écarts de taux | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/ecarts-de-taux/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Mon, 29 Jun 2026 13:43:59 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png écarts de taux | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/ecarts-de-taux/ 32 32 Le crédit privé devient un marché de plus en plus sélectif https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/le-credit-prive-devient-un-marche-de-plus-en-plus-selectif/ Mon, 06 Jul 2026 10:31:43 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114716 Sous la pression de la concurrence, selon McKinsey.

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Pendant plusieurs années, le crédit privé a connu une croissance presque ininterrompue. Les capitaux affluaient, les occasions d’affaires se multipliaient et les gestionnaires cherchaient surtout à investir rapidement. Cette époque semble toutefois tirer à sa fin, selon une analyse des marchés privés — basée sur les résultats de 2025 — publiée par McKinsey.

La croissance demeure au rendez-vous, mais l’environnement devient nettement plus exigeant, affirment les auteurs. Les marges se resserrent, la concurrence s’intensifie, les investisseurs surveillent davantage les risques et les gestionnaires doivent désormais privilégier la qualité des placements plutôt que leur quantité.

Des transactions d’envergure… moins nombreuses

Aux États-Unis, le volume des prêts directs a reculé d’environ 10 % en 2025, tandis que le nombre de transactions a diminué de 16 %. Les opérations conclues étaient toutefois beaucoup plus importantes qu’auparavant. Les financements de rachats d’entreprises ont même atteint un sommet historique en valeur.

Cette évolution traduit un changement profond. Les occasions d’investissement se font plus rares alors que les capitaux disponibles demeurent abondants. Résultat : les prêteurs rivalisent davantage pour financer les meilleurs dossiers.

Les emprunteurs reprennent l’avantage

Cette concurrence accrue modifie l’équilibre des forces. Les prêteurs consentent des marges plus faibles, acceptent des conditions plus souples et réduisent progressivement leurs exigences afin de demeurer compétitifs. Les écarts de taux (spreads) sur les nouveaux prêts poursuivent leur baisse depuis trois ans, entraînant un recul des rendements des nouvelles émissions, passés de 10,5 % en 2024 à environ 9,3 % en 2025.

Autrement dit, les gestionnaires doivent désormais générer de bons rendements dans un contexte beaucoup moins favorable qu’au cours des dernières années.

Les capitaux affluent autrement

Les statistiques traditionnelles pourraient laisser croire à un ralentissement du secteur. Les fonds fermés spécialisés en crédit privé ont levé environ 165 milliards de dollars en 2025, soit une baisse de 16 % par rapport à l’année précédente.

McKinsey estime toutefois que cette lecture est incomplète. Une proportion croissante des nouveaux capitaux transite désormais par d’autres véhicules d’investissement, notamment les fonds permanents (evergreen), les fonds à liquidité intermittente ou encore les sociétés de développement commercial. Le phénomène traduit davantage une transformation de la structure du marché qu’un recul de l’intérêt des investisseurs.

Le secteur devient également de plus en plus concentré. Les 25 plus grands gestionnaires ont capté près de 72 % des capitaux levés en 2025, confirmant l’avantage dont bénéficient les plateformes de grande taille, capables d’offrir une gamme plus diversifiée de produits et une plus grande capacité d’investissement.

Assureurs : des partenaires stratégiques

Autre évolution marquante : le rapprochement entre les gestionnaires de crédit privé et les compagnies d’assurance.

Cette convergence s’est accélérée en 2025 grâce à plusieurs acquisitions et partenariats stratégiques. Pour les assureurs, le crédit privé offre des revenus relativement prévisibles et des placements de longue durée qui correspondent bien à leurs engagements financiers. À l’inverse, les gestionnaires profitent d’une source de capitaux plus stable que les cycles traditionnels de levée de fonds.

Selon une enquête réalisée auprès de dirigeants d’assureurs par Goldman Sachs Asset Management, 58 % d’entre eux prévoient augmenter leur exposition au crédit privé.

Entre confiance et inquiétude

Le secteur n’est toutefois pas à l’abri des préoccupations. Quelques défauts de paiement très médiatisés, la hausse des demandes de rachat dans certains fonds semi-liquides ainsi que les interrogations entourant l’effet potentiel de l’intelligence artificielle sur certaines entreprises financées ont attiré davantage l’attention sur la qualité des portefeuilles.

Malgré ce contexte, la performance globale du crédit privé est demeurée solide, estiment les auteurs. Le taux de rendement interne net agrégé a atteint 8,5 % en 2025, comparativement à 7 % un an plus tôt. Le rapport souligne également que cette catégorie d’actifs continue d’afficher une dispersion des rendements plus faibles que plusieurs autres segments des marchés privés, ce qui contribue à maintenir l’intérêt des investisseurs institutionnels.

L’appétit demeure d’ailleurs bien présent : selon un sondage réalisé par McKinsey, 40 % des investisseurs institutionnels prévoient augmenter leur allocation au crédit privé au cours des 12 prochains mois, alors que 26 % envisagent de les réduire.

De nouveaux moteurs de croissance

Le rapport identifie aussi deux secteurs appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans l’expansion du crédit privé.

Le premier est le financement adossé à des actifs, qui couvre notamment les infrastructures, les prêts hypothécaires ou encore certains actifs financiers. McKinsey estime que plusieurs milliers de milliards de dollars d’actifs pourraient migrer progressivement des bilans bancaires vers des prêteurs privés au cours de la prochaine décennie. Les besoins de financement liés aux centres de données, aux infrastructures numériques et à la transition énergétique devraient contribuer à cette croissance.

Le second est celui des marchés secondaires du crédit privé. Le volume des transactions y a presque doublé en 2025, signe que cette classe d’actifs gagne en maturité et que les investisseurs recherchent davantage de solutions de liquidité.

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