Économie | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/economie/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Thu, 12 Feb 2026 21:04:39 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Économie | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/economie/ 32 32 Pourquoi sommes-nous constructifs sur les obligations canadiennes en 2026 ? https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/hadiza-djataou/pourquoi-sommes-nous-constructifs-sur-les-obligations-canadiennes-en-2026/ Fri, 13 Feb 2026 11:04:31 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112422 ZONE EXPERTS – Quand le ralentissement économique redonne du sens à l’allocation obligataire.

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Après plusieurs années marquées par une inflation élevée globalement, un resserrement monétaire rapide et une volatilité inhabituelle sur les marchés obligataires, le contexte macroéconomique a profondément évolué avec des divergences apparentes de croissance par régions et pays. La question cruciale n’est plus de savoir si les taux directeurs doivent continuer de monter, mais plutôt : combien de temps les banques centrales peuvent-elles maintenir une politique restrictive dans ces pays sans accentuer un ralentissement économique déjà bien amorcé ? C’est pourquoi nous maintenons une préférence pour les obligations canadiennes, tant en valeur absolue que par rapport à celles des autres marchés développés.

Une Banque du Canada en pause face à une croissance fragile

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de sa réunion du 28 janvier 2026 comme prévu. Plusieurs signaux dans le communiqué et le Rapport sur la politique monétaire méritent l’attention.

La Banque ne considère plus le marché du travail comme tendu, malgré des données encore solides fin 2025. La croissance au T4 a déçu, et l’inflation de base poursuit son ralentissement. Ces éléments confirment un affaiblissement de l’économie.

Elle a aussi exprimé des inquiétudes inhabituelles sur les négociations de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), suggérant qu’un changement de cap monétaire n’est pas exclu si le cadre commercial nord-américain se détériore. Pourtant, les marchés n’anticipent que 2 à 3 points de base de baisse d’ici juillet, un scénario que nous jugeons trop prudent.

Nous pensons que la Banque pourrait assouplir sa politique, non dès mars, mais probablement à partir de juin. Ce point de vue, encore marginal, s’appuie sur une lecture de la conjoncture : marché immobilier en difficulté, croissance démographique quasi nulle, et essoufflement général de l’activité. Le PIB mensuel a reculé de 0,3 % en octobre, et l’indice PMI manufacturier est resté en zone de contraction à 48,6 en décembre. Certes, les données canadiennes sont volatiles et sujettes à révision, mais les tendances sont claires : production, consommation, confiance des entreprises. Tous les indicateurs convergent vers un ralentissement graduel, difficilement compatible avec un maintien prolongé du resserrement monétaire.

Une Inflation favorable à une politique monétaire attentiste

L’inflation de tête, c’est-à-dire le taux d’inflation global mesuré par l’IPC total, a légèrement augmenté en décembre, passant de 2,2 % à 2,4 %. Mais cette hausse est surtout technique, liée à la fin du congé temporaire de TPS/TVH en 2025, et non à une nouvelle accélération des prix. La forte baisse des prix de l’essence (-14 % sur un an) a d’ailleurs limité cette hausse. Les mesures d’inflation privilégiées par la Banque du Canada  montrent un ralentissement. Sur une base annualisée sur trois mois, l’inflation est désormais sous les 2 %, indiquant que la dynamique récente des prix est beaucoup plus modérée et compatible avec la cible de la Banque du Canada.

Le principal point de pression demeure l’alimentation. Les prix à la consommation (+5 %) et dans les restaurants (+8,5 %) restent élevés, ce qui pèse sur le budget des ménages, même si l’inflation globale est mieux maîtrisée. Les coûts d’intérêt hypothécaires cessent désormais de pousser l’inflation à la hausse et commencent même à se stabiliser également. Pris dans leur ensemble, les signaux pointent vers une inflation contenue dans un contexte de croissance affaiblie.

 Le marché du travail : ralentissement et création d’emplois anémique

Le marché du travail demeure le principal point d’attention pour la Banque du Canada, mais là aussi, les signes de modération se multiplient. Après une création de 53 600 emplois en novembre, les gains d’emplois n’ont été que de 8 200 en décembre, tandis que le taux de chômage est remonté de 6,5 % à 6,8 %. Cette évolution est cohérente avec le ralentissement observé dans l’activité économique et sans amélioration marquée de la croissance, il devient envisageable de voir un assouplissement de la politique monétaire, mais pas avant la seconde partie de l’année.

Dans ce contexte, les obligations canadiennes sont intéressantes, car une grande partie du scénario de remontée des taux est déjà intégrée dans les prix, particulièrement sur les échéances courtes. À mesure que la croissance ralentit et que l’inflation se normalise, l’équilibre des risques devient plus favorable aux détenteurs d’obligations. Même en l’absence de baisse immédiate des taux directeurs, le maintien de conditions monétaires restrictives dans un environnement de croissance plus faible soutient historiquement la performance obligataire. Enfin, sur une base comparative, les taux canadiens sont plus attractifs que ceux aux États-Unis, car l’économie américaine est plus dynamique, le marché du travail y est plus tendu et l’inflation de bases reste élevée. Cette divergence renforce l’attrait relatif des obligations canadiennes dans une allocation mondiale.

 Le dollar canadien et le risque géopolitique américain

À court terme, le dollar canadien pourrait être sous pression, pénalisé par le ralentissement économique domestique et l’incertitude entourant les relations commerciales nord-américaines et notamment les renégociations de l’ACEUM.

Un risque important pour un scénario de faiblesse prolongée du dollar canadien concerne toutefois le dollar américain lui-même. Le contexte géopolitique actuel, marqué par une posture plus conflictuelle des États-Unis et par les tensions entourant des enjeux stratégiques tels que le Groenland, pourrait mener à un désengagement graduel de certains investisseurs internationaux à l’égard des actifs américains et du dollar américain. C’est un risque à surveiller, car l’impact serait significatif, exerçant une pression baissière sur le dollar américain, auquel cas le dollar canadien pourrait s’apprécier plus par effet de contraste que par amélioration fondamentale.

Une approche constructive et disciplinée

Adopter une vision favorable à l’égard des obligations canadiennes ne signifie pas ignorer les risques. La volatilité demeurera élevée, les données économiques pourraient être volatiles et les banques centrales éviteront toute déclaration prématurée de victoire sur l’inflation. Cependant, dans un environnement où la croissance ralentit au Canada, en ligne avec les autres pays développés, l’inflation se normalise progressivement. Nous pensons que les obligations canadiennes retrouvent alors pleinement leur rôle fondamental : offrir du revenu, de la diversification et une protection en cas de choc exogène.

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Composer avec les tendances démographiques https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/alain-desbiens/composer-avec-les-tendances-demographiques/ Wed, 11 Feb 2026 11:17:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112322 FOCUS FNB — Les FNB peuvent aider les conseillers à le faire.

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Le Canada et le Québec traversent une profonde transformation démographique qui influencera la trajectoire économique du pays et le paysage d’investissement à long terme. La population du Canada vieillit rapidement : la plupart des baby-boomers sont à la retraite ou en voie de l’être. Les Canadiennes et les Canadiens vivent plus longtemps et moins de naissances sont dénombrées. Environ 7,6 millions de Canadiennes et de Canadiens avaient 65 ans en juillet 2023, ce qui représente près du cinquième (18,9 %) de la population totale. D’ici 2030, les personnes âgées pourraient représenter de 21,4 % à 23,4 % de la population. (1)

D’une part, l’économie doit composer avec des défis tels que l’augmentation des dépenses de santé et de soutien social, ainsi qu’une pression croissante sur les systèmes de revenu de retraite. Pour les conseillers, les planificateurs financiers et les gestionnaires de portefeuilles, se spécialiser dans les enjeux du vieillissement, de la santé, de la planification successorale et du transfert intergénérationnel devient un facteur de différentiation face aux courtiers à escompte.

Les fonds négociés en Bourse (FNB) sont des outils performants pour mettre en œuvre les stratégies d’accumulation et de décaissement pour les clients. Utiles à la création de portefeuilles, ils permettent également de composer avec l’entrée en vigueur des divulgations du coût total des fonds, aussi désignée troisième phase du Modèle de relation client-conseiller (MRCC 3). Survolons ces tendances qui touchent déjà les clients.

  1. Vieillissement de la population

Les baby-boomers représentent encore environ un quart de la population canadienne, mais d’ici 2029, les millénariaux devraient dépasser les baby-boomers en nombre absolu. (2)
Ce changement générationnel redéfinira la demande en matière d’habitation, de consommation et de services financiers. Les millénariaux et les membres de la génération Z (Gen Z) privilégient les conseils numériques. De leur côté, les personnes de la génération X et les baby-boomers continuent de mettre l’accent sur la génération de croissance et de revenu, la préservation du capital et des stratégies de décumulation fiscalement avantageuses. L’évolution de cet équilibre influencera les solutions d’investissement et les FNB ainsi que les stratégies alternatives qui continueront de gagner en popularité.

  1. Vague de départs à la retraite et vente d’entreprises

Le Canada entre dans une période où un nombre record de baby-boomers quittent la population active, ce qui augmente la demande pour pivoter de stratégies d’accumulation vers des stratégies de décaissement. Cette transition rime avec un besoin accru de conseils financiers, de planification successorale et testamentaire. De plus en plus d’entrepreneurs vendent leurs entreprises et ont besoin de conseils pointus en transfert d’entreprise ainsi qu’en planification fiscale et financière.

  1. Longévité et espérance de vie en santé

Les Canadiens et les Québécois vivent plus longtemps que jamais, ce qui a des effets majeurs pour la retraite.

  • Sur 1 000 femmes âgées de 65 ans, plus de la moitié vivront jusqu’à 90 ans. (3)
  • Sur 1 000 hommes âgés de 65 ans, environ la moitié vivront jusqu’à 90 ans, mais seuls 39 d’entre eux n’auront pas de maladie grave à cet âge. (4)
  • Selon les Normes d’hypothèses de projection de FP Canada et de l’Institut de planification financière : une personne de 50, 60 ou 70 ans a environ 25 % de probabilité de vivre jusqu’à 94 ans (hommes) ou 96 ans (femmes). (5)

Cet allongement de la vie amplifie le risque de longévité — le risque d’épuiser son capital avant la fin de sa vie. Les plans financiers doivent maintenant être testés pour des horizons de retraite plus longs, des coûts de vie croissants et des situations de santé variables.

  1. Hausse des coûts pour le maintien à domicile et les soins

Les coûts liés aux soins de longue durée et aux services de soins à domicile devraient continuer à augmenter de façon marquée. Ces réalités renforcent la nécessité de solutions d’assurance spécialisées, de portefeuilles sensibles à l’inflation et d’outils de placement générant des revenus stables pouvant soutenir les retraités durant plusieurs décennies.

  1. Distribution du patrimoine et segmentation des investisseurs

Le Canada et le Québec connaîtront progressivement un important transfert de richesse :

  • Les membres de la génération X devraient dépasser les baby-boomers en termes de valeur nette moyenne. (6)
  • Environ 450 milliards de dollars devraient être transférés à la génération X au cours de la prochaine décennie. (7)
  • La richesse totale des ménages en actif investissable devrait atteindre 10 billions de dollars d’ici 2030, selon Investor Economics modifiant le comportement des investisseurs, la tolérance au risque et la demande de conseils. (8)
  • Un transfert de richesse historique des baby-boomers va secouer le Québec au cours des prochaines années: 1000 milliards de dollars passeront aux mains d’héritiers. (9)

Dans ce contexte, il y a plusieurs solutions et outils de placement sous forme d’investissement en FNB qui peuvent répondre à certains besoins de la clientèle.

  1. Solutions de diversification simplifiée
  • FNB d’allocation d’actifs : Ce sont des portefeuilles tout-en-un qui offrent une diversification mondiale, un rééquilibrage automatique, avec différents profils de risques pour l’accumulation et le décaissement de capital.
  1. Solutions de croissance
  • Les FNB axés sur la croissance peuvent permettre de composer avec la longévité accrue et les horizons de placement en hausse pour les personnes des générations Alpha, Z, X et les millénariaux. Par exemple, les FNB indiciels, factoriels, sectoriels et actifs à faible coût peuvent permettre de générer de la croissance et ainsi envisager de se protéger de l’inflation dans les portefeuilles.
  1. Solutions de revenu
  • La longévité accrue pour les membres de la génération X et les baby-boomers crée une forte demande pour de la croissance et du revenu stable et fiscalement efficace.
  • Les FNB à dividendes et FNB d’options d’achat couvertes permettent de générer du revenu de dividendes ou de combiner dividendes plus des primes d’options pour générer du revenu sur une base mensuelle.
  1. Solutions innovatrices  
  • Les FNB de série T : offrent des retraits systématiques, combinant l’efficacité des FNB avec un flux de trésorerie prévisible. Ils sont conçus pour les retraités ayant besoin de retraits constants sans vendre les positions principales.

Chacun des types de FNB présentés précédemment comporte des risques qui leur sont propres et pour lesquels les conseillers doivent informer leurs clients. Par exemple, les FNB sectoriels apportent un risque de concentration alors que les stratégies de ventes d’options d’achat couvertes viennent plafonner partiellement le rendement des actifs du FNB. Les conseillers devraient notamment comparer l’effet de l’implantation d’une stratégie avec d’autres options d’investissement indicielles largement diversifiée et à faible frais ou encore avec une répartition d’actif (mélange d’actions et de titres à revenu fixe) qui correspond au profil d’investisseur du client.

En conclusion, le rôle et l’importance des conseillers, des planificateurs financiers et des gestionnaires de portefeuille n’ont jamais été aussi vitaux dans une ère où les firmes de technologie financière, l’intelligence artificielle et les médias sociaux prennent de plus en plus d’ampleur.

Comme conseiller, planificateurs financiers et gestionnaire de portefeuille, votre proposition de valeur, vos compétences vous permettent de répondre aux besoins et aux défis causés par les changements démographiques auprès de vos clients actuels et potentiels.

Les firmes de gestion d’actifs et leurs équipes ont des solutions de FNB et de certificat canadien d’actions étrangères (CCAÉ) ainsi qu’une boîte à outils robuste pour vous aider à bâtir des portefeuilles solides dans les périodes d’accumulation et de décaissement.

Je remercie Finance et Investissement de me permettre d’exprimer mon point de vue sur les forces, les défis et les enjeux d’un secteur auquel je crois énormément. Au plaisir de continuer à dialoguer avec vous sur le secteur des FNB, des CCAÉ et le monde de l’investissement.

Alain Desbiens

Sources

  1. Statistique Canada — : Le troisième âge au premier plan — Statistique Canada
  2. Statistique Canada — Portrait générationnel de la population vieillissante du Canada (Recensement 2021) : : A generational portrait of Canada’s aging population from the 2021 Census
  3. Globe and Mail – Espérance de vie des femmes canadiennes : : Here’s how long Canadian women can expect to live in retirement – The Globe and Mail
  4. Globe and Mail – Probabilité pour un homme d’atteindre 100 ans en bonne santé : : What are the odds of a man reaching 100 in reasonably good health? – The Globe and Mail
  5. Institute IQFP –2025 : InstituteFP-PAG2025
  6. Financial Post – La génération X pourrait dépasser les boomers : Generation X may soon beat the boomers in household wealth | Financial Post
  7. Financial Post — La génération X pourrait dépasser les boomers : Generation X may soon beat the boomers in household wealth | Financial Post
  8. Advisor.ca — Les actifs des ménages vers 10 billions d’ici 2030 : Household assets to approach $10 trillion by 2030 | Advisor.ca
  9. Journal de Montréal : Mourir, c’est facile ; régler une succession, beaucoup moins : Mourir, c’est facile ; régler une succession, beaucoup moins | JDM

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Kevin Warsh pressenti à la tête de la Fed https://www.finance-investissement.com/nouvelles/kevin-warsh-pressenti-a-la-tete-de-la-fed/ Fri, 30 Jan 2026 14:28:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112232 Wall Street s’inquiète d’un tournant plus politique de la politique monétaire.

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Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé vendredi qu’il proposera la candidature de Kevin Warsh au poste de prochain président de la Réserve fédérale (Fed).

Ce choix est susceptible d’entraîner des changements radicaux au sein de cette puissante institution, qui pourrait se rapprocher de la Maison-Blanche et voir son indépendance vis-à-vis de la politique quotidienne être réduite.

Si sa nomination est confirmée par le Sénat, Kevin Warsh, qui est âgé de 55 ans, succédera à l’actuel président de la Fed, Jerome Powell, à la fin de son mandat, en mai.

Donald Trump avait choisi Jerome Powell pour diriger la Fed en 2017. Ces derniers mois, il l’a sans cesse critiqué pour ne pas avoir abaissé les taux d’intérêt assez rapidement.

Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a fait valoir que Kevin Warsh, qui a été membre du conseil des gouverneurs de la Fed de 2006 à 2011, est « parfait pour le rôle » et qu’il ne « décevra jamais » les Américains.

« Je connais Kevin depuis longtemps et je ne doute pas qu’il restera dans les annales comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut-être même le meilleur », a écrit Donald Trump.

Kevin Warsh est actuellement membre de la Hoover Institution, un laboratoire d’idées de droite, en plus d’être chargé de cours à la Stanford Graduate School of Business.

À certains égards, Kevin Warsh est un choix improbable pour le président républicain, car il est depuis longtemps un faucillon dans le jargon de la Fed, c’est-à-dire quelqu’un qui soutient généralement des taux d’intérêt plus élevés pour contrôler l’inflation.

Donald Trump plaide que le taux directeur de la Fed devrait être aussi bas que 1 %, soit bien en dessous de son niveau actuel d’environ 3,6 %, une position que peu d’économistes approuvent.

Pendant son mandat de gouverneur, Kevin Warsh s’est opposé à certaines des politiques de taux d’intérêt bas menées par la Fed pendant et après la récession de 2008-2009. Il a également souvent exprimé à l’époque sa crainte que l’inflation s’accélère.

Plus récemment, dans des discours et des tribunes libres, Kevin Warsh s’est dit favorable à une baisse des taux.

Contrôler la Fed 

La nomination de Kevin Warsh constituerait une étape importante vers le renforcement du contrôle de Donald Trump sur la Fed, l’une des rares agences fédérales encore indépendantes.

Si tous les présidents influencent la politique de la Fed par l’intermédiaire des nominations, les attaques rhétoriques de Donald Trump contre la banque centrale ont suscité des inquiétudes quant à son statut d’institution indépendante.

Le président de la Réserve fédérale est l’un des responsables économiques les plus puissants au monde, chargé de lutter contre l’inflation aux États-Unis tout en soutenant le plein emploi.

Les décisions de la Fed en matière de taux d’intérêt influencent, à terme, les coûts d’emprunt dans l’ensemble de l’économie, y compris pour les prêts hypothécaires, les prêts automobiles et les cartes de crédit.

Politiques économiques de Trump

Depuis la réélection de Donald Trump, Kevin Warsh a exprimé son soutien aux politiques économiques du président, malgré son passé de républicain plus conventionnel et favorable au libre-échange.

Dans une chronique publiée en janvier 2025 dans le « Wall Street Journal », Kevin Warsh a écrit que « les politiques de déréglementation énergiques de l’administration Trump, si elles étaient mises en œuvre, auraient un effet désinflationniste ».

Depuis son premier mandat, Donald Trump a rompu avec plusieurs décennies de précédent selon lesquelles les présidents évitaient d’appeler publiquement à des baisses de taux, par respect pour le statut d’agence indépendante de la Fed.

Donald Trump a également cherché à exercer un contrôle accru sur la Fed. En août, il a tenté de licencier Lisa Cook, l’une des sept gouverneurs, afin d’obtenir la majorité au conseil de la Fed. Il a nommé trois autres membres, dont deux lors de son premier mandat.

Mme Cook a toutefois intenté une poursuite pour conserver son poste. La semaine dernière, la Cour suprême s’est montrée encline à lui permettre de conserver son poste pendant que la procédure suit son cours devant les tribunaux.

Des études économiques ont montré que les banques centrales indépendantes obtiennent de meilleurs résultats en matière de contrôle de l’inflation. Les élus, comme Donald Trump, exigent souvent des taux d’intérêt plus bas pour stimuler la croissance et l’emploi, ce qui peut entraîner une hausse des prix.

Défis potentiels

Si sa nomination est confirmée, Kevin Warsh devra relever des défis pour faire baisser les taux d’intérêt de manière significative. Le président n’est que l’un des 19 membres que compte le comité de fixation des taux de la Fed, dont 12 votent lors de chaque décision.

Si la Fed réduit ses taux à court terme de manière trop agressive et que cette décision est perçue comme motivée par des raisons politiques, les investisseurs de Wall Street pourraient vendre leurs bons du Trésor par crainte d’une hausse de l’inflation. Ces ventes feraient grimper les taux d’intérêt à long terme.

Donald Trump a envisagé de nommer Kevin Warsh à la présidence de la Fed pendant son premier mandat, mais il a finalement choisi Jerome Powell. Le beau-père de Kevin Warsh est Ronald Lauder, héritier de la fortune cosmétique Estee Lauder et donateur et confident de longue date de Donald Trump.

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Stabilisation de l’économie canadienne malgré l’incertitude https://www.finance-investissement.com/nouvelles/stabilisation-de-leconomie-canadienne-malgre-lincertitude/ Wed, 28 Jan 2026 12:22:36 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112074 Sans tarifs, les experts estiment que les profits auraient été plus élevés, l’inflation plus basse et qu’il y aurait moins eu de pertes d’emploi.

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« L’année 2025 aurait pu prendre une tangente carrément désastreuse après l’annonce de l’imposition de tarifs par l’administration Trump, un événement sans précédent, mais le Canada s’est somme toute bien tiré d’affaire », réagissait Frances Donald, économiste en chef de RBC et conférencière lors de l’événement annuel Perspectives 2026, organisé par CFA Montréal le 22 janvier. Elle anticipe cette année une croissance modeste du PIB canadien de 1,3 %, alors que l’économie canadienne amorcerait une phase de stabilisation.

L’économie canadienne a évité la récession redoutée en 2025 malgré une année marquée par des tensions commerciales, lesquelles continueront de planer sur l’économie. Mais ce choc tarifaire s’est avéré beaucoup plus faible que ce que les gens croient en général, selon l’économiste en chef de RBC. « 90 % du commerce vers les États-Unis demeure exempt de tarifs. » Pourtant, selon l’experte, qui cite un récent sondage, « 50 % des Canadiens croient que nous sommes actuellement en récession. »  Ce qui lui fait dire que les choses ne vont pas si mal, au contraire, elle mentionne entre autres la hausse du marché boursier canadien de 40 % depuis le fameux Jour de la Libération de l’administration Trump et trois trimestres consécutifs d’investissements directs étrangers. « On est en droit de se faire un petit pep talk. »

L’économiste en chef de RBC entrevoit néanmoins trois enjeux pour l’économie canadienne en 2026. Le premier a trait au coût de la vie, une préoccupation qui toucherait plus des deux tiers des Canadiens. « Même si l’inflation globale depuis 2020 a augmenté de 21 %, l’inflation des aliments et des loyers a augmenté de plus de 30 %, ce qui a impacté les ménages à revenu faible et moyen qui consacrent une plus grande part de leurs revenus à ces dépenses. »

L’experte a mentionné par ailleurs que l’épargne est presque exclusivement le domaine du quintile supérieur (les 20 % des ménages les plus riches). « Tandis que les quintiles inférieurs dépensent plus que ce qu’ils ne gagnent, non pas par excès, mais parce que le coût des denrées essentielles dépasse leurs revenus. »

Le deuxième enjeu, selon elle, est celui d’économies régionales fort différentes. « Si on anticipe une croissance modeste du PIB canadien de 1,3%, dans les faits, seule la province du Manitoba pourrait atteindre cette croissance. L’Alberta pourrait dépasser ce pourcentage, alors que d’autres provinces comme l’Ontario et le Québec pourraient avoir des croissances inférieures. Un peu comme avoir la tête dans le four et les pieds dans le congélateur, en moyenne tout va bien, mais en réalité les écarts sont importants. » Elle souligne que la guerre commerciale avec les États-Unis a surtout frappé l’Ontario. « En somme, cela complique la tâche pour adopter une seule et unique politique monétaire qui convienne à tout un chacun. »

Le troisième enjeu selon l’économiste est celui de la croissance nulle de la population, soit « l’effondrement de la croissance démographique ». « Le Canada est en train de corriger la politique d’immigration de 2022-2024. Durant cette période, il devait créer 60 000 emplois par mois pour satisfaire à la demande de main-d’œuvre. Si vous invitez 10 personnes chez vous, vous avez besoin de 10 chaises. » L’an prochain, l’experte croit que le Canada pourrait perdre en moyenne 12 000 emplois par mois tout en gardant le taux de chômage stable. « On n’aura pas à rajouter des chaises, on pourra même en retirer. »

Accélération de l’économie mondiale

Dans son tour d’horizon, Sébastien McMahon, économiste senior et gestionnaire de portefeuille à iA Gestion mondiale d’actifs, a expliqué que leurs indicateurs avancés pointaient vers une accélération de l’économie mondiale en 2026. Si le consensus pour le Canada est une croissance modeste de son économie d’environ 1,3 % (1,1 % pour la Banque du Canada), l’expert dit afficher une vision légèrement plus optimiste. « Quand on regarde du côté des consommateurs, des dépenses en défense, il y a un bon potentiel pour un revirement et une croissance économique plus forte, surtout si on obtient un peu plus de clarté du côté des échanges commerciaux. »

Concernant la croissance du PIB américain sur 10 ans, le stratège en chef évoque un consensus des attentes autour de 1,1%. Il ne faut pas oublier qu’on était à 2, 9 % en 2023 et à 2,8 % en 2024, on anticipe une croissance du PIB de 2,0 % en 2026. « Les gains de productivité liés à l’IA ne sont pas encore visibles. Historiquement, chaque million de dollars ajouté au PIB américain génère plusieurs emplois, alors que les investissements dans les centres de données, eux, n’en créent qu’une fraction. Oui, l’IA entraîne des investissements massifs, mais la question demeure : soutient-elle la croissance de façon durable, même si tous s’entendent pour dire qu’elle est appelée à jouer un rôle très important ? »

Sur le plan des actions, même si les attentes de croissance attendue sur 12 mois semblent très élevées pour les entreprises (surtout pour le Canada à 25 % et l’Europe à 19,4 %, les États-Unis sont plutôt stables à 17,9 %), l’économiste est d’avis que les perspectives économiques soutiennent une surperformance de celles-ci. Il anticipe un rendement de 10-15 % pour le marché canadien et de 5-10 % pour le marché américain. « Avoir une quatrième année consécutive de rendement de 10 % et plus sur l’indice du S&P 500, cela ne s’est produit que 4 fois au cours des 100 dernières années. » Il juge dans l’ensemble les valorisations des actions élevées sauf hors des États-Unis, il signale notamment les valorisations attrayantes en Europe. Il partage par ailleurs l’avis qu’il n’y a actuellement pas de bulle dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA).

À l’égard des taux d’intérêt, l’expert a souligné que les marchés « escomptent la fin du cycle global d’assouplissement monétaire. » Les marchés anticipent deux baisses des taux d’intérêt à venir du côté de la Réserve fédérale américaine (juillet et décembre), mais selon lui « les conditions financières ne supportent pas des coupures agressives ». Au Canada, il s’attend à une hausse des taux d’intérêt, soit en décembre 2026 ou l’année prochaine, mais aucun changement du côté de la Banque centrale européenne.

Interrogés en période de questions à commenter l’impact des tarifs sur l’inflation et l’économie en général, les experts ont évoqué quelques-unes des raisons qui expliquent l’effet à retardement de l’impact des tarifs. L’économiste en chef de RBC, Frances Donald, a évoqué l’accord de libre-échange actuel entre le Canada et les États-Unis, en vertu duquel 90 % des exportations et importations sont exemptes de droits de douane. Sans l’ACEUM des tarifs s’appliqueraient et les entreprises auraient répercuté ces coûts sur les consommateurs. « En raison de la paralysie du gouvernement, il nous manque aussi trois mois de données crédibles sur l’inflation, mais je crois que la donnée la plus importante à suivre à ce sujet est celle sur le coût des aliments et elle est en hausse. »

Sébastien McMahon a rappelé que le plein effet inflationniste des tarifs ne s’est pas encore fait ressentir, car plusieurs entreprises ont absorbé les coûts. « On ne le voit peut-être pas dans les données d’inflation, mais on le voit dans les marges bénéficiaires d’entreprises. » Sans tarifs, les experts estiment que les profits auraient été plus élevés, l’inflation plus basse et qu’il y aurait moins eu de pertes d’emploi.

Au sujet de la nomination du nouveau Président de la Réserve fédérale américaine et du caractère indépendant de l’organisme qui dicte la politique monétaire du pays, les panélistes se sont montrés optimistes malgré la pression politique constante exercée ces derniers mois. « Nous étions très inquiets en 2025, particulièrement par rapport au processus de nomination des présidents régionaux, mais ces craintes ont été dissipées, fort heureusement pour l’indépendance de la Fed qui est cruciale pour les marchés mondiaux » a mentionné Sébastien McMahon. « Je trouve fascinant cet intérêt pour le nouveau président de la Fed (est-il Hawkish ou Dovish ?), mais ce n’est pas nouveau en soi, ce qui est nouveau c’est d’avoir un président qui interfère dans le processus en intimidant », a laissé entendre Frances Donald.

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Économie : les Québécois ne font plus confiance au gouvernement https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-les-quebecois-ne-font-plus-confiance-au-gouvernement/ Mon, 26 Jan 2026 12:47:59 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112034 Peu importe le profil démographique.

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Plus de la moitié des Québécois ne font pas confiance au gouvernement Legault en matière d’économie, selon un sondage Léger dévoilé le 21 janvier.

En fait, seuls 26 % des Québécois affirment que le gouvernement leur inspire confiance en matière d’économie, selon le coup de sonde réalisé pour le compte de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Ils sont 59 % à ne pas avoir confiance, tandis que 15 % ont préféré ne pas répondre.

« Quand les décisions économiques du gouvernement du Québec n’inspirent plus la confiance de 59 % de la population, on ne parle pas d’un petit nid de poule sur le chemin, c’est un vrai cul-de-sac », a réagi le vice-président pour le Québec de la FCEI, François Vincent, en entrevue.

Le taux de confiance en économie est relativement bas, peu importe le profil démographique. Le gouvernement se trouve au plus bas chez les femmes (21 %), les 18-34 ans (22 %), les résidents de la région de Québec (21 %) et le détenteur d’un diplôme collégial (22 %).

L’opinion est un peu moins défavorable chez les hommes, dans leur ensemble, à 32 %.

Parmi les répondants, 36 % estiment que le gouvernement a une vision qui soutient les PME. Ils sont 33 % à penser le contraire. Une proportion similaire, soit 31 %, a préféré ne pas répondre. « C’est démonstratif que la vision reliée à la PME n’est pas centrale », juge François Vincent.

En réaction aux résultats du sondage, le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Samuel Poulin, répond qu’il comprend que la confiance des Québécois est ébranlée dans un contexte géopolitique et économique incertain.

En entrevue, Samuel Poulin énumère une série de mesures qu’il a mis de l’avant pour simplifier la vie des PME depuis son entrée au conseil des ministres il y a 4 mois.

Il cite en exemple le projet de loi 11 qui propose d’introduire le principe du « 2 pour 1 », soit éliminer deux formalités administratives pour chaque nouvelle qui est introduite.

« J’ai bien l’intention de continuer à alléger la vie des PME au Québec pour tenter de retrouver cette confiance-là, même si je sais que du contexte international, ça va demeurer difficile. »

Il défend également le bilan de son gouvernement avant son entrée en poste. Il donne en exemple les programmes d’Investissement Québec pour aider les PME à accroître leur productivité. Il évoque également l’aide aux entreprises durant la pandémie. « (Ces) prêts qui ont permis aux PME, justement, d’être encore ouvertes aujourd’hui. »

Le ministre ferme toutefois la porte à une baisse d’impôt des PME. « On privilégie les programmes d’aide responsables et le travail d’Investissement Québec, alors c’est là-dessus qu’on se concentre », répond-il.

Pour sa part, François Vincent juge favorablement certaines actions du gouvernement Legault. Il cite l’allègement réglementaire et les efforts pour harmoniser le commerce interprovincial.

Il pense que Québec aurait dû en faire plus pour réduire l’impôt des PME. « Le gouvernement ne doit pas choisir les gagnants, plaide François Vincent. Il doit plutôt faire confiance aux dirigeants de PME qui connaissent leurs défis et qui savent quoi faire pour faire croître leur entreprise. »

Il pointe vers le sondage Léger, qui démontre que 73 % des Québécois seraient en faveur d’une réduction de la fiscalité des PME.

Bien que la Coalition avenir Québec (CAQ) se cherche un nouveau chef et que des élections sont prévues cet automne, François Vincent estime que le gouvernement a encore du temps pour poser certains gestes.

« Il y a un gouvernement qui est encore là, souligne-t-il. Il y a un budget qui s’en vient, puis une session parlementaire. Il est possible d’accentuer un virage “petite entreprise” dès maintenant », a-t-il dit.

Le sondage a été effectué par Léger auprès de 1011 répondants, du 16 au 19 janvier. Il a été effectué après l’annonce de la démission du premier ministre, François Legault.

Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien précise qu’une marge d’erreur ne peut être attribuée aux sondages en ligne, car ils ne procèdent pas à un échantillonnage aléatoire de la population.

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BdC : vers un maintien des taux https://www.finance-investissement.com/nouvelles/bdc-vers-un-maintien-des-taux/ Mon, 26 Jan 2026 12:45:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112069 C’est ce que prédisent les experts.

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De nombreux économistes s’attendent à ce que le taux directeur de la Banque du Canada reste inchangé cette semaine, et peut-être même jusqu’à la fin de l’année.

La banque centrale rendra mercredi sa première décision sur les taux d’intérêt pour 2026.

Selon LSEG Data & Analytics, les marchés financiers tablaient vendredi à près de 89 % sur un maintien des taux cette semaine.

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % en décembre, après deux baisses consécutives d’un quart de point au second semestre 2025.

Lors de cette décision, le gouverneur a indiqué que la banque centrale estimait que la politique monétaire était à un niveau approprié pour équilibrer une économie turbulente et des pressions inflationnistes persistantes.

L’économiste de la Banque TD, Rishi Sondhi, a écrit vendredi dans une note que les prévisionnistes devraient prendre au mot la Banque du Canada en ce qui concerne les prévisions de taux.

« La Banque a répété à plusieurs reprises qu’elle était satisfaite de l’orientation actuelle de sa politique, à condition que l’économie évolue globalement conformément aux prévisions », a-t-il rappelé.

« Il faudrait une croissance économique nettement inférieure aux prévisions ou un ralentissement significatif du marché du travail pour forcer les décideurs politiques à sortir de leur réserve. »

Tiff Macklem a dit que les responsables de la Banque du Canada estiment que l’inflation devrait se maintenir autour de son objectif de 2 % pour l’année à venir, mais que si les perspectives changent, la banque centrale est « prête à réagir ».

Données économiques

Selon Avery Shenfeld, économiste en chef à la CIBC, aucune des données économiques publiées depuis la décision prise en décembre par la Banque du Canada n’était suffisamment surprenante pour la faire renoncer à sa position attentiste.

L’inflation annuelle a été plus élevée que prévu, à 2,4 % en décembre, mais le taux de chômage a bondi à 6,8 % au cours du mois. Les premières données suggèrent également un ralentissement de la croissance au quatrième trimestre de l’année.

« Il semble que l’économie ait de nouveau ralenti au quatrième trimestre, que l’inflation ne s’écarte pas de manière significative des objectifs de la Banque du Canada et que le taux de chômage reste trop élevé pour être rassurant », a expliqué Avery Shenfeld.

La banque centrale publiera également des projections actualisées pour l’économie et l’inflation parallèlement à sa décision de mercredi sur les taux d’intérêt.

La CIBC fait partie des prévisionnistes qui s’attendent à ce que la Banque du Canada ne relève ni n’abaisse les taux d’intérêt en 2026.

Les dernières années, depuis le début de la pandémie de COVID-19 et la reprise qui a suivi, ont été marquées par des cycles d’assouplissement et de resserrement relativement rapides.

Avery Shenfeld a souligné que, lorsqu’une banque centrale arrive au terme de son cycle de taux d’intérêt, il est plus courant que le taux directeur reste inchangé pendant un an ou plus, le temps que l’économie s’adapte au nouveau taux d’emprunt.

Des anticipations

Bien que Avery Shenfeld ne s’attende à aucun changement dans la position de la banque centrale mercredi, il a estimé que Tiff Macklem pourrait modérer son discours à l’égard d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire, ne serait-ce que pour contrer les attentes du marché concernant une hausse des taux cette année.

« Lorsque les marchés apprennent d’une banque centrale qu’elle a terminé son assouplissement, ils commencent à dire : “Bon, la prochaine étape doit être une hausse, et commençons à en évaluer la probabilité” », a-t-il détaillé.

Les anticipations d’un changement des taux d’intérêt peuvent avoir autant d’impact que la baisse ou la hausse elle-même. Par exemple, les anticipations à long terme concernant les taux directeurs sont intégrées dans les prix du marché obligataire, que les prêteurs utilisent pour fixer les taux d’intérêt des prêts hypothécaires et autres prêts.

Avery Shenfeld a avancé que, même si les taux hypothécaires ne sont pas particulièrement bas, les indications de la Banque du Canada selon lesquelles les baisses de taux sont terminées pourraient inciter certains acheteurs immobiliers à se lancer ce printemps, plutôt que de suivre la tendance récente qui consiste à attendre plus longtemps dans l’espoir d’obtenir un taux plus bas.

Les entreprises surveillent également les signaux de la Banque du Canada lorsqu’elles prennent des décisions d’investissement et d’autres décisions de planification, mais Avery Shenfeld a fait remarquer que le taux d’intérêt de la banque centrale n’a pas été la principale source d’incertitude pour les entreprises au cours de l’année écoulée.

Les perspectives des principales industries canadiennes confrontées aux droits de douane imposés par les États-Unis restent incertaines, compte tenu de la révision prévue de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, qui aura lieu plus tard cette année.

Selon Avery Shenfeld, la Banque du Canada pourrait voir son taux perturbé si un autre choc grave, tel qu’un ralentissement soudain du marché boursier, frappait l’économie cette année, mais que le sort des droits de douane américains semble jusqu’à présent être le risque le plus évident en 2026.

« Le commerce international reste de loin la plus grande menace à l’horizon, et celle qui pourrait finir par contraindre la Banque du Canada à abandonner sa position attentiste et à assouplir davantage sa politique si les barrières commerciales s’aggravent », a-t-il conclu.

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IA en Bourse : alerte à la bulle ou simple pause du marché ? https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/ia-en-bourse-alerte-a-la-bulle-ou-simple-pause-du-marche/ Wed, 07 Jan 2026 11:03:32 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111669 Pour Alpine Macro, les fondamentaux demeurent solides et la tendance haussière pourrait se prolonger.

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Les craintes d’implosion d’une bulle financière de l’intelligence artificielle (IA) se multiplient, mais Alpine Macro, de Montréal, juge qu’on est encore loin d’un tel moment. Le marché haussier peut se poursuivre encore longtemps.

Les alertes d’orage sur le marché de l’IA se sont multipliées ces derniers temps. Par exemple, deux universitaires de l’Université Yale repèrent des signes troublants.

Tout d’abord, les ententes croisées qui ressemblent à des labyrinthes de surinvestissement abondent, une concentration qui hausse les risques de contagion. « En moins de trois ans, OpenAI est passé du statut de jeu de société à un pilier de l’économie globale », écrivent les deux chercheurs de Yale, OpenAI ayant signé le 1er octobre dernier une entente de 500 milliards de dollars (G$) avec Samsung pour le projet Stargate.

Au cours du Yale Chief Executive Leadership Institute CEO Summit de juin 2025, 40 % des 150 chefs de direction présents ont soulevé d’importantes réserves à l’endroit de l’exubérance AI, « jugeant qu’une correction est imminente », écrivent les auteurs de Yale.

Analyste vedette chez Groupe RBC, Kelly Bogdanova prévoit qu’après les hausses massives de profits de 2023 et 2024, les taux de croissance entre les Magnificent Seven et le reste du marché sont appelés à converger en 2026.

La firme d’analyse BCA Research, de Montréal, vient de publier une étude qui, le 15 décembre, a trouvé écho dans MarketWatch, bulletin financier du Wall Street Journal. Elle annonce une déconfiture de la bulle IA dès 2026. Poursuivant sur la lancée de Kelly Bogdanova, BCA fait observer que l’idée d’une hausse soutenue des profits des firmes technologiques va paraître très chancelante au début de 2026. Le morcellement de l’idée IA va heurter de plein fouet un secteur techno où le niveau des bénéfices par action est de 22,6 comparé à une médiane de 18 pour l’ensemble du S&P 500.

Autre point de vue montréalais

Tout le monde ne partage pas cet avis. Une autre firme de Montréal, Alpine Macro, a également vu MarketWatch donner écho à sa vision, une vision plus optimiste toutefois de la course financière de l’IA. Chef des stratégies quantitatives chez Alpine Macro, Henry Wu considère que, jusqu’à ce jour, les risques sont contenus et ne devraient pas faire dérailler le train IA.

Henry Wu traite de trois sujets anxiogènes liés à l’IA. Tout d’abord, face à l’objection fréquente que l’investissement en IA est démesuré et rappelle les excès de la bulle techno de 2000, il fait remarquer que, comparativement à la tendance courante des investissements, ceux qu’on observe en IA ne sont que légèrement supérieurs à ceux de 2000. Alors que les investissements en technologie ont bondi d’environ 4,6 % du PIB américain à 6,5 % de 1995 à 2000, depuis 2023 le saut est d’à peine trois dixièmes de points de pourcentage du PIB. « Nous sommes encore tôt dans la course », dit Henry Wu.

Une autre facette de la hausse des investissements tient au fait qu’elle a été financée surtout à partir des encaisses gigantesques des sociétés technologiques, ne représentant en 2025 que 38 % des trésoreries. Par ailleurs, l’endettement obligataire des sociétés technologiques ne représente qu’environ 3,5 % du marché obligataire total, alors qu’il s’est élevé à 12 % en 2000.

Quant au « labyrinthe » des investissements que dénonce l’analyse de Yale, Alpine Macro n’y voit rien de tel. « Les entreprises de l’IA sont souvent le mieux habilitées pour évaluer les risques et bénéfices de leurs partenaires en amont et en aval », note Henry Wu.

Plusieurs observateurs dénoncent la rapide dépréciation des puces IA qui mine la réelle profitabilité des leaders du secteur. Ces derniers annoncent des dépréciations sur cinq à six ans, alors que le cycle d’apparition des nouvelles puces est de trois ans ou moins. C’est une situation qui n’émeut pas Henry Wu. « La dépréciation des puces est économique, dit-il, et ne tient pas à une détérioration des composantes. La capacité de traitement des puces antérieures ne décline pas parce qu’une nouvelle puce fait son apparition. Ce sont les prix qui tombent avec l’apparition de produits plus efficients. »

Enfin, les marchés s’inquiètent d’un nouvel événement DeepSeek, le modèle de langage chinois très économique qui a traumatisé tout le monde au début de 2025. Alpine Macro ne s’en émeut pas non plus. Si un tel événement se produit à nouveau, ce sera simplement une occasion de réinvestir sur un fléchissement des marchés, comme ce fut le cas en janvier 2025.

Henry Wu ne nie pas la possibilité d’une « bulle IA ». En fait, il juge que sa probabilité est élevée, « mais nous sommes tôt encore dans le gonflement de cette bulle », dit-il. C’est la même conclusion à laquelle arrive Deutsche Bank, l’analyste Brian Cox affirmant que, même si nous avons affaire à une bulle, elle est encore jeune. En se retirant prématurément, les investisseurs risquent de renoncer à des gains potentiels.

Qu’en est-il du vrai marché?

Une question demeure : le marché des applications de l’IA chez les consommateurs et les entreprises justifiera-t-il la masse des investissements en cours. Henry Wu le croit et note que les ventes tant chez Open AI que chez Anthropic atteignaient les 10 G $US en 2025.

Est-ce suffisant? La question reste ouverte — et inquiétante. Une récente étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a montré que sur un sondage récent de 52 entreprises, 95 % ont annoncé un rendement de zéro sur leurs investissements en IA d’environ 35 G $US dans 300 projets différents.

Alpine Macro, un trésor caché de Montréal

Sise au 666 rue Sherbrooke à Montréal, la firme de recherche en investissement mondial Alpine Macro occupe peu de place au Québec, mais son empreinte internationale est très large.

Fondée en 2017 avec six employés, la firme en compte aujourd’hui une cinquantaine, avec une équipe essentielle d’environ 25 stratèges et analystes. « Le Québec compte pour environ 1 % de notre activité, cependant nous couvrons plus de 70 pays », affirme Arun Kumar, chef de la direction d’Alpine. C’est ce qui explique l’absence presque complète de stratèges francophones issus du Québec, juge le dirigeant. « Nous recrutons dans tous les marchés que nous couvrons », ajoute-t-il, ce que les noms des stratèges illustrent éloquemment : Yan Wang, stratège en chef des marchés émergents et de la Chine, Harvinder Kalirai, stratège en chef du revenu fixe et des devises, Bassam Nawfal, stratège en chef de l’allocation des actifs.

La perspective est globale et tous les secteurs s’y retrouvent : des denrées de base à l’intelligence artificielle, de l’énergie aux marchés émergents, des obligations américaines aux stratégies quantitatives.

Cette pépinière de cerveaux analytiques se rattache à un fil conducteur unique : Anthony Boeckh, co-fondateur d’Alpine, mais aussi fondateur de cette autre firme montréalaise d’analyse globale, BCA Research, où il a été actif pendant 34 ans avant de fonder Alpine. Pas surprenant qu’on trouve chez Alpine plus d’une dizaine de transfuges de BCA. Aujourd’hui encore, âgé de plus de 80 ans, Anthony Boeckh participe chaque semaine aux rencontres de recherche.

Arun Kumar ne veut pas s’étendre sur les différences qui distinguent Alpine de BCA. Il se contente d’indiquer qu’Anthony Boeckh « voulait recréer ce que BCA Research était à ses débuts ». Il note aussi en passant qu’Alpine vise à présenter à sa large clientèle une vision « maison » unifiée alors que BCA présente une approche « par silo », où différents analystes peuvent être en contradiction les uns avec les autres.

En juin 2025, Alpine est devenue un joueur de niche au sein de la grande famille de la firme londonienne Oxford Economics, qui a acquis un intérêt majoritaire dans la firme de Montréal. Oxford abrite un personnel de 840 employés dispersés entre 20 bureaux mondialement. Alors qu’Oxford est spécialisée en études et prévisions économiques, Alpine contribue une expertise de stratégie financière mondiale.

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L’économie en voie de reprise graduelle, selon l’OCDE https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/leconomie-en-voie-de-reprise-graduelle-selon-locde/ Fri, 12 Dec 2025 12:14:06 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111446 Un paysage de risques stable, mais un impératif : relancer la productivité.

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Alors que l’économie continue de se remettre des perturbations liées au commerce, la croissance du PIB du Canada devrait progressivement gagner en dynamisme au cours des prochaines années, selon les plus récentes prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Dans un rapport publiant ses nouvelles projections, l’organisation basée à Paris indique qu’elle s’attend à un renforcement de la croissance en 2026 et 2027, alors que le pays poursuit sa reprise du ralentissement causé cette année par l’augmentation des tarifs douaniers américains. La croissance est ainsi prévue à 1,3 % l’an prochain, puis 1,7 % l’année suivante.

« Un rebond du commerce devrait soutenir une reprise graduelle de l’investissement des entreprises, tandis que la consommation des ménages se redresse à mesure que l’incertitude s’estompe », résume l’OCDE.

De plus, l’investissement résidentiel « devrait prendre de l’ampleur en 2026, soutenu par les mesures de soutien au logement et la baisse des taux d’intérêt », note le rapport.

L’organisme prévoit également une amélioration graduelle du marché du travail en 2026 et 2027.

Bien que l’inflation globale devrait connaître une « hausse temporaire » en 2026, « l’inflation fondamentale devrait continuer de se modérer, reflétant un ralentissement de la croissance des salaires et un écart de production qui se creuse », ajoute l’OCDE, précisant que l’inflation globale devrait rester proche de la cible de 2 % de la Banque du Canada au cours des prochaines années.

À la suite de nouvelles baisses de taux d’intérêt en septembre et octobre, la politique monétaire devrait demeurer inchangée, estime l’OCDE.

« Le mécanisme de transmission des taux directeurs plus bas vers les taux de prêt bancaire est en cours, et ses effets sur l’économie réelle devraient devenir plus visibles en 2026, à mesure que l’incertitude diminue », souligne-t-elle.

Parallèlement, la politique budgétaire est devenue plus accommodante, avec du soutien ciblé aux secteurs durement touchés par la hausse des tarifs douaniers, ainsi que des réductions d’impôts plus larges et une augmentation des dépenses en défense et en infrastructures.

L’OCDE estime que les risques entourant ses prévisions sont « globalement équilibrés ».

Une résurgence de l’incertitude commerciale pourrait retarder la reprise, notamment si elle se répercute sur les marchés du travail et affaiblit le revenu des ménages et la demande intérieure. Toutefois, des risques positifs existent également : « la consommation des ménages et l’investissement résidentiel pourraient dépasser les attentes, particulièrement si les ménages puisent davantage dans leur épargne accumulée ».

Quoi qu’il en soit, les politiques publiques devraient se concentrer sur la relance de la croissance de la productivité, souligne le rapport.

« Cela implique de promouvoir l’investissement dans des actifs productifs, notamment les technologies numériques, et de renforcer l’innovation », écrit l’OCDE, ajoutant que les efforts pour lever les barrières au commerce interprovincial et améliorer la mobilité de la main-d’œuvre doivent se poursuivre.

« Les incitatifs fiscaux à la R-D pourraient être simplifiés […] et complétés par un soutien direct accru », conclut-elle. « L’augmentation de l’offre de logements, en particulier de logements locatifs abordables, demeure également une priorité. »

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La Banque du Canada maintient son taux directeur https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/la-banque-du-canada-maintient-son-taux-directeur-2/ Wed, 10 Dec 2025 15:06:05 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111548 Un contexte mondial incertain, mais une économie canadienne résiliente.

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Comme nombre d’experts l’avaient prédit, la Banque du Canada (BdC) a décidé de maintenir le taux cible du financement à un jour à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

« La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, comme prévu. Après deux baisses, Tiff Macklem s’installe clairement dans une posture “on observe et on laisse les effets se matérialiser”. La politique est en zone neutre, et la Banque veut voir comment l’impact des dernières décisions dans l’économie vont se refléter dans les données avant de bouger à nouveau », constate Pierre-Benoît Gauthier, vice-président, Stratégie de placement à IG Gestion de patrimoine.

Une économie mondiale pleine d’incertitudes

La banque centrale explique sa décision en raison de l’incertitude mondiale encore particulièrement élevée, bien que les grandes économies fassent preuve de résilience face au protectionnisme américain.

« Premièrement, les droits de douane américains élevés sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et le bois d’œuvre ont porté un coup dur à ces secteurs. De façon plus générale, l’incertitude entourant la politique commerciale des États-Unis pèse sur les investissements des entreprises. Mais jusqu’à présent, l’économie se montre résiliente dans l’ensemble », explique Tiff Macklem dans sa déclaration préliminaire.

Dans la zone américaine, la paralysie partielle du gouvernement américain a apporté davantage de volatilité en plus de retarder « la publication de certaines données économiques clés ». Toutefois la croissance économique continue grâce à la consommation et l’essor des investissements dans l’intelligence artificielle.

Dans la zone euro, la croissance a positivement surpris les économistes, surtout grâce à la résilience du secteur des services.

En Chine, la demande intérieure modeste et la faiblesse du marché du logement pèse sur la croissance.

Forte croissance au Canada

Le Canada a enregistré une croissance de 2,6 % au troisième trimestre, bien que la demande intérieure finale ait stagné. La BdC s’attend à ce que la demande intérieure finale progresse au quatrième trimestre, mais à ce que la croissance du PIB soit faible avant de se redresser en 2026.

« L’incertitude demeure élevée. Les fluctuations importantes des échanges commerciaux pourraient continuer de causer de la volatilité d’un trimestre à l’autre », peut-on lire dans l’Annonce concernant le taux directeur.

Le marché du travail montre des signes encourageants. L’emploi a enregistré des gains solides au cours du trimestre et le taux de chômage est descendu à 6,5 % en novembre. Mais le marché de l’emploi dans les secteurs sensibles au commerce demeure faible tandis que les intentions d’embauche restent modérées.

« Depuis le début de l’année, il y a eu des pertes d’emplois substantielles dans les secteurs sensibles au commerce. Mais dans les derniers mois, comme l’emploi dans ces secteurs a été plus stable, les gains dans d’autres secteurs – en particulier les services – ont fait augmenter le nombre global d’emplois. Dans l’avenir, cependant, nous pensons que les intentions d’embauche seront modérées dans l’ensemble de l’économie », détaille Tiff Macklem.

« Ce qui a changé depuis la dernière baisse, c’est l’emploi. Et il ne justifie pas une nouvelle intervention », résume Pierre-Benoît Gauthier.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a ralenti pour s’établir à 2,2 % en octobre se situant ainsi depuis maintenant plus d’un an près de la cible de 2 %.

Les mesures de l’inflation fondamentale se maintiennent quant à elle dans une fourchette de 2,5 à 3 % et l’inflation sous-jacente serait encore autour de 2,5 %.

« Les pressions inflationnistes sont encore contenues, malgré les coûts supplémentaires associés à la réorganisation du commerce. L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) global est proche de la cible de 2 % depuis plus d’un an, et nous nous attendons à ce qu’elle y reste », résume Tiff Macklem.

« Le Conseil de direction considère que le taux actuel est essentiellement au niveau approprié pour garder l’inflation proche de 2 % tout en aidant l’économie à traverser cette période d’ajustement structurel », conclut la BdC.

« Le marché des contrats à terme prévoit une hausse en 2026. Ca nous semble prématuré. Pour monter les taux, il faut une surchauffe. Ce qu’on a présentement, c’est de la survie, pas de l’excès. L’investissement reste mou, la consommation tient mais ne s’emballe pas, et le Canada fait encore face au choc externe des tarifs américains. Sans oublier que la renégociation de l’ACEUM arrive. À 2,25 %, la politique n’est pas accommodante. Elle est neutre et cohérente avec les conditions. C’est un contexte de patience, pas un contexte de resserrement », commente Pierre-Benoît Gauthier soulignant toutefois la différence avec la politique de la banque centrale américaine.

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La Banque du Canada indique une pause : quelle stratégie adopter pour souscrire une hypothèque ? https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/la-banque-du-canada-indique-une-pause-quelle-strategie-adopter-pour-souscrire-une-hypotheque/ Mon, 03 Nov 2025 14:00:55 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110649 ZONE EXPERTS – Voici comment nous envisageons l’avenir.

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La baisse de 0,25 % du taux directeur annoncée par la Banque du Canada (BdC) le 19 octobre dernier n’a pas constitué une véritable surprise pour les marchés. La véritable surprise est venue des commentaires du gouverneur Tiff Macklem. Celui-ci a laissé entendre que le cycle de réduction des taux d’intérêt touche probablement à sa fin. Il a justifié cette affirmation en expliquant que l’économie canadienne traverse une période de transition structurelle, notamment en raison des effets des tarifs américains et du ralentissement de l’investissement des entreprises.

Le gouverneur Macklem a ajouté que, le taux directeur se situe désormais à un niveau approprié pour ramener l’inflation vers la cible de 2 % — du moins tant qu’il demeure proche de son niveau actuel — tout en soutenant l’économie dans cette phase d’ajustement. Il a également reconnu que les dommages structurels causés par le conflit commercial réduisent la capacité de l’économie et augmentent les coûts. Cela limite le rôle que la politique monétaire peut jouer pour stimuler la demande tout en maintenant une faible inflation.

Une baisse rapide des taux d’intérêt

Il faut rappeler que le taux directeur a tout de même reculé de 2,75 % en seulement 15 mois.

Dans ce contexte pour le moins inhabituel, marqué par un choc commercial majeur et une incertitude économique persistante, la décision de la BdC de faire une pause et d’observer les effets de cette série de baisses est une marque de prudence.

Retour sur nos prévisions

Dans notre billet 2024 : année d’assouplissement de la politique monétaire publié en février 2024, nous anticipions une baisse significative des taux provoquée par un ralentissement marqué de l’économie canadienne. L’économie a effectivement frôlé la récession et les taux ont reculé davantage que prévu à l’époque. Nous avions alors recommandé le recourt au taux variable plutôt qu’au taux fixe pour les hypothèques, un conseil qui s’est généralement révélé judicieux.

De même, dans notre billet Analyse des taux hypothécaires : ce que nous anticipons pour 2025 publié en janvier 2025), nous avions évoqué une baisse additionnelle d’au moins 1 % du taux directeur. À nouveau, nos prédictions se sont avérées juste.

Après la forte remontée des taux en 2022, plusieurs consommateurs hésitaient à choisir le taux variable. Or, notre recommandation constante en faveur du taux variable au cours des deux dernières années a permis à de nombreux emprunteurs d’économiser considérablement et leur a évité les pénalités importantes liées aux hypothèques fixes offertes à un taux de plus de 5 %.

Et maintenant ?

En regardant vers l’avenir, nous croyons que l’incertitude qui marque l’économie canadienne, combinée à la poursuite des pertes d’emplois, continuera de freiner la croissance. De plus, il semble maintenant évident que le président américain cherche à conclure sa guerre commerciale en mettant en place de nouvelles ententes commerciales. Lorsque le tour du Canada sera venu, une désescalade tarifaire pourrait ramener un climat plus favorable au commerce et à la stabilité des prix.

Pour ces raisons, nous estimons que l’inflation reviendra graduellement vers la cible de la BdC et que de nouvelles baisses de taux sont probables en 2026.

Nous continuons donc de privilégier le taux variable, qui demeure selon nous la stratégie la plus avantageuse dans le contexte économique actuel. Cela dit, ce choix ne convient pas à tous les emprunteurs : il est essentiel d’évaluer soigneusement son profil de risque et sa tolérance à la volatilité avant de prendre un engagement. Pour ceux qui recherchent davantage de prévisibilité et de stabilité dans leurs paiements, le taux fixe sur trois ans représente une alternative intéressante, permettant de traverser cette période d’ajustement avec une certaine tranquillité d’esprit.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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