappelle Samuel Lajoie. Des qualités telles que la rigueur, la vision à long terme et la confiance en soi se construisent progressivement.

Dans une profession où la relation humaine est centrale, la capacité à aller vers les autres demeure également déterminante. Comme le résume un représentant en assurance de personnes sondé : apprendre à approcher les clients, sans retenue, fait souvent toute la différence entre une carrière qui décolle et une autre qui stagne.

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L’ASIC intensifie sa lutte contre les escroqueries alimentées par l’IA https://www.finance-investissement.com/nouvelles/lasic-intensifie-sa-lutte-contre-les-escroqueries-alimentees-par-lia/ Tue, 21 Apr 2026 10:59:06 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113380 Le volume de suppressions de sites frauduleux aurait presque doublé en 2025.

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Face à une recrudescence des escroqueries alimentées par l’intelligence artificielle (IA), les actions des autorités de régulation visant à lutter contre les campagnes d’hameçonnage sur les réseaux sociaux et les sites promouvant des arnaques à l’investissement ont presque doublé en 2025, selon de nouvelles données de l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC).

Au cours de l’année civile, l’ASIC a fait retirer près de 12 000 sites liés à des escroqueries, a-t-elle indiqué, soit une nette hausse par rapport aux 6 270 suppressions enregistrées en 2024. Depuis 2023, l’autorité de régulation affirme ainsi avoir contribué à la fermeture de plus de 25 000 arnaques au total.

En 2025, le régulateur a également supprimé 1 100 publicités sur les réseaux sociaux impliquant des escroqueries présumées.

L’ASIC a en particulier mis en garde contre l’utilisation croissante de l’IA dans des publicités diffusées sur les réseaux sociaux ciblant les investisseurs.

« Les escrocs utilisent l’intelligence artificielle pour rendre de fausses publicités d’investissement plus soignées, plus convaincantes et plus difficiles à détecter », observe le commissaire de l’ASIC, Alan Kirkland.

« Nous constatons que l’IA est utilisée pour créer des vidéos professionnelles, de faux soutiens et des publicités ciblées conçues pour inciter les personnes à communiquer leurs informations, précise-t-il. C’est pourquoi l’ASIC a considérablement intensifié ses efforts pour faire retirer les escroqueries en ligne. »

Dans le même temps, les escrocs utilisent la promesse de l’IA pour offrir des rendements d’investissement élevés comme appât, cherchant à tromper les investisseurs avec des offres de rendements élevés et garantis, rapporte l’ASIC.

À la lumière de ces tendances, l’ASIC met en garde les investisseurs contre la menace que représentent les escroqueries à l’investissement alimentées par l’IA, les appelant à rester vigilants face aux tactiques frauduleuses courantes et à se protéger contre les acteurs malveillants.

Enfin, le régulateur a indiqué être « activement engagé dans une coopération internationale » avec d’autres autorités de régulation afin de contribuer à l’élaboration « d’une réponse mondiale à un problème mondial ».

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Du renfort en intelligence artificielle et stratégie de données chez Investia https://www.finance-investissement.com/nouvelles/du-renfort-en-intelligence-artificielle-et-strategie-de-donnees-chez-investia/ Mon, 20 Apr 2026 12:02:19 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113394 NOUVELLES DU MONDE – La firme embauche une spécialiste de la transformation technologique.

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Investia a recruté Audrey Thibodeau Poulin pour occuper le poste de directrice principale de l’architecture d’affaires et de la stratégie des données.

Spécialiste de l’intelligence artificielle et de la transformation numérique, elle cumule près de vingt ans d’expérience dans le secteur financier, où elle a réalisé des projets visant à intégrer les technologies émergentes dans les stratégies d’affaires.
Dans ses nouvelles fonctions, elle aura pour mission d’aligner les priorités d’affaires, les données et les technologies d’Investia, afin de soutenir l’innovation et de générer de la valeur durable pour l’organisation.
Avant de se joindre au courtier en épargne collective, elle occupait un rôle d’experte-conseil en innovation à la maison mère, iA Groupe Financier. Depuis décembre 2023, elle y avait successivement agi comme formatrice en intelligence artificielle, puis comme conseillère en innovation. Son parcours l’a également menée chez Promutuel Assurance, SSQ Assurance et CGI, où elle a participé à plusieurs initiatives de transformation numérique.

Elle détient un certificat en analyse des systèmes d’affaires de l’Université Laval et une certification en intelligence artificielle du United States Artificial Intelligence Institute.

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