Inde – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Tue, 10 Mar 2026 15:14:21 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Inde – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Trois FNB pour miser sur la croissance de l’Inde https://www.finance-investissement.com/nouvelles/trois-fnb-pour-miser-sur-la-croissance-de-linde/ Wed, 11 Mar 2026 10:11:20 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112909 Le voyage effectué en février par Sadiq Adatia à Mumbai et New Delhi, où il a rencontré des dirigeants d’entreprises et des responsables politiques, a renforcé sa vision optimiste de l’économie du pays le plus peuplé du monde.

« La classe moyenne continue d’évoluer et de prendre une place de plus en plus importante dans l’économie, explique Sadiq Adatia, chef des placements de BMO Gestion mondiale d’actifs. Je situerais presque l’Inde là où la Chine se trouvait il y a environ dix ans. »

Le FINB BMO MSCI India d’actions sélectionnées, qui gère environ 189 millions de dollars (M$) en actif, est le plus important des trois fonds négociés en Bourse (FNB) canadiens offrant une exposition à l’Inde. Il est offert depuis janvier 2010. Son rival de longue date, lancé le même mois, est le iShares India Index ETF, qui détient environ 134 M$ en actif. Un concurrent plus récent est le Franklin FTSE India Index ETF, qui gère environ 8 M$ en actif et a été lancé en août de l’an dernier.

Bien que la taille de son marché boursier soit relativement modeste, l’Inde demeure une puissance mondiale à plusieurs égards. Elle se classe au premier rang mondial pour la population, avec plus de 1,47 milliard d’habitants. Son produit intérieur brut (PIB) projeté pour cette année serait le quatrième plus important au monde, selon le Fonds monétaire international (FMI). L’organisme prévoit également une croissance économique de 6,2 % en 2026, comparativement à 4,2 % pour la Chine et à un rythme nettement inférieur pour les pays du G7, dont le Canada.

Un indicateur plus révélateur, également issu des données du FMI, est toutefois le PIB par habitant. En Inde, il devrait atteindre 3 051 dollars américains ($ US), un niveau beaucoup plus faible que dans les grandes économies, dont le Canada, où il est estimé à 58 244 $ US. En Chine, dont la population est presque aussi élevée que celle de l’Inde, le PIB par habitant devrait atteindre 14 730 $ US, soit plus de quatre fois celui de l’Inde.

Malgré cet écart, Sadiq Adatia est convaincu que l’Inde parviendra à le réduire, principalement grâce à la croissance de son marché intérieur.

« Le pays est encore dans une phase de croissance, ce qui lui permet de générer des taux d’expansion élevés d’une année à l’autre », affirme-t-il.

Selon lui, la classe moyenne indienne en expansion progresse sur l’échelle de la consommation et augmente ses dépenses discrétionnaires, en plus de ses achats de biens essentiels.

« Cela est très favorable pour le PIB et pour les entreprises qui bénéficient de cette tendance », ajoute-t-il.

Perspectives démographiques favorables

Les données démographiques devraient soutenir pendant des décennies une économie indienne axée sur la consommation, explique Ahmed Farooq, vice-président principal et responsable de la distribution des FNB de détail chez Franklin Templeton Canada, à Toronto. Il souligne qu’environ la moitié de la population indienne a moins de 25 ans, et que 65 % ont moins de 35 ans.

« Il s’agit d’une histoire de croissance structurelle à très long terme, soutient Ahmed Farooq. Le pays dispose également d’un système démocratique et attire de plus en plus de partenaires commerciaux. »

Parmi les développements commerciaux récents, il mentionne l’accord conclu en janvier avec l’Union européenne, qui prévoit l’élimination ou la réduction des droits de douane sur la grande majorité des exportations et importations.

Du côté de l’Amérique du Nord, l’Inde devrait également bénéficier d’une réduction des tarifs américains à la suite d’une décision de la Cour suprême des États-Unis jugeant illégaux les tarifs mondiaux précédemment imposés par le président Donald Trump. Parallèlement, le Canada négocie son propre accord commercial avec l’Inde.

Trois FNB pour s’exposer au marché indien

Selon Ahmed Farooq, le FNB Franklin vise à offrir une exposition large, passive et peu coûteuse au marché indien. Il réplique l’indice FTSE India RIC Capped, qui comprend environ 275 entreprises et représente près de 90 % de la capitalisation boursière totale des sociétés par actions de l’Inde.

Bien que ses actifs canadiens soient modestes, le fonds bénéficie d’économies d’échelle puisqu’il investit dans le Franklin FTSE India ETF, coté aux États-Unis, qui gère environ 3 milliards de dollars américains (G$ US).

Avec des frais de gestion de 0,19 %, le FNB canadien de Franklin est le moins coûteux de sa catégorie. Il n’y a pas de double facturation de frais avec son équivalent américain. Bien que le fonds soit trop récent pour publier un ratio de frais de gestion (RFG), il devrait demeurer le produit le moins cher une fois les dépenses incluses.

À l’inverse, le FNB de BMO adopte une approche plus sélective, avec 55 titres actuellement en portefeuille. Son objectif est de reproduire la performance de l’indice MSCI India Selection, qui privilégie les entreprises obtenant des notes ESG (facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance) plus élevées selon MSCI.

Le fonds exclut également les sociétés tirant des revenus importants du tabac, de l’alcool, des jeux de hasard, des armes, des armes à feu civiles et de l’énergie nucléaire.

Sadiq Adatia reconnaît que cette approche réduit l’univers d’investissement, mais il estime que ce filtrage améliore la gouvernance et la supervision dans un marché parfois difficile à analyser.

« C’est le prisme que nous avons appliqué à ce fonds, explique-t-il. Et nous sommes satisfaits de ses résultats. »

La sélection ESG n’a pas nui à la performance du FNB de BMO face à son principal rival. Au 28 février, son rendement sur dix ans de 11,9 % dépasse celui du FNB iShares India Index, qui affiche 9,3 %.

Le FNB iShares, pour sa part, cherche à reproduire le India’s S&P Nifty 50 Index, qui offre une exposition aux 50 plus grandes entreprises de l’Inde. Il obtient cette exposition principalement en investissant dans le iShares India 50 ETF, coté aux États-Unis.

Le FNB iShares demeure plus coûteux que celui de BMO, même si l’écart s’est réduit récemment. En septembre 2025, iShares a réduit ses frais de gestion à 0,74 %, contre 0,98 % auparavant. Une fois les dépenses incluses, son RFG demeure plus élevé à 0,99 %, comparativement à 0,67 % pour le FNB de BMO.

Un élément qui pourrait surprendre certains investisseurs détenant le FNB iShares dans des comptes non enregistrés est la distribution exceptionnellement élevée de 6,955 $ versée le 29 décembre, qui a entraîné une baisse équivalente de sa valeur liquidative le lendemain.

Cette distribution pourrait être moins avantageuse sur le plan fiscal qu’un fonds qui verserait une distribution plus faible, comme ce fut le cas du FNB iShares en décembre 2024.

Le versement effectué à la fin de 2025 a entraîné un taux de distribution sur 12 mois de 15,18 %. Ce taux inhabituellement élevé a été confirmé par le gestionnaire du fonds, Gestion d’actifs BlackRock Canada, mais nos tentatives répétées pour obtenir une explication sont demeurées sans réponse.

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Alors que l’étoile de la Chine pâlit, celle de l’Inde scintille https://www.finance-investissement.com/nouvelles/alors-que-letoile-de-la-chine-palit-celle-de-linde-scintille/ Wed, 18 Oct 2023 09:45:05 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=96777 Une Bourse près de ses sommets historiques et un taux de croissance économique parmi les plus élevés au monde ont fourni au premier ministre Narendra Modi une tapisserie de fond spectaculaire pour accueillir les dirigeants de la planète à la rencontre du G20 à New Delhi au début de septembre. L’étoile indienne brillait aussi intensément que celle de la Chine s’assombrit.

Des grands noms comme Apple et Samsung déplacent une partie de leur production vers l’Inde, tandis que la valeur du parquet NSE de Mumbai atteignait récemment un sommet de 3,8 billions $US. « L’Inde est en voie de devenir la troisième économie en importance dès 2027, dépassant le Japon et l’Allemagne, et son parquet boursier sera le troisième au monde en 2030 », prévoyait Morgan Stanley dans une étude de novembre 2022.

Croissance de 7,2% en 2023

Au cours de la dernière décennie, l’Inde a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,5%, rapporte Morgan Stanley; ce rythme a grimpé à 6,7% en 2022 et pourrait être de l’ordre de 7,2% en 2023, selon Deloitte Insights.

Le boom indien prend place dans le secteur manufacturier à deux niveaux, selon Morgan Stanley. Tout d’abord, le mouvement bien connu de la délocalisation virtuelle est appelé à s’amplifier. Le nombre de gens qui travaillent à des emplois situés hors des frontière est appelé à doubler à 11 millions d’ici 2030, alors que les dépenses annuelles de sous-traitance à l’international passeront de 180 milliards de dollars américains (G$) à 500 G$.

Mais l’Inde est également appelée à briller au plan manufacturier grâce à un régime copieux de crédits fiscaux, d’incitatifs à l’investissement et de dépenses en infrastructure. Ainsi, la part manufacturière dans le PIB indien pourrait passer de 15,6% actuellement à 21% en 2031.

Tout comme on a vu l’émergence d’une vaste classe moyenne en Chine, l’Inde est appelée à suivre le même chemin. À la fin de la décennie, les dépenses de consommation pourraient plus que doubler, passant de 2,0 billions $US en 2022 à 4,9 billions $US, dans des secteurs aussi variés que les vêtements et accessoires, le loisir, les biens ménagers et les services.

Les occasions d’investir dans le marché vont abonder, soutient Morgan Stanley, notamment dans l’expansion des services financiers, les titres industriels et les biens de consommation. La décennie indienne à venir pourrait ressembler au chemin suivi par la Chine de 2007 à 2012, pense Morgan Stanley. « L’Inde offre l’occasion de croissance la plus attrayante en Asie dans les années à venir », écrivent les auteurs de l’étude.

La Chine pâtit

Pendant ce temps, le parcours de la Chine multiplie les signes de détresse. La croissance de son PIB n’est plus que l’ombre des taux spectaculaires de 10% que le pays a déjà affichés. « Nous prévoyons que la croissance du PIB sera en moyenne de 3,3% pour la période allant de 2019 à 2030 », prévoit Preston Caldwell, économiste en chef pour les États-Unis chez Morningstar.

En 2017, Morningstar publiait une étude qui analysait les chances que l’économie chinoise s’enfonce dans « le piège du revenu moyen ». C’est le piège d’une stagnation sans fin dans lequel une majorité de pays sont tombés après avoir connu des croissances spectaculaires. Parmi 96 pays classés à titre d’économies à faible ou moyen revenu en 1960, seulement 12 ont réussi à passer au niveau des revenus élevés.

Les obstacles majeurs auxquels la Chine se heurte sont ceux d’une baisse démographique presque abyssale, d’un surinvestissement aux rendements déclinants, d’une croissance médiocre de la productivité et d’un poids de dette qui représente 290% du PIB.

Le déclin démographique est sans doute le plus troublant, surtout quand on le compare au profil en croissance de l’Inde. D’ici la fin du siècle, la Chine fait face à une chute de population à 770 millions, selon des projections de l’Institut national d’études démographiques. À la même échéance, l’Inde comptera une population deux fois plus nombreuse, soit 1,53 G$. Les répercussions d’une telle baisse démographique chinoise sur le secteur immobilier, le travail et la consommation pourraient être dévastatrices.

La Chine ne se fera pas oublier

Mais attention, il serait hasardeux d’annoncer prématurément une déconfiture chinoise. Il vaut la peine de se remémorer le chemin parcouru. Quand il était étudiant à l’Université de Nankin en 1985, l’économiste canadien Mark Kruger, qui travaille aujourd’hui à Yicai Global, à Shanghai, se rappelle qu’il n’y avait pas d’autos à ce moment-là; tout le monde se déplaçait à bicyclette, et les pénuries alimentaires et vestimentaires étaient constantes.

Aujourd’hui, la Chine est premier producteur d’autos électriques au monde et devance les États-Unis dans 37 secteurs de technologie de pointe parmi 44, selon une étude du Australian Strategic Policy Institute. L’Empire du Milieu mène autant en intelligence artificielle et en biotechnologie que dans les matériaux avancés et les technologies hypersoniques. Son compte de brevets, à 1,58 million en 2021 est le double de celui des États-Unis. Le rapport précise que la performance de l’Inde au chapitre technologique est encore loin derrière.

Si plusieurs pensent que la Chine n’accèdera pas au statut de pays à revenu élevé, Mark Kruger le voit d’un autre œil. En 2010, le revenu national chinois par habitant était 65% sous le seuil du « revenu élevé » de 14 000 $US tel que l’établit la Banque mondiale et auquel tous les analystes réfèrent. Notons que le revenu national par habitant en Inde est d’environ 2 200 $US.

En 2022, la Chine n’était plus qu’à 7% sous le seuil. Au rythme actuel, Mark Kruger prévoit que le revenu moyen par habitant, présentement de 12 850 $US, pourrait croiser la ligne du revenu élevé dès 2026, malgré un contexte économique plus ardu, et très certainement avant 2030.

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