États-Unis | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/etats-unis/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Tue, 10 Mar 2026 15:14:21 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png États-Unis | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/etats-unis/ 32 32 Trois FNB pour miser sur la croissance de l’Inde https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/trois-fnb-pour-miser-sur-la-croissance-de-linde/ Wed, 11 Mar 2026 10:11:20 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112909 FOCUS FNB — La croissance démographique et l’essor de la classe moyenne soutiennent l’intérêt pour les FNB exposés au marché indien.

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Le voyage effectué en février par Sadiq Adatia à Mumbai et New Delhi, où il a rencontré des dirigeants d’entreprises et des responsables politiques, a renforcé sa vision optimiste de l’économie du pays le plus peuplé du monde.

« La classe moyenne continue d’évoluer et de prendre une place de plus en plus importante dans l’économie, explique Sadiq Adatia, chef des placements de BMO Gestion mondiale d’actifs. Je situerais presque l’Inde là où la Chine se trouvait il y a environ dix ans. »

Le FINB BMO MSCI India d’actions sélectionnées, qui gère environ 189 millions de dollars (M$) en actif, est le plus important des trois fonds négociés en Bourse (FNB) canadiens offrant une exposition à l’Inde. Il est offert depuis janvier 2010. Son rival de longue date, lancé le même mois, est le iShares India Index ETF, qui détient environ 134 M$ en actif. Un concurrent plus récent est le Franklin FTSE India Index ETF, qui gère environ 8 M$ en actif et a été lancé en août de l’an dernier.

Bien que la taille de son marché boursier soit relativement modeste, l’Inde demeure une puissance mondiale à plusieurs égards. Elle se classe au premier rang mondial pour la population, avec plus de 1,47 milliard d’habitants. Son produit intérieur brut (PIB) projeté pour cette année serait le quatrième plus important au monde, selon le Fonds monétaire international (FMI). L’organisme prévoit également une croissance économique de 6,2 % en 2026, comparativement à 4,2 % pour la Chine et à un rythme nettement inférieur pour les pays du G7, dont le Canada.

Un indicateur plus révélateur, également issu des données du FMI, est toutefois le PIB par habitant. En Inde, il devrait atteindre 3 051 dollars américains ($ US), un niveau beaucoup plus faible que dans les grandes économies, dont le Canada, où il est estimé à 58 244 $ US. En Chine, dont la population est presque aussi élevée que celle de l’Inde, le PIB par habitant devrait atteindre 14 730 $ US, soit plus de quatre fois celui de l’Inde.

Malgré cet écart, Sadiq Adatia est convaincu que l’Inde parviendra à le réduire, principalement grâce à la croissance de son marché intérieur.

« Le pays est encore dans une phase de croissance, ce qui lui permet de générer des taux d’expansion élevés d’une année à l’autre », affirme-t-il.

Selon lui, la classe moyenne indienne en expansion progresse sur l’échelle de la consommation et augmente ses dépenses discrétionnaires, en plus de ses achats de biens essentiels.

« Cela est très favorable pour le PIB et pour les entreprises qui bénéficient de cette tendance », ajoute-t-il.

Perspectives démographiques favorables

Les données démographiques devraient soutenir pendant des décennies une économie indienne axée sur la consommation, explique Ahmed Farooq, vice-président principal et responsable de la distribution des FNB de détail chez Franklin Templeton Canada, à Toronto. Il souligne qu’environ la moitié de la population indienne a moins de 25 ans, et que 65 % ont moins de 35 ans.

« Il s’agit d’une histoire de croissance structurelle à très long terme, soutient Ahmed Farooq. Le pays dispose également d’un système démocratique et attire de plus en plus de partenaires commerciaux. »

Parmi les développements commerciaux récents, il mentionne l’accord conclu en janvier avec l’Union européenne, qui prévoit l’élimination ou la réduction des droits de douane sur la grande majorité des exportations et importations.

Du côté de l’Amérique du Nord, l’Inde devrait également bénéficier d’une réduction des tarifs américains à la suite d’une décision de la Cour suprême des États-Unis jugeant illégaux les tarifs mondiaux précédemment imposés par le président Donald Trump. Parallèlement, le Canada négocie son propre accord commercial avec l’Inde.

Trois FNB pour s’exposer au marché indien

Selon Ahmed Farooq, le FNB Franklin vise à offrir une exposition large, passive et peu coûteuse au marché indien. Il réplique l’indice FTSE India RIC Capped, qui comprend environ 275 entreprises et représente près de 90 % de la capitalisation boursière totale des sociétés par actions de l’Inde.

Bien que ses actifs canadiens soient modestes, le fonds bénéficie d’économies d’échelle puisqu’il investit dans le Franklin FTSE India ETF, coté aux États-Unis, qui gère environ 3 milliards de dollars américains (G$ US).

Avec des frais de gestion de 0,19 %, le FNB canadien de Franklin est le moins coûteux de sa catégorie. Il n’y a pas de double facturation de frais avec son équivalent américain. Bien que le fonds soit trop récent pour publier un ratio de frais de gestion (RFG), il devrait demeurer le produit le moins cher une fois les dépenses incluses.

À l’inverse, le FNB de BMO adopte une approche plus sélective, avec 55 titres actuellement en portefeuille. Son objectif est de reproduire la performance de l’indice MSCI India Selection, qui privilégie les entreprises obtenant des notes ESG (facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance) plus élevées selon MSCI.

Le fonds exclut également les sociétés tirant des revenus importants du tabac, de l’alcool, des jeux de hasard, des armes, des armes à feu civiles et de l’énergie nucléaire.

Sadiq Adatia reconnaît que cette approche réduit l’univers d’investissement, mais il estime que ce filtrage améliore la gouvernance et la supervision dans un marché parfois difficile à analyser.

« C’est le prisme que nous avons appliqué à ce fonds, explique-t-il. Et nous sommes satisfaits de ses résultats. »

La sélection ESG n’a pas nui à la performance du FNB de BMO face à son principal rival. Au 28 février, son rendement sur dix ans de 11,9 % dépasse celui du FNB iShares India Index, qui affiche 9,3 %.

Le FNB iShares, pour sa part, cherche à reproduire le India’s S&P Nifty 50 Index, qui offre une exposition aux 50 plus grandes entreprises de l’Inde. Il obtient cette exposition principalement en investissant dans le iShares India 50 ETF, coté aux États-Unis.

Le FNB iShares demeure plus coûteux que celui de BMO, même si l’écart s’est réduit récemment. En septembre 2025, iShares a réduit ses frais de gestion à 0,74 %, contre 0,98 % auparavant. Une fois les dépenses incluses, son RFG demeure plus élevé à 0,99 %, comparativement à 0,67 % pour le FNB de BMO.

Un élément qui pourrait surprendre certains investisseurs détenant le FNB iShares dans des comptes non enregistrés est la distribution exceptionnellement élevée de 6,955 $ versée le 29 décembre, qui a entraîné une baisse équivalente de sa valeur liquidative le lendemain.

Cette distribution pourrait être moins avantageuse sur le plan fiscal qu’un fonds qui verserait une distribution plus faible, comme ce fut le cas du FNB iShares en décembre 2024.

Le versement effectué à la fin de 2025 a entraîné un taux de distribution sur 12 mois de 15,18 %. Ce taux inhabituellement élevé a été confirmé par le gestionnaire du fonds, Gestion d’actifs BlackRock Canada, mais nos tentatives répétées pour obtenir une explication sont demeurées sans réponse.

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FNB de marché prédictif https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/fnb-de-marche-predictif/ Wed, 11 Mar 2026 09:48:39 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112808 FOCUS FNB — Une nouvelle classe de FNB pointe à l’horizon.

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La Securities and Exchange Commission (SEC) évalue présentement une nouvelle classe de fonds : les fonds négociés en Bourse (FNB) de marché prédictif. Si l’examen s’avère concluant et qu’ils sont admis au sud de la frontière, il n’est pas certain qu’ils le seront au Canada. Cependant, puisque les investisseurs canadiens ont accès aux FNB américains, leur lancement aurait quand même un certain impact ici, prévoit une étude de Valeurs mobilières TD (VMTD).

Ces FNB seraient composés de contrats à terme déjà négociés aux États-Unis. Il s’agit de produits financiers dérivés conçu pour tirer parti de données prédictives ou de signaux issus de marchés d’anticipation (prediction markets). Ils font des gageures en mode « tout ou rien » sur l’issue de certains événements, ceux-ci étant pour l’instant de nature politique. Si l’événement anticipé se concrétise, le contrat se règle à 1,00 $ ; sinon, à 0,00 $. Le FNB qui acquiert ces contrats les achète en totalité au départ ; aucun paiement additionnel n’étant requis par la suite, peu importe l’évolution des prix sur le marché.

Gains ou pertes instantanées

Évidemment, le prix initial payé varie dans le temps selon les probabilités que l’événement anticipé se produise — ou non. Par exemple, dans le cas d’une élection, si les contrats se négocient à 0,50 $, cela suggère que le marché estime à 50/50 les chances de victoire d’un démocrate ou d’un républicain.

Avant que les résultats des élections ne soient connus, la valeur du fonds évolue à mesure que le marché modifie son évaluation, influencé par de nouvelles informations, les sondages, l’actualité ou le sentiment général.

Par exemple, si le prix du contrat passe de 0,50 $ à 0,45 $ après l’annonce d’une nouvelle information, la valeur liquidative du fonds diminuera en conséquence. Le jour de l’élection ou juste après, une fois le résultat connu, la valeur des contrats s’établira rapidement à 1,00 $ ou 0,00 $. Cela entraînera une variation brutale de la valeur nette du fonds, ce qui le distingue des autres produits d’investissement. Un investisseur risque de perdre la totalité de son investissement si sa gageure s’avère mauvaise.

Ces FNB rendent accessible, tant aux investisseurs particuliers qu’institutionnels, les marchés de prédiction politique et en abaisseront les barrières. Évidemment, le marché des prédictions est potentiellement infini, susceptible d’ouvrir une toute nouvelle catégorie de FNB et d’imposer aux mainteneurs de marché et à tout l’écosystème des FNB une adaptation susceptible de rappeler celle qui a prévalu pour les FNB de cryptomonnaie.

Sports, Oscars, etc.

« Ces FNB pourraient entraîner de nombreux lancements », juge VMTD. Une effervescence qui pourrait coûter cher au secteur et conduire à la création d’un certain nombre de FNB « zombies ». Des produits peu négociés jusqu’à ce que l’événement sous-jacent approche ou que la probabilité de son issue augmente. Si l’approbation réglementaire est accordée, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres produits financiers prédictifs, par exemple liés aux sports.

VMTD s’attend à ce que ces FNB aient une réponse instantanée à toutes sortes de développement, qu’il s’agisse de sondages, de débats, de procédures légales. Cette excitabilité, prévoit VMTD, « pourrait introduire un type distinct de volatilité de transaction supérieure aux influences financières conventionnelles. Comment les mainteneurs de marché coteront de tels FNB, la question demeure entière, Des transactions volumineuses ou des failles notables paraissant entre les produits dérivés et la perception publique pourraient hausser les risques d’intermédiation dans de tels marchés. »

Les comportements de plusieurs investisseurs seront appelés à changer. Ces produits pourraient attirer des spéculateurs et des opérateurs en couverture cherchant une exposition à des risques politiques, sans participer aux marchés de prédiction gré à gré. « Un tel scénario ajouterait un risque supplémentaire à la longue liste des risques encourus par les courtiers, risques qui pourraient désormais

inclure la durée de l’hymne national pendant le Superbowl ou le nom du lauréat d’un Oscar. »

Quel régulateur ?

La supervision de tels FNB relèverait-elle, en Ontario par exemple, de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario ou de la Corporation des jeux et loteries, questionne VMTD. « Puisqu’ils fonctionnent à titre de valeur mobilière et de proxy de pari, ils relèvent des domaines des deux organismes, » répond l’étude. Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), rappelle VMTD, ont déjà banni les options binaires dont les échéances sont moindres que 30 jours. Il ne s’agit pas de produits identiques, mais similaires : « Les mécanismes fondamentaux d’émettre une option binaire sont très semblables à ceux d’un FNB dont le rendement repose sur un résultat binaire. »

Si la SEC approuve ces produits, les manufacturiers canadiens de FNB vont probablement voir dans ce nouveau type de produit l’occasion d’accroître leurs actifs sous gestion et d’engranger des revenus de frais de gestion. En contrepartie, les mainteneurs de marché seront appelés à adapter les cadres de leur gestion de risque pour rendre compte du risque binaire impliqué.

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Risques sournois du tsunami de FNB américains https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/risques-sournois-du-tsunami-de-fnb-americains/ Wed, 11 Feb 2026 11:16:52 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112395 FOCUS FNB — On craint des effets sur la vitalité du secteur canadien et sur la protection des clients.

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Eli Yufest, directeur exécutif de l’Association canadienne des fonds négociés en Bourse (ACFNB), est préoccupé. Un désavantage structurel et réglementaire des fonds négociés en Bourse (FNB) canadiens par rapport à leurs homologues américains pourrait plomber l’écosystème canadien et nuire à la protection des épargnants, selon lui.

Aujourd’hui, plus de 30 % des actifs en FNB détenus par des investisseurs canadiens (250 G$ environ) sont investis dans des produits américains, ceux-ci étant accessibles sans barrière pour les investisseurs canadiens. « Et ces actifs continuent de croître », continue Eli Yufest.

Ceci prive le Canada de retombées économiques, notamment en matière d’emplois et de recettes fiscales associées à la gestion d’actifs, à l’inscription en Bourse, aux activités de négociation, de marketing, de garde de titres, de supervision réglementaire, de conformité bilingue, indique l’ACFNB dans un mémoire déposé à Ottawa l’an dernier à l’occasion de ses consultations prébudgétaires 2025.

« Nous estimons que le Canada renonce ainsi à environ 4 630 emplois et à près de 288 millions de dollars de recettes gouvernementales annuelles en raison de l’utilisation, par les Canadiens, de produits de FNB étrangers », y lit-on.

Or, l’expiration du brevet américain de Vanguard portant sur les séries FNB de fonds communs de placement pourrait remodeler le paysage des FNB aux États-Unis.

Une série FNB est une catégorie de part de fonds communs de placement (FCP) cotée en Bourse. Elle dispose des mêmes titres en portefeuille et de la même stratégie d’investissement que le FCP. Au lieu d’être négociable auprès de l’émetteur après la clôture des marchés à la valeur liquidative du fonds, la série peut être négociée à tout moment.

Cet automne, l’ACFNB notait que « 80 gestionnaires américains ont déjà déposé des demandes en vue de lancer des fonds communs dotés de catégories de parts en FNB, ce qui pourrait se traduire par l’arrivée de milliers de nouveaux FNB, soutenus par des sociétés disposant d’une envergure mondiale et d’une puissance de distribution considérable ».

Alors que les Canadiens n’ont pas accès directement aux FCP américains, ils y auront indirectement accès par l’intermédiaire des séries de FNB américaines. Nous nous attendons à plus de 1600 lancements de séries FNB de FCP américain, ce qui pourrait faire accroître la demande pour les FNB américains. « C’est un tsunami qui risque de frapper le marché canadien », indique Eli Yufest.

Ce raz de marée de nouveaux FNB pourrait nuire à l’écosystème canadien des FNB, mais également à la protection des investisseurs, ceux-ci ne pouvant se prévaloir des mêmes mécanismes de protection que pour des FNB inscrits au Canada.

Le dirigeant s’en est même plaint devant le Comité sénatorial permanent des finances nationales, le 10 décembre dernier : « les règles canadiennes applicables aux émetteurs nationaux de FNB sont nettement plus strictes que les exigences américaines. Elles entraînent des coûts supplémentaires, créent des freins opérationnels et découragent l’innovation en matière de produits, alors que les fonds négociés en Bourse américains vendus au Canada ne sont soumis à aucune obligation équivalente. »

Eli Yufest redoute que le Canada ne se transforme au fil du temps en un simple marché de distribution pour les FNB américains.

L’ACFNB demande au gouvernement fédéral de cesser de facturer la taxe de vente harmonisée sur les frais de gestion des FNB. « Nous allons toujours être en désavantage par rapport aux FNB américains, car nous facturons la taxe de vente harmonisée en Ontario sur les frais de gestion », dit Eli Yufest.

L’association déplore que, lorsqu’un client se procure un FNB américain par l’intermédiaire d’un compte enregistré, « le contribuable moyen subventionne à bien des égards un investisseur lorsqu’il choisit de transférer ses économies à un fiduciaire étranger ». « Le gouvernement fédéral devrait plutôt créer une sorte de CELI “feuille d’érable” dans lequel il accorderait une subvention pour les investissements faits dans des titres canadiens, y compris des FNB canadiens. »

Selon l’ACFNB, cela canaliserait l’épargne des Canadiens vers des titres cotés au Canada afin de renforcer la liquidité, réduire le coût du capital et soutenir les entreprises en plus de soutenir l’écosystème des marchés financiers canadiens.

Marche arrière demandée

L’ACFNB souhaite aussi que l’Agence de revenu du Canada révise la méthode d’attribution aux détenteurs d’unités demandant le rachat pour les FNB, laquelle a été ajustée en 2023.

Celle-ci restreint la capacité des fiducies de fonds communs de placement, qui constituent la majorité des FNB cotés au Canada, à recourir à cette méthode.

« Présentées comme une mesure de lutte contre l’évitement fiscal visant à corriger certains usages jugés abusifs, ces modifications ont, dans les faits, créé des situations où le fonds et ses porteurs de parts sont tous deux imposés sur un même gain économique. Cet effet de “double imposition” est particulièrement marqué lors de périodes de forte volatilité des marchés ou de baisse de la valeur des actifs, lorsque la rotation du portefeuille peut générer des gains pour les investisseurs qui rachètent leurs parts, gains qui — selon les règles actuelles — sont répartis au prorata entre l’ensemble des porteurs de parts », lit-on dans le mémoire de l’ACFNB.

Selon eux, « les investisseurs à long terme adoptant une stratégie “acheter et conserver” sont exposés à des obligations fiscales accélérées et potentiellement inutiles, sans lien avec leur comportement d’investissement. Ceux qui adoptent cette stratégie ne devraient pas être frappés par une facture fiscale », indique Eli Yufest.

« Nous voulons que le gouvernement repense cette méthode afin de la rendre plus équitable et plus concurrentielle par rapport aux FNB américains », ajoute-t-il.

Selon l’ACFNB, les FNB cotés aux États-Unis composent avec un régime fiscal différent qui protège efficacement les investisseurs demeurant dans le fonds contre des impacts négatifs de la méthode.

« Au Canada, un détenteur d’une part de FNB peut être frappé par une facture fiscale parce qu’un autre investisseur décide de vendre son FNB. Ceci n’arrive pas aux États-Unis », déplore Eli Yufest.

À l’origine, le changement de méthode par le gouvernement canadien avait pour objectif d’éviter son usage abusif et certains avantages fiscaux indus pour les porteurs de part. « Ce que le gouvernement fédéral a fait visait à régler une situation provenant d’un mauvais acteur de l’industrie. Ils ont employé des moyens disproportionnés pour ce faire, créant des conséquences inattendues qui viennent désavantager les FNB canadiens par rapport aux FNB américains », précise Eli Yufest.

Le gouvernement fédéral n’a pas donné suite à ces demandes dans le dernier budget fédéral.

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Stabilisation de l’économie canadienne malgré l’incertitude https://www.finance-investissement.com/nouvelles/stabilisation-de-leconomie-canadienne-malgre-lincertitude/ Wed, 28 Jan 2026 12:22:36 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112074 Sans tarifs, les experts estiment que les profits auraient été plus élevés, l’inflation plus basse et qu’il y aurait moins eu de pertes d’emploi.

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« L’année 2025 aurait pu prendre une tangente carrément désastreuse après l’annonce de l’imposition de tarifs par l’administration Trump, un événement sans précédent, mais le Canada s’est somme toute bien tiré d’affaire », réagissait Frances Donald, économiste en chef de RBC et conférencière lors de l’événement annuel Perspectives 2026, organisé par CFA Montréal le 22 janvier. Elle anticipe cette année une croissance modeste du PIB canadien de 1,3 %, alors que l’économie canadienne amorcerait une phase de stabilisation.

L’économie canadienne a évité la récession redoutée en 2025 malgré une année marquée par des tensions commerciales, lesquelles continueront de planer sur l’économie. Mais ce choc tarifaire s’est avéré beaucoup plus faible que ce que les gens croient en général, selon l’économiste en chef de RBC. « 90 % du commerce vers les États-Unis demeure exempt de tarifs. » Pourtant, selon l’experte, qui cite un récent sondage, « 50 % des Canadiens croient que nous sommes actuellement en récession. »  Ce qui lui fait dire que les choses ne vont pas si mal, au contraire, elle mentionne entre autres la hausse du marché boursier canadien de 40 % depuis le fameux Jour de la Libération de l’administration Trump et trois trimestres consécutifs d’investissements directs étrangers. « On est en droit de se faire un petit pep talk. »

L’économiste en chef de RBC entrevoit néanmoins trois enjeux pour l’économie canadienne en 2026. Le premier a trait au coût de la vie, une préoccupation qui toucherait plus des deux tiers des Canadiens. « Même si l’inflation globale depuis 2020 a augmenté de 21 %, l’inflation des aliments et des loyers a augmenté de plus de 30 %, ce qui a impacté les ménages à revenu faible et moyen qui consacrent une plus grande part de leurs revenus à ces dépenses. »

L’experte a mentionné par ailleurs que l’épargne est presque exclusivement le domaine du quintile supérieur (les 20 % des ménages les plus riches). « Tandis que les quintiles inférieurs dépensent plus que ce qu’ils ne gagnent, non pas par excès, mais parce que le coût des denrées essentielles dépasse leurs revenus. »

Le deuxième enjeu, selon elle, est celui d’économies régionales fort différentes. « Si on anticipe une croissance modeste du PIB canadien de 1,3%, dans les faits, seule la province du Manitoba pourrait atteindre cette croissance. L’Alberta pourrait dépasser ce pourcentage, alors que d’autres provinces comme l’Ontario et le Québec pourraient avoir des croissances inférieures. Un peu comme avoir la tête dans le four et les pieds dans le congélateur, en moyenne tout va bien, mais en réalité les écarts sont importants. » Elle souligne que la guerre commerciale avec les États-Unis a surtout frappé l’Ontario. « En somme, cela complique la tâche pour adopter une seule et unique politique monétaire qui convienne à tout un chacun. »

Le troisième enjeu selon l’économiste est celui de la croissance nulle de la population, soit « l’effondrement de la croissance démographique ». « Le Canada est en train de corriger la politique d’immigration de 2022-2024. Durant cette période, il devait créer 60 000 emplois par mois pour satisfaire à la demande de main-d’œuvre. Si vous invitez 10 personnes chez vous, vous avez besoin de 10 chaises. » L’an prochain, l’experte croit que le Canada pourrait perdre en moyenne 12 000 emplois par mois tout en gardant le taux de chômage stable. « On n’aura pas à rajouter des chaises, on pourra même en retirer. »

Accélération de l’économie mondiale

Dans son tour d’horizon, Sébastien McMahon, économiste senior et gestionnaire de portefeuille à iA Gestion mondiale d’actifs, a expliqué que leurs indicateurs avancés pointaient vers une accélération de l’économie mondiale en 2026. Si le consensus pour le Canada est une croissance modeste de son économie d’environ 1,3 % (1,1 % pour la Banque du Canada), l’expert dit afficher une vision légèrement plus optimiste. « Quand on regarde du côté des consommateurs, des dépenses en défense, il y a un bon potentiel pour un revirement et une croissance économique plus forte, surtout si on obtient un peu plus de clarté du côté des échanges commerciaux. »

Concernant la croissance du PIB américain sur 10 ans, le stratège en chef évoque un consensus des attentes autour de 1,1%. Il ne faut pas oublier qu’on était à 2, 9 % en 2023 et à 2,8 % en 2024, on anticipe une croissance du PIB de 2,0 % en 2026. « Les gains de productivité liés à l’IA ne sont pas encore visibles. Historiquement, chaque million de dollars ajouté au PIB américain génère plusieurs emplois, alors que les investissements dans les centres de données, eux, n’en créent qu’une fraction. Oui, l’IA entraîne des investissements massifs, mais la question demeure : soutient-elle la croissance de façon durable, même si tous s’entendent pour dire qu’elle est appelée à jouer un rôle très important ? »

Sur le plan des actions, même si les attentes de croissance attendue sur 12 mois semblent très élevées pour les entreprises (surtout pour le Canada à 25 % et l’Europe à 19,4 %, les États-Unis sont plutôt stables à 17,9 %), l’économiste est d’avis que les perspectives économiques soutiennent une surperformance de celles-ci. Il anticipe un rendement de 10-15 % pour le marché canadien et de 5-10 % pour le marché américain. « Avoir une quatrième année consécutive de rendement de 10 % et plus sur l’indice du S&P 500, cela ne s’est produit que 4 fois au cours des 100 dernières années. » Il juge dans l’ensemble les valorisations des actions élevées sauf hors des États-Unis, il signale notamment les valorisations attrayantes en Europe. Il partage par ailleurs l’avis qu’il n’y a actuellement pas de bulle dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA).

À l’égard des taux d’intérêt, l’expert a souligné que les marchés « escomptent la fin du cycle global d’assouplissement monétaire. » Les marchés anticipent deux baisses des taux d’intérêt à venir du côté de la Réserve fédérale américaine (juillet et décembre), mais selon lui « les conditions financières ne supportent pas des coupures agressives ». Au Canada, il s’attend à une hausse des taux d’intérêt, soit en décembre 2026 ou l’année prochaine, mais aucun changement du côté de la Banque centrale européenne.

Interrogés en période de questions à commenter l’impact des tarifs sur l’inflation et l’économie en général, les experts ont évoqué quelques-unes des raisons qui expliquent l’effet à retardement de l’impact des tarifs. L’économiste en chef de RBC, Frances Donald, a évoqué l’accord de libre-échange actuel entre le Canada et les États-Unis, en vertu duquel 90 % des exportations et importations sont exemptes de droits de douane. Sans l’ACEUM des tarifs s’appliqueraient et les entreprises auraient répercuté ces coûts sur les consommateurs. « En raison de la paralysie du gouvernement, il nous manque aussi trois mois de données crédibles sur l’inflation, mais je crois que la donnée la plus importante à suivre à ce sujet est celle sur le coût des aliments et elle est en hausse. »

Sébastien McMahon a rappelé que le plein effet inflationniste des tarifs ne s’est pas encore fait ressentir, car plusieurs entreprises ont absorbé les coûts. « On ne le voit peut-être pas dans les données d’inflation, mais on le voit dans les marges bénéficiaires d’entreprises. » Sans tarifs, les experts estiment que les profits auraient été plus élevés, l’inflation plus basse et qu’il y aurait moins eu de pertes d’emploi.

Au sujet de la nomination du nouveau Président de la Réserve fédérale américaine et du caractère indépendant de l’organisme qui dicte la politique monétaire du pays, les panélistes se sont montrés optimistes malgré la pression politique constante exercée ces derniers mois. « Nous étions très inquiets en 2025, particulièrement par rapport au processus de nomination des présidents régionaux, mais ces craintes ont été dissipées, fort heureusement pour l’indépendance de la Fed qui est cruciale pour les marchés mondiaux » a mentionné Sébastien McMahon. « Je trouve fascinant cet intérêt pour le nouveau président de la Fed (est-il Hawkish ou Dovish ?), mais ce n’est pas nouveau en soi, ce qui est nouveau c’est d’avoir un président qui interfère dans le processus en intimidant », a laissé entendre Frances Donald.

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Protégeons le secteur canadien des FNB https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/laurent-boukobza/protegeons-le-secteur-canadien-des-fnb/ Wed, 14 Jan 2026 10:56:59 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111826 ZONE EXPERTS — Dans bien des cas, privilégier un FNB coté au Canada est avantageux pour des Canadiens.

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Alors que nous venons de clore 2025, nous pouvons officiellement la qualifier d’année record pour l’écosystème canadien des fonds négociés en Bourse (FNB) : des créations nettes records de plus de 122 milliards de dollars (G$), un actif sous gestion record de plus de 802 G$ non-ajusté (714 G$) ajusté) et une croissance de l’actif sous gestion de 268 G$ notamment grâce à la vigueur des marchés.

2025 a également été marquée par l’essor et l’adoption des FNB à gestion active, qui représentent désormais 32 % des actifs sous gestion des FNB canadiens, 65 % des créations nettes de FNB en 2025 et plus de 50 % de tous les FNB canadiens cotés en Bourse[1].

Ce segment du marché (ainsi que le secteur des fonds communs de placement) pourrait être confronté à une concurrence nouvelle et inégalée en 2026 avec l’expiration du brevet de Vanguard sur les séries FNB de fonds communs (ETF share class) aux États-Unis[2]. L’expiration du brevet a ouvert la voie aux sociétés de fonds communs de placement américaines pour déposer et lancer des versions FNB de leurs fonds communs de placement existants, accordant ainsi à ces fonds communs de placement dotés de la structure FNB un traitement fiscal plus avantageux.

Vous trouverez ci-dessous un résumé de certaines des sensibilisations menées par divers acteurs du marché canadien des FNB[3][4].

Bien que les investisseurs canadiens ne soient pas légalement autorisés à acheter des fonds communs de placement américains, nous avons un accès (presque) illimité aux titres et aux FNB cotés en Bourse aux États-Unis… Selon les estimations de RBC, la Securities and Exchange commission (SEC) pourrait approuver jusqu’à 1 200 FNB dans les mois à venir, créant ainsi potentiellement 1 200 solutions d’investissement accessibles aux investisseurs canadiens et en concurrence directe avec les FNB actifs et les fonds communs de placement canadiens.

Ces catégories de FNB seront probablement gérées de manière active et leur prix sera fixé de manière agressive, car elles bénéficient d’économies d’échelle sur un marché intérieur plusieurs fois plus grand que le marché canadien. Ces séries FNB profitent également d’une réglementation et d’une fiscalité qui placent les FNB américains dans une position avantageuse par rapport au cadre fiscal actuel canadien. Les FNB américains ne sont pas touchés par la méthode d’attribution aux détenteurs d’unités demandant le rachat (Allocation to redeemers) de l’Agence de revenu du Canada ni par les taxes de vente sur les frais de gestion, contrairement aux fonds d’investissement destinés aux investisseurs canadiens.

À la fin de 2025, environ 30 % de tous les actifs détenus en FNB par des Canadiens, qu’ils soient des investisseurs institutionnels et de détail, seront investis dans des produits américains, selon Investor Economics.

L’Association canadienne des FNB (ACFNB) et de nombreux participants dans l’écosystème canadien des FNB ont présenté des propositions et des arguments au gouvernement fédéral visant à garantir un marché concurrentiel équitable où les produits nationaux ne sont pas structurellement désavantagés.

Parmi ces propositions, l’ACFNB milite pour le rétablissement de la méthode d’attribution aux détenteurs d’unités demandant le rachat qui a été supprimé en 2019 au Canada. Or, celle-ci est toujours en vigueur aux États-Unis, offrant aux FNB cotés aux États-Unis un avantage fiscal majeur, tout comme la suppression/réduction de la taxe de vente sur les frais de gestion, les FNB cotés aux États-Unis n’y étant pas soumis.

Avantages pour les clients canadiens

Malgré ces différences, les FNB canadiens offrent de nombreux avantages pour les investisseurs canadiens, comme le souligne un récent billet sur les FNB de Valeurs mobilières TD[5]:

Protection des investisseurs : les FNB canadiens sont réglementés au Canada pour les investisseurs canadiens, ce qui n’est pas le cas des FNB cotés aux États-Unis, ce qui rend difficile de déterminer le niveau de protection qui serait accordé aux investisseurs en dehors des États-Unis.

Gestion des devises : les devises constituent un facteur de risque supplémentaire lors d’investissements dans des actifs étrangers. Les FNB cotés au Canada et libellés en dollars canadiens atténuent ou couvrent l’impact des fluctuations entre le dollar canadien et le dollar américain. Cela pourrait avoir une incidence importante sur le rendement des placements d’un investisseur. Pour les investisseurs canadiens qui souhaitent s’exposer au dollar américain, de nombreux FNB cotés au Canada sont offerts en dollars américains, ce qui leur donne cette option s’ils le souhaitent.

L’efficacité fiscale et d’autres implications fiscales ont également été analysées dans des publications précédentes[6] : l’efficacité fiscale est un autre facteur crucial à prendre en compte lors de l’acquisition d’un FNB. Pour les investisseurs canadiens, investir dans des FNB cotés au Canada peut être plus avantageux sur le plan fiscal dans le cadre de comptes non enregistrés.

Les implications fiscales négatives potentielles liées à l’investissement dans des FNB cotés aux États-Unis ont été examinées et résumées par les fournisseurs de FNB[7].

Comme l’ont publié Prerna Mathews et Ron Landry au nom de l’ACFNB[8], « l’efficacité fiscale est un autre facteur crucial à prendre en compte dans l’acquisition de parts de FNB. Pour les investisseurs canadiens, l’investissement dans des FNB cotés au Canada peut être plus avantageux sur le plan fiscal dans les comptes non enregistrés. Les FNB canadiens sont assujettis aux lois fiscales canadiennes, et les distributions de ces FNB sont traitées comme un revenu de source canadienne, qui peut faire l’objet d’une imposition plus favorable que le revenu étranger.

De plus, en ce qui concerne les régimes d’épargne-retraite comme les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER), les FNB cotés en bourse au Canada procurent un avantage fiscal important en général.

Il est important que les conseillers prennent en considération que lorsqu’un investisseur canadien détient des titres américains directement ou par l’intermédiaire d’un FNB coté en bourse aux États-Unis, il est assujetti à une retenue d’impôt étranger de 15 % sur les dividendes de source américaine. Toutefois, en vertu d’une convention fiscale conclue entre le Canada et les États-Unis, cette retenue d’impôt sur les revenus de source américaine peut être évitée si un REER détient directement les titres américains. En revanche, le fait de détenir un FNB coté en bourse au Canada qui investit dans des titres américains, dans un REER, ne permet pas de bénéficier de la même exemption de retenue d’impôt. Si un investisseur canadien cherche à maximiser l’efficacité fiscale de son REER, un FNB coté en bourse aux États-Unis pourrait être un placement à envisager pour l’exposition de ses actifs étrangers.

Si un client investit dans un compte enregistré ou un CELI, lorsqu’il ajoute une exposition aux actions étrangères, l’achat de parts d’un FNB coté en bourse au Canada qui fait directement l’acquisition des actions étrangères peut vous permettre d’éviter la double retenue d’impôt étranger. S’il investit dans un compte non imposable, lorsqu’on ajoute une exposition aux obligations du Trésor américain, l’achat de parts d’un FNB coté en bourse au Canada peut vous permettre d’éviter la retenue d’impôt étranger.

Il est toujours prudent pour un investisseur canadien d’avoir une meilleure connaissance des autres facteurs fiscaux avant d’investir dans un FNB américain. Par exemple, les FNB américains sont considérés comme des actifs américains aux fins de l’impôt américain sur les successions, quelle que soit la résidence ou la citoyenneté de l’investisseur. Contrairement au régime fiscal canadien, le régime fiscal américain impose la valeur des actifs détenus par la personne décédée. Un résident canadien détenant un FNB américain pourrait être assujetti à l’impôt américain sur les successions et à l’impôt canadien sur le revenu à son décès. De plus, un investisseur canadien devra produire le formulaire T1135 et le déposer auprès de l’Agence du revenu du Canada si le coût total des biens étrangers qu’il possède dépasse 100 000 $ à tout moment de l’année ».

En résumé, l’année 2025 a été marquée par une forte croissance et une adoption massive des FNB actifs, ce qui a profité tant aux investisseurs canadiens qu’à l’écosystème canadien des FNB. L’année 2026 et l’évolution du cadre réglementaire américain pourraient entraîner des conséquences imprévues sur le marché canadien des FNB, avec une forte augmentation potentielle du nombre de FNB cotés aux États-Unis accessibles aux investisseurs canadiens. Comme toujours, les investisseurs devront faire preuve de diligence raisonnable et approfondir leur réflexion afin d’évaluer et de comprendre correctement les implications d’un investissement dans des FNB cotés aux États-Unis s’ils choisissent de le faire.

Clause de non-responsabilité : Les placements dans les fonds communs peuvent donner lieu à des commissions de vente et de suivi, ainsi qu’à des frais de gestion et autres. Veuillez lire le prospectus avant d’investir. Les fonds communs ne sont pas des placements garantis, leur valeur varie fréquemment et leur rendement antérieur peut ne pas se reproduire. Le contenu de ce commentaire (y compris les faits, les perspectives, les opinions, les recommandations, les descriptions de produits ou titres, ou les références à des produits ou titres) ne doit pas être pris ni interprété comme un conseil en matière de placement, ni comme une offre de vente ou une sollicitation d’achat, ni comme une promotion, une recommandation ou une commandite de toute entité ou de tout titre cité. Bien que nous nous efforcions d’en assurer l’exactitude et l’intégralité, nous ne pouvons en garantir l’utilisation ou l’interprétation.

[1] ETF-strategy.pdf

[2] This SEC decision will have huge consequences for Canada’s capital markets – The Globe and Mail

[3]CETFA-Article.pdf

[4] N’alourdissez pas les coûts des investisseurs, demande l’ACFNB | Finance et Investissement

[5] ETF-strategy.pdf

[6] Choisir entre un FNB coté au Canada ou aux États-Unis | Finance et Investissement

[7] Aspects fiscaux importants pour les investisseurs en FNB

[8] Choisir entre un FNB coté au Canada ou aux États-Unis | Finance et Investissement

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Cryptos, été 2025 : perspectives Canada vs. États-Unis https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/laure-fouin/cryptos-ete-2025-perspectives-canada-vs-etats-unis/ Mon, 04 Aug 2025 12:18:23 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108854 ZONE EXPERTS - Il y a eu beaucoup d’activités au sud de la frontière.

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Les États-Unis ont connu une « semaine de la crypto » très prolifique du 14 au 18 juillet 2025, lorsque deux projets de lois bipartisans et fondamentaux pour le secteur des cryptos ont avancé :

  • le projet de loi dit « CLARITY », qui concerne la catégorisation des actifs numériques et la réglementation des infrastructures de marché, et
  • la loi dite « GENIUS », qui concerne les cryptoactifs arrimés à une valeur (plus communément appelés les stablecoins). Venant renforcer le message, le 30 juillet le groupe de travail sur les marchés d’actifs numériques établi par le président des États-Unis publie des recommandations intitulées « renforcer le leadership américain dans le domaine des technologies financières numériques ».

Qu’est-ce que cela signifie concrètement et quelles sont les implications pour le Canada ?

Dans ce contexte, au cœur de tensions commerciales avec les États-Unis, et de recherche d’innovation et de croissance durable pour le Canada, il est important de mettre ces nouvelles en perspective.

« CLARITY » Act : Les États-Unis en voie de rattraper, et dépasser le Canada

Les États-Unis se joignent enfin aux Autorités canadiennes en valeur mobilières (ACVM) en traçant la voie pour une réglementation claire des infrastructures de marché crypto. Dans notre billet de février 2025, nous expliquions que depuis 2019, toute plateforme de négociation de cryptoactifs centralisées (communément appelées les CTPs) doit être autorisée à faire affaire au Canada et soumise à des mesures établies par les ACVM et/ou l’Organisme canadien de réglementation des investissements (l’OCRI) visant notamment à assurer :

  • la protection et la garde des actifs des clients ;
  • la solidité financière de la plateforme ;
  • la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et
  • la protection des investisseurs.

Depuis, les CTPs aux États-Unis avaient chacune établi certaines normes de fonctionnement et de surveillance des marchés, obtenu des permis auprès de régulateurs Étatiques (et non fédéraux), et la plupart réclamaient ouvertement un cadre réglementaire clair et équitable pour tous qui protège leurs utilisateurs uniformément, quelle que soit la CTP utilisée.

Avec le Digital Asset Market Clarity Act de 2025 (le CLARITY Act), les États-Unis proposent enfin un tel cadre réglementaire, et vont plus loin en clarifiant la classification des actifs numériques. Le CLARITY Act vise ainsi à définir des limites de compétence claires entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), à imposer des normes de conformité rigoureuses pour les CTPs et à offrir une sécurité juridique aux développeurs comme aux utilisateurs.

C’est au niveau de l’élaboration d’un cadre juridique clair et complet de classification des actifs numériques que nous voyons une occasion pour le Canada de s’inspirer de nos voisins du Sud. En effet, le CLARITY Act définit les actifs numériques selon leurs fonctions, et en distingue trois catégories : les « commodités » numériques, les actifs numériques restreints et les stablecoins de paiement.

  • Les « commodités » numériques sont définies comme les actifs numériques décentralisés qui ne confèrent pas de droits de profit, de gouvernance ou de créance à l’égard d’un émetteur. Ces actifs relèvent de la compétence de la CFTC, ce sont par exemple le bitcoin (BTC) et l’Ether (ETH).
    • La loi CLARITY définit un « système décentralisé » comme un système dans lequel aucune personne ou groupe affilié ne peut modifier unilatéralement le protocole ou contrôler sa gouvernance et un « protocole de négociation financière décentralisé » comme une application financière fonctionnant sur un système décentralisé, généralement sans intermédiaires et avec un code open source et autonome.
  • Les actifs numériques restreints sont définis comme représentant des contrats d’investissement ou conférant des droits financiers. Ils restent sous la juridiction de la SEC, ce sont par exemple les jetons vendus via des SAFT distribués par un émetteur lors de levées de fonds en phase de démarrage.
  • Les stablecoins de paiement sont définis comme des actifs numériques échangeables contre des monnaies fiduciaires, conçus pour être utilisés comme moyen de paiement ou réserve de valeur, généralement garantis à 1:1 par des dollars américains ou des actifs liquides de haute qualité tels que des bons du Trésor américain. En vertu de la loi CLARITY, ces actifs peuvent être soumis à la surveillance conjointe de la SEC et de la CFTC, la réglementation prudentielle principale étant régie par le cadre de la loi GENIUS.

« GENIUS » Act: États-Unis 1 — Canada 0

Les États-Unis prennent une importante avance dans un domaine primordial avec le Guiding and Establishing National Innovation for US Stablecoins Act (le GENIUS Act), qui établit un cadre réglementaire complet pour l’émission et la supervision des stablecoins aux États-Unis. Dans notre billet du 9 mai 2025, nous expliquions que les stablecoins sont une des applications les plus fondamentalement transformatrices de la crypto en 2025 (voire la plus transformatrice).

Malheureusement pour le moment, au Canada, les stablecoins sont qualifiés de valeurs mobilières par les ACVMs (régimes du prospectus et d’inscription à titre de courtier en valeurs mobilières applicables). Un seul stablecoin peut être légalement échangé sur les CTPs, et il est adossé au dollar américain.

Avec le GENIUS Act, les États-Unis se dotent d’un modèle de surveillance à plusieurs niveaux, des normes prudentielles et confirment que les stablecoins de paiement ne doivent pas être traités comme des titres financiers ou des dépôts.

Alors que nous célébrons les 10 ans de l’Ether, une invention Canadienne, nous pouvons espérer que le Canada retrouve l’élan qui lui a permis de faire figure de précurseur en 2019 et se dote aussi d’un régime juridique clair au support de l’innovation technologique et de la protection des utilisateurs, et surtout d’un stablecoin adossé au dollar Canadien.

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Accord Canada–États-Unis : les affaires réclament de la rigueur, pas de la précipitation https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/accord-canada-etats-unis-les-affaires-reclament-de-la-rigueur-pas-de-la-precipitation/ Mon, 04 Aug 2025 12:15:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108867 Malgré l'incertitude économique, les dirigeants d'entreprise rejettent toute entente précipitée avec Washington.

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Des organisations d’entreprises canadiennes qui suivent avec anxiété les négociations commerciales avec les États-Unis ne souhaitent pas que le pays conclue un accord à la hâte, même si l’incertitude pèse sur leurs membres.

Après que le président américain Donald Trump a appliqué des droits de douane de 35 % sur de nombreux produits canadiens pendant la nuit, les groupes représentant les petites entreprises, les producteurs d’acier et autres acteurs du secteur canadien ont passé la journée de vendredi à marteler un message unifié : « mieux vaut ne pas avoir d’accord qu’un mauvais accord ».

« Un peu plus de temps maintenant peut apporter des avantages durables à une économie nord-américaine intégrée, et l’attente en vaut la peine », a expliqué Candace Laing, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Canada.

Le Canada entretient des relations tendues avec son plus proche allié depuis le début de l’année, lorsque Donald Trump a entamé sa deuxième présidence avec un régime tarifaire ciblant son voisin du nord et un vaste groupe d’autres pays.

L’acier, l’aluminium et l’automobile canadiens ont été les principales victimes de ses premiers droits de douane, mais le président américain a finalement accepté d’explorer un éventuel accord.

Il a fixé au 1er août la date limite pour conclure un accord commercial et a indiqué que, si aucun accord n’était négocié d’ici là, les droits de douane sur les marchandises non conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) augmenteraient immédiatement.

Cette exemption signifie qu’une grande partie du commerce transfrontalier du Canada est actuellement exemptée de droits de douane, selon Candace Laing.

« Cependant, toutes les entreprises canadiennes ne bénéficient pas de cet avantage, et la hausse des droits de douane à 35 % sur les produits non conformes à l’ACEUM leur impose un fardeau supplémentaire », a-t-elle ajouté.

Elle estime que les entreprises canadiennes et américaines ont rapidement besoin de plus de certitude.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) partage cet avis. Elle prévient que l’incertitude actuelle empêche bon nombre de ses 100 000 membres de planifier l’avenir.

L’absence de résolution a laissé les entreprises dans l’incertitude quant à la nécessité de réduire leurs activités ou de licencier du personnel.

« La FCEI soutient l’idée qu’il vaut mieux ne pas conclure d’accord plutôt que de conclure un accord défavorable, mais l’absence d’un accord signifie que les entreprises ne pourront pas planifier adéquatement l’avenir », a souligné Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI.

Déjà des impacts

Certaines grandes entreprises ressentent les effets depuis encore plus longtemps, car leurs secteurs d’activité ont été touchés par les droits de douane imposés par le locataire de la Maison-Blanche.

Par exemple, les droits de douane ont fait augmenter de 25 % le prix des voitures canadiennes aux Américains, ce qui a réduit le volume de véhicules traversant la frontière, a mentionné mardi Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces d’automobile.

Jusqu’à présent, les constructeurs automobiles absorbent le coût des droits de douane, mais cela ne peut pas durer éternellement, car nombre d’entre eux ont vu leurs revenus en pâtir, a-t-il ajouté.

Il soupçonne que les constructeurs automobiles prendront de plus en plus de décisions stratégiques quant à l’endroit où ils produisent leurs véhicules pour chaque marché.

« Si vous fabriquez la même voiture à Oshawa (en Ontario) qu’à Fort Wayne, en Indiana, et que vous souhaitez la vendre à un acheteur au Texas, allez-vous en fabriquer davantage à Oshawa pour l’acheteur texan qui devra débourser 75 000 $, ou allez-vous en fabriquer davantage en Indiana pour que cet acheteur ne paie que 60 000 $ ? » a-t-il illustré.

La présidente d’Unifor, Lana Payne, a mentionné que l’impact des droits de douane sur les travailleurs et les entreprises ne doit pas être sous-estimé, rappelant les licenciements et les réductions de quarts de travail depuis le début de la guerre commerciale sous Donald Trump.

« Il s’agit d’un jeu d’extorsion auquel se livre le président des États-Unis », a avancé Lana Payne, dont le syndicat représente plus de 315 000 travailleurs.

« Nous ne pouvons pas permettre que les tactiques qu’il utilise avec nous conduisent à négliger l’industrie automobile, les travailleurs forestiers et les travailleurs de l’acier », a-t-elle précisé.

Lana Payne estime que le Canada dispose de leviers, comme l’aluminium, les minéraux critiques, l’électricité, le pétrole ou encore la potasse, et devrait les utiliser pour riposter. Elle a indiqué avoir répété ce message à l’ambassadeur du Canada aux États-Unis et au cabinet du premier ministre.

« Nous devons nous battre pour tous les travailleurs, car nous savons que cela ne s’arrêtera pas à eux, a-t-elle soutenu. Il est important, dès maintenant, de fixer des limites et de comprendre que le Canada dispose d’une grande force et d’un important levier, et que nous devrons en utiliser une partie. »

(Avec des informations de Daniel Johnson à Toronto et d’Alessia Passafiume à Ottawa)

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Les déficits provinciaux vont probablement reculer dans les prochaines années https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/les-deficits-provinciaux-vont-probablement-reculer-dans-les-prochaines-annees/ Thu, 31 Jul 2025 09:55:14 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108779 Le Québec pourrait même retrouver un modeste excédent d’ici 2029, selon le Conference Board du Canada.

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Face à la guerre commerciale avec les États-Unis et au ralentissement économique, les provinces canadiennes devraient toutes enregistrer des déficits budgétaires cette année. Cependant, un rapport du Conference Board du Canada prédit que ces déficits se réduiront dans les années à venir.

Le rapport publié mardi brosse le portrait des provinces qui peinent à équilibrer leurs comptes.

Peu de temps après leur sortie d’une pandémie qui a fait exploser les déficits, les provinces canadiennes sont maintenant confrontées à une guerre commerciale imminente.

La plupart des provinces ont prévu des fonds de prévoyance dans leurs budgets de cette année pour soutenir les travailleurs et les industries essentielles pendant le conflit tarifaire.

Beaucoup s’alignent également sur le gouvernement fédéral pour faire avancer d’importants projets d’infrastructure dans les années à venir, ce qui exerce une pression sur les dépenses en capital.

Alors que les provinces puisent dans leurs finances, elles se préparent également à un coup dur pour l’économie.

« Un ralentissement de l’activité économique entraîne une baisse de la création d’emplois, des dépenses, des revenus et des bénéfices des entreprises », a indiqué Richard Forbes, économiste principal au Conference Board.

« Et ce sont (…) des moteurs importants des recettes provinciales. »

Pressions démographiques

Tandis qu’Ottawa réduit le flux d’immigration, le ralentissement de la croissance démographique freine également les recettes provinciales.

De nombreuses provinces sont aussi confrontées à des pressions démographiques en raison du vieillissement de la population et du départ des baby-boomers du marché du travail, ce qui constitue un autre frein aux recettes fiscales. Le nombre croissant de retraités fait par ailleurs grimper la demande de soins de santé.

Richard Forbes a expliqué qu’avec les nouveaux plafonds d’immigration du gouvernement fédéral, la croissance démographique risque d’atteindre un seuil critique dans les années à venir. Cela limiterait l’aide que les nouveaux arrivants apporteraient au marché du travail alors que les Canadiens plus âgés quitteront le marché du travail.

Le rapport du Conference Board cite l’exemple de Terre-Neuve-et-Labrador, qui, selon lui, devrait voir sa population diminuer de 10 000 habitants au cours des cinq prochaines années. Le Québec et la majeure partie des Maritimes devraient également ressentir les effets du vieillissement de la population, selon le rapport.

L’Île-du-Prince-Édouard, quant à elle, connaît la plus forte croissance démographique de toutes les provinces ces dernières années. Une augmentation de 25 % de la population sur dix ans a contribué à réduire l’âge médian de l’Île-du-Prince-Édouard de 2,6 ans, selon le rapport.

Les prévisions du Conference Board supposent que l’économie s’est contractée au deuxième trimestre de l’année, les droits de douane et l’incertitude ayant freiné l’activité manufacturière. Le groupe de réflexion prévoit un modeste retour à la croissance pour le reste de l’année.

Réduction des dépenses

À la fin de la période de planification des provinces, le rapport du Conference Board prévoit que les gouvernements freineront leurs dépenses, ce qui devrait réduire leurs déficits d’ici la fin de la décennie.

Le gouvernement fédéral a annoncé son intention d’équilibrer le volet opérationnel de son budget au cours des trois prochaines années. Richard Forbes s’attend à des réductions similaires de la part des provinces dans des domaines comme l’administration publique.

« De manière générale, nous constatons bien sûr que les provinces font preuve d’une plus grande prudence dans leurs plans de dépenses au cours des deux dernières années », a-t-il soutenu.

Certaines provinces, dont la Saskatchewan et l’Alberta, devraient renouer avec des excédents budgétaires annuels avant 2030. Le Conference Board indique que les provinces des Prairies canadiennes jouissent d’une situation financière relativement stable, notamment grâce à une population plus jeune et à une certaine protection contre les droits de douane.

Des provinces comme l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador devraient orienter leur économie vers les énergies renouvelables dans les années à venir, mais Richard Forbes souligne que les perspectives du secteur pétrolier et gazier continueront de peser lourdement sur les perspectives budgétaires de ces provinces.

L’Ontario devrait également retrouver l’équilibre budgétaire d’ici la fin de la décennie. Le Conference Board indique que l’accélération des dépenses en infrastructures entraînera une hausse de la dette à court terme, mais que la modération prévue des dépenses en santé et en éducation favorisera l’élimination du déficit.

Difficultés au Québec et en Colombie-Britannique

Le Québec se trouve dans une « position difficile », indique le rapport, la province étant particulièrement affectée par une faible dynamique démographique, une incertitude économique accrue et une demande croissante de dépenses en santé et en éducation.

Le Conference Board affirme toutefois que le Québec pourrait retrouver un modeste excédent d’ici 2029 si la province parvient à maîtriser ses dépenses.

La Colombie-Britannique est également confrontée à un déficit important, selon le Conference Board, mais un ralentissement des dépenses et une hausse des redevances sur le gaz naturel devraient l’aider à sortir de ce gouffre financier au cours des prochaines années.

Le programme d’infrastructures du gouvernement fédéral pourrait également être une aubaine pour la province, souligne le rapport.

Pressions dans les Maritimes

Si le Nouveau-Brunswick est salué dans le rapport pour ses mesures de restriction budgétaire des dernières années, le Conference Board mentionne que le vieillissement de la population et l’exposition de l’industrie forestière aux droits de douane constituent de sérieux défis en matière de revenus.

La Nouvelle-Écosse devrait également faire face à des défis liés au ralentissement économique, notamment en raison du manque d’investissements du secteur privé et de l’activité immobilière qui pèsent sur la croissance.

Richard Forbes a indiqué que, même si les prévisions du Conference Board supposent une diminution de l’incertitude commerciale l’an prochain, la situation financière des provinces pourrait se détériorer davantage si le différend tarifaire entre le Canada et les États-Unis persiste.

L’un des avantages de l’exercice du Conference Board réside dans le fait qu’il soumet tous les plans budgétaires provinciaux à un scénario uniforme, a-t-il dit, contrairement aux diverses hypothèses qui sous-tendent le plan de dépenses de chaque province.

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La Banque du Canada choisit le statu quo https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/la-banque-du-canada-choisit-le-statu-quo/ Wed, 30 Jul 2025 14:32:37 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108800 La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,75 %.

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La Banque du Canada (BdC) laisse son taux directeur inchangé pour la troisième fois consécutive à 2,75 %, conformément à ce que prévoyaient la plupart des économistes. Le taux officiel d’escompte s’établit à 3 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,70 %.

Cette décision reflète trois grandes considérations, a indiqué Tiff Macklem, le gouverneur de la BdC.

  • Premièrement, l’incertitude au sujet des droits de douane imposés par les États-Unis au Canada est encore élevée. Les discussions entre les deux pays sont en cours et la politique commerciale américaine reste imprévisible.
  • Deuxièmement, même si les droits de douane américains perturbent le commerce, l’économie canadienne montre une certaine résilience jusqu’à présent.
  • Troisièmement, l’inflation est près de notre cible de 2 %, mais nous voyons des signes de pressions inflationnistes sous-jacentes.

« Lors de cette décision, le consensus était clair : laisser le taux directeur inchangé, a affirmé Tiff Macklem. Nous avons aussi convenu qu’il faut procéder avec prudence, en portant une attention particulière aux risques et aux incertitudes auxquels l’économie canadienne est confrontée ».

Parmi les incertitudes identifiées par le gouverneur de la BdC :

  • Dans quelle mesure les droits de douane américains plus élevés font baisser la demande pour les exportations canadiennes ;
  • à quel point cela a une incidence sur les investissements des entreprises, l’emploi et les dépenses des ménages ;
  • avec quelle ampleur et à quelle vitesse les hausses de coûts découlant des droits de douane et des perturbations commerciales sont répercutées sur les prix à la consommation ;
  • et comment évoluent les attentes d’inflation.

« L’incertitude liée à la guerre commerciale et aux droits de douane a continué d’être le principal facteur qui a incité la BdC à rester sur la touche, estiment Tony Stillo, directeur, économie canadienne, et Michael Davenport, économiste principal, chez Oxford Economics. Une économie canadienne légèrement plus résistante que prévu et des signes de pressions inflationnistes sous-jacentes ont également été des facteurs importants qui ont conduit le Conseil de direction à s’accorder clairement sur le maintien du taux directeur. »

Politique monétaire de juillet

Dans le contexte des menaces de nouveaux droits de douane sectoriels et des négociations qui sont en cours entre les administrations canadienne et américaine, le Rapport sur la politique monétaire de juillet fournit un scénario de maintien des droits de douane basé sur les droits en place ou convenus au 27 juillet, ainsi que deux autres scénarios — un scénario d’escalade et un scénario de désescalade des droits de douane. Comme ce fut le cas en avril, on n’y retrouve donc pas les projections de référence habituelles pour la croissance du PIB et l’inflation au Canada et dans le monde.

« Les droits de douane américains sont encore trop imprévisibles pour que nous puissions fournir une seule prévision pour l’économie canadienne », a justifié Tiff Macklem.

Dans le scénario de maintien des droits de douane, la croissance mondiale ralentit modestement et avoisine 2,5 % à la fin de 2025, avant de retourner autour de 3 % en 2026 et 2027, selon la BdC.

« Jusqu’à présent, les conséquences économiques mondiales de la politique commerciale des États-Unis ont été moins néfastes qu’on le craignait. Les droits de douane américains ont perturbé le commerce dans les grandes économies et cela ralentit l’expansion à l’échelle mondiale, mais moins que de nombreux observateurs s’y attendaient. Même si la croissance américaine semble se modérer, le marché du travail est resté solide », a analysé le gouverneur de la BdC.

Au Canada, les droits de douane américains perturbent le commerce, mais dans l’ensemble, l’économie montre une certaine résilience jusqu’à présent. La BdC s’attend à ce que le PIB, qui avait affiché une robuste croissance au premier trimestre de 2025 à cause des exportations devancées en anticipation de l’entrée en vigueur des droits de douane, ait baissé d’environ 1,5 % au deuxième trimestre, indique le Rapport.

« Le Canada a affiché une croissance robuste au premier trimestre de 2025, surtout parce que les entreprises ont devancé leurs commandes en anticipation de l’entrée en vigueur des droits de douane. Au deuxième trimestre, l’économie semble s’être contractée, les exportations vers les États-Unis ayant nettement chuté en raison du ralentissement qui a suivi le devancement des achats et des droits de douane qui ont freiné la demande américaine », a signalé Tiff Macklem.

Il a toutefois pris soin d’ajouter : « La croissance des dépenses des entreprises et des ménages canadiens est freinée par l’incertitude. »

Rien de tout cela ne change l’opinion de Tony Stillo et Michael Davenport, selon laquelle la Banque du Canada maintiendra ses taux inchangés dans un avenir prévisible. « Bien que cela ne corresponde pas à notre prévision de base, nous ne pouvons exclure deux nouvelles baisses de 25 points de base à 2,25 %, le niveau le plus bas de la fourchette neutre de la Banque du Canada », ont-ils affirmé.

Il est toutefois peu probable, selon eux, que le taux directeur tombe en dessous de 2 %, « à moins que la Banque du Canada ne soit convaincue que l’inflation est sous contrôle et qu’une économie beaucoup plus faible ait besoin de mesures de relance, d’autant plus que d’importantes mesures de relance budgétaire sont déjà prévues ».

La fin des coupes faciles

La Banque du Canada a encore retenu son souffle. « Rien de surprenant là-dedans », lance Pierre-Benoît Gauthier, vice-président, stratégie d’investissement, IG Gestion de patrimoine. Ce qui l’est un peu plus, selon lui, c’est à quel point « les attentes du marché ont basculé. Il y a à peine deux mois, plusieurs baisses de taux étaient anticipées. Après la décision de cette semaine ? Les marchés ne voient plus qu’environ 66 % de probabilité pour une seule baisse d’ici la fin de l’année. »

La Banque a choisi d’attendre des signes concrets d’un ralentissement causé par les tarifs américains avant de bouger à nouveau. Et si on lit entre les lignes, c’est probablement l’inflation de base plus collante que prévu qui la freine, analyse-t-il. « Le chiffre global de 1,9 % donne l’illusion d’un retour à la cible, mais en grattant un peu, on voit que l’inflation dans des composantes comme le logement, les vêtements et les soins de santé reste ferme. En avril, les mesures d’inflation sous-jacente ont même bondi à 3,2 %, un sommet en plus d’un an. La Banque l’a d’ailleurs mentionné explicitement dans son communiqué. »

Sur le plan stratégique, le marché commence à comprendre que le plus facile est derrière nous, continue Pierre-Benoît Gauthier. « Les 2,25% de baisses depuis juin 2024 pourraient bien représenter la phase “simple” du cycle. Même si la décision de cette semaine peut avoir un ton modérément “doux” (dovish comme disent les anglais) en disant que de futures baissent sont encore possibles, la Banque penche clairement vers la prudence. Elle reconnaît que l’économie est un peu plus molle, mais pas assez pour justifier une action immédiate. Et elle veut des données fermes. »

Le taux directeur est aujourd’hui à 2,75 %, soit pile au milieu de la fourchette neutre estimée par la Banque. Autrement dit, il n’est ni restrictif, ni stimulant, estime Pierre-Benoît Gauthier. Dans ce contexte, le seuil pour justifier une nouvelle baisse devient plus élevé, selon lui. « Pendant ce temps, la divergence avec la Réserve fédérale américaine commence à se dessiner. Les marchés s’attendent toujours à près de deux baisses de taux aux États-Unis en 2025. Et pourtant, la Fed tient bon, malgré la pression politique grandissante. Le président Trump, le Trésor et plusieurs conseillers économiques appellent déjà à une détente monétaire, mais Powell ne cède pas. Du moins, pas encore. »

Le contraste est frappant, constate-t-il. « Le Canada refuse de couper sans preuve de faiblesse. Les États-Unis sont eux non plus sans ces preuves. Mais ils sont sous tension. Les données ne justifient pas encore un mouvement, mais l’ambiance s’échauffe. »

Pour les portefeuilles, ce découplage commence à créer des signaux, ajoute Pierre-Benoît Gauthier. « Les taux canadiens pourraient avoir un biais haussier si les baisses ne viennent pas, surtout si l’inflation reste ferme. La duration devient vulnérable. Il ne faut pas oublier qu’une baisse attendue qui n’est pas livrée devient une forme de hausse aux yeux du marché. Ainsi, le dollar canadien pourrait bénéficier. Avec des différentiels de taux qui pourraient bientôt jouer en sa faveur, et dans un contexte de désamour pour le billet vert, le CAD a des chances de rester soutenu à court terme. Ceci dit, la situation est très volatile. Le discours de Jerome Powell (mercredi après-midi, NDLR) sera intéressant. Une pause est également largement attendue, mais si les marchés ont raison, l’ère de la synchronisation des banques centrales pourrait bientôt toucher à sa fin. »

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Donald Trump continue à attaquer Jerome Powell https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/donald-trump-continue-a-attaquer-jerome-powell/ Thu, 24 Jul 2025 11:50:09 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108641 Toutefois il ne devrait pas le limoger.

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Depuis le début de son mandat, le président américain n’a pas caché son mécontentement quant à la performance de Jerome Powell en tant que président de la Réserve fédérale américaine. Il reproche à ce dernier de toujours agir « trop tard » et se montre particulièrement mécontent de son refus de baisser le taux directeur, n’hésitant pas à le qualifier de « crétin » voire « d’homme à faible QI ».

Plus récemment le président américain et les membres de son cabinet ont intensifié leur attaque vis-à-vis du président de la banque centrale américaine, rapporte le Financial Post. Le président utilise notamment le projet de rénovation du siège de la Fed dont le coût a explosé à 2,5 milliards de dollars, pour critique le président de la Fed. Il attribue ainsi le dépassement des coûts à une mauvaise gestion de Jerome Powell.

Nombre d’observateurs considèrent les attaques du président et des membres de son parti comme une tentative à pousser le président de la Fed à démissionner de son rôle. Une rumeur circule même affirmant que Donald Trump envisagerait tout simplement de le limoger.

Les reproches du président, cette campagne et la rumeur de limogeage empiètent évidemment sur l’indépendance de la banque centrale vis-à-vis des pressions politiques directes, un des principes fondamentaux de la gestion économique américaine.

Malgré ces critiques, Jerome Powell défend vigoureusement l’indépendance de la Fed. Devant une commission parlementaire le mois dernier, il affirme ne pas vouloir commenter les déclarations du président par principe, mais rassurait les gens sur les raisons qui poussaient la banque centrale à prendre ses décisions, soit : la situation économique, les perspectives et l’équilibre des risques.

Un limogeage est-il envisageable ?

Si des sources affirment que le président aurait rencontré des parlementaires républicains pour évoquer cette possibilité, Donald Trump a assuré qu’il était très peu probable qu’une telle décision ne survienne, à moins que Jerome Powell ne soit impliqué dans une fraude.

À noter que le président républicain n’est pas le premier à critiquer la politique monétaire américaine, il est toutefois le premier à évoquer l’idée d’un renvoi du président de la Fed. Toutefois, un précédent juridique, l’affaire Humphrey’s Executor v. U.S. (1935), limite la capacité des présidents américains à renvoyer les dirigeants d’agences indépendantes.

La Cour suprême a d’ailleurs précisé récemment que le président de la Fed ne peut être renvoyé qu’en cas de motif valable.

Surtout qu’un renvoi de Jerome Powell pourrait entraîner des répercussions profondes sur l’économie mondiale, l’indépendance de la Fed et les marchés obligataires.

D’ailleurs le marché a réagi négativement aux premières rumeurs de limogeage. L’indice du dollar américain a perdu 1 %, et les actions ont chuté. Les rendements des obligations à deux ans ont reculé de 10 points de base, anticipant une baisse des taux à court terme, tandis que les rendements à 30 ans ont augmenté de 10 points de base.

Les marchés ont récupéré une grande partie de leurs pertes, mais si de simples rumeurs peuvent avoir ce pouvoir, qu’en serait-il d’un limogeage en bonne et due forme ? Cette décision abîmerait également la sacro-sainte indépendance de la Fed et pourrait avoir de lourdes conséquences, compromettant sa crédibilité et sa capacité à mener une politique monétaire efficace.

Un remplaçant pour Jerome Powell ?

Jerome Powell occupe son poste de président depuis 2018. Son mandat a été reconduit pour quatre ans en 2021 par le président Joe Biden, il se termine donc en mai 2026. Il restera cependant à la Fed à titre de membre du Conseil des gouverneurs jusqu’en 2028.

Parmi ses successeurs, plusieurs évoquent les noms de Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de Trump, réputé proche de l’ex-président et de Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011.

À noter qu’un successeur plus aligné avec Donald Trump ne garantirait toutefois pas une politique monétaire conforme aux attentes du président. En effet, le président de la Fed n’est qu’un des 12 membres votants.

Il pourrait toutefois faire pencher la balance en cas de division dans le comité.

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