géopolitique | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/geopolitique/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Tue, 31 Mar 2026 10:51:32 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png géopolitique | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/geopolitique/ 32 32 Hausse des appels de clients dans un contexte de tensions géopolitiques accrues https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/hausse-des-appels-de-clients-dans-un-contexte-de-tensions-geopolitiques-accrues/ Tue, 31 Mar 2026 10:51:32 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113116 Plus de la moitié des conseillers ajustent ou prévoient ajuster les portefeuilles.

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Plus de la moitié (58 %) des conseillers ont signalé une augmentation du volume d’appels de clients dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, selon un sondage mené par Fidelity Investments Canada.

L’enquête de Fidelity repose sur un échantillon de 790 à 1 100 conseillers. Elle a été réalisée le 4 mars, quelques jours après le déclenchement d’un conflit entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui s’est depuis élargi à l’échelle régionale.

Selon les résultats, les conseillers canadiens répondent aux inquiétudes de leurs clients :

  • en les recentrant sur leur plan financier (36 %),
  • en révisant leurs objectifs pour les maintenir sur la bonne voie (30 %)
  • et en expliquant les mouvements des marchés (25 %).

Le soutien offert aux clients varie selon le modèle d’affaires des cabinets, indique Fidelity. Les planificateurs financiers mettent davantage l’accent sur l’accompagnement et le maintien du cap, tandis que les courtiers privilégient des ajustements ciblés des portefeuilles pour répondre aux risques.

Au total, 54 % des répondants ont indiqué avoir ajusté ou prévoir ajuster les portefeuilles afin d’accroître la diversification. Parallèlement, 43 % ont déclaré ne pas avoir apporté de changements aux plans clients déjà éprouvés.

Le secteur de l’énergie, des ressources et des matériaux arrive en tête des choix de diversification (33 %), suivi des technologies et de l’innovation (15 %), des services financiers et des revenus (12 %) ainsi que de la défense (11 %). Toutefois, 30 % des conseillers indiquent ne pas envisager de réallocation sectorielle.

Par ailleurs, 26 % des conseillers déclarent utiliser des métaux précieux comme l’or comme valeur refuge, tandis que 17 % y ont recours dans une optique de positionnement tactique à court terme.

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Lire les marchés à travers le regard des grands allocateurs https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/aima/lire-les-marches-a-travers-le-regard-des-grands-allocateurs/ Fri, 27 Mar 2026 10:30:22 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113156 ZONE EXPERTS — Le Conseil mondial des investisseurs de l’AIMA partage ses réflexions sur les risques géopolitiques, l’IA et l’évolution des flux de capitaux.

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L’AIMA a créé le Conseil mondial des investisseurs (GIB, sigle en anglais) en décembre 2021 afin de renforcer son engagement auprès de la communauté mondiale des investisseurs. Le GIB fait office d’organe consultatif qui aide les gestionnaires de fonds non traditionnels à comprendre les tendances émergentes et les attentes des investisseurs, en favorisant la coordination et en promouvant les meilleures pratiques du secteur afin d’améliorer les résultats pour les parties prenantes.

En novembre 2025, le GIB a échangé ses points de vue sur la géopolitique, l’exceptionnalisme américain et une éventuelle bulle de l’intelligence artificielle (IA), ainsi que sur leur impact sur l’allocation d’actifs et la couverture de change. En janvier et février 2026, le groupe a discuté de la montée en puissance des capitaux des particuliers dans les investissements non traditionnels et de ses implications pour l’environnement réglementaire. En mars 2026, le groupe a partagé ses réflexions sur l’impact sur les portefeuilles du conflit en cours au Moyen-Orient et de la volatilité des prix du pétrole qui en résulte. Vous trouverez ci-dessous les informations essentielles que les gestionnaires de fonds non traditionnels et les détenteurs d’actifs doivent connaître sur ces sujets :

 

Novembre 2025 — Sentiment du marché : l’exceptionnalisme américain, la géopolitique et la répartition des actifs

  • Malgré les vifs débats autour de la géopolitique et de l’exceptionnalisme américain, les investisseurs n’ont procédé qu’à des ajustements minimes de leur allocation, conservant une surpondération structurelle des États-Unis en raison de la profondeur du marché, du leadership technologique et des occasions accessibles.
  • Les changements d’allocation d’actifs sont progressifs et graduels, avec une certaine rotation vers l’Europe, le Japon et l’Asie, ainsi que vers des stratégies de diversification, le crédit privé, les infrastructures et d’autres marchés privés, mais sans rééquilibrage à grande échelle.
  • L’IA est considérée à la fois comme un facteur de transformation et comme susceptible de créer une bulle, offrant des occasions à long terme tout en suscitant des inquiétudes concernant le surinvestissement, les valorisations excessives, les suppressions d’emplois et les effets imprévisibles sur les multiples des sociétés en portefeuille.
  • La couverture de change reste une question majeure non résolue, sans consensus solide sur la manière de mesurer l’exposition réelle au dollar américain ni sur le niveau de couverture à adopter ; la plupart des organisations procèdent à des ajustements marginaux par classe d’actifs plutôt que d’adopter de nouveaux cadres.
  • Le sentiment général reflète la conviction d’un changement structurel du régime mondial, ce qui suscite davantage de discussions sur l’analyse de scénarios et les diversificateurs non traditionnels, mais ne se traduit pas encore par des mesures concrètes au niveau des portefeuilles.

Janvier 2026 – L’essor des investisseurs particuliers dans les placements non traditionnels

  • Les investisseurs particuliers détiennent un volume total d’actifs supérieur à celui des institutions, mais consacrent une part bien moindre à ces placements non traditionnels (~3 % contre ~23 %), ce qui offre une occasion de croissance considérable aux gestionnaires de ces actifs, en particulier auprès des investisseurs américains plus jeunes et plus fortunés.
  • Quel que soit le scénario, des milliers de milliards de dollars (entre 9 000 et 19 000 milliards de dollars dans les scénarios de base et intermédiaires) devraient affluer vers les placements non traditionnels en provenance des canaux de gestion de patrimoine au cours des dix prochaines années, avec une croissance significative des véhicules à durée indéterminée, tirée par le crédit privé au niveau des classes d’actifs et par les BDC et les fonds à échéances intermédiaires au niveau des types de produits. Ces données concernent principalement les États-Unis, mais elles laissent présager une transformation du secteur des placements non traditionnels pour les gestionnaires d’actifs à l’échelle mondiale.
  • Les préoccupations potentielles en matière de gestion de patrimoine pourraient inclure les frais, le risque de liquidité, les restrictions d’accès, la complexité fiscale, la qualité des gestionnaires en ce qui concerne l’accessibilité et le risque de mauvais acteurs, ce qui pourrait déclencher des réactions réglementaires.
  • En conséquence, les investisseurs institutionnels craignent que la participation des particuliers n’érode les occasions d’alpha, n’affaiblisse les plafonds des fonds, ne déclenche une réaction réglementaire (excessive), n’accroisse la concurrence pour les co-investissements et les opérations sur le marché secondaire, ne crée des conflits d’intérêts et n’allonge les périodes de détention.

 

Février 2026 — Ouverture des marchés privés aux particuliers et incidence de la réglementation sur les investisseurs

  • La participation des investisseurs particuliers aux marchés privés prend une importance structurelle croissante. Depuis 2015, cette participation est passée d’environ 15 % à 25 % des actifs sous gestion (AUM, sigle en anglais) dans le crédit privé, la participation globale des investisseurs ayant été multipliée par 5 à 6 au cours de la dernière décennie.
  • Les autorités de régulation renforcent leur surveillance des dispositifs de gestion du risque de liquidité afin de garantir la stabilité financière et de préserver la capacité des investisseurs particuliers à récupérer leur capital à tout moment. Alors que ces réformes peuvent renforcer la résilience systémique, des inquiétudes subsistent quant aux retombées réglementaires, les règles destinées aux véhicules de détail finissant par contraindre les fonds purement institutionnels.
  • La « retailisation » peut générer des améliorations structurelles positives, notamment une plus grande transparence des coûts, des exigences de publication renforcées, une discipline d’évaluation plus stricte et des normes de gouvernance améliorées, mais des inquiétudes persistent quant aux conflits potentiels lorsque des actifs similaires entrent à la fois dans des véhicules institutionnels et de détail, ainsi qu’aux écarts de frais entre les différents véhicules.
  • Les commanditaires institutionnels ont fait part de leurs inquiétudes concernant la réduction des occasions de co-investissement, le déséquilibre de l’allocation de capital en faveur des véhicules de détail, l’émergence de systèmes de montage à deux vitesses et la dilution potentielle de l’alpha. Parallèlement, certains investisseurs y voient une opportunité, soulignant que la pression de rachat exercée par les investisseurs de détail sur des marchés en difficulté peut créer des points d’entrée attractifs pour les capitaux institutionnels.

Mars 2026 – L’impact du conflit iranien et de la volatilité des prix du pétrole sur les portefeuilles des investisseurs

  • Le calendrier du conflit reste très incertain : les investisseurs tablent sur une réouverture partielle du détroit d’Ormuz d’ici environ trois mois, mais nombreux sont ceux qui estiment que le conflit durera entre 6 et 12 mois, voire plus, sans qu’il y ait de définition claire de ce qu’on entend par « résolution ».
  • Les marchés se sont montrés étonnamment résilients jusqu’à présent, mais les investisseurs se préparent à un régime de croissance plus faible et d’inflation plus élevée — en particulier si le prix du pétrole se maintient autour de 120 dollars le baril.
  • La dynamique politique américaine est tout aussi importante que la géopolitique : les élections de mi-mandat et les prix des carburants pourraient constituer une échéance implicite, avec un risque de divergence entre le président Donald Trump et Israël si le conflit s’éternise.
  • Les investisseurs conservent leurs positions et renforcent leur liquidité, sans procéder à des changements majeurs dans la répartition de leurs actifs — ils attendent des signaux plus clairs tout en se préparant à déployer des capitaux en période de volatilité.
  • Il s’agit du premier test de l’ordre mondial multipolaire. À plus long terme, cette situation pourrait marquer un glissement vers des primes de risque structurellement plus élevées, avec des implications pour l’énergie, les dépenses de défense, les données et la relocalisation en général.

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Les enjeux géopolitiques, une préoccupation majeure https://www.finance-investissement.com/nouvelles/les-enjeux-geopolitiques-une-preoccupation-majeure/ Mon, 02 Mar 2026 13:10:27 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112649 Les clients confient leurs craintes aux conseillers.

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Les tensions géopolitiques dominent désormais les préoccupations des investisseurs. Partout au pays, les clients expriment leurs inquiétudes à leurs conseillers et conseillères, cherchant des repères dans un contexte mondial incertain.

C’est ce qui ressort clairement des sondages DialoguesFidelity, menés dans le cadre de Fidelity VISION 2026, un événement qui a réuni plus de 6 000 conseillers à Toronto et en ligne. Réalisés en temps réels, ces sondages ont permis de recueillir leurs opinions et leurs points de vue sur les priorités de la clientèle, les risques et occasions sur les marchés, ainsi que les stratégies de création de valeur pour l’année à venir.

En effet, selon 59 % des conseillers, la géopolitique constitue le facteur macroéconomique qui aura l’impact le plus considérable sur les portefeuilles en 2026, suivie de la volatilité des marchés (17 %), de l’inflation (12 %) et des taux d’intérêt (12 %).

De même, 54 % des personnes sondées mentionnent que les chocs géopolitiques représentent actuellement la principale source de préoccupation de leur clientèle, devant la volatilité des marchés (25 %), le risque de récession (13 %), l’intelligence artificielle (6 %) et la crainte de rater la reprise des marchés (2 %).

En outre, cette année, 35 % des conseillers estiment que leur principale priorité consiste à aider la clientèle à garder le cap malgré la volatilité.

Suivent :

  • la planification de la retraite (24 %),
  • la gestion du risque (19 %),
  • les stratégies de croissance (15 %)
  • et l’efficacité fiscale (7 %).

Diversifier les portefeuilles

Pour 61 % des personnes sondées, la diversification mondiale constitue la principale occasion d’ajouter de la valeur en 2026 afin d’optimiser des portefeuilles.

L’investissement factoriel (18 %) arrive au deuxième rang, suivi par la productivité et l’innovation propulsées par l’intelligence artificielle (15 %), puis par le repositionnement des titres à revenu fixe (6 %).

Enfin, 26 % des conseillers estiment que le Canada offre le meilleur potentiel risque-rendement pour les cinq prochaines années, en raison notamment de la résilience de certains secteurs, de la solidité des entreprises et des données fondamentales à long terme robustes.

Signe d’une évolution positive marquée de la confiance à l’égard du Canada, 26 % des personnes sondées considèrent aussi les États-Unis comme la plus importante occasion de placement, suivis des marchés émergents (23 %), de l’Europe (19 %) et de l’Asie (7 %).

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De nouvelles menaces américaines mettent en péril la croissance et la sécurité https://www.finance-investissement.com/nouvelles/de-nouvelles-menaces-americaines-mettent-en-peril-la-croissance-et-la-securite/ Tue, 27 Jan 2026 12:11:12 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112038 La mise en œuvre de nouveaux tarifs, et d’éventuelles représailles, demeure très incertaine.

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Les récentes menaces tarifaires des États-Unis à l’égard de l’Europe, dans le contexte des enjeux liés au contrôle du Groenland, accentuent les risques pour le commerce et la croissance économique, selon Fitch Ratings.

Dans un nouveau rapport, l’agence de notation indique que la menace d’imposer de nouveaux droits de douane à huit pays européens, ainsi que la perspective de représailles, intensifie les risques géopolitiques.

Même si la mise en œuvre de nouveaux prélèvements « demeure hautement incertaine », Fitch Ratings estime que cette situation « marque aussi une escalade sérieuse des tensions transatlantiques, accentuant la pression en Europe pour augmenter les dépenses de défense, faisant peser des risques sur le commerce et la croissance, et affaiblissant la dissuasion face à une future agression russe ».

Sur le plan économique, l’imposition d’un tarif de 10 % pourrait réduire le PIB européen d’environ 0,5 % d’ici la fin de 2027 par rapport au scénario de référence, tandis qu’une hausse à 25 % impliquerait « environ le double de l’impact sur le PIB », précise le rapport.

L’Allemagne serait le pays le plus durement touché, selon Fitch Ratings.

Aux États-Unis, des tarifs plus élevés entraîneraient vraisemblablement une hausse des prix pour les consommateurs, qui font déjà face à des préoccupations accrues liées au coût de la vie.

À ce stade, Fitch Ratings s’attend à ce que les représailles européennes demeurent relativement modestes.

« Mais une réponse européenne plus significative est possible, indique le rapport. Le président français a évoqué le recours à l’instrument anti-coercition de l’UE, qui permettrait des mesures de rétorsion beaucoup plus étendues, y compris sur les importations de services, par exemple à l’égard des grandes entreprises technologiques américaines. »

Fitch Ratings note toutefois que ces nouveaux tarifs pourraient aussi susciter une opposition accrue de la part des républicains au Congrès, en raison de leurs « implications géopolitiques plus importantes ».

Au-delà de l’impact potentiel sur le commerce et la croissance, la résurgence des tensions commerciales comporte aussi des risques pour la viabilité de l’OTAN et la sécurité régionale, selon Fitch Ratings.

« Des scénarios de risque extrême liés à une possible escalade de l’agression russe, par exemple contre les États baltes, pourraient devenir plus probables », précise le rapport, tout en ajoutant qu’un conflit direct entre les membres orientaux de l’OTAN et la Russie demeure « très peu probable à court terme ».

L’augmentation des tensions devrait également accentuer la pression sur les dépenses de défense en Europe.

« Les membres de l’OTAN se sont engagés à porter les dépenses de défense à 5 % du PIB (au total) et 3,5 % (noyau dur) d’ici 2035, contre une médiane actuelle d’environ 2,1 % dans l’UE. Plusieurs pays d’Europe de l’Est et du Nord, ainsi que l’Allemagne, augmentent déjà leurs dépenses de défense plus rapidement, et les derniers développements pourraient accélérer ce mouvement », conclut Fitch Ratings.

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Un monde plus risqué, une économie plus résiliente https://www.finance-investissement.com/nouvelles/un-monde-plus-risque-une-economie-plus-resiliente/ Fri, 09 Jan 2026 12:12:09 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111789 Les dirigeants bancaires canadiens font le point sur 2026.

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La sécurité nationale et les inégalités croissantes sont deux des plus grands risques actuels, ont indiqué le 6 janvier dernier les dirigeants des banques canadiennes lors d’une conférence.

« Je résumerais la situation mondiale actuelle comme une guerre économique », a souligné Laurent Ferreira, président et chef de la direction de la Banque Nationale, lors de la Conférence des chefs de la direction des banques canadiennes 2026 de RBC Marchés des capitaux à Toronto.

« La géopolitique est à nos portes. La sécurité nationale est, à mon avis, l’une des priorités les plus importantes de notre pays. »

Il a ajouté que l’incertitude entraîne une hésitation à investir et une fragilisation du marché du travail et du moral des consommateurs. Bien qu’il soit encouragé par la direction prise par Ottawa, il a estimé que tout doit aller plus vite.

« Si nous voulons faire partie du nouvel ordre mondial, nous devons accélérer le mouvement. »

Parmi les quatre chefs de la direction qui se sont exprimés dans la matinée, Laurent Ferreira a été celui qui a le plus évoqué les mesures extraordinaires prises par les États-Unis pour capturer le président du Venezuela samedi matin. Il a déclaré que « les événements de ce week-end » devraient influencer la prise de décision alors que le Canada se concentre sur la construction de la nation, la réindustrialisation et la défense.

Le nouveau ton adopté par le gouvernement canadien et l’accent mis sur la réalisation des projets sont les bienvenus, a affirmé Dave McKay, président et chef de la direction de la Banque Royale.

« Compte tenu de la situation géopolitique mondiale dans laquelle nous vivons, la motivation, en particulier pour le Canada, à mener à bien ces projets est vraiment très forte. »

Il a toutefois averti que l’augmentation des inégalités est une cause sous-jacente majeure de certains des changements politiques en cours, les 20 % des personnes les plus riches se démarquant de plus en plus de la majorité.

« Cette différenciation et cette disparité croissantes déterminent véritablement le programme politique dans les deux pays », a affirmé Dave McKay.

« Cette disparité est beaucoup plus importante aux États-Unis, où elle est beaucoup plus grave et constitue un enjeu politique majeur qui ne cessera de prendre de l’ampleur. »

Ralentissement immobilier et hausse des dépenses

Pour l’instant, les consommateurs sont en mesure de rembourser leurs dettes et continuent de dépenser, mais cela s’explique en partie par le fait que les Canadiens ont réduit leurs achats immobiliers, a-t-il expliqué.

L’argent que les Canadiens consacreraient autrement au remboursement de leurs dettes immobilières est plutôt dépensé en biens et services, a précisé Dave McKay.

Il a ajouté que la faible activité dans le domaine de la prévente et de la construction de copropriétés pèse sur l’économie, mais que l’augmentation des dépenses dans d’autres secteurs a contribué à créer des emplois et à stabiliser l’emploi dans le pays.

Cette tendance, associée à une stabilisation des droits de douane, a permis à l’économie de se porter mieux que beaucoup ne l’avaient prévu.

« Les économies sont beaucoup plus résilientes aujourd’hui que je ne l’aurais imaginé il y a trois mois », a affirmé Darryl White, chef de la direction de BMO.

Il a ajouté que, même si de nombreux clients s’adaptent bien à l’environnement commercial, la banque leur conseille de ne pas compter sur une résolution rapide, car l’examen officiel de l’accord Canada–États-Unis–Mexique approche pour le milieu de l’année.

« Je pense qu’il est erroné de croire que nous allons soudainement nous réveiller avec un nouvel accord en juin ou en juillet. »

Le rôle de l’IA

Outre les tendances macroéconomiques, les banques canadiennes s’intéressent également de près au potentiel de réduction des coûts de l’intelligence artificielle (IA) afin d’améliorer leur rendement sur capitaux propres.

Harry Culham, président et chef de la direction de la Banque CIBC depuis le 1er novembre, a rapporté que la banque avait investi près de 20 % de ses dépenses dans la technologie, notamment dans des systèmes d’IA qui devraient permettre d’augmenter les revenus et le rendement des capitaux propres à l’avenir.

« Nous pouvons travailler plus efficacement. Les nouvelles technologies vont donc nous aider, et la manière dont nous les adoptons va nous aider », a déclaré Harry Culham.

« Plutôt que d’embaucher, disons trois, quatre ou cinq pour cent supplémentaires (équivalent temps plein) par an, nous n’aurons peut-être plus besoin de le faire. »

Raymond Chun, président et chef de la direction du Groupe Banque TD, a affirmé que la banque s’orientait vers l’IA et modernisait et automatisait ses systèmes de manière générale.

Il a cité l’exemple de la gestion des prêts hypothécaires, où les coûts liés à l’adjudication, au financement et à la quittance ont déjà diminué de plus de 20 %.

« Au cours des deux prochains trimestres, vous verrez l’IA agentive s’intégrer dans chacun de ces domaines », a déclaré Raymond Chun.

« En ce qui concerne la composante de quittance, à mesure que vous intégrez l’IA agentive et que vous automatisez l’ensemble du processus sans intervention humaine, nous passons des 19 $ actuels à une réduction supplémentaire de 50 %. »

Il a ajouté que la banque encourageait également ses clients à effectuer leurs opérations bancaires courantes, telles que les dépôts de chèques, sur des appareils mobiles plutôt qu’en succursales, et à transférer vers son application une partie des plus de deux millions d’appels qu’elle reçoit chaque mois.

Mais il a précisé que la banque menait également une campagne de recrutement afin d’augmenter ses effectifs de conseillers en gestion de patrimoine, de banquiers d’affaires et de spécialistes en prêts hypothécaires et en investissements dans tous ses services.

Dave McKay, de la Banque Royale, qui a été classée parmi les trois premières banques mondiales en matière d’IA, a souligné qu’il y avait encore de nombreuses possibilités d’utiliser l’IA à l’avenir.

« Je suis vraiment enthousiaste, et l’IA n’est qu’une nouvelle vague d’occasions pour créer de la valeur pour les actionnaires et les clients, en fin de compte. »

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Les fusions-acquisitions restent modérées https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/les-fusions-acquisitions-restent-moderees/ Tue, 19 Aug 2025 11:04:08 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=109017 Dans un contexte d’incertitude politique.

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Les activités de fusion et acquisition sont restées stables au deuxième trimestre, mais la valeur des transactions a grimpé en flèche grâce à quelques méga-transactions, selon les nouvelles données de Crosbie & Co.

Au total, 611 opérations de fusion-acquisition ont été annoncées au deuxième trimestre, un chiffre pratiquement inchangé par rapport aux 615 transactions enregistrées au premier trimestre, a indiqué la société torontoise.

Le volume des transactions reste faible dans un contexte d’incertitude persistante due à l’instabilité de la politique commerciale américaine. Au cours des quatre dernières années, le volume des transactions au deuxième trimestre s’est élevé en moyenne à 781 opérations.

« Le trimestre a débuté dans le sillage de l’annonce du président Trump concernant l’imposition de droits de douane, faite à l’occasion du Liberation Day. Bien que plusieurs des mesures proposées aient été reportées ou modifiées, l’évolution du contexte politique continue de générer de l’incertitude pour les entreprises, souligne Crosbie & Co dans son rapport. Cela dit, les actifs stratégiques et de grande qualité demeurent très recherchés. Lorsqu’un dossier est bien étayé, les transactions aboutissent. »

Si le nombre de transactions reste relativement faible, la valeur des transactions au deuxième trimestre a fortement augmenté pour atteindre 114 milliards de dollars (G$), soit une hausse de 82 % par rapport au trimestre précédent, grâce à une poignée de transactions évaluées à plus de 10 G$.

Au deuxième trimestre, 21 méga-transactions (d’une valeur supérieure à 1 G$) ont été conclues, pour un montant total de 97 $), dont trois transactions dépassant les 10 $). La plus importante a été l’acquisition de Parkland Corp. par Sunoco pour 14,3 $), créant ainsi le plus grand distributeur de carburant en Amérique du Nord.

« Face à l’incertitude résultant de la guerre commerciale américaine, les marchés des fusions-acquisitions montrent des signes de reprise, avec l’annonce de nombreuses transactions importantes », souligne Richard Betsalel, directeur général de Crosbie & Co., dans un communiqué.

« Cette reprise des méga-opérations de fusion-acquisition devrait finir par se répercuter sur l’ensemble du marché, car le nombre d’entreprises souhaitant réaliser des transactions continue d’augmenter. En outre, les fondamentaux du marché restent favorables dans de nombreux secteurs, les marchés financiers sont ouverts et de nombreux acheteurs stratégiques et financiers continuent de rechercher activement de nouvelles opportunités de fusion-acquisition », ajoute-t-il.

Au deuxième trimestre, les transactions sur le marché intermédiaire (d’une valeur inférieure à 250 millions de dollars) ont représenté 85 % du total des transactions.

Le secteur industriel a dominé en termes de volume de transactions avec plus de 100 opérations, suivi par les secteurs de la technologie et des mines avec 83 transactions chacun. Les transactions ont également augmenté dans les secteurs des métaux précieux, des matériaux et de l’industrie.

En termes de valeur des transactions, le secteur de l’énergie a été le principal moteur de l’activité, avec 43,9 G$ de fusions-acquisitions au deuxième trimestre. Le secteur technologique arrive loin derrière, avec 18,4 G$ de transactions.

« À l’avenir, les fusions-acquisitions devraient être utilisées pour aider à gérer les risques et l’exposition aux droits de douane, selon Crosbie & Co. Les acquisitions peuvent contribuer à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à offrir une certaine flexibilité dans un contexte de règles commerciales fluides et en constante évolution. »

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Gouverner autrement pour mieux durer https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/gouverner-autrement-pour-mieux-durer/ Fri, 04 Jul 2025 10:12:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108200 Le Collège des administrateurs de sociétés propose un nouveau cadre de gouvernance.

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Dans un monde secoué par les bouleversements géopolitiques, les crises climatiques et la quête d’une plus grande équité sociale, les conseils d’administration doivent cesser d’être de simples gardiens des règles pour devenir de véritables architectes de la résilience. C’est le message porté par le Collège des administrateurs de sociétés (CAS) lors du colloque qui s’est tenu les 17 et 18juin derniers à Québec.

L’événement a permis de soulever des questions fondamentales sur nos façons de décider, de diriger et d’agir, a indiqué Chantale Coulombe, présidente et cheffe de la direction du Collège. L’organisme propose une révision en profondeur des pratiques de gouvernance, pour assurer la pérennité des organisations dans un monde en transformation.

L’objectifconsiste à adapter le fonctionnement des conseils d’administration au monde mouvant d’aujourd’hui pour bâtir des organisations mieux préparées à relever les défis du futur.

Dans ce cadre de gouvernance élargi, la responsabilité des conseils d’administration ne se limite pas à s’assurer que les décisions soient conformes avec la législation et les politiques internes. Elle vise aussi à aligner la mission et les ressources de l’organisation sur des objectifs à long terme. Elle encourage par ailleurs les conseils à intégrer de façon systématique les parties prenantes élargies (communautés, générations futures et acteurs de l’environnement) afin de prendre en compte l’impact à long terme de leurs décisions.

Des leviers pour transformer la gouvernance

Dans un livre blanc présenté lors du colloque, les administrateurs certifiés suggèrent plusieurs pistes pour mettre cette vision en pratique. Ils proposent par exemple aux conseils d’administration d’adopter des méthodes agiles pour planifier, de s’appuyer sur la planification par scénarios et d’impliquer davantage les parties prenantes dans l’élaboration des orientations.

La gestion des risques doit également évoluer. Le comité d’audit, par exemple, pourrait élargir ses examens pour englober les impacts sociaux et environnementaux des décisions en s’appuyant sur des normes de durabilité reconnues.

Le comité des ressources humaines aurait avantage à arrimer la rémunération à des objectifs collectifs et à long terme, tout en faisant la promotion d’un leadership aligné avec la culture de l’organisation.

Quant au comité de gouvernance, il gagnerait à donner une voix aux « parties prenantes silencieuses » et à créer un espace pour aborder les enjeux complexes, parfois tabous, indique le rapport.

Des leaders engagés

« Ce livre blanc ne propose pas une simple adaptation, mais une réelle transformation de la gouvernance. Il redonne du sens au rôle des conseils dans un monde en mutation », affirme Geneviève Fortier, cheffe de la direction de Promutuel Assurance et présidente du conseil d’Investissement Québec.

Le changement passe aussi par une collaboration plus étroite entre le conseil d’administration et la direction. Ainsi, le PDG ne peut plus simplement exécuter les orientations du conseil, mais il doit jouer un rôle actif.

« Loin d’en être une spectatrice passive, la personne à la tête de l’organisation doit s’engager dans sa gouvernance: insuffler sa vision et nourrir les travaux du conseil en lui relayant les réalités et les contraintes vécues par les équipes », a déclaré Isabelle Hudon, présidente et cheffe de la direction de Banque de développement du Canada (BDC) et conférencière lors de l’événement.

Anticiper pour gouverner

Dans un monde en mutation, les dirigeants se doivent également d’être visionnaires pour anticiper les changements, a signalé Louis Vachon, ex-président et chef de la direction de la Banque Nationale.

« En gouvernance, il vaut mieux se soucier de la géopolitique avant qu’elle ne se soucie de nous. Anticiper, c’est gouverner. Dans un monde sous tension, ce sont la lucidité des leaders et la capacité d’adaptation des organisations qui font toute la différence. »

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Géopolitique : le principal risque pour le Canada en 2025 https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/geopolitique-le-principal-risque-pour-le-canada-en-2025/ Mon, 24 Feb 2025 12:00:12 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105655 L’enquête auprès des acteurs du marché montre qu’un renforcement du marché du logement est également possible.

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Le risque géopolitique est la principale menace pour la croissance économique canadienne en 2025, selon l’enquête menée par la Banque du Canada auprès des participants au marché au quatrième trimestre de 2024. La moitié des 28 participants au marché interrogés ont inclus ce risque dans leur liste des trois plus grands risques de baisse de l’année et 43 % ont mentionné le resserrement budgétaire.

Le premier risque à la hausse pour les prévisions de croissance — pour 82 % des répondants — est un marché du logement plus fort. Un peu plus de la moitié (54 %) des personnes interrogées ont cité un assouplissement de la politique monétaire.

La prévision médiane pour la croissance du PIB réel est de 1,8 % cette année et de 1,9 % en 2026. Une pluralité de répondants prévoit une fourchette de croissance du PIB réel de 1,01 % à 2 % cette année et l’année prochaine — 41,4 % et 40,2 %, respectivement.

Selon 85,1 % des personnes interrogées, le PIB actuel de l’économie nationale est sous-performant par rapport à son potentiel. Aucun des acteurs du marché n’a déclaré qu’il pensait que le Canada surperformait.

Selon la médiane des réponses, le risque de récession est de 25 % au cours du premier semestre de cette année. Ce risque passe à 30 % au second semestre 2025 et au premier semestre 2026, et retombe à 25 % au second semestre de l’année prochaine.

L’inflation devrait rester à 2 % cette année, l’année prochaine et dans les cinq années à venir, selon la réponse médiane. La Banque du Canada réduira ses taux d’intérêt directeurs de 25 points de base à deux reprises cette année, pour terminer l’année 2025 à 2,5 %, toujours selon la réponse médiane.

L’enquête a été menée entre le 17 décembre 2024 et le 6 janvier 2025, avant que le président américain Donald Trump ne signe des décrets qui imposeront des droits de douane de 25 % sur les importations d’aluminium et d’acier aux États-Unis, et qu’il ne laisse entendre qu’il pourrait y avoir des droits de douane supplémentaires sur les importations d’énergie et d’autres importations canadiennes.

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Les inquiétudes à l’égard du risque systémique s’apaisent https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/les-inquietudes-a-legard-du-risque-systemique-sapaisent/ Fri, 13 Dec 2024 12:09:14 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=104526 Le niveau diminue en même temps que les taux d’intérêt, selon les ACVM.

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Les inquiétudes concernant le risque systémique dans le secteur canadien des valeurs mobilières se sont atténuées en même temps que les taux d’intérêt en 2024, selon la troisième enquête annuelle sur le risque systémique que les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont menée auprès des gestionnaires de portefeuille et des courtiers en valeurs mobilières.

L’enquête révèle que les entreprises du secteur étaient moins préoccupées par la stabilité du système financier cette année que l’année dernière. Le pourcentage de répondants qui se sont déclarés « plutôt » ou « très » préoccupés par la stabilité financière a baissé de six points de pourcentage en un an, pour atteindre 59 %.

« Seuls 16 % des répondants ont indiqué que leur niveau d’inquiétude avait augmenté par rapport à l’année dernière, ce qui représente une baisse de plus de 20 points de pourcentage par rapport aux réponses de l’année dernière », notent les ACVM.

Si l’endettement des ménages reste le principal risque pour les entreprises du secteur, le niveau d’inquiétude a baissé de sept points par rapport à l’année dernière, car les inquiétudes liées aux taux d’intérêt ont chuté dans l’enquête de cette année.

Outre l’endettement des ménages, les principales préoccupations de l’industrie sont les cybermenaces, la géopolitique et le marché de l’immobilier, constatent les ACVM.

« Il est encourageant de voir les résultats de notre troisième enquête sur le risque systémique, qui indique une vision positive de la stabilité financière sur les marchés financiers canadiens », selon Stan Magidson, président des ACVM et président et chef de la direction de l’Alberta Securities Commission.

L’enquête a été menée entre le 10 octobre et le 4 novembre auprès de 536 courtiers en valeurs mobilières et gestionnaires de portefeuille.

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Intégration du contexte géopolitique dans les analyses économiques et financières https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/integration-du-contexte-geopolitique-dans-les-analyses-economiques-et-financieres/ Fri, 13 Dec 2024 11:46:23 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=104427 OPINION — La gouvernance joue un rôle crucial en la matière.

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Le contexte géopolitique des dernières semaines nécessite une attention renouvelée dans l’analyse des situations économiques et financières. Les interactions entre les nations, les alliances stratégiques et les tensions géopolitiques influencent directement les marchés financiers, les politiques économiques et les décisions commerciales. Ignorer ces facteurs revient à négliger une partie essentielle du puzzle global.

Un exemple sensible de cette nécessité est la réaction rapide des marchés face à la crainte d’une hausse tarifaire de 25 % par les États-Unis sur les produits canadiens. Une telle mesure semble avoir été vue sous un prisme strictement économique, réaction qui, à première vue, apparait normale. En effet, la dévaluation rapide de la monnaie canadienne qui a suivi démontre que les acteurs du marché ont réagi de manière rapide et intense, anticipant des implications qui ne semblaient pas aller au-delà du seul enjeu économique et financier.

Pourtant, la situation du Canada diffère de la réalité du Mexique. On ne peut que rappeler l’importance des liens économiques et géopolitiques distincts entre les pays concernés.

Intégration des économies et nouveaux enjeux géopolitiques

Des situations semblables risquent de se reproduire. Pour cette raison, il importe de nous rappeler le contexte unique qui caractérise la relation canado-américaine. En tout premier lieu, soulignons la nature de l’intégration économique entre le Canada et les États-Unis, renforcée par le récent contexte géopolitique de l’ICE PACT (USA-Canada-Finlande), qui illustre l’importance toujours croissante des intérêts communs entre le Canada et les États-Unis. Ce partenariat ne se limite pas à des enjeux économiques, mais s’étend aux domaines de la sécurité et ses déclinaisons sur le plan technologique et de l’innovation[1].

Une telle collaboration renforce les liens économiques et crée une dépendance mutuelle qui devrait modifier la dynamique des réactions de marché.

L’analyse des enjeux sous un angle plus continental, prenant en compte un retour à une géopolitique multipolaire, est essentielle. La résurgence de la Russie en tant que grande puissance, le positionnement de l’Iran comme puissance régionale incontestable, la dynamique Israël-Palestine, ainsi que l’influence croissante de la Chine en Amérique latine et en Afrique sont autant d’éléments qui accentuent la complexité du paysage géopolitique actuel.

Face à des situations complexes, l’importance d’une gouvernance solide et bien appuyée ne peut donc pas être sous-estimée. Une gouvernance efficace permet de prendre des décisions éclairées et stratégiques, en tenant compte des multiples facteurs en jeu. Les conseils d’administration et les dirigeants doivent être bien informés des implications économiques, politiques et sociales de telles mesures et être prêts à réagir rapidement et de manière appropriée.

Gouvernance et communication transparente 

Nous pouvons alors comprendre pourquoi une gouvernance robuste doit assurer également une communication transparente et cohérente avec les parties prenantes, y compris les investisseurs, les employés et les partenaires commerciaux. Cela renforce la confiance et la résilience de l’entreprise face aux incertitudes du marché. Une communication claire et ouverte permet de réduire les incertitudes et de maintenir la confiance des parties prenantes, même en période de crise. De plus, une gouvernance bien appuyée permet de mettre en place des stratégies de mitigation des risques, telles que la diversification des marchés et l’amélioration de la productivité.

Toute période d’incertitude doit faire place à la transparence dans la communication. Cela implique de partager de manière proactive les informations sur les décisions prises et les stratégies mises en œuvre. Cela est nécessaire pour maintenir, voire renforcer la crédibilité de l’entreprise et permet aux parties prenantes de mieux comprendre ses actions. Par exemple, en cas de hausse tarifaire, une entreprise avec une gouvernance solide serait capable de communiquer rapidement ses plans d’adaptation, montrant ainsi sa réactivité et sa capacité à gérer les défis.

Réactions du marché

Les soubresauts entre les États-Unis et le Canada, bien que momentanés, mettent en lumière certaines évidences. Beaucoup d’expert(e)s ont souligné la nécessité de diversifier les marchés. De mon côté, je soulignerai la nécessité de rattraper le retard en matière de productivité. Pour les entreprises canadiennes, cela signifie investir dans des technologies qui améliorent l’efficacité opérationnelle. Cette approche proactive peut atténuer les impacts négatifs des tensions géopolitiques et renforcer la résilience économique. De plus, investir dans des technologies de pointe et améliorer la productivité sont des moyens efficaces pour les entreprises de rester compétitives sur la scène internationale.

Adaptation aux changements climatiques et…géopolitiques

Dans un environnement géopolitique en constante évolution, les entreprises doivent être agiles et capables de s’adapter rapidement aux changements. Cela nécessite une gouvernance flexible et réactive, capable de prendre des décisions rapides et informées. Par exemple, si des tensions commerciales entre le Canada et un autre pays entraînent divers impacts sur une entreprise, cette dernière avec une bonne gouvernance serait capable de réagir en ajustant ses chaînes d’approvisionnement ou en développant des produits alternatifs pour minimiser l’impact des tarifs.

La gouvernance doit également inclure une évaluation continue des risques géopolitiques. Cela peut impliquer de surveiller les développements internationaux, de comprendre les implications des politiques gouvernementales et de prévoir les scénarios possibles. En anticipant les risques, les entreprises peuvent développer des plans de contingence et être mieux préparées pour faire face aux crises.

L’histoire offre de nombreux exemples de gouvernance efficace en réponse aux crises. Par exemple, lors de la pandémie de COVID-19, des entreprises avec une gouvernance robuste ont été capables de réagir rapidement pour protéger la santé de leurs employés, adapter leurs chaînes d’approvisionnement et innover pour répondre aux nouvelles demandes du marché. Ces exemples montrent que la gouvernance joue un rôle crucial dans la capacité des entreprises à survivre et à prospérer en période de crise.

Mise en place d’un processus pour bien gérer les situations tendues

Pour bien gérer les situations économiques tendues, une gouvernance adéquate doit inclure la mise en place de processus structurés et bien définis. Ces processus doivent permettre de réagir de manière ordonnée et réfléchie aux crises potentielles. Voici quelques étapes clés pour y parvenir :

  1. Surveillance continue et analyse des risques : Établir un système de veille stratégique pour surveiller les développements géopolitiques et économiques. Cela permet d’identifier rapidement les signaux d’alerte et de comprendre les implications potentielles pour l’entreprise.
  2. Scénarios et plans de contingence : Développer des scénarios et des plans de contingence pour différents types de crises. Cela inclut des plans détaillés pour la gestion des hausses tarifaires, des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, des fluctuations monétaires et d’autres risques géopolitiques.
  3. Communication interne et externe : Mettre en place des protocoles de communication clairs pour informer rapidement les parties prenantes internes et externes. Une communication efficace permet de réduire l’incertitude et de maintenir la confiance des parties prenantes.
  4. Formation : Organiser régulièrement des formations pour préparer les employés et les dirigeants à réagir efficacement en cas de crise. Cela inclut des exercices pratiques pour tester les plans de contingence et améliorer les réponses de l’entreprise.
  5. Évaluation et amélioration continue : Après chaque crise, évaluer les performances et identifier les domaines d’amélioration. Mettre à jour les plans et les processus en fonction des leçons apprises.

Conclusion

En somme, le contexte géopolitique actuel renforce l’importance d’une gouvernance bien appuyée dans la prise de décisions économiques et financières. Les entreprises doivent être prêtes à naviguer dans un environnement complexe et incertain, où les changements peuvent survenir rapidement et de manière inattendue. Une gouvernance solide permet de prendre des décisions stratégiques, de communiquer efficacement, de gérer les risques et d’exploiter les opportunités offertes par les alliances stratégiques et l’innovation. En intégrant ces éléments dans leurs analyses et leurs stratégies, les entreprises peuvent non seulement survivre, mais prospérer dans un monde en constante évolution. Elles seront ainsi mieux préparées pour relever les défis géopolitiques et économiques à venir, tout en assurant leur croissance et leur succès à long terme.

Michel J. Paradis B.Sc., LL.B. Adm.A., Med.Acc (IMAQ)
Président, OECONOMIA

[1] Le Pacte de Collaboration sur les Brise-Glaces (ICE Pact) est un accord signé le 13 novembre 2024 entre le Canada, les États-Unis et la Finlande. Ce partenariat vise à renforcer les capacités de construction navale des trois pays pour produire des brise-glaces polaires et arctiques de classe mondiale. En réponse aux menaces croissantes dans l’Arctique, notamment dues au réchauffement climatique et aux ambitions de la Russie et de la Chine, ce pacte vise :

  • Protéger les intérêts des pays partenaires dans cette région stratégique.
  • Améliorer la collaboration entre les industries de ces pays, coordonner l’expertise et renforcer la capacité à produire des navires polaires de premier ordre.
  • Développer le perfectionnement de la main-d’œuvre pour s’assurer que les travailleurs possèdent les compétences nécessaires.
  • Ce partenariat devrait créer des milliers d’emplois bien rémunérés, stimuler l’économie et soutenir la recherche scientifique.

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