Donald Trump – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Fri, 13 Mar 2026 17:54:44 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Donald Trump – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Tarifs douaniers : Washington étend ses enquêtes commerciales à 60 pays https://www.finance-investissement.com/nouvelles/tarifs-douaniers-washington-etend-ses-enquetes-commerciales-a-60-pays/ Fri, 13 Mar 2026 17:54:44 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112989 L’administration Trump a étendu ses enquêtes commerciales à 60 pays, dont le Canada, afin de consolider la politique tarifaire du président.

« Nous essayons d’agir très rapidement, a déclaré vendredi à CNBC le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Nous essayons d’agir en l’espace de quelques mois. »

Le cabinet de Jamieson Greer a annoncé mercredi l’ouverture d’enquêtes, en vertu de l’article 301 de la Loi de 1974 sur le commerce, contre l’Union européenne et quelques autres pays.

Un communiqué de presse publié mercredi soir par le département a élargi la liste des pays visés par ces enquêtes.

Le communiqué précise que le département examinera si ces pays appliquent des politiques ou des pratiques « déraisonnables ou discriminatoires qui entravent ou restreignent le commerce américain ».

Ces enquêtes interviennent après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé le mois dernier l’outil tarifaire de prédilection du président Donald Trump, utilisé pour ses droits de douane du « Jour de la Libération » et les droits liés au fentanyl imposés au Canada, au Mexique et à la Chine.

En réponse à la décision de la Cour suprême, Donald Trump a invoqué l’article 122 de la Loi de 1974 sur le commerce pour instaurer une taxe mondiale de 10 %, laquelle ne peut toutefois rester en vigueur que pendant 150 jours sans l’approbation du Congrès.

Une telle prolongation a peu de chances d’être approuvée par le Congrès et les droits de douane prévus à l’article 122 ne peuvent dépasser 15 %.

Le Canada est également durement touché par les droits de douane distincts imposés par Trump en vertu de l’article 232 sur des secteurs spécifiques, notamment l’acier, l’aluminium, l’automobile et l’ébénisterie.

Le président Trump espère mettre en place des droits de douane à plus long terme par des enquêtes au titre de l’article 301, mais ce processus nécessite des consultations publiques et des rapports.

Jamieson Greer a expliqué que s’il constatait « que des pays se sont livrés à des pratiques commerciales déloyales » — telles que des subventions, des surcapacités ou le travail forcé — il pourrait « quantifier le préjudice causé au commerce américain, puis tenter de résoudre ce problème avec le pays concerné ».

Si le pays ne résout pas le problème, a prévenu Jamieson Greer, l’administration Trump imposera des droits de douane.

On ne sait pas encore exactement ce que pourrait couvrir l’enquête au titre de l’article 301 concernant le Canada. Il existe des sources de tension de longue date dans les relations commerciales entre les deux pays, et Donald Trump s’est plaint à plusieurs reprises du système canadien de gestion de l’offre laitière.

Les enquêtes au titre de l’article 301 sont lancées alors que le Canada, le Mexique et les États-Unis se préparent à un examen obligatoire de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, mieux connu sous le nom d’ACEUM.

Donald Trump a remis en question son engagement envers cet accord commercial, qui a été négocié au cours de son premier mandat, déclarant qu’il avait peut-être rempli son rôle.

Les États-Unis ont officiellement entamé des négociations sur la révision de l’ACEUM avec le Mexique, qui fait également l’objet d’une enquête au titre de l’article 301. Ottawa et Washington n’ont pas annoncé de mesure similaire.

Bien que Jamieson Greer ait souvent affirmé que le Canada imposait des barrières rendant les négociations difficiles — il a notamment cité les interdictions provinciales sur la vente d’alcool américain —, il a rencontré la nouvelle équipe commerciale du Canada à Washington la semaine dernière.

La négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, et l’ambassadeur nouvellement nommé aux États-Unis, Mark Wiseman, ont été rejoints par le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, lors de cette réunion.

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Diversifier vers l’Europe : la solution de Quadra Capital https://www.finance-investissement.com/nouvelles/diversifier-vers-leurope-la-solution-de-quadra-capital/ Wed, 04 Mar 2026 10:54:59 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112797 Faut-il réduire son exposition aux États-Unis et se tourner davantage vers l’Europe ? La question se pose avec une acuité nouvelle depuis le début de 2025, selon Guillaume Touze, président et chef de la direction de Quadra Capital.

« Il y a toujours eu un argument structurel en faveur de l’Europe. Mais depuis la montée des tensions entre le Canada et les États-Unis sous la présidence de Donald Trump, un facteur plus émotionnel est venu s’y ajouter. Nombre de Canadiens ont décidé de boycotter les États-Unis », constate-t-il. La volatilité des marchés nord-américains et l’incertitude géopolitique croissante à l’échelle mondiale les incitent aussi à passer à l’action.

Chez Quadra Capital, cette réflexion n’est pas nouvelle. La firme, née en Angleterre avant de se développer à Paris et à Madrid, s’est établie au Québec il y a sept ans en partenariat avec des acteurs locaux, dont le Groupe Walter. Son équipe, composée d’une dizaine de personnes, gère aujourd’hui environ un milliard de dollars d’actifs.

Des entreprises mondiales

Plusieurs facteurs rendent le marché européen plus attrayant que jamais, selon Guillaume Touze. D’abord, la qualité des sociétés européennes. « L’Europe regorge de chefs de file mondiaux dans de nombreux secteurs », affirme Guillaume Touze dont l’approche repose sur la sélection de titres individuels (stock picking).

Il mentionne notamment Airbus dans le secteur aéronautique, L’Oréal dans les cosmétiques, LVMH et Hermès dans le luxe, ainsi qu’EssilorLuxottica dans l’optique. « Hermès est un exemple remarquable de ce qu’on appelle le quiet luxury. Sur dix ans, sa performance a été environ deux fois supérieure à celle de LVMH », souligne-t-il.

EssilorLuxottica, pour sa part, s’est illustrée avec le développement de lunettes connectées en partenariat avec Meta, un produit particulièrement populaire auprès des jeunes générations. « Ce sont de belles histoires d’investissement », commente-t-il.

Face aux inquiétudes liées à la guerre en Ukraine ou au Brexit, il insiste sur un point : « Les grandes entreprises européennes sont en réalité très internationales. Nestlé, L’Oréal ou Siemens réalisent une part importante de leurs revenus à l’extérieur de l’Europe. La corrélation entre les risques géopolitiques locaux et leur performance est relativement faible. »

Un potentiel de rattrapage boursier

Au-delà des entreprises elles-mêmes, les valorisations constituent un autre argument de poids. « Les ratios cours-bénéfices demeurent inférieurs en Europe comparativement aux États-Unis », note Guillaume Touze. Même après un certain rattrapage l’an dernier, « le marché européen reste attractif ».

Il compare l’Euro Stoxx 600 au S&P 500 et observe que l’écart de valorisation ne s’est pas encore entièrement résorbé. « Il existe un réel potentiel de rattrapage », estime-t-il.

À cela s’ajoute une dimension structurelle : l’Europe est moins dominée par les géants technologiques américains, les fameux Sept Magnifiques. « Cette concentration sectorielle aux États-Unis peut accroître la volatilité. L’Europe offre une diversification plus équilibrée », soutient-il.

Il évoque également les plans de relance en infrastructures et en défense sur le continent. L’exemple de Siemens Energy, qui aurait bénéficié des investissements allemands massifs, illustre cette dynamique. Selon lui, le plan de relance allemand actuel serait, en équivalent euro, supérieur à ce qu’avait représenté le plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale. « Cela pourrait générer entre 1 % et 2 % de croissance annuelle du PIB européen sur les cinq prochaines années », dit-il.

Diverses solutions d’investissement

Pour accroître son exposition au marché de l’Europe, plusieurs avenues sont possibles. Les portefeuilles offerts par les banques et les courtiers incluent déjà des titres européens, même si leur pondération demeure souvent inférieure à celle des actions américaines.

Les fonds d’investissement constituent une autre solution. « Par l’intermédiaire du système Fundserv, il est possible d’accéder à des fonds diversifiés de 40 à 50 titres ou plus », explique Guillaume Touze. Cette approche réduit le risque associé à la sélection de quelques actions.

Il met toutefois en garde contre certains fonds dits internationaux qui restent fortement exposés aux États-Unis. « On peut se retrouver avec une double exposition involontaire au marché américain. » Il recommande donc de vérifier si le fonds exclut l’Amérique du Nord ou s’il est spécifiquement axé sur l’Europe.

Quadra Capital, qui a obtenu l’année dernière sa licence de gestionnaire de portefeuille, a pour sa part lancé un fonds d’obligations internationales investi à plus de 60 % en Europe, ainsi qu’un projet de fonds d’actions européennes sous forme de fonds nourricier. « Les fonds strictement européens sont relativement rares au Canada. Il y a une opportunité », assure-t-il.

Selon lui, un investisseur canadien pourrait raisonnablement allouer entre 21 % et 30 % de son portefeuille à l’Europe, selon son profil de risque. « Pour les plus audacieux, on peut aller plus loin », suggère-t-il.

La fraise et la vanille

Guillaume Touze insiste sur la prudence. « La diversification, c’est d’abord une gestion de père de famille », affirme-t-il. Concentrer l’ensemble de ses actifs sur un seul marché n’est pas nécessairement optimal, même si cela n’a pas été pénalisant au cours de la dernière décennie.

Convaincre un investisseur habitué à la surperformance nord-américaine demande toutefois un travail pédagogique. « C’est comme un enfant habitué à la crème glacée à la vanille. Il faut lui faire découvrir d’autres saveurs, comme la fraise, par exemple. »

Quadra Capital propose des parts libellées en dollars canadiens et couvertes contre le risque de change. « Cela permet d’évaluer la performance réelle des titres sans être influencé par les fluctuations entre l’euro et le dollar canadien », explique Guillaume Touze. Selon lui, cette couverture réduit le risque global et favorise une lecture plus transparente des rendements.

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JPMorgan reconnaît avoir fermé les comptes de Trump https://www.finance-investissement.com/nouvelles/jpmorgan-reconnait-avoir-ferme-les-comptes-de-trump/ Tue, 24 Feb 2026 11:51:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112667 JPMorgan Chase a reconnu pour la première fois avoir fermé les comptes bancaires du président Donald Trump et de plusieurs de ses entreprises à la suite des attaques du 6 janvier 2021 contre le Capitole.

Cette reconnaissance constitue le dernier épisode d’une saga judiciaire opposant le président à la plus grande banque des États-Unis au sujet de la question dite de la « débancarisation ».

Cette déclaration figure dans un document déposé cette semaine auprès du tribunal dans le cadre de la plainte déposée par Donald Trump contre la banque et son dirigeant, Jamie Dimon. Le président réclame 5 milliards de dollars américains, alléguant que ses comptes ont été fermés pour des raisons politiques, perturbant ainsi ses activités commerciales.

« En février 2021, JPMorgan a informé les plaignants que certains comptes détenus auprès de JPMorgan CB et PB seraient fermés », a écrit Dan Wilkening, ancien directeur administratif de JPMorgan, dans le document. Les sigles « PB » et « CB » désignent respectivement la banque privée et la banque commerciale de JPMorgan.

Jusqu’à présent, JPMorgan n’a jamais admis par écrit avoir fermé les comptes du président après le 6 janvier. La banque s’est contentée d’évoquer, de manière hypothétique, les dates et les raisons de ses fermetures de comptes, invoquant les lois sur la confidentialité bancaire.

Une porte-parole de la banque a refusé de commenter davantage que ce que la banque a déclaré dans ses documents juridiques.

Le président Trump a initialement porté plainte contre JPMorgan devant un tribunal de l’État de Floride, où se situe désormais sa résidence principale. Les documents déposés cette semaine s’inscrivent dans une démarche de JPMorgan Chase visant à obtenir le transfert de l’affaire devant un tribunal fédéral et le transfert de la juridiction compétente à New York, où se trouvaient les comptes bancaires et où Donald Trump exerçait une grande partie de ses activités commerciales jusqu’à récemment.

Donald Trump a initialement accusé la banque de diffamation commerciale et de violation des lois étatiques et fédérales sur les pratiques commerciales déloyales et trompeuses.

Dans sa plainte initiale, le président Trump a soutenu avoir tenté d’aborder personnellement le problème avec Jamie Dimon après que la banque lui a envoyé des notifications de fermeture de ses comptes, et que Jamie Dimon l’avait assuré qu’il enquêterait sur la situation. La plainte allègue que Jamie Dimon n’a pas donné suite aux demandes de Donald Trump.

De plus, les avocats de Donald Trump affirment que JPMorgan a placé le président et ses entreprises sur une « liste noire » de réputation, utilisée par JPMorgan et d’autres banques pour dissuader leurs clients d’ouvrir des comptes à l’avenir. Cette liste noire n’a pas encore été définie par les avocats du président.

« Si et quand les plaignants expliqueront ce qu’ils entendent par cette “liste noire”, JPMorgan répondra en conséquence », ont indiqué les avocats de la banque dans un document déposé auprès de la Cour.

JPMorgan a déjà déclaré que, bien qu’elle regrette que Donald Trump ait jugé nécessaire de poursuivre la banque, la plainte est sans fondement.

La question de la rupture du contrat bancaire est au cœur de l’affaire. La rupture du contrat bancaire se produit lorsqu’une banque ferme les comptes d’un client ou refuse de faire affaire avec lui sous forme de prêts ou d’autres services. Autrefois un sujet relativement obscur dans le domaine financier, la « débancarisation » est devenue une question politiquement sensible ces dernières années, les élus conservateurs affirmant que les banques les ont discriminés, eux et leurs intérêts.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump intente un procès contre une grande banque pour cause de fermeture de compte. La Trump Organization a poursuivi le géant des cartes de crédit Capital One en mars 2025 pour des raisons et des allégations similaires. L’affaire est toujours en cours.

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Donald Trump relance la menace de tarifs mondiaux https://www.finance-investissement.com/nouvelles/donald-trump-relance-la-menace-de-tarifs-mondiaux/ Mon, 23 Feb 2026 13:12:38 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112665 Le président américain Donald Trump a relancé samedi ses menaces tarifaires en promettant d’augmenter les droits douaniers à 15 % à l’ensemble des pays au lendemain de la décision de la Cour suprême d’invalider son outil juridique préféré en la matière.

« Au cours des prochains mois, l’administration Trump déterminera et décrétera les nouveaux droits de douane légalement autorisés, qui permettront de poursuivre notre processus extrêmement fructueux visant à rendre à l’Amérique sa grandeur », a déclaré Donald Trump dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Vendredi, Donald Trump avait signé un décret visant à instaurer un droit de douane mondial de 10 % à compter de mardi, en vertu de l’article 122 de la loi sur le commerce de 1974. Ce droit ne peut être augmenté qu’à 15 % et expirera après 150 jours, à moins que le Congrès ne vote sa prolongation.

Les menaces de modification des droits de douane devraient avoir peu d’impact sur l’économie canadienne, mais elles ajouteront à l’incertitude actuelle avant la révision obligatoire de l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM, qui aura lieu cette année.

Une fiche d’information de la Maison-Blanche a précisé que les nouveaux droits de douane n’affecteraient pas les produits conformes à l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM. Les droits de douane ne s’ajouteront pas non plus à certains secteurs, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile, déjà soumis à des taux spécifiques.

Vendredi, la plus haute juridiction américaine a conclu qu’il n’était pas légal pour Donald Trump d’utiliser la loi sur les pouvoirs économiques de cas d’urgence internationale, mieux connue sous le nom d’IEEPA, pour ses droits de douane.

De nombreux républicains ont accueilli la décision judiciaire de vendredi par des déclarations mesurées, certains l’ont même saluée. Les dirigeants du Parti républicain ont mentionné qu’ils travailleraient avec Donald Trump sur les droits de douane à l’avenir.

Les droits de douane ont été l’un des seuls domaines dans lesquels le Congrès, contrôlé par les républicains, s’est opposé au président américain.

À plusieurs reprises, la Chambre des représentants et le Sénat ont adopté des résolutions visant à condamner les droits de douane imposés à des partenaires commerciaux comme le Canada.

Il s’agit également de l’un des rares sujets sur lesquels les législateurs républicains, qui ont grandi dans un parti largement favorable au libre-échange, ont critiqué les politiques économiques de Donald Trump.

« Les mérites vains des guerres commerciales généralisées avec les amis des États-Unis étaient évidents bien avant la décision d’aujourd’hui », a souligné le sénateur Mitch McConnell, ancien leader républicain de longue date au Sénat, dans un communiqué.

Au moins un membre républicain du Congrès qui a voté la semaine dernière contre les droits de douane imposés par Donald Trump au Canada doit désormais faire face à des conséquences politiques.

Donald Trump a écrit samedi sur sa plateforme Truth Social qu’il retirait son soutien au représentant du Colorado Jeff Hurd pour sa réélection en raison de son manque de soutien aux droits de douane et qu’il soutenait à la place sa principale rivale républicaine, Hope Scheppelman.

De leur côté, les démocrates ont demandé vendredi que les consommateurs américains soient remboursés pour les droits de douane annulés par la Cour suprême.

Samedi, Donald Trump a reproché au jugement de la Cour suprême d’être « mal rédigé et extrêmement anti-américain ».

La décision de la Cour suprême a empêché l’administration Trump d’imposer des droits de douane extrêmement élevés à n’importe quel pays à tout moment, mais elle ne devrait pas mettre un terme à ses projets de rééquilibrage du commerce mondial par ce moyen.

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré vendredi à Fox News que l’administration Trump ouvrirait des enquêtes sur certains pays en vertu de l’article 301 de la loi sur le commerce de 1974.

Cela permet au président de prendre des mesures commerciales si l’enquête conclut que les politiques d’un partenaire commercial sont déraisonnables et discriminatoires, mais cela prendrait des mois et inclurait une période de consultation publique.

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La Cour suprême invalide les droits de douane de Trump https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-cour-supreme-invalide-les-droits-de-douane-de-trump/ Fri, 20 Feb 2026 15:39:36 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112641 Le plus haut tribunal limite l’usage des pouvoirs d’urgence en matière commerciale. /Un revers majeur pour l’ancien président sur un pilier de son programme économique.

La Cour suprême des États-Unis a invalidé, le 20 février, les droits de douane internationaux de grande envergure imposés par le président américain Donald Trump, lui infligeant un revers important sur un point crucial de son programme économique.

La décision concerne les droits de douane imposés en vertu d’une loi sur les pouvoirs d’urgence, l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). Elle vise notamment les tarifs de rétorsion décrétés à l’encontre de la quasi-totalité des partenaires commerciaux des États-Unis.

« La décision prise à 6 voix contre 3 a clairement invalidé la déclaration d’urgence qui sous-tendait une grande partie des droits de douane réciproques par pays mis en place l’année dernière. La Cour suprême ne s’est pas prononcée sur la question de savoir si l’administration doit rembourser les plus de 130 milliards de dollars de droits de douane déjà payés en vertu de ces déclarations, ce qui risque de déclencher une longue bataille juridique », signale Michael Pearce, économiste en chef pour les États-Unis chez Oxford Economics.

Le président américain justifiait ces mesures en affirmant vouloir protéger le pays contre l’entrée de drogues illicites en provenance du Canada.

C’est cette utilisation de l’IEEPA que la Cour a jugée illégale.

« Cette décision frappe au cœur de la doctrine économique de l’administration. La confrontation commerciale était présentée comme le moteur du renouveau de la puissance domestique. Elle se heurte désormais à des limites constitutionnelles, à l’examen des marchés et à des rendements économiques décroissants », souligne Nigel Green, fondateur et chef de la direction du deVere Group.

Ces droits de douane avaient eu un impact non négligeable, notamment sur le PIB canadien. Avec une réduction des droits de douane, certaines pressions inflationnistes pourraient s’atténuer, selon Nigel Green.

« Un revers judiciaire ne renverse pas automatiquement la trajectoire économique. Les délais d’application, les réponses législatives potentielles et les réactions géopolitiques comptent. Les marchés intégreront des probabilités », tempère toutefois l’expert.

« L’administration a souvent mis en avant d’autres pouvoirs qu’elle pourrait utiliser pour rétablir une grande partie du régime tarifaire invalidé par cette décision. La Maison-Blanche pourrait se tourner vers l’article 122 pour appliquer immédiatement des droits de douane pouvant atteindre 15 % sur toutes les importations américaines pendant une période pouvant aller jusqu’à 150 jours avant de demander l’approbation du Congrès pour une prolongation. Cela pourrait servir de transition pendant que l’administration fait appel à d’autres autorités commerciales, qui exigent des enquêtes, mais sont plus durables sur le plan juridique », évoque pour sa part Michael Pearce.

Tout n’est pas réglé

« Bien que cette décision soit une excellente nouvelle pour le libre-échange, ses répercussions sur le Canada demeurent limitées et nous ne sommes pas encore sortis du bois », ajoute Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM.

Les produits tels que l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre sont effectivement visés par des tarifs imposés dans le cadre d’un autre mécanisme. En juin, Donald Trump a fait passer les tarifs sur les importations d’acier, d’aluminium et de produits dérivés de 25 pour cent à 50 pour cent en mentionnant à l’article 232 du Trade Expansion Act de 1962. Les tarifs sur le bois d’œuvre canadien et les produits dérivés ont ensuite été portés à 45 pour cent en vertu du même mécanisme.  

À cela s’ajoute la renégociation, prévue début juillet 2026, de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), dans un contexte où l’administration américaine adoptera certainement une posture nettement plus protectionniste. Actuellement, la grande majorité des exportations canadiennes (98 %) sont couvertes par l’ACEUM.

Si nos relations commerciales avec les États-Unis sont jugées comme déterminantes pour la prospérité du Canada, notamment par le gouvernement Carney, nous pouvons réduire d’autres barrières tarifaires et non tarifaires à l’égard du reste du monde pour « améliorer la prospérité de nos travailleurs et de nos entreprises », souligne Gabriel Giguère.

(Avec des éléments de La Presse Canadienne)

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La flambée de l’or devrait se maintenir https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-flambee-de-lor-devrait-se-maintenir/ Mon, 09 Feb 2026 13:03:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112355 Alimenté par une politique commerciale et étrangère américaine de plus en plus erratique, le prix de l’or a fortement progressé au cours de la dernière année, un virage géopolitique qui pourrait avoir modifié en profondeur le comportement des investisseurs.

Dans un rapport récent, les économistes du Mouvement Desjardins analysent la hausse des prix de l’or, qui ont brièvement dépassé le seuil de 5 500 $ US l’once plus tôt cette année avant de redescendre autour de 5 000 $ US ; un niveau qui demeure presque le double de celui observé au début de 2025.

Le rapport attribue cette envolée à deux facteurs principaux : « des achats massifs de la part des banques centrales et le climat économique et politique aux États-Unis ».

Ces deux facteurs sont étroitement liés, la hausse de la demande des banques centrales étant elle-même largement alimentée par des considérations géopolitiques.

« Le catalyseur de ce changement dans la dynamique des banques centrales a été la guerre en Ukraine, qui a mis en lumière deux constats majeurs pour l’économie mondiale, indique le rapport. Premièrement, un conflit de grande ampleur en Europe demeure possible. Deuxièmement, les États-Unis ont démontré l’étendue et la puissance du dollar comme arme politique et économique, en excluant la Russie du système financier mondial. »

Dans ce contexte, les banques centrales de pays « qui craignent des conflits ou d’éventuelles sanctions américaines », comme la Chine, sont celles qui ont le plus accru leurs réserves d’or au cours des dernières années, selon le rapport.

De plus, lorsque les tensions géopolitiques s’intensifient, « qu’il s’agisse de tarifs réciproques, de l’Iran, du Venezuela ou même du Groenland », on observe « des hausses brusques et temporaires » du prix de l’or, notent les auteurs.

Dans ce contexte, les facteurs de soutien à la hausse du prix de l’or devraient persister, du moins à court terme.

D’une part, la demande des banques centrales « devrait se maintenir », selon le rapport.

D’autre part, « les investisseurs revoient la composition de leurs portefeuilles face à la volatilité des marchés financiers, à l’imprévisibilité de l’administration Trump en matière de politique commerciale, de politique intérieure et d’interventions militaires, ainsi qu’à la reconfiguration de l’ordre mondial et des chaînes d’approvisionnement », indique le rapport.

Si l’ancien ordre mondial est bel et bien révolu, comme l’a suggéré le premier ministre Mark Carney dans son discours à Davos, et qu’il ne reviendra pas, « les actions de l’administration américaine auraient alors déclenché un changement durable du comportement des investisseurs, ceux-ci cherchant une meilleure protection contre ces risques », ajoute le rapport.

Le rôle traditionnel du dollar américain comme valeur refuge s’est également affaibli, laissant l’or « comme l’un des derniers actifs fiables », souligne Desjardins.

À ce stade, il n’est pas clair si les dommages causés à l’ordre mondial peuvent être réparés. Entre-temps, la perspective de nouveaux épisodes de tensions géopolitiques, liés à des événements tels que « des conflits armés, une nouvelle vague de tarifs douaniers ou les élections de mi-mandat aux États-Unis », devrait continuer de soutenir les prix de l’or dans les mois à venir.

Parallèlement à ces facteurs fondamentaux, la volatilité récente des prix de l’or a également attiré des investisseurs spéculatifs, ce qui accroît à la fois les risques à la hausse et à la baisse des perspectives. Si la spéculation a amplifié les gains récents, elle augmente aussi le risque d’une correction marquée, avertit le rapport.

Ainsi, bien que Desjardins anticipe actuellement que l’or terminera l’année autour de 5 200 $ US l’once, l’institution souligne qu’il existe « une incertitude importante entourant cette prévision ».

À plus long terme, Desjardins s’attend à ce que la progression des prix de l’or ralentisse, voire s’inverse, notamment à mesure que la production aurifère augmentera.

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Kevin Warsh pressenti à la tête de la Fed https://www.finance-investissement.com/nouvelles/kevin-warsh-pressenti-a-la-tete-de-la-fed/ Fri, 30 Jan 2026 14:28:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112232 Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé vendredi qu’il proposera la candidature de Kevin Warsh au poste de prochain président de la Réserve fédérale (Fed).

Ce choix est susceptible d’entraîner des changements radicaux au sein de cette puissante institution, qui pourrait se rapprocher de la Maison-Blanche et voir son indépendance vis-à-vis de la politique quotidienne être réduite.

Si sa nomination est confirmée par le Sénat, Kevin Warsh, qui est âgé de 55 ans, succédera à l’actuel président de la Fed, Jerome Powell, à la fin de son mandat, en mai.

Donald Trump avait choisi Jerome Powell pour diriger la Fed en 2017. Ces derniers mois, il l’a sans cesse critiqué pour ne pas avoir abaissé les taux d’intérêt assez rapidement.

Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a fait valoir que Kevin Warsh, qui a été membre du conseil des gouverneurs de la Fed de 2006 à 2011, est « parfait pour le rôle » et qu’il ne « décevra jamais » les Américains.

« Je connais Kevin depuis longtemps et je ne doute pas qu’il restera dans les annales comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut-être même le meilleur », a écrit Donald Trump.

Kevin Warsh est actuellement membre de la Hoover Institution, un laboratoire d’idées de droite, en plus d’être chargé de cours à la Stanford Graduate School of Business.

À certains égards, Kevin Warsh est un choix improbable pour le président républicain, car il est depuis longtemps un faucillon dans le jargon de la Fed, c’est-à-dire quelqu’un qui soutient généralement des taux d’intérêt plus élevés pour contrôler l’inflation.

Donald Trump plaide que le taux directeur de la Fed devrait être aussi bas que 1 %, soit bien en dessous de son niveau actuel d’environ 3,6 %, une position que peu d’économistes approuvent.

Pendant son mandat de gouverneur, Kevin Warsh s’est opposé à certaines des politiques de taux d’intérêt bas menées par la Fed pendant et après la récession de 2008-2009. Il a également souvent exprimé à l’époque sa crainte que l’inflation s’accélère.

Plus récemment, dans des discours et des tribunes libres, Kevin Warsh s’est dit favorable à une baisse des taux.

Contrôler la Fed 

La nomination de Kevin Warsh constituerait une étape importante vers le renforcement du contrôle de Donald Trump sur la Fed, l’une des rares agences fédérales encore indépendantes.

Si tous les présidents influencent la politique de la Fed par l’intermédiaire des nominations, les attaques rhétoriques de Donald Trump contre la banque centrale ont suscité des inquiétudes quant à son statut d’institution indépendante.

Le président de la Réserve fédérale est l’un des responsables économiques les plus puissants au monde, chargé de lutter contre l’inflation aux États-Unis tout en soutenant le plein emploi.

Les décisions de la Fed en matière de taux d’intérêt influencent, à terme, les coûts d’emprunt dans l’ensemble de l’économie, y compris pour les prêts hypothécaires, les prêts automobiles et les cartes de crédit.

Politiques économiques de Trump

Depuis la réélection de Donald Trump, Kevin Warsh a exprimé son soutien aux politiques économiques du président, malgré son passé de républicain plus conventionnel et favorable au libre-échange.

Dans une chronique publiée en janvier 2025 dans le « Wall Street Journal », Kevin Warsh a écrit que « les politiques de déréglementation énergiques de l’administration Trump, si elles étaient mises en œuvre, auraient un effet désinflationniste ».

Depuis son premier mandat, Donald Trump a rompu avec plusieurs décennies de précédent selon lesquelles les présidents évitaient d’appeler publiquement à des baisses de taux, par respect pour le statut d’agence indépendante de la Fed.

Donald Trump a également cherché à exercer un contrôle accru sur la Fed. En août, il a tenté de licencier Lisa Cook, l’une des sept gouverneurs, afin d’obtenir la majorité au conseil de la Fed. Il a nommé trois autres membres, dont deux lors de son premier mandat.

Mme Cook a toutefois intenté une poursuite pour conserver son poste. La semaine dernière, la Cour suprême s’est montrée encline à lui permettre de conserver son poste pendant que la procédure suit son cours devant les tribunaux.

Des études économiques ont montré que les banques centrales indépendantes obtiennent de meilleurs résultats en matière de contrôle de l’inflation. Les élus, comme Donald Trump, exigent souvent des taux d’intérêt plus bas pour stimuler la croissance et l’emploi, ce qui peut entraîner une hausse des prix.

Défis potentiels

Si sa nomination est confirmée, Kevin Warsh devra relever des défis pour faire baisser les taux d’intérêt de manière significative. Le président n’est que l’un des 19 membres que compte le comité de fixation des taux de la Fed, dont 12 votent lors de chaque décision.

Si la Fed réduit ses taux à court terme de manière trop agressive et que cette décision est perçue comme motivée par des raisons politiques, les investisseurs de Wall Street pourraient vendre leurs bons du Trésor par crainte d’une hausse de l’inflation. Ces ventes feraient grimper les taux d’intérêt à long terme.

Donald Trump a envisagé de nommer Kevin Warsh à la présidence de la Fed pendant son premier mandat, mais il a finalement choisi Jerome Powell. Le beau-père de Kevin Warsh est Ronald Lauder, héritier de la fortune cosmétique Estee Lauder et donateur et confident de longue date de Donald Trump.

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La Fed marque une pause sur les taux https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-fed-marque-une-pause-sur-les-taux/ Thu, 29 Jan 2026 13:24:44 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112205 La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) a marqué une pause dans ses baisses de taux d’intérêt, mercredi, laissant son taux directeur inchangé à environ 3,6 % après l’avoir abaissé à trois reprises l’année dernière.

La banque centrale explique dans une déclaration qu’il y a des signes de stabilisation du marché de l’emploi et que la croissance est « solide », une amélioration par rapport à la description « modeste » du mois dernier.

Avec une économie qui croît à un rythme soutenu et aucun signe de détérioration de l’emploi, les responsables de la Fed ne voient probablement pas de raison de précipiter de nouvelles baisses de taux.

Si la plupart des décideurs politiques s’attendent à une nouvelle réduction des coûts d’emprunt cette année, beaucoup souhaitent voir des signes indiquant que l’inflation, qui reste obstinément élevée, se rapproche de l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale. Selon l’indicateur privilégié par la Fed, l’inflation s’élevait à 2,8 % en novembre, soit un niveau légèrement supérieur à celui de l’année dernière.

Deux responsables se sont opposés à cette décision, les gouverneurs Stephen Miran et Christopher Waller, préférant une nouvelle baisse d’un quart de point.

Le président Donald Trump a nommé Stephen Miran en septembre, tandis que Christopher Waller est pressenti par la Maison-Blanche pour remplacer le président Jerome Powell, dont le mandat prend fin en mai.

La décision de la Fed de maintenir le statu quo risque d’alimenter les critiques du président Trump, qui attaque Jerome Powell depuis des mois pour ne pas avoir réduit fortement les taux à court terme.

Lorsque la Fed réduit son taux directeur, elle tend à faire baisser les coûts d’emprunt pour les prêts hypothécaires, les prêts automobiles et les emprunts commerciaux, bien que ces taux soient également influencés par les forces du marché.

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La Banque du Canada défend l’indépendance de la Fed https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-banque-du-canada-defend-lindependance-de-la-fed/ Wed, 28 Jan 2026 19:04:44 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112176 Le gouverneur de la Banque du Canada affirme que la perte d’indépendance de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) aurait des répercussions sur les marchés financiers canadiens en raison de l’intégration des deux économies.

Lors d’une conférence de presse tenue après la dernière décision sur le taux directeur, le gouverneur Tiff Macklem dit qu’il est difficile de prédire quelles seraient les répercussions, mais que le maintien de l’indépendance de la Fed est bénéfique pour les Américains et les Canadiens.

Les commentaires de Tiff Macklem interviennent alors que le président américain Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises le président de la Fed, Jerome Powell, et la banque centrale pour ne pas avoir agi plus rapidement pour réduire les taux.

Donald Trump a considérablement intensifié sa confrontation avec la Fed au début du mois, le département de la Justice ayant ouvert une enquête et menacé de poursuites criminelles, ce que Jerome Powell a qualifié de «prétextes» dans la campagne du président visant à prendre le contrôle de la politique américaine en matière de taux d’intérêt.

Tiff Macklem fait partie des banquiers centraux du monde entier qui ont affirmé leur «solidarité totale» avec M. Powell et ont souligné que l’indépendance des banques centrales est la pierre angulaire de la stabilité des prix, des finances et de l’économie.

Les économistes avertissent qu’une Fed politisée qui cède aux exigences du président nuira à sa crédibilité en tant que combattante de l’inflation et conduira probablement les investisseurs à exiger des taux plus élevés avant d’investir dans les bons du Trésor américain.

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Mark Carney avertit : le monde entre dans une ère de coercition économique https://www.finance-investissement.com/nouvelles/mark-carney-avertit-le-monde-entre-dans-une-ere-de-coercition-economique/ Wed, 21 Jan 2026 13:21:46 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112031 S’exprimant mardi devant le Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le premier ministre Mark Carney a déclaré que le monde était entré dans une nouvelle ère risquée, marquée par les rivalités entre grandes puissances.

Alors que le président américain Donald Trump continue cette semaine d’appeler à l’annexion du Groenland, Mark Carney met les dirigeants en garde contre l’idée qu’ils peuvent acheter leur sécurité en se soumettant aux grandes puissances.

« Les grandes puissances ont commencé à utiliser l’intégration économique comme une arme. Les droits de douane comme moyen de pression, les infrastructures financières comme moyen de coercition, les chaînes d’approvisionnement comme vulnérabilités à exploiter », a soutenu Mark Carney dans son discours.

« Vous ne pouvez pas vivre dans le mensonge d’un bénéfice mutuel grâce à l’intégration lorsque celle-ci devient la source de votre subordination. »

Le premier ministre a souligné que des pays comme le Canada ont pu prospérer grâce à un ordre international prévisible et fondé sur des règles.

Le premier ministre a affirmé que des pays comme le Canada avaient prospéré sous l’ancien ordre international fondé sur des règles, mais que « cet ancien ordre ne reviendra pas ».

« Les puissances moyennes doivent agir de concert, car si vous n’êtes pas à la table des négociations, vous êtes au menu », a-t-il lancé, reprenant un argument familier de la campagne électorale de l’année dernière et s’adressant à un public international.

Les grandes puissances peuvent agir seules, a affirmé Mark Carney. Les puissances moyennes comme le Canada, elles, ne le peuvent pas.

« Mais lorsque nous ne négocions que bilatéralement avec une puissance hégémonique, nous négocions en position de faiblesse, a poursuivi le premier ministre. Nous acceptons ce qui nous est proposé. Nous rivalisons pour être le plus accommodant possible. Ce n’est pas la souveraineté. C’est une démonstration de souveraineté tout en acceptant la subordination. »

Ce discours intervient alors que Donald Trump approche du premier anniversaire de son second mandat présidentiel, une année marquée par son recours aux droits de douane comme instrument de puissance politique et économique, contre la quasi-totalité des pays du monde.

Parmi ses menaces les plus récentes figurent des droits de douane imposés à huit nations européennes qui s’opposent fermement à son projet d’annexion du Groenland, et un droit de douane de 200 % sur le vin français après le refus du président français Emmanuel Macron de rejoindre le « Conseil de la paix » de Donald Trump pour Gaza.

La crise du Groenland a dominé les débats à Davos, les dirigeants mondiaux dénonçant les menaces américaines.

Emmanuel Macron a qualifié la situation de « délirante », tandis que le premier ministre belge, Bart De Wever, a déclaré que les États-Unis ne se comportaient pas comme un allié.

Mark Carney a rencontré Emmanuel Macron mardi. Un communiqué du cabinet du premier ministre indique que les deux hommes ont « réaffirmé leur engagement mutuel » envers la souveraineté du Danemark, y compris celle du Groenland.

Mark Carney a expliqué à l’auditoire de Davos que l’année écoulée a démontré que le monde évolue vers un système de coercition économique, les grandes puissances privilégiant leurs propres intérêts.

Le premier ministre a affirmé que les puissances moyennes comme le Canada, doivent s’adapter à cette nouvelle réalité, raison pour laquelle le Canada cherche à développer ses échanges commerciaux avec les pays non américains grâce à des accords tels que ceux récemment signés avec la Chine et le Qatar.

Un discours « pragmatique »

Colin Robertson, ancien diplomate canadien et chercheur à l’Institut canadien des affaires mondiales, a expliqué à La Presse Canadienne que le discours de Mark Carney lui semblait « pragmatique ».

« Le multilatéralisme est ce qui nous permet de rétablir l’égalité des chances et, si nous ne le faisons pas, les grandes puissances vont nous éliminer une à une, comme l’a souligné le premier ministre, a-t-il dit. Je pense que cela a posé les bases de ce qui deviendra probablement la doctrine Carney. »

« Je trouve cela très positif, a-t-il ajouté. Je pense que d’autres pays, et notamment les puissances moyennes en Europe, s’y intéresseront probablement. »

Adam Chapnick, professeur d’études de la défense au Collège militaire royal du Canada, a expliqué que, même si le discours de Mark Carney est présenté comme une rupture, il est, à certains égards, conforme aux intérêts nationaux du Canada.

« Lorsqu’on n’est pas une grande puissance, la force du nombre a toujours prévalu, que les grandes puissances soient conflictuelles et agressives ou moins belliqueuses, a soutenu Adam Chapnick. Il ne faut jamais se retrouver en confrontation directe avec une puissance militaire ou économique supérieure, car il est très difficile de gagner de telles négociations. »

Adam Chapnick a déclaré que, même si le Canada s’exprimait rarement ces dernières années en des termes aussi « clairs et pragmatiques », le contenu du discours de Mark Carney n’avait rien de nouveau.

« Il s’agit d’une évaluation réaliste de ce que le Canada peut et ne peut pas faire seul dans le monde, a-t-il affirmé. Pour défendre ses intérêts à l’international, le Canada doit collaborer avec d’autres pays, quel que soit le contexte international. »

Adam Chapnick a ajouté que le discours expliquait autant les actions menées par Mark Carney que ses projets futurs.

« Il explique les déplacements constants, les différents accords commerciaux, les divers partenariats militaires, les accords d’achat et la redéfinition des relations avec tous ces pays », a-t-il précisé.

Mark Carney a été critiqué pour son manque de fermeté sur la question des droits de la personne lors de ses rencontres avec des dictateurs, alors qu’il cherche à attirer de nouveaux investissements étrangers.

Il y a moins d’un an, le premier ministre Carney avait publiquement désigné la Chine comme la plus grande menace pour la sécurité nationale du Canada.

Dans son discours à Davos, le premier ministre a expliqué comment le Canada mise sur un large engagement international pour « maximiser » son influence sur la scène mondiale, dans un contexte turbulent.

« Nous agissons concrètement face au monde tel qu’il est, sans attendre un monde idéal », a expliqué Mark Carney.

Il a affirmé que le Canada avait été parmi les premiers à entendre le “signal d’alarme” de la nouvelle ère des grandes puissances — une allusion aux droits de douane imposés par les États-Unis l’an dernier et à leur menace de faire du Canada le 51e État américain.

Donald Trump, qui participe au Forum économique mondial avec un groupe restreint de membres de son cabinet et de conseillers de la Maison-Blanche, doit prendre la parole mercredi.

Les dirigeants du monde entier peuvent circuler librement dans la ville et pourraient même se croiser par hasard, mais on ignore si Donald Trump et Mark Carney se rencontreront.

Mark Carney devrait rentrer chez lui mercredi soir. Le cabinet du premier ministre a indiqué qu’aucune rencontre n’est prévue pour le moment entre Mark Carney et Donald Trump, mais que cela pourrait changer.

Le bureau ne divulgue pas systématiquement les dates des échanges entre les deux dirigeants.

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