hydroélectricité – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Mon, 09 Feb 2026 21:15:56 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png hydroélectricité – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Infrastructures : au cœur des grandes tendances mondiales https://www.finance-investissement.com/nouvelles/infrastructures-au-coeur-des-grandes-tendances-mondiales/ Wed, 11 Feb 2026 11:15:26 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112424 Les sociétés d’infrastructures — comme les pipelines énergétiques et les services publics d’électricité — se sont forgé une réputation de générateurs fiables de flux de trésorerie et de verseurs réguliers de dividendes. Or, ces dernières années, ce segment diversifié de l’univers boursier est aussi devenu un vecteur de croissance, en plus de son rôle défensif traditionnel.

« Les dépenses mondiales en infrastructures augmentent de façon soutenue, alors que les pays s’efforcent de moderniser des actifs vieillissants, de décarboner les systèmes énergétiques et de soutenir la croissance fulgurante des technologies numériques », explique Kevin McSweeney, de CI Gestion mondiale d’actifs (CI GMA). Parmi ses responsabilités figure la gestion du Mandat privé d’infrastructures mondiales CI, un fonds négocié en Bourse (FNB) qui a surperformé son groupe de pairs sur plusieurs horizons pluriannuels.

« Dans bien des cas, les investissements en infrastructures se situent en première ligne des grandes tendances de croissance qui propulsent aujourd’hui les marchés boursiers mondiaux », ajoute Kevin McSweeney. Parmi les cinq principales détentions récentes de ce FNB de 425 millions de dollars (M$) figure Equinix, une société californienne spécialisée dans les infrastructures numériques.

Dans un contexte marqué par des tendances structurelles positives — comme l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données très énergivores — les actions d’infrastructures demeurent globalement évaluées à des niveaux modestes par rapport à leurs moyennes historiques, selon CI GMA.

Historiquement, les titres d’infrastructures se négociaient généralement avec une prime par rapport aux actions mondiales dans leur ensemble, souligne Kevin McSweeney, mais cette relation s’est inversée. À la fin janvier, l’indice MSCI World Core Infrastructure affichait un ratio cours/bénéfices de 21, contre 23,4 pour l’indice MSCI World.

« Les actifs d’infrastructures ont historiquement offert des rendements attrayants ajustés au risque, observe Kevin McSweeney, et les valorisations actuelles représentent un point d’entrée exceptionnellement intéressant pour les investisseurs à la recherche d’actifs de longue durée générateurs de liquidités ».

On compte actuellement 16 fonds d’infrastructures cotés au Canada sous forme de FNB, représentant un actif combiné d’environ 2,7 milliards de dollars (G$). Le plus important est le iShares Global Infrastructure Index ETF, avec un actif sous gestion de 1,1 G$, l’un de plusieurs produits gérés de façon passive.

Le secteur des infrastructures continue de croître dans différents contextes économiques, explique Massimo Bonansinga, gestionnaire du BMO Fonds d’infrastructures mondiales, un fonds commun de placement de 250 M$ dont une série FNB a été lancée en juin 2023.

Lorsque l’économie est en expansion, davantage de dépenses sont nécessaires pour des éléments essentiels comme la production d’électricité et les réseaux de transport et de distribution, explique-t-il. En période de ralentissement, les gouvernements augmentent également leurs investissements, les infrastructures constituant un « outil privilégié » de stimulation économique.

Massimo Bonansinga identifie deux grandes tendances structurelles ayant un effet transformateur sur l’économie — et, par ricochet, sur les infrastructures :

  • La première est la dépendance croissante aux énergies renouvelables et l’électrification accrue.
  • La seconde est l’innovation technologique, notamment les applications de l’intelligence artificielle, qui alimente la demande pour les infrastructures nécessaires à leur déploiement.

« Nous observons des taux de croissance qui, par exemple dans les services publics, s’approchent maintenant de plus de 10 % par année en croissance du bénéfice par action, souligne Massimo Bonansinga. C’est absolument remarquable. Je couvre ce secteur depuis plus de 20 ans et je n’ai jamais vu quelque chose de semblable. »

Afin d’éviter une exposition excessive aux infrastructures liées à la haute technologie, Massimo Bonansinga n’investit pas directement dans les centres de données. Il privilégie plutôt les sociétés de services publics qui fournissent l’énergie et les réseaux de transmission nécessaires à leur fonctionnement.

Une position actuelle de BMO qui illustre cette approche est NextEra Energy, un important fournisseur d’électricité basé en Floride, qui a annoncé en décembre une expansion majeure de sa collaboration avec Google Cloud afin de développer plusieurs nouveaux centres de données.

Les sociétés américaines représentent généralement la plus forte pondération géographique des fonds d’infrastructures, reflet du poids dominant des États-Unis à l’échelle mondiale. Par exemple, le FINB BMO infrastructures mondiales de 461 M$ détenait récemment 69 % de ses actifs en actions américaines. Suivant un indice différent, le iShares Global Infrastructure Index ETF a une pondération américaine qui, bien qu’importante, s’élevait à 43 %.

Pour les gestionnaires actifs, l’investissement en infrastructures devient un exercice d’équilibre entre les sociétés traditionnelles versant des dividendes stables et les nouvelles occasions de croissance. « Nos gestionnaires cherchent le meilleur équilibre entre les infrastructures traditionnelles et les nouvelles formes d’infrastructures, explique Chris Cullen, premier vice-président et chef des FNB chez Brompton Funds. Ils recherchent les meilleures occasions de rendement sur une base ajustée au risque. »

Le Brompton Global Infrastructure ETF, d’un actif de 54 M$ et ayant obtenu la cote maximale de cinq étoiles Morningstar pour son rendement ajusté au risque, détenait récemment 43 % de ses actifs dans le secteur industriel, 20 % dans l’énergie et 12 % dans les services publics.

Ces pondérations varient toutefois au fil du temps. « Il n’y a pas de ciblage sectoriel précis, précise Chris Cullen. Les allocations sectorielles découlent généralement des meilleures idées issues du processus de sélection de titres. »

Même si les titres appartenant aux indices d’infrastructures jouent un rôle dominant, les gestionnaires actifs disposent d’une certaine latitude pour sortir des sentiers battus. À titre d’exemple, une position importante récente de Brompton est Cameco, un producteur canadien d’uranium qui fournit des centrales nucléaires. « L’énergie nucléaire est un thème majeur dans le déploiement de l’IA et d’autres infrastructures technologiques », déclare Chris Cullen.

Pour les investisseurs en actions axés sur le revenu, un autre attrait des fonds d’infrastructures réside dans leurs distributions supérieures à la moyenne. À la fin janvier, le FNB de Brompton affichait une distribution de 5,4 %, soutenu en partie par une utilisation sélective de stratégies de ventes d’options d’achats couvertes.

« Les occasions de dividendes sont nombreuses dans le secteur des infrastructures, affirme Chris Cullen. Les investisseurs à la recherche de revenus ont tout intérêt à considérer ce segment pour générer des flux de trésorerie sous forme de dividendes. »

Le Fonds d’infrastructures mondiales CI, pour sa part, verse une distribution mensuelle de 6,9 cents par part, ce qui correspond, à son récent actif net, à un rendement annuel de 2,6 % — soit tout de même le double du rendement de distribution d’un FNB d’actions mondiales.

Kevin McSweeney souligne que les sociétés d’infrastructures offrant des services essentiels bénéficient de barrières à l’entrée élevées pour les concurrents et génèrent des revenus généralement soutenus par des tarifs réglementés ou des contrats à long terme.

Cela se traduit par des flux de trésorerie prévisibles et une volatilité des bénéfices réduite. « Cette combinaison d’une demande résiliente, d’une grande visibilité sur la génération future de liquidités et de revenus récurrents issus de loyers contractuels permet à de nombreuses sociétés d’infrastructures de maintenir des dividendes supérieurs à la moyenne, tout en offrant une croissance fiable de ces dividendes dans le temps », conclut-il.

Selon Kevin McSweeney, les pipelines et les services publics, en particulier, « profitent d’une demande d’électricité en hausse, d’une tarification solide et de perspectives de croissance liées à l’accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle ».

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Hydrogène vert, une leçon écossaise https://www.finance-investissement.com/nouvelles/hydrogene-vert-une-lecon-ecossaise/ Tue, 05 Aug 2025 11:01:03 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108820 « Eleven projects designed to accelerate Scotland’s hydrogen economy are set to benefit from a share of £3.4 million funding. The Scottish Government funding will help develop green hydrogen production, improve the hydrogen supply chain, and enhance hydrogen transport and storage infrastructure.

Opening a parliamentary debate on Scotland’s hydrogen future, Acting Net Zero Cabinet Secretary Gillian Martin said: “Hydrogen stands as a critical pillar of Scotland’s route to net zero by 2045, but also, alongside the development of our offshore wind capacity, as one of Scotland’s greatest industrial opportunities since the discovery of oil and gas in the North Sea. »[1]

C’est ce 2 mai dernier que je prenais connaissance de cette initiative lancée par l’Écosse et je l’avoue, j’en étais franchement impressionné. Dans un contexte mondial où la transition énergétique est au cœur des préoccupations, l’hydrogène vert émerge comme une pierre angulaire de la décarbonation et, tout aussi crucialement, comme un vecteur de transformation économique. Force est de constater que des nations pionnières comme l’Écosse affichent une priorisation audacieuse et une stratégie d’exportation agressive pour cette filière, fournissant une feuille de route inspirante.

Le Canada et le Québec, dotés d’atouts considérables, ont devant eux une occasion unique de suivre cette direction pour saisir des opportunités sans précédent. Loin d’être de simples suiveurs, nos gouvernements ont le potentiel de déployer des stratégies encore plus robustes, ancrées dans une gouvernance proactive et des principes de développement durable, qui non seulement transformeront notre économie domestique, mais ouvriront également des voies majeures pour les entreprises canadiennes désireuses de diversifier leurs marchés, notamment vers l’Europe.

En capitalisant sur des avantages uniques et des cadres réglementaires stables, le Canada et le Québec devraient forger un leadership puissant dans la révolution de l’hydrogène vert. Cette transition est en mesure de générer de nouvelles occasions de croissance économique, de prospérité et un positionnement stratégique crucial sur les marchés mondiaux tout en consolidant notre souveraineté énergétique. La vision stratégique du Canada et du Québec en matière d’hydrogène vert est pragmatique, mais elle doit être fondamentalement orientée vers la création accélérée de valeur économique durable.

En 2020, le Canada a dévoilé sa Stratégie sur l’hydrogène, un cadre national visant à positionner le pays comme un fournisseur mondial d’hydrogène propre, reconnaissant son énorme potentiel économique en tant que source d’énergie et matière première. Cette stratégie intègre l’hydrogène dans les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), tout en favorisant son adoption dans les secteurs industriels clés tels que les transports, la production d’électricité et les procédés industriels lourds. Cependant, pour maximiser ce potentiel, il est impératif que les gouvernements fédéral et provinciaux collaborent étroitement afin de développer une approche harmonisée et cohérente.

Le Québec, avec ses vastes ressources hydroélectriques et son expertise en énergie propre, est particulièrement bien placé pour jouer un rôle clé dans cette transition. L’électricité renouvelable produite dans la province constitue une base idéale pour la production d’hydrogène vert à grande échelle. De plus, le Québec bénéficie d’une infrastructure énergétique avancée ainsi que d’un écosystème industriel dynamique prêt à adopter des technologies innovantes. En investissant dans la recherche et le développement (R&D) ainsi que dans la mise en œuvre de projets pilotes, la province pourrait se positionner comme un leader mondial dans la production et l’exportation d’hydrogène vert.

L’Écosse, quant à elle, offre un exemple inspirant en matière de stratégie nationale sur l’hydrogène. En mettant en avant une approche intégrée qui combine production locale, exportation internationale et collaboration avec des partenaires européens, elle montre comment une petite nation peut jouer un rôle disproportionné dans le marché émergent de l’hydrogène. Le Canada et le Québec pourraient tirer des leçons de cette stratégie en adoptant une vision similaire qui met l’accent sur l’innovation technologique, la coopération internationale et l’exploitation des avantages comparatifs locaux.

Outre les aspects techniques et économiques, il est essentiel de considérer les dimensions sociales et environnementales de cette transition. L’hydrogène vert offre une occasion unique de réduire les émissions mondiales tout en créant des emplois durables dans des secteurs émergents. Cependant, pour garantir que cette transition soit inclusive et équitable, les gouvernements doivent veiller à ce que les communautés locales soient pleinement impliquées dans le processus décisionnel. En effet, nous savons que plusieurs régions du Québec vivent de fortes remises en question dans des secteurs traditionnels. Cela inclut des programmes éducatifs visant à sensibiliser la population aux avantages et aux défis liés à l’hydrogène vert.

Sur le plan international, le Canada a tout intérêt à renforcer ses partenariats avec des nations partageant les mêmes objectifs en matière d’énergie propre. L’Union européenne, qui a déjà adopté une stratégie ambitieuse pour l’hydrogène, représente un partenaire naturel pour le Canada en matière de collaboration technologique et commerciale. En établissant des alliances stratégiques avec des pays tels que l’Allemagne, les Pays-Bas et la Norvège, le Canada pourrait accéder à des marchés lucratifs tout en bénéficiant d’un transfert de connaissances précieux.

Cependant, pour concrétiser cette vision, il est crucial que le gouvernement fédéral adopte une approche audacieuse en matière d’investissements publics. Des fonds doivent être alloués à la construction d’infrastructures essentielles telles que des électrolyseurs, des pipelines dédiés à l’hydrogène et des installations de stockage avancées. Par ailleurs, des incitations fiscales devraient être mises en place pour encourager les entreprises privées à investir dans cette filière prometteuse. Il nous est permis d’aborder cet angle, car nous savons que les retombées économiques ne sont pas simplement hypothétiques.

Le secteur privé joue également un rôle central dans cette transition. En collaborant avec des acteurs industriels clés tels que les fabricants d’équipements énergétiques, les entreprises de transport et les producteurs d’énergie renouvelable, le Canada peut accélérer le développement de solutions innovantes adaptées aux besoins spécifiques du marché mondial. De plus, en favorisant la création de clusters industriels dédiés à l’hydrogène vert dans des régions stratégiques comme l’Alberta ou le Québec, il est possible de stimuler la croissance économique locale tout en renforçant la compétitivité nationale.

Enfin, il est important de souligner que la transition vers l’hydrogène vert ne se limite pas aux aspects économiques et technologiques. Elle représente également une occasion unique de repenser notre modèle énergétique global afin qu’il soit plus durable, résilient et inclusif. En adoptant une approche holistique qui prend en compte les dimensions environnementales, sociales et économiques, le Canada peut non seulement devenir un leader mondial dans le domaine de l’hydrogène vert, mais aussi contribuer activement à la construction d’un avenir énergétique plus juste et équitable.

[1] https://fuelcellsworks.com/2025/05/02/green-investment/3-4-million-for-scotland-s-hydrogen-future

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Le Québec et l’hydrogène https://www.finance-investissement.com/nouvelles/le-quebec-et-lhydrogene/ Mon, 24 Mar 2025 11:19:07 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105750 Dans un monde où la lutte contre le réchauffement climatique s’impose comme une priorité qui fait consensus, le Québec se trouve à l’aube d’une transformation énergétique majeure. Doté d’une hydroélectricité abondante et renouvelable, le Québec dispose de ressources stratégiques qui pourraient faire d’elle un acteur clé dans le développement de l’hydrogène vert, une énergie perçue comme essentielle pour décarboner des secteurs industriels et énergétiques encore largement dépendants des combustibles fossiles. Cette ambition, bien que porteuse d’espoir, repose sur des défis complexes : mobiliser les investissements nécessaires, structurer une filière compétitive et s’imposer sur un marché mondial en pleine effervescence.

Si l’hydrogène vert n’est pas une technologie nouvelle, il connaît aujourd’hui un regain d’intérêt sans précédent. Ce gaz, souvent qualifié de « vecteur énergétique du futur », est désormais au cœur des stratégies de transition énergétique de nombreux pays. En Europe, en Asie ou encore en Australie, les gouvernements multiplient les plans d’investissement pour développer cette énergie propre, capable de répondre à des besoins variés : alimenter des industries lourdes, décarboner les transports longue distance ou encore stocker l’électricité excédentaire produite par des énergies renouvelables intermittentes comme l’éolien et le solaire. Pour le Québec, il ne s’agit pas seulement de suivre cette tendance mondiale, mais de s’y inscrire en leader, en tirant parti de ses forces naturelles et technologiques.

Une occasion stratégique pour le Québec

Le Québec bénéficie d’un avantage unique dans la course mondiale à l’hydrogène vert : son hydroélectricité. Avec plus de 99 % de sa production énergétique issue de sources renouvelables, la province dispose d’une électricité propre et abordable, un atout essentiel pour produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau. Contrairement à l’hydrogène dit « gris », issu des hydrocarbures et responsable d’importantes émissions de dioxyde de carbone (CO2), ou à l’hydrogène « bleu », qui repose sur la capture et le stockage du carbone, l’hydrogène vert est produit sans émissions directes de GES. Il incarne ainsi une solution prometteuse pour atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris.

Mais au-delà de ses atouts énergétiques, le Québec peut également compter sur une expertise industrielle solide. Elle possède déjà une base technologique et scientifique avancée dans des secteurs clés comme l’électrochimie, les matériaux avancés ou encore les systèmes de stockage d’énergie. Des entreprises québécoises se positionnent déjà sur des segments stratégiques liés à l’hydrogène ou à la valorisation des déchets en biocarburants. Cette dynamique pourrait être renforcée par des partenariats internationaux, à condition que le gouvernement québécois adopte une stratégie claire et ambitieuse pour structurer la filière.

L’hydrogène : une réponse aux défis climatiques mondiaux

La montée en puissance de l’hydrogène s’inscrit dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C nécessite une réduction drastique des émissions mondiales de GES d’ici 2030. Or, certains secteurs économiques restent particulièrement difficiles à décarboner. L’industrie lourde (comme la sidérurgie ou la production de ciment), les transports par camions, maritimes et aériens ainsi que la production d’électricité à partir de centrales thermiques au gaz ou au charbon représentent encore une part importante des émissions mondiales.

Dans ce contexte, l’hydrogène apparaît comme une solution clé. En tant que vecteur énergétique, il peut être utilisé pour produire de la chaleur industrielle, alimenter des piles à combustible dans les véhicules lourds ou encore servir de matière première pour des procédés chimiques décarbonés. De plus, il offre une solution pratique pour stocker l’énergie excédentaire produite par les énergies renouvelables, permettant ainsi de pallier leur intermittence.

Cependant, pour que l’hydrogène tienne ses promesses climatiques, il doit être produit de manière durable. Aujourd’hui, environ 95 % de l’hydrogène mondial est encore issu du gaz naturel ou du charbon, des procédés qui génèrent d’importantes émissions de CO2. Le défi consiste donc à développer massivement la production d’hydrogène vert tout en réduisant ses coûts. C’est ici que le Québec peut jouer un rôle déterminant.

Les actions clés pour faire de l’hydrogène vert une réalité au Québec

Certes, les promesses de l’hydrogène vert sont nombreuses. Pour ce faire, sa mise en œuvre effective à grande échelle repose sur des actions stratégiques que les institutions québécoises et canadiennes doivent impérativement entreprendre. Ces actions, à la croisée de la recherche technologique, de l’aménagement des infrastructures et de la régulation économique, détermineront si le Québec veut réellement s’imposer comme un acteur mondial dans ce secteur émergent.

Premièrement, la production d’hydrogène vert par électrolyse nécessite une quantité importante d’électricité. Bien que le Québec bénéficie d’un avantage compétitif grâce à son électricité propre et abordable, produite en majorité par ses barrages hydroélectriques, le défi doit être relevé. Investir dans la recherche et le développement pour améliorer l’efficacité des électrolyseurs et réduire leurs coûts doit figurer parmi les priorités. Ces équipements, essentiels pour décomposer l’eau en hydrogène et oxygène, représentent aujourd’hui une part importante des dépenses liées à la production d’hydrogène vert. L’objectif est clair : rendre cette technologie économiquement viable, mais ajoutons que les derniers développements sur le plan technologique sont excessivement prometteurs.

Le transport et le stockage de l’hydrogène constituent un défi technique et logistique. En raison de sa faible densité énergétique volumique, ce gaz doit être comprimé sous haute pression ou liquéfié à des températures extrêmement basses pour être transporté sur de longues distances. Ces procédés nécessitent le développement d’une infrastructure adaptée : pipelines spécialisés, stations-service à hydrogène pour alimenter les véhicules lourds, ou encore installations de stockage sécurisées. Ces projets d’infrastructure sont essentiels pour structurer une filière compétitive. De nouveau, des développements intéressants ont lieu et il est nécessaire de poursuivre sur cette voie.

Heureusement, des signaux encourageants émanent des paliers gouvernementaux, exprimant leur volonté d’investir dans des projets structurants pour soutenir la transition énergétique. Il faudra garantir que ces investissements soient orientés vers des initiatives durables et innovantes, capables de positionner le Québec comme un leader, notamment dans la filière hydrogène.

Enfin, la filière québécoise de l’hydrogène vert doit trouver des débouchés solides à l’échelle locale et internationale. Cela implique non seulement de convaincre les industriels québécois d’adopter cette technologie, mais aussi de s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en hydrogène. Des partenariats avec des pays importateurs comme l’Allemagne ou le Japon pourraient jouer un rôle clé dans cette stratégie.

Une vision tournée vers l’avenir

Au-delà des considérations économiques et technologiques, le développement de l’hydrogène vert représente une occasion unique pour le Québec de réaffirmer son leadership en matière d’innovation durable. En investissant dans cette filière stratégique, la province pourrait non seulement contribuer à la lutte mondiale contre le changement climatique, mais aussi créer des milliers d’emplois dans des secteurs porteurs comme les technologies propres, les infrastructures énergétiques ou encore la fabrication industrielle.

Cependant, cette transition ne pourra se faire sans un dialogue inclusif pour ces projets énergétiques. Une transition énergétique réussie est avant tout une transition juste : elle doit tenir compte des impacts sociaux et environnementaux tout en veillant à ce que ses bénéfices soient partagés équitablement. Bref, une recherche juste d’un équilibre social, environnemental, mais aussi économique en prenant en compte ceux et celles qui assument les responsabilités à titre de promoteurs. Le développement économique demeure nécessaire pour ensuite en souhaiter un partage.

À terme, le succès du Québec dans la filière hydrogène dépendra de sa capacité à conjuguer ambition et pragmatisme. En misant sur ses atouts naturels et technologiques tout en relevant les défis économiques et logistiques qui se posent, la Québec peut assurément, par l’hydrogène vert, s’imposer comme un modèle mondial de transition énergétique durable, s’il le souhaite.

Conclusion : un pari audacieux, mais nécessaire

L’hydrogène vert ne représente pas seulement une occasion économique pour le Québec, bien qu’il en soit incontestablement un : il incarne une vision d’avenir où croissance économique et respect de l’environnement ne seraient plus opposés, mais complémentaires. L’hydrogène vert offre une opportunité unique : celle de diversifier son économie énergétique, tout en contribuant activement à la lutte contre le réchauffement climatique.

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