Fraude | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/fraude/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Tue, 16 Jun 2026 11:00:59 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Fraude | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/fraude/ 32 32 Attention aux arnaques sur les réseaux sociaux https://www.finance-investissement.com/nouvelles/attention-aux-arnaques-sur-les-reseaux-sociaux/ Tue, 16 Jun 2026 11:00:59 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114449 Des fraudeurs se font passer pour des courtiers inscrits

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L’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) met les investisseurs en garde contre des fraudeurs qui se font passer, sur les réseaux sociaux, pour des courtiers inscrits afin de mener des stratagèmes frauduleux, notamment des opérations de manipulation de cours de type « pump-and-dump ».

Dans un avis récent, l’organisme d’autoréglementation a indiqué que des escrocs diffusent des publicités sur diverses plateformes de médias sociaux, invitant les investisseurs à se joindre à ce qui semble être des clubs d’investissement boursier légitimes. Selon l’OCRI, ces publicités proviennent de pages qui usurpent l’identité de sociétés réglementées par l’organisme.

« Les fraudeurs peuvent prétendre être réglementés au Canada et ajouter de faux avertissements afin de donner une apparence de légitimité à leurs publicités », peut-on lire dans l’avis de l’OCRI.

« Après avoir répondu à une publicité, les investisseurs sont généralement invités à se joindre à un groupe WhatsApp, où les fraudeurs utilisent des tactiques de vente sous pression pour encourager leurs victimes à acheter certains titres dans le cadre d’un stratagème de type “ramp-and-dump”, une variante du “pump-and-dump”. »

Bien que le régulateur n’ait nommé aucune société touchée, le chef du contentieux de Wealthsimple, Blair Wiley, a indiqué que des fraudeurs se faisaient passer pour l’entreprise sur les réseaux sociaux afin de mettre ces stratagèmes en œuvre.

« Récemment, nous avons repéré des imposteurs se faisant passer pour Wealthsimple sur les réseaux sociaux, a écrit Blair Wiley dans une publication sur LinkedIn. Des fraudeurs utilisent notre logo pour faire la promotion de recommandations boursières promettant des rendements exceptionnels à court terme. »

Selon Blair Wiley, ces individus « attirent les Canadiens dans des groupes de discussion où ils exercent de fortes pressions pour promouvoir des actions à très faible capitalisation, avant de vendre leurs propres titres, provoquant ainsi un effondrement des cours ».

Alors que les fraudeurs deviennent de plus en plus sophistiqués, les sociétés et les autorités de réglementation cherchent à renforcer la protection des investisseurs. À titre d’exemple, Wealthsimple a mis au point un système de détection alimenté par l’intelligence artificielle afin d’identifier les opérations potentielles de type « pump-and-dump » et d’avertir automatiquement les clients susceptibles d’être sur le point d’y participer, a souligné Blair Wiley.

Comme le précise l’avis de l’OCRI, les sociétés inscrites auprès de l’organisme peuvent faire de la publicité sur les réseaux sociaux. Toutefois, « les courtiers en ligne à escompte sont interdits de recommander des titres particuliers dans leurs publicités, et toutes les sociétés inscrites ont l’interdiction de garantir les rendements d’un placement ».

L’OCRI recommande aux investisseurs de faire preuve de prudence lorsqu’ils répondent à des publicités diffusées sur les réseaux sociaux et de vérifier si les comptes qui les diffusent ne cherchent pas à usurper l’identité d’une société réglementée.

Les investisseurs peuvent consulter la Base de données nationale d’inscription des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) afin de vérifier si une personne ou une société est autorisée à fournir des conseils financiers au Canada. Si un fraudeur prétend travailler pour l’OCRI ou usurpe l’identité d’une société réglementée par celui-ci, les particuliers sont invités à le signaler à l’organisme.

Les investisseurs qui croient avoir été victimes d’une fraude devraient communiquer immédiatement avec leur institution financière, les services policiers, leur autorité provinciale en valeurs mobilières et le Centre antifraude du Canada, a rappelé l’OCRI.

Et, comme l’a écrit Blair Wiley dans sa publication, « si une publicité semble trop belle pour être vraie, c’est probablement le cas ».

Ces mises en garde surviennent quelques semaines seulement après que l’OCRI a signalé que certaines personnes se faisaient passer pour des employés de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM), le prédécesseur de l’OCRI.

Dans un avis publié en mai, l’organisme indiquait que des fraudeurs communiquaient avec des investisseurs par courriel ou par WhatsApp, prétendant être des employés de l’OCRCVM et affirmant pouvoir les aider à gérer leurs placements.

« Ces personnes n’ont aucun lien avec l’OCRCVM ni avec l’OCRI, avait alors déclaré l’organisme d’autoréglementation. Aucun employé de l’OCRI ne communiquera jamais avec des investisseurs par WhatsApp, et tous les courriels légitimes envoyés par ses employés proviendront d’une adresse se terminant par “@ciro. ca”. »

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Un dirigeant licencié écope d’une peine de prison pour délit d’initié https://www.finance-investissement.com/nouvelles/un-dirigeant-licencie-ecope-dune-peine-de-prison-pour-delit-dinitie/ Wed, 10 Jun 2026 12:13:05 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114283 Un initié corporatif a effectué des transactions avant l’annonce de mises à pied importantes.

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Un ancien dirigeant américain a été condamné à une peine d’emprisonnement pour fraude en valeurs mobilières après avoir effectué des transactions fondées sur des informations privilégiées, y compris au sujet de son propre licenciement imminent dans le cadre d’une vague plus large de mises à pied.

Selon les documents déposés devant le tribunal, Paul Jorgensen, ancien chef des revenus de la société technologique cotée en Bourse Doximity, a commencé en 2022 à effectuer des transactions à partir d’informations confidentielles concernant les résultats financiers et les perspectives de son entreprise.

Plus précisément, il a vendu plus de 61 000 actions de la société avant la conférence téléphonique sur les résultats financiers du 4 août 2022, après avoir appris que les ventes étaient faibles. Cette opération lui a permis d’éviter plus de 300 000 dollars américains en pertes sur les actions de la société, dont le titre a chuté d’environ 7 % après l’annonce de la nouvelle.

L’année suivante, avant l’annonce de licenciements au sein de l’entreprise, y compris sa propre cessation d’emploi imminente, Paul Jorgensen a de nouveau utilisé ses connaissances privilégiées pour effectuer des transactions, générant 2,3 millions de dollars américains (M$ US) de profits illicites grâce à des opérations sur actions et options.

En janvier, Paul Jorgensen a plaidé coupable à une accusation de fraude en valeurs mobilières. Il a été condamné par un juge du tribunal fédéral du district de New York à une peine de 26 mois de prison, suivie de deux années de liberté surveillée, et s’est vu ordonner de remettre plus de 2,5 M$ US.

En mars, Paul Jorgensen a également conclu un règlement avec la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis, qui avait intenté une procédure civile parallèle. Il a accepté une injonction permanente ainsi que des sanctions pécuniaires, notamment la restitution des profits et des pénalités civiles, dont le montant sera déterminé ultérieurement à la demande de la SEC.

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L’AMF intensifie sa lutte contre la fraude financière https://www.finance-investissement.com/nouvelles/lamf-intensifie-sa-lutte-contre-la-fraude-financiere/ Tue, 09 Jun 2026 11:43:37 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114285 Le régulateur québécois a imposé plus de 7,7 M$ en sanctions.

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L’Autorité des marchés financiers (AMF) a sanctionné 87 personnes et sociétés durant l’exercice 2025-2026 et imposé plus de 7,7 millions de dollars (M$) en amendes, pénalités et sanctions administratives, selon son rapport annuel sur la mise en application des lois.

Face à la montée des fraudes financières, l’essor des cryptoactifs et l’émergence de nouveaux risques liés aux technologies numériques et aux réseaux sociaux, le régulateur québécois affirme avoir renforcé ses interventions.

Au total, l’AMF a prononcé 19 ordonnances de blocage et 105 ordonnances d’interdiction. Il a également diffusé 229 mises en garde, notamment contre de fausses plateformes de négociation de cryptoactifs. Par ailleurs, son programme de dénonciation a reçu 94 signalements.

La majorité des sanctions financières provient des pénalités administratives du Tribunal administratif des marchés financiers (TMF), qui ont atteint plus de 7,28 M$. De ce montant, 6,38 M$ sont liés à des infractions à la Loi sur les valeurs mobilières ou à la Loi sur les instruments dérivés. Près de 905 000 $ concernent des manquements à la Loi sur la distribution de produits et services financiers. À cela s’ajoutent 500 000 $ de sanctions administratives obtenues par le contentieux de l’AMF et 7 000 $ d’amendes infligées par les tribunaux.

Des ordonnances de restitution totalisant 485 647 $ ont permis à des victimes de récupérer des sommes perdues à la suite de manquements.

« Dans un environnement financier marqué par l’incertitude, le développement rapide des technologies et l’émergence de nouveaux risques, il est nécessaire pour l’AMF de favoriser une culture de conformité forte et de continuer d’être à l’affût de l’évolution des stratagèmes frauduleux », a déclaré Yves Ouellet, président-directeur général de l’AMF.

Le régulateur a concentré ses efforts sur deux axes :

  • renforcer la conformité au sein de l’industrie
  • et protéger les consommateurs contre la fraude et les pratiques abusives.

Nouveau programme d’autodénonciation

En mai 2025, l’AMF a lancé un programme d’autodénonciation et de coopération permettant aux entreprises qui divulguent des infractions et prennent des mesures correctives de bénéficier, sous certaines conditions, d’un allégement des sanctions. Objectif : encourager les acteurs de l’industrie à corriger volontairement certains manquements

Dans ce contexte, des entreprises comme Vidéotron, Rogers, Likewise et Glentel ont régularisé leur situation après avoir commercialisé des programmes de protection d’appareils mobiles considérés comme des produits d’assurance non autorisés.

Les tribunaux ont également sanctionné des défauts de collaboration lors d’inspections de l’AMF, notamment pour ne pas avoir fourni des documents, la transmission d’informations inexactes ou le non-respect d’engagements pris auprès du régulateur.

Dans le secteur du courtage hypothécaire, dix dossiers ont été traités en lien avec la fabrication de faux documents, l’imposition de frais abusifs ou l’exercice illégal d’activités réglementées.

Sanctions en matière de fraude

L’année a été marquée par plusieurs dossiers de fraude. Dans l’affaire Solo International, l’AMF a obtenu plus de 3,6 M$ de pénalités contre les auteurs d’un stratagème « pump and dump », ayant permis de générer plus de 2,6 M$ de profits illégaux. Ace Prime Group a écopé de 1,15 M$ de pénalités pour fraude liée à de fausses plateformes de courtage. Un conseiller a été accusé d’avoir détourné plus de 234 000 $ en falsifiant des signatures de clients lors de rachats de produits financiers.

En collaboration avec les Autorités canadiennes en valeurs mobilières, 7 586 plateformes d’investissement frauduleuses et plus de 13 000 adresses URL malveillantes ont été neutralisées entre juin 2025 et février 2026.

L’AMF a contacté plusieurs finfluenceurs québécois comptant plus d’un million d’abonnés afin de les mettre en garde ou de leur demander de retirer certains contenus jugés problématiques, ouvrant des enquêtes dans les cas les plus préoccupants.

La pression sur les plateformes de cryptoactifs s’est intensifiée. Des injonctions permanentes visant les plateformes XT.com et CoinEx ont obligé des entreprises de télécommunications à bloquer l’accès à ces sites au Canada.

Enfin, l’AMF a poursuivi la modernisation de ses outils technologiques, en intégrant davantage l’intelligence artificielle et l’analytique de données à ses activités d’inspection, d’enquête et de poursuite.

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« Finfluenceurs » : un phénomène sous surveillance https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/finfluenceurs-un-phenomene-sous-surveillance/ Sun, 07 Jun 2026 22:45:20 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114387 ZONE EXPERTS — Entre éducation financière et promotion déguisée, les finfluenceurs attirent l’attention croissante des autorités de réglementation.

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Dans un sondage réalisé auprès de 655 investisseurs particuliers canadiens, plus du tiers des répondants ont affirmé avoir déjà pris une décision financière après avoir été exposés au contenu d’un « finfluenceur »(1), soit des personnalités qui partagent du contenu sur l’épargne, l’investissement et les finances personnelles.

Cette montée n’est pas passée inaperçue. Elle soulève, de plus en plus, des questions quant à l’impact réel de ce contenu, et c’est dans ce contexte que les autorités ont récemment accru leurs efforts de sensibilisation et de surveillance. En effet, en juin 2025, l’Autorité des marchés financiers (l’« AMF ») a notamment pris part à une initiative internationale consacrée à la lutte contre les finfluenceurs illégaux, aux côtés de plusieurs autres régulateurs(2).

« La plupart des finfluenceurs agissent en respectant le cadre imposé par la loi. D’autres, en revanche, font la promotion de produits ou services sans être inscrits auprès des régulateurs. Certains font même miroiter à tort des bénéfices faciles et un mode de vie luxueux »(3), soulignait Éric Jacob, directeur général du contrôle des marchés de l’AMF.

Définir le « finfluenceur »

Encore faut-il savoir de qui l’on parle. Les autorités canadiennes adoptent une définition large de la notion de « finfluenceur ». Il ne s’agit pas uniquement d’une personne qui recommande explicitement des placements ou qui se présente comme experte en investissement. De façon générale, le terme vise plutôt toute personne qui publie en ligne du contenu portant sur la gestion des finances, l’investissement ou l’atteinte d’objectifs financiers, que ce soit sur un blogue, un forum ou une plateforme de médias sociaux(4).

En pratique, ce n’est donc pas l’étiquette que se donne le créateur de contenu qui importe le plus, mais bien la nature du contenu diffusé, le ton employé et le contexte dans lequel les messages sont publiés. Cette précision mérite d’être soulignée, car plusieurs personnes susceptibles d’être qualifiées de finfluenceurs ne s’identifient pas elles-mêmes ainsi(5).

Quand le contenu relève-t-il de la réglementation ?

Dans le contexte canadien, des directives clés ont été élaborées par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (les « ACVM »), la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (la « CVMO ») et l’Organisme canadien de réglementation des investissements (l’« OCRI »).

Le fait d’utiliser les médias sociaux comme canal de diffusion ne met pas un créateur de contenu à l’écart du cadre réglementaire. Ce qui importe, c’est plutôt la nature de ce qu’il dit, la manière dont il le dit et le contexte dans lequel il intervient. Les autorités rappellent ainsi que les « conseils » ne se limitent pas à des recommandations formelles ou à des analyses longues et techniques. Un message bref, un ton très affirmatif ou même certaines formulations promotionnelles peuvent être perçus comme une incitation à investir dans un titre en particulier.

À l’inverse, de l’information strictement factuelle, par exemple une explication générale du fonctionnement des marchés ou la description neutre d’un produit, ne sera pas nécessairement assimilée à un conseil(6).

Les exemples donnés par l’AMF illustrent bien cette distinction. Une affirmation telle que : « Je vais partager avec vous cinq actions à long terme qui vont bien se comporter et que vous devriez acheter et conserver » s’apparente davantage à une prise de position sur l’opportunité d’investir dans des produits précis(7). Le message peut chercher à influencer la décision du public. Une explication générale du fonctionnement des fonds négociés en Bourse, formulée sans hiérarchiser les produits ni suggérer qu’un choix s’impose, se rapproche davantage d’un contenu informatif.

Si l’attention réglementaire se porte souvent sur les finfluenceurs eux-mêmes, ils ne sont pas les seuls à devoir faire preuve de prudence. L’essor de ce type de contenu soulève aussi des enjeux pour les acteurs du marché qui choisissent de collaborer avec eux. À mesure que les partenariats commerciaux se multiplient sur les plateformes numériques, les autorités rappellent que la diligence attendue n’est pas limitée à la personne qui publie le message. Elle concerne également les personnes inscrites et les émetteurs qui peuvent tirer parti de cette visibilité en ligne(8).

La dispense relative aux conseils généraux

La législation en valeurs mobilières prévoit certaines dispenses à l’obligation d’inscription, dont la dispense relative aux conseils généraux, qui paraît la plus susceptible d’entrer en jeu dans le contexte des finfluenceurs. En substance, lorsqu’un contenu n’est pas adapté aux besoins particuliers de la personne qui le reçoit, son auteur n’est pas nécessairement tenu de s’inscrire à titre de conseiller. Cette possibilité est toutefois assortie d’une condition importante : la personne qui donne les conseils doit divulguer tout intérêt financier ou autre qu’elle détient relativement au titre mentionné dans le cadre de ses conseils(9).

Lorsqu’un finfluenceur se prévaut de la dispense relative aux conseils généraux, ou encore lorsqu’il est engagé pour promouvoir des titres ou détient un intérêt financier ou autre dans ceux-ci, la mention exigée doit être claire, bien en vue et suffisamment précise(10).

L’emplacement et la présentation de cette mention comptent tout autant que son contenu. La divulgation doit normalement apparaître au début de la communication et être intégrée au format de manière à être véritablement visible ou audible pour le public. Une mention à la fin d’une longue vidéo, cachée derrière des clics supplémentaires, noyée dans une description ou formulée de manière ambiguë risque d’être jugée insuffisante(11).

L’affaire Re Floreani : une illustration concrète

Les principes énoncés par les autorités prennent une dimension plus concrète lorsqu’on les observe à travers une affaire récente. La décision Re Floreani(12), rendue en avril 2025 par l’Alberta Securities Commission (l’ « ASC »), offre à cet égard un exemple éclairant.

Dans cette affaire, le régulateur s’est penché sur des publications diffusées sur YouTube, X et Patreon par James Domenic Floreani et sa société Jayconomics Inc., qui avaient développé une importante présence en ligne. Selon la décision, plusieurs des publications en cause présentaient des émetteurs sous un jour favorable, annonçaient des hausses de valeur anticipées et minimisaient les risques, alors même qu’elles étaient réalisées pour le compte d’émetteurs sans que cette relation soit révélée de manière suffisamment visible. L’ASC a imposé aux intimés des interdictions d’accès au marché pour une période minimale de deux ans, une pénalité administrative de 30 000 $ ainsi que des frais de plus de 10 000 $(13).

Conclusion

Du point de vue des investisseurs particuliers, les contenus financiers diffusés sur les médias sociaux présentent un attrait évident. Ils sont souvent perçus comme faciles d’accès, simples à comprendre, gratuits et informatifs.

Les préoccupations naissent plutôt lorsque le contenu repose sur une expertise limitée, minimise les risques, manque de transparence ou s’inscrit dans une logique où les intérêts commerciaux risquent d’influencer le message transmis. Dans ce contexte, la décision rendue récemment par l’ASC, une première du genre dans la province, nous invite néanmoins à suivre de près l’évolution de la question.

Le présent article ne constitue pas un avis juridique.

Par Me Sarah Woods, avec la collaboration de Me Yassine Khadir et de Hiba Saji Eddine, respectivement associée, sociétaire et étudiante en droit chez McCarthy Tétrault, S.E.N.C.R.L.

1 Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, Médias sociaux et investissement particulier : l’essor des finfluenceurs, 2025, p. 2. https://www.osc.ca/fr/investisseurs/recherches-et-rapports-sur-lesinvestisseurs/medias-sociaux-et-investissement-particulier

2 Autorité des marchés financiers, Finfluencers under surveillance: AMF joins forces with regulators across the globe, 6 juin 2025. https://lautorite.qc.ca/grand-public/salle-de-presse/actualites/fichedactualite/finfluenceurs-sous-surveillance-lamf-unit-ses-forces-a-celles-dautres-regulateurs-du-mondeentier

3 Ibid.

4 Autorités canadiennes en valeurs mobilières et Organisme canadien de réglementation des investissements, Avis conjoint 31-369 du personnel des ACVM et de l’OCRI, Indications sur l’application de la législation en valeurs mobilières aux activités des finfluenceurs, 11 décembre 2025, p. 2. https://lautorite.qc.ca/fileadmin/lautorite/reglementation/valeurs-mobilieres/0-avis-acvmstaff/2025/2025dec11-31-369-avis-acvm-fr.pdf

5 Ibid.

6 Ibid, p. 3.

7 Autorité des marchés financiers, Finfluenceurs : maîtrisez les règles du jeu!.  https://lautorite.qc.ca/professionnels/finfluenceurs

8 Autorités canadiennes en valeurs mobilières et Organisme canadien de réglementation des  investissements, Avis conjoint 31-369 du personnel des ACVM et de l’OCRI, Indications sur l’application de la législation en valeurs mobilières aux activités des finfluenceurs, 11 décembre 2025, p. 12. https://lautorite.qc.ca/fileadmin/lautorite/reglementation/valeurs-mobilieres/0-avis-acvmstaff/2025/2025dec11-31-369-avis-acvm-fr.pdf

9 Ibid, p. 3.

10 Ibid, p. 6.

11 Ibid.

12 Re Floreani, 2025 ABASC 41 (CanLII). https://canlii.ca/t/kbxhl

13 Re Floreani, 2025 ABASC 129 (CanLII). https://canlii.ca/t/kfn04

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Shakira blanchie dans une affaire de fraude fiscale en Espagne https://www.finance-investissement.com/nouvelles/shakira-blanchie-dans-une-affaire-de-fraude-fiscale-en-espagne/ Wed, 20 May 2026 12:02:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114015 PLANÈTE FINANCE - Un tribunal ordonne le remboursement de plus de 55 millions d’euros à la chanteuse colombienne.

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Un tribunal espagnol a acquitté Shakira dans une affaire de fraude fiscale et a ordonné au gouvernement de lui rembourser plus de 55 millions d’euros (88 millions de dollars [M$]) d’amendes indûment infligées, selon un document judiciaire consulté lundi par l’Associated Press.

Cette décision fait suite à des années de démêlés fiscaux en Espagne pour la vedette colombienne.

Le jugement porte sur un litige concernant l’année fiscale 2011, au cours de laquelle les autorités espagnoles n’ont pas réussi à prouver que la chanteuse était résidente en Espagne, a indiqué le tribunal de Madrid dans sa décision.

Pour qu’une personne soit considérée comme résidente fiscale en Espagne, elle doit passer plus de 183 jours dans le pays.

Les autorités espagnoles n’ont pu prouver que Shakira avait séjourné en Espagne cette année-là que pendant 163 jours au total, a déclaré le tribunal, ordonnant au Trésor public de rembourser à la chanteuse les impôts payés, majorés des intérêts.

L’administration fiscale espagnole a fait valoir qu’à l’époque, Shakira était liée à l’Espagne par sa relation avec le joueur de soccer aujourd’hui à la retraite Gerard Piqué, et qu’elle exerçait ses principales activités économiques dans le pays.

Mais la Cour suprême a jugé que cette relation ne pouvait être assimilée juridiquement à un mariage, et qu’il n’était pas prouvé que « le centre principal ou la base » des activités ou des intérêts économiques de Shakira en 2011 se situait directement ou indirectement en Espagne.

« Il n’y a jamais eu de fraude, et l’administration fiscale elle-même n’a jamais été en mesure de prouver le contraire, tout simplement parce que ce n’était pas vrai », a indiqué Shakira, qui avait interjeté appel, dans un communiqué transmis par ses avocats.

Le Trésor public espagnol doit rembourser à la chanteuse 60 millions d’euros (près de 96 M$), intérêts compris, a mentionné l’avocat de Shakira.

« Cette décision intervient après huit années d’épreuves qui ont eu des conséquences inacceptables, reflétant un manque de rigueur dans les pratiques administratives », a souligné son avocat, José Luís Prada, dans un communiqué.

En 2023, dans une autre affaire de fraude fiscale, Shakira a conclu un accord avec le parquet espagnol pour éviter un procès concernant des accusations selon lesquelles elle n’aurait pas payé 14,5 millions d’euros (alors 23,2 M$) d’impôt sur le revenu en Espagne entre 2012 et 2014.

La chanteuse a reconnu les faits et a été contrainte de payer 7,3 millions d’euros (alors 11,6 M$) en plus des impôts et intérêts impayés.

La chanteuse de « Hips Don’t Lie » a été citée dans les fuites des « Paradise Papers » de 2017, qui détaillaient les montages fiscaux extraterritoriaux de nombreuses personnalités de premier plan, dont les icônes de la pop Madonna et Bono, du groupe U2.

Au cours de la dernière décennie, les autorités fiscales espagnoles ont sévi contre des vedettes du soccer, telles que Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, pour ne pas avoir payé l’intégralité de leurs impôts.

Ces joueurs ont été reconnus coupables d’évasion fiscale, mais ont échappé à la prison grâce à une disposition permettant à un juge de ne pas prononcer de peine d’emprisonnement de moins de deux ans pour les délinquants primaires.

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Maltraitance financière : les conseillers naviguent en eaux troubles https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/maltraitance-financiere-les-conseillers-naviguent-en-eaux-troubles/ Wed, 20 May 2026 09:34:18 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114017 AMVI 2026 — Un meilleur encadrement s’impose.

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La maltraitance financière s’installe rarement de manière évidente. Elle progresse graduellement, par accumulation de petits signaux plutôt que par un événement déclencheur clair. L’enjeu pour le conseiller : intervenir sans attendre une preuve formelle et sans franchir les limites de son rôle.

C’est l’un des constats qui se dégagent d’une table ronde consacrée à la fraude et à la maltraitance financière, organisée dans le cadre du 19e colloque de l’Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI), visant à outiller les conseillers à reconnaître, prévenir et aborder ces situations.

« Ce sont rarement des cas évidents. On est presque toujours dans une zone grise », a affirmé Charles Toth, vice-président, réception des plaintes et opération de l’Organisme canadien des investissements (OCRI). Le besoin d’un meilleur encadrement se fait sentir. « Les conseillers veulent savoir jusqu’où ils peuvent aller. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup d’incertitudes. »

Un cas fictif, celui de Gepetto et Pinocchio, illustre cette complexité. Au départ, Gepetto, un homme de 60 ans encore autonome, mentionne à son conseiller que son fils, Pinocchio, l’aide davantage dans ses affaires. Progressivement, il prend plus de place : il assiste aux rencontres, répond aux questions à la place de son père et cherche à orienter ses décisions financières.

Au départ, rien d’anormal. Cependant, certains signaux commencent à inquiéter : des retraits inhabituels, des décisions qui ne correspondent plus au profil du client, une difficulté croissante pour Gepetto à expliquer ses choix. « Ce n’est pas que le fils est forcément mal intentionné, mais la dynamique change, et c’est là que le risque apparaît », résume Rachel Thadal, de la Ligne Aide Maltraitance Adultes Aînés, un service du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Le conseiller se retrouve alors face à la situation suivante : des signaux inquiétants, mais aucune preuve formelle d’abus.

Repérer ce qui change

Contrairement à une fraude classique, la maltraitance financière se manifeste rarement de façon brutale. « Ce sont de petits changements, des incohérences, une impression que quelque chose ne fonctionne plus comme avant », dit Rachel Thadal. La connaissance du client est un atout précieux pour le conseiller. Il devrait être alerté par des changements récents dans la dynamique de la relation, qui signalent une vulnérabilité accrue : isolement, perte d’autonomie, tensions familiales.

Parmi les signaux à surveiller :

  • une présence envahissante d’un tiers ;
  • des décisions qui ne cadrent plus avec les objectifs du client ;
  • des retraits ou transferts inhabituels ;
  • une difficulté du client à suivre ou expliquer ses choix.

Pris isolément, ces éléments ne permettent pas de conclure à de la maltraitance financière. Leur accumulation, en revanche, doit alerter.

Décoder ces situations requiert du jugement, pas une grille mécanique. « Il n’y a pas de checklist magique. C’est beaucoup dans la façon de poser les questions, d’écouter, de valider », dit Charles Toth.

Parmi les gestes à poser :

  • rencontrer le client seul
  • lui demander d’expliquer ses décisions
  • reformuler pour valider sa compréhension

« Parfois, juste demander au client de répéter dans ses mots ce qu’il veut faire, ça change tout », indique Rachel Thadal.

Une dynamique d’escalade

L’équilibre entre la protection du client et le respect de son autonomie est délicat. « Un client a le droit de prendre une mauvaise décision. La question à se poser : est-ce vraiment sa décision ? », souligne Charles Torh. Un principe fondamental doit guider l’intervention : le client reste le client, peu importe l’influence d’un tiers. Le conseiller ne peut prendre d’instructions que de Gepetto, pas de Pinocchio. Cette distinction demeure essentielle sur le plan de la conformité.

Lorsque la situation évolue vers des retraits de fonds répétés susceptibles de compromettre le plan de retraite, ou des justifications systématiquement liées à un proche, la dynamique devient plus préoccupante. Charles Viau-Quesnel, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, spécialiste de la fraude amoureuse et du détournement de patrimoine, souligne que les fraudes par montant cumulé tendent à augmenter soit en fréquence ou en valeur monétaire, souvent les deux à la fois. Le fraudeur commence par réclamer de petites sommes au client, puis des montants de plus en plus importants. Parfois, il peut prendre des mois pour monter son piège. Cette progression rend les interventions tardives plus difficiles. « Si votre espoir, c’est de dire que le client va bien se rendre compte, vous pouvez attendre longtemps », dit-il.

Une erreur fréquente consiste à analyser chaque transaction individuellement. « Le fraudeur est un expert pour fournir des raisons et des motifs. Si vous commencez à argumenter sur chaque montant, vous tombez dans son scénario. » », explique Charles Viau-Quesnel. L’approche recommandée : prendre du recul et observer le comportement dans son ensemble.

Documenter pour agir

En cas d’enquête, le régulateur n’évalue pas la situation transaction par transaction. Il observe l’ensemble du comportement dans le temps. Le conseiller a donc intérêt à consigner, dès les premiers soupçons, les échanges et les décisions prises. « On ne peut pas agir sur une intuition. Mais on peut documenter cette intuition. »

La documentation permet de structurer les observations, de justifier d’éventuelles interventions et, le cas échéant, de soutenir une enquête. « Si ce n’est pas écrit, ça n’existe pas. Documentez vos préoccupations », insiste Charles Toth.

Des éléments à consigner :

  • tout changement dans le comportement du client ;
  • les interactions du conseiller avec des tiers ;
  • les validations faites avec le client ;
  • les recommandations émises.

Confidentialité, absence de preuve, contraintes réglementaires : les conseillers disposent de marges de manœuvre restreintes pour agir en cas de fraude. « C’est frustrant, parce qu’on voit parfois le problème, mais on n’a pas toujours les outils pour intervenir directement. » Dans certains cas, le recours aux équipes de conformité ou les services juridiques est possible, tout en sachant que chaque action peut avoir un impact sur la relation de confiance avec le client.

Lorsqu’une procuration entre en jeu, la situation se complexifie davantage. Il faut alors s’assurer de comprendre à quel type de procuration on a affaire. Certaines sont limitées, d’autres conditionnelles, et leur portée juridique est souvent mal comprise, signale Charles Toth.

Le conseiller doit avant tout continuer d’exercer son jugement professionnel, même lorsque les instructions semblent valides sur le plan juridique. « Consultez les politiques et procédures, et votre équipe de conformité si vous n’êtes pas sûr », recommande le régulateur.

Miser sur la prévention

Face à ces limites, la prévention reste le plus efficace.

Cela passe notamment par :

  • l’identification des clients vulnérables ;
  • la mise en place de contacts de confiance ;
  • des discussions en amont sur la gestion des situations délicates.

Dans le cas de Gepetto, une planification préalable aurait pu encadrer le rôle du fils.

Le vieillissement de la population et le transfert de richesse amplifient ces enjeux. Les conseillers ne sont plus seulement des gestionnaires de portefeuille, mais deviennent des observateurs privilégiés de situations humaines complexes. Cette évolution de leur rôle nécessite des compétences accrues, mais aussi un soutien renforcé de la part des cabinets de services financiers en matière de formation, de protocoles d’intervention clairs et d’accompagnement de la part des équipes de conformité.

En matière de fraude, attendre d’être certain revient souvent à intervenir trop tard. Les conséquences dépassent le cadre financier. « En plus de la perte de revenus, il peut y avoir des conséquences physiques et psychologiques. Ce sont des impacts importants sur la personne », rappelle Rachel Thadal. Dans ce contexte, le seuil pour intervenir ne repose pas sur la certitude, mais sur le doute raisonnable. « Le moindre doute est suffisant pour nous appeler et obtenir du soutien. »

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Fraude, IA et numérique au cœur de la nouvelle stratégie de l’AMF https://www.finance-investissement.com/nouvelles/fraude-ia-et-numerique-au-coeur-de-la-nouvelle-strategie-de-lamf/ Fri, 15 May 2026 12:08:18 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113885 L’AMF dévoile son plan d’action en éducation financière pour les quatre prochaines années.

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Outiller les citoyens dans un environnement financier de plus en plus complexe marqué par la montée de la fraude et l’essor des technologies numériques, dont l’intelligence artificielle (IA), tel est l’objectif du plan d’action 2026-2030 de la nouvelle Stratégie québécoise en éducation financière tout juste dévoilé par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

« Dans un contexte économique marqué par l’incertitude, une transformation numérique profonde et un vaste choix de produits et services financiers de plus en plus complexes, l’éducation financière s’impose comme un levier essentiel pour soutenir les citoyens dans leurs choix financiers », affirme Yves Ouellet, président-directeur général de l’AMF, par voie de communiqué.

Selon le régulateur, ces changements modifient en profondeur la manière dont les ménages gèrent leur argent et les exposent à de nouveaux risques.

Devant un tel raz de marée, l’ensemble des acteurs de l’industrie doivent répondre collectivement et mettre en commun leurs efforts, leurs ressources et leur expertise pour remporter la partie, estime le régulateur.

« La nouvelle réalité appelle une action collective structurée et cohérente des acteurs œuvrant en matière d’éducation financière, guidée par des priorités claires et partagées », indique le PDG de l’AMF.

Présenté à l’occasion de la Journée éducation financière de l’AMF, le 5 mai, et issu d’une consultation de l’industrie, le plan d’action du Québec pour les quatre prochaines années s’articule autour de trois grands axes :

  • le développement de compétences en littératie numérique : pour permettre aux utilisateurs de naviguer en toute sécurité dans l’environnement numérique, notamment face à l’essor de technologies « dont les contours sont encore méconnus », comme l’intelligence artificielle ;
  • la lutte à la fraude financière : une réponse concertée avec des initiatives émanant du secteur pour mieux informer les citoyens sur les risques et accompagner les victimes de fraudes en ligne ;
  • et la création d’une plateforme numérique commune destinée à faciliter la recherche d’informations et de contenus fiables sur les finances personnelles.

Le plan s’appuie sur la collaboration de plus de 60 organisations publiques, privées et communautaires, souligne Kim Lachapelle, surintendante à l’assistance aux clientèles et à l’éducation financière de l’AMF.

« Le consensus qui s’en est dégagé autour des grands axes d’intervention permettra à l’ensemble des partenaires de multiplier les occasions de travailler en complémentarité face aux besoins grandissants d’éducation financière au Québec. »

La collaboration repose notamment sur le partage des connaissances, des outils et des mesures d’impacts des partenaires afin d’améliorer les pratiques et de mieux évaluer la portée des interventions, précise le document. Elle fera « mieux circuler les contenus afin d’en augmenter la portée et l’utilité » en utilisant des moyens de communication tel que le marketing social.

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Littératie financière et anxiété : un défi persistant https://www.finance-investissement.com/nouvelles/litteratie-financiere-et-anxiete-un-defi-persistant/ Wed, 13 May 2026 12:07:14 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113890 L’AMF présente son nouveau plan d’action et fait le point sur la situation au Québec.

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Pour lancer la 13e édition de la journée d’éducation financière, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a fait le bilan de sa stratégie québécoise en éducation financière (SQEF) et dévoilé les grandes lignes de son nouveau plan d’action, le 5 mai dernier à HEC Montréal. Des conférenciers ont aussi donné le pouls de l’anxiété financière de la société québécoise et son niveau de littératie financière.

Julie Paquin, directrice de l’éducation financière, a d’abord mis en lumière la mobilisation autour de l’éducation financière orchestrée par leur dernier plan d’action, avec la participation de 55 partenaires et 25 relayeurs. « Les relayeurs jouent un rôle essentiel en permettant de rejoindre des publics autrement difficiles d’accès. »  Au total, 141 activités auront été réalisées et plus de 38 organisations ont contribué au bilan.

Elle a rappelé au parterre d’invités que trois indicateurs avaient été utilisés pour mesurer les retombées de leur plan d’action : les engagements, les interactions et les expositions. « Les engagements, qui reflètent une participation active, ont connu une forte hausse, notamment grâce au parcours de la retraite de Retraite Québec qui a rejoint plus de 600 000 visiteurs uniques. » Elle a expliqué que les interactions (comme les clics sur un site de sensibilisation) ont doublé, tandis que les expositions (mesurées en impressions) ont été multipliées par plus de cinq, portées par des campagnes menées par plusieurs partenaires (Banque Nationale et Office de la protection du consommateur).

Leurs actions ont permis, selon la directrice, de rejoindre divers publics, dont les jeunes, le grand public, les investisseurs et les personnes vulnérables. « Si la fraude était un enjeu central auparavant, les questions liées à la retraite ont pris davantage d’importance », a-t-elle conclu.

Nouveau plan d’action 2026-2030

« Si le dernier plan d’action avait beaucoup de valeur, on travaillait un peu comme dans une course de relais : nous avions des objectifs partagés, mais chacun menait ses actions de manière parallèle », a expliqué Julie Paquin, soulignant que ce qui est ressorti de leurs travaux, c’est la nécessité de travailler davantage comme une équipe sportive. « L’analogie avec le hockey est d’ailleurs tout à fait d’actualité ! »

La directrice de l’éducation financière a précisé que le nouveau plan d’action se déploiera sur quatre ans (plutôt que deux pour le précédent), et reposera sur deux axes principaux : « aligner les priorités pour accroître la portée des actions et renforcer la capacité d’intervention en mutualisant les ressources ». « L’ambition est de mieux rejoindre les citoyens et de les aider à faire des choix financiers éclairés.»

Elle a aussi rappelé que l’accessibilité des contenus demeurera au cœur des priorités, avec une adaptation aux niveaux de littératie financière et numérique (et enjeux liés à l’intelligence artificielle), ainsi que l’utilisation de formats simples et familiers. « Nous souhaitons rendre le contenu d’éducation financière plus accessible. Le développement de la pensée critique est également essentiel pour permettre aux citoyens de naviguer dans un environnement financier complexe. »

Parmi les priorités émergentes, a expliqué la directrice, figurent la littératie numérique, l’intelligence artificielle (IA) et la prévention de la fraude. Une plateforme numérique commune sera également mise en place pour centraliser les contenus. « Les jeunes et les personnes vulnérables demeurent des publics cibles. »

Anxiété financière en hausse

Tasha Lackman, présidente-directrice générale de Centraide du Grand Montréal, a rappelé dans son intervention le rôle de son organisation, qui soutient un réseau d’environ 375 organismes dans le Grand Montréal et œuvre auprès de populations en situation de vulnérabilité.

Elle a souligné la collaboration que son organisme poursuit avec la firme de sondage Léger afin de mesurer l’anxiété financière des Québécois. « Nous en sommes maintenant à notre quatrième sondage, dont les résultats seront publiés au début du mois de juin, mais je peux vous en partager quelques éléments en primeur. »

Les résultats sont préoccupants selon Tasha Lackman. « Environ 86 % des Québécoises et Québécois vivent de l’anxiété financière à divers degrés. Autrement dit, cela touche presque tout le monde, bien que de manière inégale. Près de 48 % des répondants vivent une anxiété financière modérée à élevée. » Elle constate une situation qui se détériore en comparant les résultats actuels avec les premiers coups de sonde.

Elle évoque aussi un lien de causalité entre littératie financière et anxiété. « Parmi les personnes ayant une faible littératie financière, 62 % vivent de l’anxiété financière, comparativement à 32 % chez celles ayant une meilleure compréhension. »

Tasha Lackman observe que les résultats montrent que certains groupes plus vulnérables sont davantage touchés : les nouveaux arrivants, les familles monoparentales, les personnes sans emploi, les personnes racisées, les locataires ou encore les personnes à faible revenu.

Un autre résultat illustre, selon la PDG de Centraide du Grand Montréal, la vulnérabilité des individus, soit l’absence de marge de manœuvre financière. « 45 % des répondants affirment qu’en cas de perte de revenu ou de dépense imprévue de 500 à 1 000 dollars, ils disposeraient de moins d’un mois de réserve. Cela signifie qu’une grande partie de la population n’a ni épargne ni filet de sécurité et devrait s’endetter. »

Elle rappelle que l’insécurité alimentaire demeure un bon indicateur de l’anxiété financière qui sévit, particulièrement à Montréal. « Environ une personne sur cinq en souffre. 32 % des répondants ont déclaré avoir vécu de l’insécurité alimentaire au cours des six derniers mois. »

L’anxiété financière ne doit pas être vue uniquement comme un indicateur de stress, selon Tasha Lackman, mais comme un reflet de la société. « Il s’agit d’un enjeu systémique. » Si elle juge le portrait préoccupant, elle soutient qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. « C’est un signal qui nous invite à mieux comprendre, à mieux nous outiller et à agir ensemble. »

Évolution de la littératie financière au Québec

Thierry Roy, responsable de la recherche à la direction de la statistique et de l’analyse quantitative de Retraite Québec, a fait le point sur les travaux en cours du comité de recherche mis en place dans le cadre du plan d’action 2024-2026, et qui a comme objectif de brosser un portrait global de l’évolution de la littératie financière des Québécois.

Le chercheur a fait remarquer que les partenaires de la SQEF n’avaient pas encore un portrait complet de la situation. « L’idée, c’est de mieux comprendre les connaissances, les compétences et la motivation de la population afin de mieux adapter les initiatives d’éducation financière. »

Le chercheur a rappelé que les travaux menés à ce jour — et dont les résultats seront connus à l’automne prochain — ont consisté à analyser un vaste corpus d’études scientifiques et de sondages produits entre 2010 à 2025 au Québec et au Canada.

Chaque étude prise individuellement éclaire partiellement la réalité, selon le chercheur, qui souligne qu’une telle étude plus large améliorera la compréhension globale. « Pris séparément, les données restent descriptives et expliquent peu les causes. Par exemple, des écarts entre hommes et femmes ou entre groupes socioéconomiques sont observés, sans qu’on puisse en comprendre les mécanismes. »

Thierry Roy a rappelé que la littératie financière est définie comme un « ensemble de connaissances, de compétences et d’attitudes permettant d’atteindre le bien-être financier. »  Ces connaissances sont mesurées à l’aide de ce qu’il appelle le « Big 3 », soit trois questions sur l’inflation, la diversification et les intérêts composés.

« Au Canada, en 2025, environ 51 % des gens répondent correctement aux trois questions. Les résultats varient : 64 % pour la diversification, 75 % pour l’inflation, 85 % pour les intérêts composés. »

Quant aux compétences, le chercheur de Retraite Québec les regroupe en cinq dimensions : chercher l’information, prendre des décisions éclairées, gérer ses finances, contrôler ses dépenses et reconnaître les risques. « Une personne compétente n’a pas besoin d’être experte, mais doit savoir s’informer et agir de façon réfléchie. » Les attitudes, qui sont davantage liées à la sociologie et à la psychologie, englobent quant à elles des dimensions comme la confiance, l’anxiété ou la motivation.

Le chercheur laisse pressentir un portrait mettant en relief un écart entre les perceptions et les comportements réels. « Par exemple, si la majorité affirme planifier sa retraite, seulement 52 % le font réellement. » Il observe aussi quelques limites importantes. « 30 % des Québécois ne sont pas à l’aise de faire leurs impôts, et 42 % des 45 ans et plus manquent de connaissances pour planifier leur retraite. »

Tout comme l’intervenante de Centraide, le chercheur observe des inégalités persistantes, surtout chez les personnes moins scolarisées, à plus faible revenu ou nées à l’étranger.

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L’ex-PDG d’une société minière junior accusé de fraude https://www.finance-investissement.com/nouvelles/lex-pdg-dune-societe-miniere-junior-accuse-de-fraude/ Mon, 11 May 2026 11:50:09 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113695 La police affirme que des résultats d’analyse aurifère ont été modifiés.

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L’ancien chef de la direction d’une société minière junior basée à Toronto, Red Pine Exploration, fait face à des accusations de fraude et de faux déposées par les Équipes intégrées–police des marchés financiers (EIPMF) de la Gendarmerie royale du Canada, à la suite d’allégations selon lesquelles les résultats d’analyse minière de la société auraient été modifiés entre 2015 et 2024.

En mai 2024, la société, qui a depuis changé de nom pour RPX Gold, a annoncé avoir « découvert des incohérences dans certains résultats d’analyse » provenant de son projet aurifère de Wawa, ce qui l’a amenée à réviser ses estimations de ressources et l’information connexe à la suite d’un examen indépendant.

La société a signalé cette découverte à la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario et a allégué que son ancien PDG, Quentin Yarie, avait modifié les résultats d’analyse avant leur diffusion au reste de l’entreprise.

Lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs, la direction a indiqué que la manipulation présumée avait été découverte par hasard, lorsqu’un employé a constaté qu’un point de données manquait dans un rapport d’analyse et a demandé une version mise à jour directement au laboratoire, ce qui a révélé un écart entre les rapports du laboratoire et les données détenues par la société.

La GRC a lancé une enquête en 2024, comprenant l’examen des documents corporatifs et des données de laboratoire, des analyses médico-légales numériques et la collecte de témoignages.

L’EIPMF a maintenant accusé Quentin Yarie de fraude envers la société, de fraude envers les marchés publics et de faux.

Ces accusations découlent d’allégations selon lesquelles il aurait « modifié des résultats d’analyse minière sur plusieurs années », ce qui aurait conduit RPX à surestimer les ressources du projet de 62 000 à 87 000 onces d’or.

« Les marchés financiers du Canada reposent sur une information exacte et véridique pour maintenir la confiance des investisseurs. Des allégations de cette nature compromettent l’intégrité du marché, et la GRC demeure déterminée à enquêter et à tenir responsables les personnes soupçonnées de manipulation ou de présentation trompeuse d’informations importantes », souligne le sergent d’état-major Tony Gollob, commandant par intérim de l’EIPMF de Toronto.

Les allégations n’ont pas été prouvées.

Quentin Yarie doit comparaître devant la Cour de justice de l’Ontario à Toronto le 5 juin.

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Finfluenceurs : l’industrie doute de l’efficacité du cadre actuel https://www.finance-investissement.com/edition-papier/pointage-des-regulateurs/finfluenceurs-lindustrie-doute-de-lefficacite-du-cadre-actuel/ Mon, 11 May 2026 10:29:19 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113703 POINTAGE DES RÉGULATEURS 2026 — Plus que les règles elles-mêmes, c’est leur application sur les réseaux sociaux qui soulève des doutes.

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L’encadrement réglementaire est insuffisant à l’endroit des influenceurs financiers actifs dans les réseaux sociaux, ces acteurs qu’on appelle souvent les « finfluenceurs ». C’est ce que considère une majorité de responsables de la conformité ayant répondu au Pointage des régulateurs 2026 de Finance et Investissement.

Le phénomène des finfluenceurs mérite qu’on y prête plus attention, si on en croit Jean-Paul Bureaud, directeur général de FAIR Canada. « On observe une augmentation du nombre d’investisseurs qui gèrent eux-mêmes leurs placements. Nous poursuivons nos recherches, mais il semble qu’un grand nombre de ces investisseurs autonomes s’appuient sur des informations provenant de finfluenceurs. »

Jean-Paul Bureaud cite une étude de 2025 du Swiss Finance Institute qui sert un avertissement à l’endroit des finfluenceurs. Celle-ci montre que la plupart des finfluenceurs sont dépourvus de compétences ou sont même « anti-compétents », générant des rendements anormaux négatifs, tandis que seule une minorité d’entre eux font preuve de compétence.

« Les finfluenceurs peu compétents ou carrément nuisibles sont plus engageants, publient des messages excessivement optimistes qui précèdent souvent des renversements de prix, et attirent un plus grand nombre d’abonnés que les finfluenceurs compétents, lit-on dans l’étude. Cela contribue à la diffusion de faux conseils et à une agrégation biaisée des croyances. »

À la suite de la publication de l’avis conjoint 31-369 des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) et de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) sur l’application de la législation aux activités des finfluenceurs, le sondage auprès de responsables de la conformité leur demandait si l’encadrement actuel est suffisant pour protéger les clients.

Rappelons que cet avis explique la notion de conseils généraux, qui peuvent ne pas constituer une activité nécessitant une inscription, et précise l’application des règles existantes aux activités des finfluenceurs. Certains jugent que cet avis repose sur des notions sujettes à interprétation, dont celle de conseils généraux et d’activités promotionnelles, laissant certaines zones d’incertitude entre éducation financière et activité réglementée.

Parmi les responsables de la conformité sondés et qui étaient à l’aise de se prononcer sur la question, seulement 12,5 % ont répondu « oui » et 54 % ont dit « non ». Un contingent de 33 % a répondu « noui », estimant que le cadre protège partiellement les clients.

C’est dire que les avis sont partagés, mais dominés par les préoccupations.

Certains répondants ont de bonnes choses à dire. Par exemple, celui-ci commence : « La note d’information conjointe 31-369 constitue un bon début. Il est également encourageant de constater que plusieurs finfluenceurs ont fait l’objet de sanctions au cours de l’année écoulée, même si je crains que ces sanctions soient difficiles à faire respecter. »

Cependant, il poursuit en faisant ressortir l’avantage dont bénéficient les finfluenceurs, qui peuvent se prévaloir de l’exemption pour conseils de nature générale. « Le secteur reste un véritable Far West où les conseillers réglementés, pour de bonnes raisons, sont soumis à une surveillance étroite de la part de notre équipe (…) de conformité, mais doivent néanmoins rivaliser, pour attirer l’attention des investisseurs, avec des finfluenceurs qui semblent n’être soumis à pratiquement aucune restriction quant à leurs affirmations ou à leurs conflits d’intérêts. »

D’autres critiquent plus vertement les règlements, en reprenant les reproches précédents, mais avec plus d’acrimonie. « Le régulateur devrait adopter une approche plus ferme. Il devrait y avoir des conséquences beaucoup plus sévères afin de dissuader un individu mal intentionné d’offrir des conseils et mieux protéger le public. »

Un autre renchérit : « L’encadrement est suffisant, mais le travail de mise en œuvre ne suffit absolument pas. » Un autre enfin élargit la question au-delà des activités des finfluenceurs : « Oui, c’est bon, dit-il au sujet du cadre des ACVM, mais il y a peu d’impact pour les vrais criminels et arnaqueurs du web qui font des pubs sur Facebook ou sur YouTube, avec l’intelligence artificielle, par exemple. »

Les régulateurs doivent surveiller la nature des messages des influenceurs et de leurs recommandations. « Le régulateur doit quand même prendre des mesures pour mieux encadrer ce genre d’activité, s’assurer que l’influenceur a une certaine responsabilité, qu’il est responsable pour ses actions. On doit s’assurer que la population garde confiance dans les marchés financiers », indique Alexey Burakovski, chef de la conformité par intérim chez iA Gestion privée de patrimoine.

L’AMF privilégie la prévention

L’AMF se défend en faisant valoir qu’elle se concentre tout particulièrement sur la prévention auprès du public. « Il importe de rappeler que la sensibilisation du public face aux risques de recourir à des finfluenceurs en matière d’investissement est un travail que l’AMF mène en continu. »

Ainsi, elle rappelle plusieurs de ses interventions : Semaine d’action internationale contre les finfluenceurs en juin 2025, diffusion de vidéos éducatives, présentations de sensibilisation et d’éducation financière dans plusieurs cégeps.

Enfin, l’AMF rappelle qu’elle a intenté des poursuites dans des dossiers où les activités découlaient de l’utilisation des réseaux sociaux ou de propos tenus par des finfluenceurs.

Pour accéder au tableau, cliquez ici.

Avec la collaboration de Guillaume Poulin-Goyer

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