Intelligence artificielle | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/intelligence-artificielle/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 28 Jan 2026 19:07:44 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Intelligence artificielle | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/intelligence-artificielle/ 32 32 L’optimisme s’effrite malgré la hausse des marchés https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/loptimisme-seffrite-malgre-la-hausse-des-marches/ Thu, 29 Jan 2026 11:29:22 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112048 Investisseurs et PDG canadiens plus inquiets face à l’économie.

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Le pessimisme des Canadiens et des entrepreneurs vis-à-vis de leurs placements et de l’économie en général grandit. Malgré la forte progression du marché boursier canadien en 2025, l’optimisme fléchit, révèlent deux sondages distincts.

Ainsi, 44 % des investisseurs s’inquiètent quant à l’avenir de leurs placements, une augmentation de huit points de pourcentage par rapport à l’an dernier, révèle le sondage annuel sur la confiance des investisseurs, publiés par Gestion mondiale d’actifs Scotia.

Dans le même temps, la confiance des PDG canadiens s’écarte désormais de l’optimisme mondial, inversant la tendance pour la première fois en plus de cinq ans, selon la 29e Enquête mondiale auprès des PDG de PwC Canada. Alors 61 % des dirigeants à l’échelle mondiale s’attendent à une amélioration de la croissance économique mondiale, cette proportion tombe à 47 % chez les PDG canadiens.

« Les résultats de l’enquête de cette année marquent un tournant pour les dirigeants d’entreprise canadiens, a déclaré Nicolas Marcoux, président et chef de la direction, PwC Canada. Pour la première fois en plus de cinq ans, le sentiment des PDG canadiens évolue à contre-courant de l’optimisme observé à l’échelle mondiale.

La confiance vis-à-vis de l’économie canadienne est également en recul, passant ainsi de 42 % l’an passé à 27 % cette année.

Le contexte géopolitique actuel et surtout les droits de douane ne sont pas étrangers aux inquiétudes partagées aussi bien par la population canadienne que par ses PDG.

Les droits de douane (46 %) figurent parmi les trois principaux risques cités par les répondants au sondage de la Banque Scotia, aux côtés du coût de la vie (49 %) et du risque d’une éventuelle récession (49 %).

Les PDG canadiens, de leur côté, expriment une préoccupation accrue à l’égard de la politique commerciale et des droits de douane des États-Unis : 53 % s’inquiètent de leur impact, tandis que 35 % s’attendent à une réduction des marges bénéficiaires au cours de la prochaine année.

PwC Canada avoue que les vents contraires, comme l’incertitude commerciale, pressions tarifaires, sont effectivement importants et bien réels. La firme souligne toutefois qu’ils agissent également comme catalyseur poussant les entreprises à se réinventer en s’ouvrant à de nouveaux secteurs ou en intégrant davantage l’intelligence artificielle dans leurs processus.

L’argent une source d’inquiétude importante

Dans son sondage, la Banque Scotia constate que l’argent demeure une source d’anxiété pour beaucoup de gens. Les Canadiens passeraient en moyenne 18 heures par semaine à s’en inquiéter.

« Il est compréhensible de s’en faire pour ses placements ; si les grands marchés boursiers se sont fortement appréciés en 2025, il n’en reste pas moins que leur trajectoire a été cahoteuse. Il s’agit de trouver un juste équilibre, en apprenant à gérer ses besoins à court terme sans sacrifier le potentiel de croissance nécessaire à l’atteinte des objectifs à long terme, comme l’épargne-retraite », assure Neal Kerr, chef, Gestion mondiale d’actifs Scotia.

Des pistes de solution

Pour tempérer ces inquiétudes, la Banque Scotia recommande aux Canadiens de consulter un conseiller. Parmi les personnes ayant rencontré un conseiller au cours des six derniers mois, 86 % affirment avoir confiance en leur situation financière, contre 68 % chez celles qui n’en ont consulté aucun durant cette période. Par ailleurs, plus de la moitié des investisseurs (57 %) souhaiteraient recevoir un accompagnement supplémentaire de leur conseiller afin de se sentir plus en confiance.

« Des rencontres régulières avec un conseiller financier permettent de répondre aux questions et de dissiper les inquiétudes », souligne Neal Kerr.

L’intelligence artificielle (IA) semble également pouvoir répondre à certaines inquiétudes aussi bien à celles de la population qu’à celles des PDG.

En effet, certains investisseurs se tournent vers l’IA générative pour obtenir des conseils en matière de placements, même si peu lui font encore totalement confiance. Ce sont ainsi 38 % des investisseurs qui auraient utilisé des outils d’IA pour prendre des décisions financières. À noter que selon le sondage, seulement 7 % des investisseurs sondés disent fonder leurs décisions uniquement sur les recommandations de l’IA.

Du côté des PDG, l’IA est également une avenue qui est toujours plus explorée. Du côté des PDG, l’IA s’impose comme une avenue de plus en plus explorée. Près de la totalité des PDG canadiens (94 %) disent y recourir d’une manière ou d’une autre, bien que seulement 29 % l’aient déployée à grande échelle, comparativement à 43 % à l’échelle mondiale.

PwC encourage les PDG à faire preuve de davantage d’audace afin de composer avec l’incertitude économique, notamment en accélérant leur adoption de l’IA, mais également en explorant de nouveaux secteurs et en envisageant des stratégies de fusions et acquisitions.

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Stabilisation de l’économie canadienne malgré l’incertitude https://www.finance-investissement.com/nouvelles/stabilisation-de-leconomie-canadienne-malgre-lincertitude/ Wed, 28 Jan 2026 12:22:36 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112074 Sans tarifs, les experts estiment que les profits auraient été plus élevés, l’inflation plus basse et qu’il y aurait moins eu de pertes d’emploi.

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« L’année 2025 aurait pu prendre une tangente carrément désastreuse après l’annonce de l’imposition de tarifs par l’administration Trump, un événement sans précédent, mais le Canada s’est somme toute bien tiré d’affaire », réagissait Frances Donald, économiste en chef de RBC et conférencière lors de l’événement annuel Perspectives 2026, organisé par CFA Montréal le 22 janvier. Elle anticipe cette année une croissance modeste du PIB canadien de 1,3 %, alors que l’économie canadienne amorcerait une phase de stabilisation.

L’économie canadienne a évité la récession redoutée en 2025 malgré une année marquée par des tensions commerciales, lesquelles continueront de planer sur l’économie. Mais ce choc tarifaire s’est avéré beaucoup plus faible que ce que les gens croient en général, selon l’économiste en chef de RBC. « 90 % du commerce vers les États-Unis demeure exempt de tarifs. » Pourtant, selon l’experte, qui cite un récent sondage, « 50 % des Canadiens croient que nous sommes actuellement en récession. »  Ce qui lui fait dire que les choses ne vont pas si mal, au contraire, elle mentionne entre autres la hausse du marché boursier canadien de 40 % depuis le fameux Jour de la Libération de l’administration Trump et trois trimestres consécutifs d’investissements directs étrangers. « On est en droit de se faire un petit pep talk. »

L’économiste en chef de RBC entrevoit néanmoins trois enjeux pour l’économie canadienne en 2026. Le premier a trait au coût de la vie, une préoccupation qui toucherait plus des deux tiers des Canadiens. « Même si l’inflation globale depuis 2020 a augmenté de 21 %, l’inflation des aliments et des loyers a augmenté de plus de 30 %, ce qui a impacté les ménages à revenu faible et moyen qui consacrent une plus grande part de leurs revenus à ces dépenses. »

L’experte a mentionné par ailleurs que l’épargne est presque exclusivement le domaine du quintile supérieur (les 20 % des ménages les plus riches). « Tandis que les quintiles inférieurs dépensent plus que ce qu’ils ne gagnent, non pas par excès, mais parce que le coût des denrées essentielles dépasse leurs revenus. »

Le deuxième enjeu, selon elle, est celui d’économies régionales fort différentes. « Si on anticipe une croissance modeste du PIB canadien de 1,3%, dans les faits, seule la province du Manitoba pourrait atteindre cette croissance. L’Alberta pourrait dépasser ce pourcentage, alors que d’autres provinces comme l’Ontario et le Québec pourraient avoir des croissances inférieures. Un peu comme avoir la tête dans le four et les pieds dans le congélateur, en moyenne tout va bien, mais en réalité les écarts sont importants. » Elle souligne que la guerre commerciale avec les États-Unis a surtout frappé l’Ontario. « En somme, cela complique la tâche pour adopter une seule et unique politique monétaire qui convienne à tout un chacun. »

Le troisième enjeu selon l’économiste est celui de la croissance nulle de la population, soit « l’effondrement de la croissance démographique ». « Le Canada est en train de corriger la politique d’immigration de 2022-2024. Durant cette période, il devait créer 60 000 emplois par mois pour satisfaire à la demande de main-d’œuvre. Si vous invitez 10 personnes chez vous, vous avez besoin de 10 chaises. » L’an prochain, l’experte croit que le Canada pourrait perdre en moyenne 12 000 emplois par mois tout en gardant le taux de chômage stable. « On n’aura pas à rajouter des chaises, on pourra même en retirer. »

Accélération de l’économie mondiale

Dans son tour d’horizon, Sébastien McMahon, économiste senior et gestionnaire de portefeuille à iA Gestion mondiale d’actifs, a expliqué que leurs indicateurs avancés pointaient vers une accélération de l’économie mondiale en 2026. Si le consensus pour le Canada est une croissance modeste de son économie d’environ 1,3 % (1,1 % pour la Banque du Canada), l’expert dit afficher une vision légèrement plus optimiste. « Quand on regarde du côté des consommateurs, des dépenses en défense, il y a un bon potentiel pour un revirement et une croissance économique plus forte, surtout si on obtient un peu plus de clarté du côté des échanges commerciaux. »

Concernant la croissance du PIB américain sur 10 ans, le stratège en chef évoque un consensus des attentes autour de 1,1%. Il ne faut pas oublier qu’on était à 2, 9 % en 2023 et à 2,8 % en 2024, on anticipe une croissance du PIB de 2,0 % en 2026. « Les gains de productivité liés à l’IA ne sont pas encore visibles. Historiquement, chaque million de dollars ajouté au PIB américain génère plusieurs emplois, alors que les investissements dans les centres de données, eux, n’en créent qu’une fraction. Oui, l’IA entraîne des investissements massifs, mais la question demeure : soutient-elle la croissance de façon durable, même si tous s’entendent pour dire qu’elle est appelée à jouer un rôle très important ? »

Sur le plan des actions, même si les attentes de croissance attendue sur 12 mois semblent très élevées pour les entreprises (surtout pour le Canada à 25 % et l’Europe à 19,4 %, les États-Unis sont plutôt stables à 17,9 %), l’économiste est d’avis que les perspectives économiques soutiennent une surperformance de celles-ci. Il anticipe un rendement de 10-15 % pour le marché canadien et de 5-10 % pour le marché américain. « Avoir une quatrième année consécutive de rendement de 10 % et plus sur l’indice du S&P 500, cela ne s’est produit que 4 fois au cours des 100 dernières années. » Il juge dans l’ensemble les valorisations des actions élevées sauf hors des États-Unis, il signale notamment les valorisations attrayantes en Europe. Il partage par ailleurs l’avis qu’il n’y a actuellement pas de bulle dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA).

À l’égard des taux d’intérêt, l’expert a souligné que les marchés « escomptent la fin du cycle global d’assouplissement monétaire. » Les marchés anticipent deux baisses des taux d’intérêt à venir du côté de la Réserve fédérale américaine (juillet et décembre), mais selon lui « les conditions financières ne supportent pas des coupures agressives ». Au Canada, il s’attend à une hausse des taux d’intérêt, soit en décembre 2026 ou l’année prochaine, mais aucun changement du côté de la Banque centrale européenne.

Interrogés en période de questions à commenter l’impact des tarifs sur l’inflation et l’économie en général, les experts ont évoqué quelques-unes des raisons qui expliquent l’effet à retardement de l’impact des tarifs. L’économiste en chef de RBC, Frances Donald, a évoqué l’accord de libre-échange actuel entre le Canada et les États-Unis, en vertu duquel 90 % des exportations et importations sont exemptes de droits de douane. Sans l’ACEUM des tarifs s’appliqueraient et les entreprises auraient répercuté ces coûts sur les consommateurs. « En raison de la paralysie du gouvernement, il nous manque aussi trois mois de données crédibles sur l’inflation, mais je crois que la donnée la plus importante à suivre à ce sujet est celle sur le coût des aliments et elle est en hausse. »

Sébastien McMahon a rappelé que le plein effet inflationniste des tarifs ne s’est pas encore fait ressentir, car plusieurs entreprises ont absorbé les coûts. « On ne le voit peut-être pas dans les données d’inflation, mais on le voit dans les marges bénéficiaires d’entreprises. » Sans tarifs, les experts estiment que les profits auraient été plus élevés, l’inflation plus basse et qu’il y aurait moins eu de pertes d’emploi.

Au sujet de la nomination du nouveau Président de la Réserve fédérale américaine et du caractère indépendant de l’organisme qui dicte la politique monétaire du pays, les panélistes se sont montrés optimistes malgré la pression politique constante exercée ces derniers mois. « Nous étions très inquiets en 2025, particulièrement par rapport au processus de nomination des présidents régionaux, mais ces craintes ont été dissipées, fort heureusement pour l’indépendance de la Fed qui est cruciale pour les marchés mondiaux » a mentionné Sébastien McMahon. « Je trouve fascinant cet intérêt pour le nouveau président de la Fed (est-il Hawkish ou Dovish ?), mais ce n’est pas nouveau en soi, ce qui est nouveau c’est d’avoir un président qui interfère dans le processus en intimidant », a laissé entendre Frances Donald.

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Les opérations bancaires réinventées par l’IA https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/les-operations-bancaires-reinventees-par-lia/ Thu, 22 Jan 2026 12:04:06 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111961 L’IA agentive recèle un potentiel considérable d’amélioration des performances.

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L’IA agentive recèle un potentiel considérable d’amélioration des performances des banques, décrit un rapport de la firme McKinsey intitulé « AI in Asia : Reimagining banking operations through agentic AI ».

L’IA agentive est un système conçu pour fonctionner de manière autonome et proactive, capable de prendre des décisions spontanément et de résoudre des problèmes complexes.

Grâce à ces capacités, les banques peuvent désormais réimaginer leurs opérations par l’IA. Le rapport rédigé pour le marché asiatique évalue que les opérations représentent généralement 60 à 70 % de la base de coûts d’une banque.

Or, le potentiel de gains de productivité est considérable, affirme le rapport qui cite plusieurs exemples. Les équipes commerciales peuvent augmenter leur efficacité de 50 à 100 % grâce à des agents de planification et de coaching en temps réel. Les délais des cycles de décision pourraient passer de plusieurs jours à moins d’une journée. Les enquêtes en matière de criminalité financière pourraient être accélérées de plus de 50 %.

Les banques investissent déjà de manière croissante, leurs dépenses bondissant de 35 à 100 milliards de dollars américains entre 2023 et 2027, selon les estimations de la firme.

En outre, les régulateurs — tout au moins en Asie — font preuve d’une compréhension grandissante, nombre d’entre eux encourageant activement les banques à innover avec l’IA.

Des conditions de mise en œuvre

Toutefois, cette mutation ne se fera pas aisément. Le rapport prévient que les dirigeants des banques devront passer d’une vision axée sur la technologie vers une vision axée sur l’activité. L’objectif n’est pas d’investir dans la technologie, mais plutôt d’améliorer l’expérience client, réduire les risques et faire croître la rentabilité. La technologie ne doit être vue que comme un moyen de parvenir à la réalisation de ces objectifs.

Pour cela, les banques doivent identifier la valeur potentielle de leurs principaux domaines opérationnels, avant de hiérarchiser ceux qui peuvent générer le plus d’impact.

Puis, pour chaque domaine, les banques doivent repenser les processus opérationnels qui causent le plus de frictions ou de pertes de valeur, par exemple les vérifications manuelles, le traitement des exceptions dans les paiements, ou encore les rapprochements financiers.

C’est là que l’IA peut permettre une automatisation intelligente, la prédiction et l’aide à la décision dans les flux de travail.

C’est à ces conditions que les banques pourront rester concentrées sur la valeur et se positionner pour tirer pleinement parti de l’excellence opérationnelle offerte par l’IA, soutient la firme.

 

 

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L’IA, un choc potentiel pour l’économie mondiale https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/lia-un-choc-potentiel-pour-leconomie-mondiale/ Thu, 22 Jan 2026 12:03:24 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111968 Moody’s explore les risques d’un retournement brutal des valorisations.

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S’il existe une bulle dans les investissements liés à l’intelligence artificielle (IA) et que celle-ci éclate, les conséquences s’étendraient bien au-delà du secteur technologique, affectant la finance et l’économie dans son ensemble, prévient Moody’s Ratings.

Dans un rapport publié le 15 janvier, l’agence de notation, qui se penche sur les effets potentiels d’une forte correction des valorisations boursières des entreprises liées à l’IA, estime qu’il est difficile de conclure avec certitude à l’existence d’une bulle. Elle souligne toutefois que plusieurs signaux d’alerte sont déjà visibles dans l’environnement actuel.

« Ces signaux comprennent l’enthousiasme marqué entourant la technologie, la hausse rapide des valorisations, y compris pour des entreprises affichant des pertes importantes, ainsi qu’un certain effet de FOMO (fear of missing out ou peur de rater une occasion) qui influence le comportement des investisseurs », indique le rapport.

Le document examine également les conséquences potentielles de l’éclatement d’une bulle, en s’appuyant sur un scénario théorique de chute de 40 % des valorisations, comparable à l’éclatement de la bulle technologique du début des années 2000.

« En cas d’éclatement d’une bulle, l’effondrement des valorisations boursières se propagerait à l’ensemble de l’écosystème technologique, frappant les laboratoires d’IA déficitaires, les grandes entreprises technologiques bien établies et, ultimement, toute la chaîne d’approvisionnement », décrit Moody’s Ratings.

Répercussions dans le secteur technologique

Dans le secteur technologique, même si la demande pour les services d’IA et la puissance de calcul continuait de croître, le financement des investissements se tarirait, ce qui ralentirait probablement le développement de nouveaux modèles par des entreprises privées comme OpenAI et Anthropic.

Les géants technologiques diversifiés, tels que Microsoft et Alphabet, subiraient des effets de crédit plus limités et seraient bien positionnés pour acquérir à bas prix des jeunes entreprises d’IA en difficulté, selon le rapport.

Pour les propriétaires et fournisseurs de centres de données, les contrats à long terme avec les grandes entreprises technologiques et la demande soutenue liée à l’IA « atténueraient l’impact » de l’éclatement d’une bulle d’investissement. Les fabricants de semi-conducteurs verraient toutefois leurs bénéfices sous pression.

Propagation aux marchés financiers

Les retombées iraient bien au-delà du secteur technologique et toucheraient directement l’industrie financière, qui a largement financé cette vague d’investissements.

« Les fonds de capital-risque ayant fortement investi dans l’industrie de l’IA et participé à des rondes de financement à des valorisations de plus en plus élevées seraient durement touchés », prévient Moody’s Ratings.

Une autre source clé de financement de l’IA, le crédit privé, « serait également sous pression », avec des effets d’entraînement susceptibles de se propager à d’autres segments du secteur financier, notamment les fonds de pension, les assureurs et les banques.

Ces dernières années, les fonds de pension se sont tournés davantage vers l’investissement passif, ce qui a accru leur exposition au secteur technologique, note le rapport. Parallèlement, bon nombre d’entre eux ont augmenté leurs allocations aux marchés privés dans la quête de rendements plus élevés, ce qui pourrait aussi accroître leur exposition à une baisse des valorisations dans ces marchés.

Les banques seraient également exposées par l’entremise de leurs prêts importants accordés aux prêteurs et fonds de crédit privé.

« Un ralentissement provoqué par l’IA nuirait aussi aux revenus des banques d’investissement et de la gestion de patrimoine, de plus en plus liés à l’écosystème de l’IA par le biais des introductions en Bourse, des frais de conseil en fusions et acquisitions et des honoraires de gestion de patrimoine associés à des valorisations boursières élevées », précise le rapport, ajoutant que ces activités pourraient aussi être touchées par les prêts liés à l’immobilier commercial.

Effets sur l’économie réelle et les gouvernements

Le secteur des services publics, qui investit massivement pour soutenir la construction de centres de données, ainsi que l’immobilier commercial, souffriraient également de l’éclatement d’une bulle de l’IA, selon Moody’s Ratings.

Plus largement, les répercussions s’étendraient à d’autres services de soutien, comme les cabinets d’avocats et les firmes de conseil, et pourraient réduire les dépenses publicitaires, affectant ainsi le secteur des médias.

Une correction boursière « réduirait également la richesse des ménages, ce qui freinerait la consommation », indique Moody’s Ratings. « La baisse des dépenses des ménages à valeur nette élevée pèserait sur les ventes de biens de luxe, l’immobilier haut de gamme et les voyages discrétionnaires, ce qui détériorerait la qualité de crédit des entreprises de ces secteurs. »

Les administrations locales seraient elles aussi touchées.

« La baisse des valorisations des immeubles de bureaux réduirait l’assiette fiscale des villes, et les centres urbains fortement exposés au secteur technologique verraient leur qualité de crédit se détériorer, entraînant une hausse des coûts d’emprunt », précise le rapport.

Qu’est-ce qui pourrait déclencher une correction ?

Sans chercher à déterminer si une bulle existe actuellement ou non, Moody’s indique que plusieurs facteurs pourraient déclencher une chute des valorisations liées à l’IA.

« De nouvelles preuves démontrant que les entreprises n’arrivent pas à traduire l’adoption de l’IA en gains de productivité significatifs soulèveraient probablement des inquiétudes, note le rapport. Un écart négatif sur les résultats d’une entreprise phare de l’IA, un resserrement des conditions financières ou un ralentissement économique plus large pourraient également peser sur les valorisations, les bulles se dégonflant souvent lorsque les conditions économiques générales se détériorent. »

Les inquiétudes croissantes concernant la capacité des entreprises d’IA à générer des flux de trésorerie pourraient aussi servir de catalyseur à une correction.

« Les acteurs du marché s’inquiètent déjà de la possible circularité de certaines transactions au sein de l’industrie de l’IA », conclut le rapport.

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Walter GAM : bâtir un champion à partir d’une feuille blanche https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/walter-gam-batir-un-champion-a-partir-dune-feuille-blanche/ Wed, 21 Jan 2026 11:38:21 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111955 En sept ans, Sylvain Brosseau a transformé une vision idéaliste en une plateforme mondiale de gestion d’actifs indépendante.

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Que de chemin parcouru depuis sept ans. Fondée à partir « d’une feuille blanche », selon l’expression de son chef de la direction et associé fondateur Sylvain Brosseau, Walter Global Asset Management (Walter GAM) a su se tailler une place de choix dans l’univers de la gestion d’actifs. Un parcours qui franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec la conclusion d’un partenariat stratégique avec Montrusco Bolton.

« Lancer une nouvelle entreprise, ça demande énormément d’énergie et de vision. C’est dur », confie Sylvain Brosseau, en repensant à la première année de l’entreprise, en 2018, alors qu’il était encore seul à la barre.

« Il a fallu que je bâtisse l’équipe », se souvient-il. Une équipe qu’il décrit aujourd’hui comme étant la « clé du succès » de Walter GAM. Mais pour réunir celle-ci, encore fallait-il un plan d’affaires solide et, surtout, une vision claire. « C’est cette vision-là que j’allais, d’abord, vendre à mes partenaires, puis à mes futurs collègues, et éventuellement à Montrusco Bolton », explique-t-il.

Comme en 2003, lors de la reprise d’Elantis qui est devenue plus tard Fiera Capital, Sylvain Brosseau a réussi à concrétiser sa vision qu’il qualifie encore aujourd’hui « d’idéaliste ». « Effectivement, le même phénomène s’est produit, reconnaît-il. La différence, c’est que la première fois, on partait d’une base. Commencer de zéro, c’est plus compliqué : il faut créer de l’attraction », souligne-t-il.

Une histoire à succès

Malgré l’ampleur du défi, Sylvain Brosseau estime avoir pratiquement rattrapé son plan initial et entrevoit désormais le dépasser. L’équipe de GAM, qui compte aujourd’hui sept professionnels, s’était donné comme objectif de réaliser environ trois acquisitions par année. Cinq ans plus tard, la firme peut déjà compter sur un réseau de 15 entreprises partenaires.

Sur le plan de la diversification, là encore, mission réussie. Walter Global Asset Management est aujourd’hui active dans trois créneaux distincts de la gestion d’actifs.

Le premier regroupe des gestionnaires de portefeuille, généralement des boutiques hautement spécialisées se concentrant sur des stratégies ciblées plutôt que sur une offre de services étendue. Ce créneau compte dix firmes, dont Montrusco Bolton.

Le deuxième créneau est celui de la gestion de patrimoine, avec deux firmes, l’une basée à Montréal et l’autre à Londres.

Le troisième regroupe trois entreprises offrant des services à l’industrie de la gestion d’actifs, fortement axés sur la technologie. Sylvain Brosseau les décrit comme des « fournisseurs de services à valeur ajoutée technologique ».

Les seuls éléments qui n’ont pas suivi exactement le plan initial concernent les montants levés annuellement et le rendement de la firme. L’objectif était de lever 100 millions de dollars (M$) d’actifs par année et d’investir un montant équivalent. Si cet objectif n’a pas été atteint au cours des quatre premières années, marquées notamment par la pandémie, la situation s’est nettement améliorée l’an dernier, alors que la firme a levé 200 M$.

Du côté du rendement, en revanche, la firme dépasse ses attentes. « Je m’attendais à un rendement d’environ 20 %. Aujourd’hui, après cinq ans, ce n’est pas cumulatif, mais annualisé : on est près de 29 % après frais », précise Sylvain Brosseau.

Résultat : la valeur actuelle du fonds, incluant les capitaux engagés, s’élève à environ 330 M$. À cela s’ajoutent les quelque 125 M$ déjà retournés aux investisseurs, ce qui porte le volume total géré et redistribué à environ 450 M$.

La croissance demeure donc au cœur de la stratégie. L’objectif du nombre d’acquisitions annuelles a toutefois été revu à la baisse, la firme visant désormais deux à trois acquisitions par an, un ajustement qui s’explique par « la taille croissante des transactions », nuance Sylvain Brosseau.

Le cas Montrusco Bolton

Walter GAM était en discussion avec Montrusco Bolton depuis plus de cinq ans, confie Sylvain Brosseau. « Nous sommes très patients, plaisante-t-il. Il fallait simplement que la bonne occasion se présente. » Cette occasion s’est matérialisée récemment avec l’envie de vendre de deux actionnaires externes.

Montrusco Bolton figurait depuis longtemps parmi les cibles privilégiées de Walter GAM. Après avoir exploré diverses avenues dans les années 2000 et 2010, la firme a opéré, au tournant des années 2020, un recentrage stratégique autour de ses compétences clés. Elle a alors choisi de se positionner clairement comme une boutique spécialisée en actions publiques, couvrant différents marchés et segments, et ce, à contre-courant d’une industrie largement tournée vers les actifs privés. Une orientation qui correspondait précisément à la philosophie de Walter GAM, axée sur la spécialisation et les boutiques expertes.

Le partenariat a aussi été rendu possible par une réorganisation de l’actionnariat. Un groupe d’employés de Montrusco Bolton a acquis le contrôle majoritaire de la firme. Dans ce contexte, les dirigeants et employés deviennent propriétaires majoritaires, tandis que Walter GAM intervient comme partenaire financier minoritaire, permettant à la firme de préserver son indépendance.

Un point qui tient particulièrement à cœur à Sylvain Brosseau. « Quand les gens disent être en contrôle de leur propre destinée, ça change complètement leur niveau d’engagement envers la croissance de leur entreprise », souligne-t-il.

L’objectif du partenariat est donc d’accompagner Montrusco Bolton dans une nouvelle phase de son développement. Walter GAM n’arrive jamais avec une formule toute faite. Son approche repose plutôt sur cinq leviers, modulés selon les besoins de chaque entreprise :

  • du capital,
  • un appui à la stratégie de distribution,
  • un renforcement des opérations et de la gouvernance,
  • du capital humain et un regard neuf
  • et une expertise stratégique.

Dans le cas de Montrusco Bolton, le capital a permis de racheter les parts de deux actionnaires institutionnels. Pour le reste, la firme dispose déjà d’assises solides en matière de gouvernance et de capital humain. Walter GAM estime toutefois pouvoir créer de la valeur sur le plan stratégique et au niveau de la distribution, en particulier en soutenant le développement aux États-Unis. « Malgré la croissance des actifs dans les cinq dernières années, ils n’ont pas touché au marché américain. Pourtant, il y a de très belles opportunités », note Sylvain Brosseau.

Les firmes indépendantes, l’économie et l’IA

Loin d’être pessimiste face au contexte actuel, Sylvain Brosseau brosse un tableau positif de le la gestion d’actifs indépendante au Canada en 2026. S’il note un retour de la consolidation dans l’industrie, il y voit avant tout un phénomène cyclique, lié à la maturité de certaines firmes, au vieillissement de leurs dirigeants et aux enjeux de relève ou de capacité financière pour racheter des actionnaires sortants.

« On revoit ce phénomène. On l’a déjà vu dans le passé », déclare-t-il.

Mais, lui-même voit se dessiner un autre mouvement. « Ce qu’on distingue un peu moins, parce que c’est sous le radar, ce sont de belles petites firmes portées par de jeunes entrepreneurs qui sont en train d’émerger. » Selon lui, ces acteurs pourraient être les gagnants de demain.

Dans ce contexte en mutation, Walter GAM se positionne comme un accompagnateur actif de ces firmes, tant sur le plan stratégique qu’opérationnel.

Sur le plan économique, malgré un contexte qu’il reconnaît incertain, les occasions demeurent nombreuses. « Nous attirons des gens qui ont bâti leur business, qui ont réussi, mais qui sont rendus à un moment de leur évolution où ils sentent qu’ils peuvent avoir davantage de croissance », explique-t-il.

Quant aux barrières à l’entrée — notamment la conformité, de plus en plus exigeante —, il relativise leur impact. « Oui, ce sont des éléments qu’il faut mettre en place, mais ce n’est pas ça qui va ralentir les entrepreneurs dans la construction de leur entreprise », affirme-t-il.

Même l’intelligence artificielle (IA) ne suscite pas d’inquiétude particulière. Il assure qu’aucune firme du portefeuille de Walter GAM ne serait menacée sur le plan concurrentiel par cette technologie. La réflexion porte plutôt sur la manière dont l’IA peut améliorer les opérations et les processus.

Walter GAM joue d’ailleurs un rôle de catalyseur en facilitant le partage d’expériences entre les entreprises de son réseau. « On a de beaux exemples, souligne Sylvain Brosseau. Souvent, on va dire : on a entendu ça, on l’a expérimenté, tu devrais l’essayer. »

Un futur ambitieux

Une fois de plus, Sylvain Brosseau a de grandes ambitions pour le futur de Walter GAM. Il souhaite voir la firme s’imposer comme un leader de la gestion de portefeuille, mais aussi comme un acteur innovant de l’industrie, notamment grâce à l’intégration de la technologie, et ce, pas seulement au pays.

Bien que la plateforme soit ancrée à Montréal, au Québec et au Canada, son empreinte est déjà bien internationale. « Présentement, nous avons des opérations indirectes dans 11 pays », rappelle-t-il.

Son objectif est clair : faire de Walter GAM un leader mondial, construit sur des bases canadiennes solides. Et comme à l’époque de Fiera Capital, les ambitions qui pouvaient autrefois sembler audacieuses paraissent aujourd’hui, après sept ans d’exécution, non plus démesurées, mais pleinement réalisables.

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L’IA dans le secteur financier : opportunités, risques et encadrement https://www.finance-investissement.com/outils_/livres-blancs/lia-dans-le-secteur-financier-opportunites-risques-et-encadrement/ Mon, 19 Jan 2026 13:11:49 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111929 ZONE EXPERTS — Selon l’AMF, l’intelligence artificielle ouvre la voie à une offre financière plus personnalisée, plus efficace et plus accessible.

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L’intelligence artificielle (« IA ») s’impose progressivement comme un vecteur de transformation dans le secteur financier, en ouvrant la voie à de nouvelles possibilités d’innovation et de développement. Selon l’Autorité des marchés financiers (l’« AMF »), l’intégration de l’IA accélère non seulement le développement de nouveaux produits et services financiers personnalisés, mais permet également une segmentation plus précise de la clientèle et une réduction des coûts opérationnels à l’avantage des consommateurs[i].

Aujourd’hui : l’IA dans le secteur financier

L’AMF a souligné que les progrès de l’IA en matière de traitement des données et d’analyse améliorent l’efficacité des institutions financières, pouvant permettre une prise de décision plus éclairée et plus rapide[ii]. Ces innovations technologiques s’accompagnent de mesures de protection des consommateurs renforcées, car l’IA permet aux régulateurs de mieux détecter et traiter les risques émergents et les pratiques contraires à l’éthique. Parmi les risques importants se trouve le « AI Washing » ou l’« IA blanchiment ». Ce phénomène est similaire à celui du « Green Washing », qui consiste pour les entreprises à exagérer leurs efforts en matière de durabilité environnementale afin de séduire les investisseurs soucieux de l’environnement.

Vulnérabilité des consommateurs face à l’IA blanchiment

L’IA blanchiment désigne la pratique de certaines entreprises à faire des déclarations fausses, trompeuses ou exagérées sur l’utilisation ou les capacités de l’IA au niveau de leurs produits, services ou opérations commerciales pour attirer les investisseurs ou les consommateurs en capitalisant sur l’engouement actuel entourant l’IA[iii]. Les lois en valeurs mobilières interdisent les déclarations trompeuses pouvant influencer la valeur des titres. Ainsi, une entreprise qui met de l’avant l’usage d’un système IA doit expliquer clairement ce qu’elle entend par « système IA », comment elle l’utilise et doit pouvoir le démontrer ; sinon, ses affirmations risquent d’être considérées de l’IA blanchiment induisant les investisseurs en erreur[iv].

Les risques associés à l’IA blanchiment sont au cœur de certaines mesures d’exécution prises par les autorités réglementaires des marchés financiers. Par exemple, la commission de valeurs mobilières des États-Unis, la Securities and Exchange Commission (« SEC »), a imposé une amende aux conseillers en investissement Delphia et Global Predictions pour avoir fait de fausses déclarations sur leur utilisation de l’IA dans des stratégies d’investissement, alors qu’ils ne disposaient pas de la technologie ou des données nécessaires pour étayer leurs affirmations[v]. La SEC a constaté que ces entreprises ont trompé leurs clients et le public en promouvant des capacités d’investissement basées sur l’IA qui n’existaient pas, violant ainsi les obligations d’information en vertu de la loi sur les conseillers en investissements (Investment Advisers Act of 1940) et les lois sur les valeurs mobilières. De même, les autorités canadiennes de réglementation des valeurs mobilières ont mis en garde les émetteurs contre les allégations non fondées ou excessivement promotionnelles concernant l’IA, en insistant sur la nécessité de fournir des informations factuelles sur l’utilisation de l’IA et son impact sur les activités de l’entreprise[vi].

Régime applicable:

Dans le contexte de législation en valeurs mobilières, des interdictions contre les déclarations fausses ou trompeuses faites aux investisseurs existent de longue date, exigeant des entreprises qu’elles fournissent des informations complètes[vii]. La SEC et les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (« ACVM ») ont clairement indiqué que l’IA blanchiment violait ces obligations d’information[viii]. Au Canada, ces principes s’appliquent en vertu des lois provinciales sur les valeurs mobilières, les émetteurs étant tenus d’éviter les affirmations non fondées ou excessivement promotionnelles quant à l’IA[ix]. Les ACVM ont explicitement averti que l’IA blanchiment peut constituer une fausse déclaration s’il n’y a pas de base raisonnable pour l’affirmation en question, et que de telles fausses déclarations sont interdites dans les documents déposés en vertu des obligations d’information continue des émetteurs assujettis, les communiqués de presse ou les notices d’offre[x]. Les conséquences de telles fausses déclarations peuvent inclure des mesures réglementaires, une condamnation en responsabilité civile et, dans les cas les plus graves, des poursuites pénales si des déclarations d’IA blanchiment sont faites dans le but de tromper les investisseurs[xi].

La Loi sur la concurrence du Canada, quant à elle, considère également comme une infraction civile et potentiellement criminelle le fait de faire des déclarations matériellement fausses ou trompeuses au public, y compris des affirmations non fondées sur les performances ou l’efficacité d’un produit, telles que celles concernant l’IA[xii]. Ces dispositions en matière de concurrence sont directement applicables à l’IA blanchiment, car la présence et l’utilisation de l’IA sont souvent associées à une perception d’augmentation de la valeur d’un produit, d’un service ou d’un intérêt commercial. Dans ce sens, les références à l’IA peuvent jouer un rôle important dans le processus décisionnel des consommateurs et dans la concurrence entre entreprises[xiii].

Gestion des risques liés à l’IA blanchiment:

Au Canada comme aux États-Unis, les entreprises doivent veiller à ce que toute allégation relative à l’IA soit véridique, justifiée et non trompeuse, sous peine de s’exposer à des mesures d’exécution et à des poursuites. Les ACVM soulignent que l’intérêt des investisseurs pour l’IA renforce la nécessité d’une divulgation robuste et non embellie à cet égard, afin d’éviter des décisions d’investissement mal informées[xiv].

L’AMF continue de suivre les développements de l’IA en maintenant un dialogue continu avec l’industrie sur les meilleures pratiques d’utilisation de l’IA, en mettant l’accent sur la conformité avec les lois et les exigences existantes.

Par Me Sarah Woods, avec la collaboration de Yassine Khadir et Vincent Leduc, respectivement associé et avocat chez McCarthy Tétrault, S.EN.C.R.L.

Le présent article ne constitue pas un avis juridique.

[i] Issues & Discussion Paper : Best Practices for the Responsible Use of AI in the Financial Sector, Autorité des Marchés Financier, 2024, p 5, par. 2..

[ii] Ibid.

[iii] Daniel G.C. Glover, Marissa Caldwell, (2024, August 8). Is it really AI? Emerging enforcement against AI washing. https://www.mccarthy.ca/en/insights/blogs/techlex/it-really-ai-emerging-enforcement-against-ai-washing

[iv] CSA Staff Notice and Consultation 11-348 – Applicability of Canadian Securities Laws and the use of Artificial Intelligence Systems in Capital Markets. (2024, December 5). OSC. https://www.osc.ca/en/securities-law/instruments-rules-policies/1/11-348/csa-staff-notice-and-consultation-11-348-applicability-canadian-securities-laws-and-use-artificial

[v] Smagalla, D. (2024, March 18). SEC Settles With Two Investment Advisers Over Alleged ‘AI Washing’. https://www.wsj.com/articles/sec-settles-with-two-investment-advisers-over-alleged-ai-washing-cd067049

[vi] CSA Staff Notice and Consultation 11-348.

[vii] CSA Staff Notice and Consultation 11-348.

[viii] Smagalla, D. (2024, March 18). SEC Settles With Two Investment Advisers Over Alleged ‘AI Washing’. https://www.wsj.com/articles/sec-settles-with-two-investment-advisers-over-alleged-ai-washing-cd067049

[ix] CSA Staff Notice and Consultation 11-348

[x] CSA Staff Notice and Consultation 11-348.

[xi] Daniel G.C. Glover, Marissa Caldwell, (2024, August 8). Is it really AI? Emerging enforcement against AI washing. https://www.mccarthy.ca/en/insights/blogs/techlex/it-really-ai-emerging-enforcement-against-ai-washing

[xii] Loi sur la concurrence, LRC 1985, c C-34, ss. 74.01(1), 52(1).

[xiii] Daniel G.C. Glover, Marissa Caldwell, (2024, August 8). Is it really AI? Emerging enforcement against AI washing. https://www.mccarthy.ca/en/insights/blogs/techlex/it-really-ai-emerging-enforcement-against-ai-washing

[xiv] Marr, B. (2024, April 25). Spotting AI Washing: How companies overhype Artificial intelligence. Forbes. https://www.forbes.com/sites/bernardmarr/2024/04/25/spotting-ai-washing-how-companies-overhype-artificial-intelligence/.

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2026 : voir au-delà des géants américains https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/2026-voir-au-dela-des-geants-americains/ Wed, 14 Jan 2026 11:00:32 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111869 FOCUS FNB — Les stratèges restent optimistes, mais appellent à une diversification plus réfléchie.

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Après une autre année solide pour les marchés boursiers, tant en Amérique du Nord qu’à l’international, les stratèges en placement demeurent globalement optimistes pour 2026. En parallèle, un consensus se dessine toutefois autour de la nécessité d’une diversification plus prudente, au-delà des grandes actions de croissance américaines à très forte capitalisation, dominées par les célèbres « sept magnifiques » (Magnificent Seven).

Le thème de l’intelligence artificielle (IA) demeure un moteur central de la croissance économique. Toutefois, plusieurs stratèges recommandent pour 2026 d’élargir la perspective quant aux entreprises susceptibles d’en bénéficier.

Les gains de productivité découlant des applications de l’IA « devraient permettre à des pays comme les États-Unis, qui affichent des multiples plus élevés, de soutenir ces valorisations, affirme Michael Greenberg, premier vice-président, gestionnaire de portefeuille et chef de la gestion de portefeuilles pour les Amériques chez Franklin Templeton Investment Solutions à Toronto. Et cela pourrait aussi débloquer de la valeur dans des marchés moins bien évalués comme l’Europe et même les marchés émergents. »

S’adressant à un auditoire de conseillers à Toronto, Michael Greenberg a précisé qu’il ne s’agissait nullement d’abandonner les actions américaines. « Elles jouent évidemment un rôle très important dans les portefeuilles. » Or, à plus long terme, il recommande aux portefeuilles surpondérés en titres américains de se diversifier vers l’Europe, les marchés émergents et le Canada.

Selon les perspectives 2026 de Vanguard, publiées par Placements Vanguard Canada, troisième fournisseur de fonds négociés en Bourse (FNB) au pays, les actions technologiques américaines pourraient bien maintenir leur élan, compte tenu du rythme des investissements et de la croissance anticipée des bénéfices.

Toutefois, ajoute Vanguard, « des occasions de placement plus attrayantes émergent ailleurs, même pour les investisseurs les plus optimistes quant au potentiel de l’IA. Notre conviction à cet égard s’accroît et reflète les rendements observés lors de cycles technologiques précédents. »

Selon les projections des marchés des capitaux de Vanguard pour les cinq à dix prochaines années, les meilleurs profils risque-rendement parmi les placements cotés en bourse se trouvent dans les titres à revenu fixe américains de grande qualité, suivis des actions américaines axées sur la valeur et des actions des marchés développés hors États-Unis.

Marc Seidner, chef des placements pour les stratégies non traditionnelles chez le géant mondial de l’investissement PIMCO, dont les filiales comprennent PIMCO Canada, établie à Toronto, a décrit les actions américaines comme étant chères en apparence, mais recelant encore de la valeur sous-jacente.

Le secteur technologique, soutient Marc Seidner, est entré dans une phase plus intensive en capital, les dépenses liées à l’IA étant de plus en plus financées par l’endettement plutôt que par les flux de trésorerie disponibles. « Lorsque les valorisations élevées sont concentrées dans un petit nombre de sociétés, il n’est pas difficile de trouver des actions attrayantes sur le plan de la valeur, présentant des caractéristiques souhaitables comme des bilans solides et une croissance saine, souligne-t-il. Il faut envisager de s’orienter vers des secteurs sous-évalués plutôt que de courir après les segments les plus chers du marché. »

Dans ses perspectives 2026, la société américaine Invesco, dont la filiale canadienne est Invesco Canada, a également mis en lumière des « occasions intéressantes » au-delà du secteur technologique propulsé par l’IA. « Nous croyons que les actions sont plus attrayantes sur le plan des valorisations dans les marchés hors États-Unis, les sociétés à plus faible capitalisation et les secteurs cycliques aux États-Unis », indique le rapport, cosigné par Brian Levitt, stratège en chef mondial des marchés chez Invesco, et Benjamin Jones, chef mondial de la recherche.

De son côté, le BlackRock Investment Institute, affilié de recherche du chef de file canadien des FNB BlackRock Asset Management Canada, recommande de maintenir une surpondération des actions américaines.

« Nous estimons que le thème de l’IA est soutenu par des bénéfices solides, des marges bénéficiaires résilientes et des bilans robustes chez les grandes sociétés technologiques cotées », indique le rapport de perspectives de BlackRock.

Sadiq Adatia, chef des placements chez BMO Gestion mondiale d’actifs (BMO GMA), s’attend à ce que la poursuite de l’assouplissement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada « soutienne les valorisations et prolonge le rallye actuel » des marchés boursiers nord-américains.

Tout en demeurant prudemment optimiste, Sadiq Adatia souligne que BMO GMA reconnaît que « l’orientation des politiques publiques, la stabilité de l’emploi et les effets des tarifs définiront la prochaine phase du cycle ».

Il estime que la loi américaine One Big Beautiful Bill Act « devrait stimuler l’économie en 2026 en augmentant le revenu disponible des ménages grâce à des baisses d’impôt permanentes et de nouvelles déductions, tout en favorisant l’investissement des entreprises, ce qui mènerait à une croissance plus forte, à la création d’emplois et à des hausses salariales ».

Au pays, CI Gestion mondiale d’actifs (CI GMA) s’attend à ce que le marché boursier canadien affiche une performance « raisonnablement bonne », avec des rendements se situant entre 5 % et 10 %, conformément aux moyennes historiques.

« Les entreprises canadiennes devraient voir la croissance de leurs bénéfices soutenue par des niveaux plus élevés de dépenses des consommateurs et des gouvernements, la transmission continue de la baisse des taux d’intérêt et l’augmentation de l’investissement des entreprises », indique CI GMA dans ses perspectives de marché 2026.

Le gestionnaire de fonds suppose une issue « raisonnable » aux négociations commerciales avec les États-Unis, tout en avertissant que les valorisations du marché canadien ont augmenté au cours de neuf des dix derniers trimestres. Par rapport aux niveaux historiques et aux rendements obligataires, les actions canadiennes ne sont ni chères ni bon marché, et CI GMA ne s’attend pas à des gains importants découlant de l’expansion des multiples.

Gestion de Placements TD (GPTD) souligne que, même à ses récents sommets historiques, l’indice composé S&P/TSX se négocie toujours à escompte par rapport au S&P 500. Dans ses perspectives optimistes pour le Canada, GPTD cite la hausse des projets d’investissement liés aux infrastructures, aux minéraux critiques et à la transition énergétique, ainsi qu’une forte demande mondiale pour les produits de base, notamment l’or, l’uranium et les métaux de base.

« Les investisseurs pourraient de plus en plus considérer la composition sectorielle du Canada — énergie, matériaux et services financiers — comme le complément idéal à un marché américain dominé par la technologie », conclut GPTD.

Du côté des marchés obligataires, les stratèges de BlackRock privilégient les obligations gouvernementales canadiennes aux bons du Trésor américain, en particulier pour les échéances plus longues. Aux États-Unis, BlackRock s’attend à ce que les coûts élevés du service de la dette et la sensibilité des acheteurs nationaux aux prix incitent les investisseurs à exiger une prime plus élevée pour détenir des obligations à long terme.

À l’inverse, la position budgétaire plus solide du Canada et des perspectives de croissance plus modestes devraient maintenir les rendements à long terme relativement stables, selon BlackRock. Le gestionnaire met toutefois en garde contre les risques liés au budget fédéral axé sur l’investissement du premier ministre Mark Carney, en raison de la nécessité d’attirer suffisamment de capitaux privés.

Enfin, évoquant la baisse des rendements des fonds du marché monétaire, PIMCO recommande de passer de l’encaisse vers des obligations de grande qualité « afin de verrouiller les rendements et de se positionner pour une appréciation du capital à mesure que les taux d’intérêt diminuent ». PIMCO privilégie les obligations de deux à cinq ans.

Les écarts de crédit demeurent serrés, avertit Marc Seidner, appelant à la prudence à l’égard des titres de crédit de moindre qualité : « Nous suggérons aux investisseurs d’examiner attentivement leurs positions et de se demander s’ils sont réellement compensés pour les risques de crédit potentiels, l’illiquidité, la baisse des rendements et le manque de transparence. »

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Boom de l’IA : un moteur de croissance, mais un risque financier croissant https://www.finance-investissement.com/nouvelles/boom-de-lia-un-moteur-de-croissance-mais-un-risque-financier-croissant/ Tue, 13 Jan 2026 12:01:08 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111839 La BRI s’inquiète de la dépendance accrue du secteur au crédit privé.

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L’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle (IA) soutient la croissance économique, mais la dépendance croissante du secteur au crédit privé, combinée à l’incertitude entourant les rendements de ces investissements, fait peser un risque accru sur le système financier mondial, selon une étude de la Banque des règlements internationaux (BRI).

Dans un bulletin du personnel publié mercredi, des économistes de la BRI indiquent que les besoins d’investissement en forte croissance du secteur de l’IA ont poussé les entreprises à accroître leur recours au financement par emprunt, en particulier au crédit privé — « un virage qui ne se contente pas de remodeler les bilans des entreprises, mais qui soulève aussi d’importantes questions quant aux normes de crédit et à la stabilité financière ».

Les dépenses en puces électroniques, matériel, logiciels et construction de centres de données pour soutenir l’utilisation de l’IA sont devenues un moteur important de la croissance du PIB, souligne le rapport, et ces besoins d’investissement continuent de s’intensifier.

« Les prévisions des analystes indiquent que les dépenses annuelles consacrées aux seuls centres de données pourraient augmenter de 100 à 225 milliards de dollars US au cours des cinq prochaines années », précise le document.

Cette montée en puissance des besoins de financement a conduit l’industrie de l’IA à rechercher des sources externes de capitaux, comme les obligations de sociétés, mais le crédit privé s’est aussi imposé comme une source de financement en très forte croissance, note la BRI.

« La part des prêts de crédit privé accordés à des entreprises liées à l’IA est passée de moins de 1 % du volume total des prêts en circulation à près de 8 % », indique l’étude, qui estime que l’encours du crédit privé accordé aux entreprises d’IA pourrait atteindre entre 300 et 600 milliards de dollars US d’ici 2030.

« Cette dépendance accrue à l’endettement introduit des vulnérabilités pour l’ensemble du système financier », avertit le rapport.

Les entreprises d’IA affichant un levier financier plus élevé pourraient « amplifier les chocs et affecter la santé des intermédiaires financiers si les rendements attendus des investissements en IA ne se matérialisent pas », souligne l’étude.

« Cela soulève des inquiétudes quant au risque de contagion systémique, d’autant plus que les marchés du crédit privé — moins transparents — connaissent une croissance rapide et que l’écosystème de l’IA présente des mécanismes de financement circulaires », ajoute-t-elle.

À l’heure actuelle, les écarts de crédit observés sur le marché du crédit privé suggèrent que les prêts accordés aux entreprises d’IA sont évalués comme étant aussi risqués que d’autres prêts aux entreprises, note la BRI.

« Cette évaluation contraste fortement avec les valorisations élevées des actions des entreprises d’IA, qui supposent des rendements futurs exceptionnellement élevés », indique le rapport. « Ce décalage laisse entendre soit que les prêteurs sous-estiment les risques liés aux investissements en IA — alors même que leurs expositions augmentent fortement — soit que les marchés boursiers surestiment les flux de trésorerie futurs que l’IA pourrait générer. »

En définitive, l’avenir à long terme du boom de l’IA dépendra de la capacité de ces investissements à produire les résultats escomptés, conclut le document.

« Un échec à répondre aux attentes pourrait entraîner des corrections brutales tant sur les marchés boursiers que sur les marchés de la dette », prévient-il.

L’effondrement des investissements en IA pourrait également peser sur la croissance du PIB, ajoute la BRI — un phénomène typique à la fin des bulles d’investissement.

« Si un recul de l’investissement en IA s’accompagnait d’une correction boursière importante, les retombées négatives pourraient être plus marquées que ne le suggèrent les précédents cycles d’expansion », conclut le rapport, ajoutant que « bien que l’IA puisse offrir un soutien durable à la croissance économique, il reste à voir si ce potentiel se concrétisera ».

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Un monde plus risqué, une économie plus résiliente https://www.finance-investissement.com/nouvelles/un-monde-plus-risque-une-economie-plus-resiliente/ Fri, 09 Jan 2026 12:12:09 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111789 Les dirigeants bancaires canadiens font le point sur 2026.

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La sécurité nationale et les inégalités croissantes sont deux des plus grands risques actuels, ont indiqué le 6 janvier dernier les dirigeants des banques canadiennes lors d’une conférence.

« Je résumerais la situation mondiale actuelle comme une guerre économique », a souligné Laurent Ferreira, président et chef de la direction de la Banque Nationale, lors de la Conférence des chefs de la direction des banques canadiennes 2026 de RBC Marchés des capitaux à Toronto.

« La géopolitique est à nos portes. La sécurité nationale est, à mon avis, l’une des priorités les plus importantes de notre pays. »

Il a ajouté que l’incertitude entraîne une hésitation à investir et une fragilisation du marché du travail et du moral des consommateurs. Bien qu’il soit encouragé par la direction prise par Ottawa, il a estimé que tout doit aller plus vite.

« Si nous voulons faire partie du nouvel ordre mondial, nous devons accélérer le mouvement. »

Parmi les quatre chefs de la direction qui se sont exprimés dans la matinée, Laurent Ferreira a été celui qui a le plus évoqué les mesures extraordinaires prises par les États-Unis pour capturer le président du Venezuela samedi matin. Il a déclaré que « les événements de ce week-end » devraient influencer la prise de décision alors que le Canada se concentre sur la construction de la nation, la réindustrialisation et la défense.

Le nouveau ton adopté par le gouvernement canadien et l’accent mis sur la réalisation des projets sont les bienvenus, a affirmé Dave McKay, président et chef de la direction de la Banque Royale.

« Compte tenu de la situation géopolitique mondiale dans laquelle nous vivons, la motivation, en particulier pour le Canada, à mener à bien ces projets est vraiment très forte. »

Il a toutefois averti que l’augmentation des inégalités est une cause sous-jacente majeure de certains des changements politiques en cours, les 20 % des personnes les plus riches se démarquant de plus en plus de la majorité.

« Cette différenciation et cette disparité croissantes déterminent véritablement le programme politique dans les deux pays », a affirmé Dave McKay.

« Cette disparité est beaucoup plus importante aux États-Unis, où elle est beaucoup plus grave et constitue un enjeu politique majeur qui ne cessera de prendre de l’ampleur. »

Ralentissement immobilier et hausse des dépenses

Pour l’instant, les consommateurs sont en mesure de rembourser leurs dettes et continuent de dépenser, mais cela s’explique en partie par le fait que les Canadiens ont réduit leurs achats immobiliers, a-t-il expliqué.

L’argent que les Canadiens consacreraient autrement au remboursement de leurs dettes immobilières est plutôt dépensé en biens et services, a précisé Dave McKay.

Il a ajouté que la faible activité dans le domaine de la prévente et de la construction de copropriétés pèse sur l’économie, mais que l’augmentation des dépenses dans d’autres secteurs a contribué à créer des emplois et à stabiliser l’emploi dans le pays.

Cette tendance, associée à une stabilisation des droits de douane, a permis à l’économie de se porter mieux que beaucoup ne l’avaient prévu.

« Les économies sont beaucoup plus résilientes aujourd’hui que je ne l’aurais imaginé il y a trois mois », a affirmé Darryl White, chef de la direction de BMO.

Il a ajouté que, même si de nombreux clients s’adaptent bien à l’environnement commercial, la banque leur conseille de ne pas compter sur une résolution rapide, car l’examen officiel de l’accord Canada–États-Unis–Mexique approche pour le milieu de l’année.

« Je pense qu’il est erroné de croire que nous allons soudainement nous réveiller avec un nouvel accord en juin ou en juillet. »

Le rôle de l’IA

Outre les tendances macroéconomiques, les banques canadiennes s’intéressent également de près au potentiel de réduction des coûts de l’intelligence artificielle (IA) afin d’améliorer leur rendement sur capitaux propres.

Harry Culham, président et chef de la direction de la Banque CIBC depuis le 1er novembre, a rapporté que la banque avait investi près de 20 % de ses dépenses dans la technologie, notamment dans des systèmes d’IA qui devraient permettre d’augmenter les revenus et le rendement des capitaux propres à l’avenir.

« Nous pouvons travailler plus efficacement. Les nouvelles technologies vont donc nous aider, et la manière dont nous les adoptons va nous aider », a déclaré Harry Culham.

« Plutôt que d’embaucher, disons trois, quatre ou cinq pour cent supplémentaires (équivalent temps plein) par an, nous n’aurons peut-être plus besoin de le faire. »

Raymond Chun, président et chef de la direction du Groupe Banque TD, a affirmé que la banque s’orientait vers l’IA et modernisait et automatisait ses systèmes de manière générale.

Il a cité l’exemple de la gestion des prêts hypothécaires, où les coûts liés à l’adjudication, au financement et à la quittance ont déjà diminué de plus de 20 %.

« Au cours des deux prochains trimestres, vous verrez l’IA agentive s’intégrer dans chacun de ces domaines », a déclaré Raymond Chun.

« En ce qui concerne la composante de quittance, à mesure que vous intégrez l’IA agentive et que vous automatisez l’ensemble du processus sans intervention humaine, nous passons des 19 $ actuels à une réduction supplémentaire de 50 %. »

Il a ajouté que la banque encourageait également ses clients à effectuer leurs opérations bancaires courantes, telles que les dépôts de chèques, sur des appareils mobiles plutôt qu’en succursales, et à transférer vers son application une partie des plus de deux millions d’appels qu’elle reçoit chaque mois.

Mais il a précisé que la banque menait également une campagne de recrutement afin d’augmenter ses effectifs de conseillers en gestion de patrimoine, de banquiers d’affaires et de spécialistes en prêts hypothécaires et en investissements dans tous ses services.

Dave McKay, de la Banque Royale, qui a été classée parmi les trois premières banques mondiales en matière d’IA, a souligné qu’il y avait encore de nombreuses possibilités d’utiliser l’IA à l’avenir.

« Je suis vraiment enthousiaste, et l’IA n’est qu’une nouvelle vague d’occasions pour créer de la valeur pour les actionnaires et les clients, en fin de compte. »

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L’IA agentique : la nouvelle arme des banques contre l’inefficacité https://www.finance-investissement.com/nouvelles/lia-agentique-la-nouvelle-arme-des-banques-contre-linefficacite/ Thu, 08 Jan 2026 11:59:22 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111731 Selon McKinsey.

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Les gestionnaires de comptes des grandes banques passent trop de temps sur des tâches administratives et pas assez avec leurs clients. L’intelligence artificielle (IA) agentique promet de bouleverser cette équation en automatisant la prospection, la qualification de leads et la préparation de rencontres, avec des gains de revenus pouvant atteindre 15 % par gestionnaire.

Depuis des années, les gestionnaires de relations bancaires peinent à atteindre leur plein potentiel. Systèmes défaillants, pistes de vente de piètre qualité, surcharge administrative : autant d’obstacles qui les empêchent de consacrer du temps à ce qui compte vraiment, soit leurs clients. Mais une solution émerge.

Selon une nouvelle étude de McKinsey, l’IA agentique, cette technologie capable d’agir de façon autonome plutôt que de simplement générer du contenu, transforme déjà le travail des équipes commerciales dans les institutions financières de pointe.

Un levier de transformation

L’étude, intitulée « Agentic AI is here. Is your bank’s frontline team ready? », s’appuie sur un sondage mené auprès de 406 banquiers, gestionnaires et responsables des ventes aux États-Unis et au Canada.

Le constat est clair :

  • la pression sur les marges,
  • le ralentissement de la croissance
  • et la hausse des coûts forcent les banques à repenser leur modèle opérationnel.

Dans ce contexte, l’IA agentique apparaît moins comme un simple outil de productivité que comme un véritable levier de transformation du travail de première ligne.

Les chiffres avancés sont éloquents. Lorsque l’IA agentique est déployée de bout en bout sur un seul domaine, par exemple la prospection, McKinsey observe des hausses de revenus par conseiller allant de 3 % à 15 %, combinées à une réduction de 20 % à 40 % des coûts de service. Des gains mesurables obtenus en quelques mois, et non sur plusieurs années.

Contrairement aux outils d’IA générative déjà répandus, qui se limitent souvent à produire du contenu à la demande, les agents intelligents peuvent interpréter des objectifs, les découper en sous-tâches, interagir avec des systèmes internes, exécuter des actions et ajuster leur comportement en fonction des résultats. Dans les équipes commerciales, cela se traduit par une automatisation de flux de travail complexes que les banques tentaient, sans réel succès, d’optimiser depuis des décennies.

Éliminer des irritants

Le rapport met en lumière un malaise bien connu sur le terrain. Plus de la moitié des répondants (53 %) citent le manque de pistes commerciales de qualité comme principal frein à la croissance. À cela s’ajoutent des tâches administratives chronophages et des outils mal intégrés. Plusieurs conseillers interrogés se décrivent davantage comme des « commis à la saisie de données » que comme des partenaires stratégiques de leurs clients. Résultat : un taux de roulement élevé, oscillant entre 15 % et 35 % dans plusieurs institutions.

C’est précisément sur ces irritants que l’IA agentique promet d’intervenir. En prospection, par exemple, des agents peuvent croiser des données structurées et non structurées, registres d’entreprises, transactions, signaux de marché, afin de générer des listes de clients potentiels hiérarchisées et mises à jour en continu. McKinsey indique que les banques ayant adopté ce type de cartographie intelligente du marché ont vu leur pipeline croître d’environ 30 %, avec des revenus en hausse de 10 %. Dans un établissement commercial, les conseillers utilisant des listes générées par l’IA auraient même doublé leur taux de conversion.

Des prospects mieux qualifiés

L’apport ne se limite pas à l’amorce du cycle de vente. Les agents peuvent aussi assurer le suivi automatisé des pistes commerciales, en répondant aux demandes, en envoyant des contenus personnalisés et en planifiant des rencontres dès que l’intérêt est confirmé. Les premiers projets pilotes montrent un doublement, voire un triplement, du nombre de pistes qualifiées, ainsi qu’une amélioration mesurable des taux de conversion.

La préparation des rencontres clients, souvent citée comme un gouffre de temps, est un autre terrain d’application. En agrégeant automatiquement les données issues des systèmes internes, des courriels et des rapports, les agents génèrent des dossiers clients et des notes de rencontre en quelques minutes. Certaines banques ont ainsi réduit de 25 % le temps consacré à cette préparation, libérant davantage de plages horaires pour les échanges directs avec la clientèle.

Même les décisions de tarification et de structuration des transactions peuvent être assistées par l’IA agentique. En analysant les comportements de rabais, les profils clients et la disposition à payer, des agents recommandent des conditions optimales en temps réel, tout en facilitant les approbations internes. McKinsey fait état de gains de marge de l’ordre de 10 % et d’un raccourcissement significatif des délais de conclusion des ententes.

Conseiller : un rôle plus stratégique

Au-delà des indicateurs financiers, l’étude souligne un effet plus qualitatif : la redéfinition du rôle des conseillers. « La plus grande valeur de l’IA n’est pas le temps qu’elle fait gagner, mais ce qu’elle permet de faire avec ce temps », confie un dirigeant cité dans le rapport. Délestés des tâches répétitives, les banquiers peuvent se concentrer sur la relation, le conseil et la compréhension fine des enjeux de leurs clients, des dimensions où la technologie ne remplace pas l’humain.

McKinsey prévient toutefois que capter pleinement cette valeur exige un changement d’approche. Les banques les plus avancées ne se contentent pas d’ajouter des outils à leurs processus existants : elles redessinent leurs modèles opérationnels de bout en bout, investissent dans des fondations technologiques réutilisables, encadrent l’autonomie des agents par des règles de gouvernance strictes et misent sur la requalification des équipes.

À l’heure où plusieurs institutions expérimentent encore des cas d’usage à faible impact, le message est sans équivoque. Dans un environnement concurrentiel sous tension, un potentiel de hausse de revenus pouvant atteindre 30 % constitue un argument difficile à ignorer. Pour les banques restées en retrait, conclut McKinsey, l’IA agentique n’est plus une option à étudier, mais un virage à négocier rapidement.

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