coercition économique – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 21 Jan 2026 13:21:46 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png coercition économique – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Mark Carney avertit : le monde entre dans une ère de coercition économique https://www.finance-investissement.com/nouvelles/mark-carney-avertit-le-monde-entre-dans-une-ere-de-coercition-economique/ Wed, 21 Jan 2026 13:21:46 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112031 S’exprimant mardi devant le Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le premier ministre Mark Carney a déclaré que le monde était entré dans une nouvelle ère risquée, marquée par les rivalités entre grandes puissances.

Alors que le président américain Donald Trump continue cette semaine d’appeler à l’annexion du Groenland, Mark Carney met les dirigeants en garde contre l’idée qu’ils peuvent acheter leur sécurité en se soumettant aux grandes puissances.

« Les grandes puissances ont commencé à utiliser l’intégration économique comme une arme. Les droits de douane comme moyen de pression, les infrastructures financières comme moyen de coercition, les chaînes d’approvisionnement comme vulnérabilités à exploiter », a soutenu Mark Carney dans son discours.

« Vous ne pouvez pas vivre dans le mensonge d’un bénéfice mutuel grâce à l’intégration lorsque celle-ci devient la source de votre subordination. »

Le premier ministre a souligné que des pays comme le Canada ont pu prospérer grâce à un ordre international prévisible et fondé sur des règles.

Le premier ministre a affirmé que des pays comme le Canada avaient prospéré sous l’ancien ordre international fondé sur des règles, mais que « cet ancien ordre ne reviendra pas ».

« Les puissances moyennes doivent agir de concert, car si vous n’êtes pas à la table des négociations, vous êtes au menu », a-t-il lancé, reprenant un argument familier de la campagne électorale de l’année dernière et s’adressant à un public international.

Les grandes puissances peuvent agir seules, a affirmé Mark Carney. Les puissances moyennes comme le Canada, elles, ne le peuvent pas.

« Mais lorsque nous ne négocions que bilatéralement avec une puissance hégémonique, nous négocions en position de faiblesse, a poursuivi le premier ministre. Nous acceptons ce qui nous est proposé. Nous rivalisons pour être le plus accommodant possible. Ce n’est pas la souveraineté. C’est une démonstration de souveraineté tout en acceptant la subordination. »

Ce discours intervient alors que Donald Trump approche du premier anniversaire de son second mandat présidentiel, une année marquée par son recours aux droits de douane comme instrument de puissance politique et économique, contre la quasi-totalité des pays du monde.

Parmi ses menaces les plus récentes figurent des droits de douane imposés à huit nations européennes qui s’opposent fermement à son projet d’annexion du Groenland, et un droit de douane de 200 % sur le vin français après le refus du président français Emmanuel Macron de rejoindre le « Conseil de la paix » de Donald Trump pour Gaza.

La crise du Groenland a dominé les débats à Davos, les dirigeants mondiaux dénonçant les menaces américaines.

Emmanuel Macron a qualifié la situation de « délirante », tandis que le premier ministre belge, Bart De Wever, a déclaré que les États-Unis ne se comportaient pas comme un allié.

Mark Carney a rencontré Emmanuel Macron mardi. Un communiqué du cabinet du premier ministre indique que les deux hommes ont « réaffirmé leur engagement mutuel » envers la souveraineté du Danemark, y compris celle du Groenland.

Mark Carney a expliqué à l’auditoire de Davos que l’année écoulée a démontré que le monde évolue vers un système de coercition économique, les grandes puissances privilégiant leurs propres intérêts.

Le premier ministre a affirmé que les puissances moyennes comme le Canada, doivent s’adapter à cette nouvelle réalité, raison pour laquelle le Canada cherche à développer ses échanges commerciaux avec les pays non américains grâce à des accords tels que ceux récemment signés avec la Chine et le Qatar.

Un discours « pragmatique »

Colin Robertson, ancien diplomate canadien et chercheur à l’Institut canadien des affaires mondiales, a expliqué à La Presse Canadienne que le discours de Mark Carney lui semblait « pragmatique ».

« Le multilatéralisme est ce qui nous permet de rétablir l’égalité des chances et, si nous ne le faisons pas, les grandes puissances vont nous éliminer une à une, comme l’a souligné le premier ministre, a-t-il dit. Je pense que cela a posé les bases de ce qui deviendra probablement la doctrine Carney. »

« Je trouve cela très positif, a-t-il ajouté. Je pense que d’autres pays, et notamment les puissances moyennes en Europe, s’y intéresseront probablement. »

Adam Chapnick, professeur d’études de la défense au Collège militaire royal du Canada, a expliqué que, même si le discours de Mark Carney est présenté comme une rupture, il est, à certains égards, conforme aux intérêts nationaux du Canada.

« Lorsqu’on n’est pas une grande puissance, la force du nombre a toujours prévalu, que les grandes puissances soient conflictuelles et agressives ou moins belliqueuses, a soutenu Adam Chapnick. Il ne faut jamais se retrouver en confrontation directe avec une puissance militaire ou économique supérieure, car il est très difficile de gagner de telles négociations. »

Adam Chapnick a déclaré que, même si le Canada s’exprimait rarement ces dernières années en des termes aussi « clairs et pragmatiques », le contenu du discours de Mark Carney n’avait rien de nouveau.

« Il s’agit d’une évaluation réaliste de ce que le Canada peut et ne peut pas faire seul dans le monde, a-t-il affirmé. Pour défendre ses intérêts à l’international, le Canada doit collaborer avec d’autres pays, quel que soit le contexte international. »

Adam Chapnick a ajouté que le discours expliquait autant les actions menées par Mark Carney que ses projets futurs.

« Il explique les déplacements constants, les différents accords commerciaux, les divers partenariats militaires, les accords d’achat et la redéfinition des relations avec tous ces pays », a-t-il précisé.

Mark Carney a été critiqué pour son manque de fermeté sur la question des droits de la personne lors de ses rencontres avec des dictateurs, alors qu’il cherche à attirer de nouveaux investissements étrangers.

Il y a moins d’un an, le premier ministre Carney avait publiquement désigné la Chine comme la plus grande menace pour la sécurité nationale du Canada.

Dans son discours à Davos, le premier ministre a expliqué comment le Canada mise sur un large engagement international pour « maximiser » son influence sur la scène mondiale, dans un contexte turbulent.

« Nous agissons concrètement face au monde tel qu’il est, sans attendre un monde idéal », a expliqué Mark Carney.

Il a affirmé que le Canada avait été parmi les premiers à entendre le “signal d’alarme” de la nouvelle ère des grandes puissances — une allusion aux droits de douane imposés par les États-Unis l’an dernier et à leur menace de faire du Canada le 51e État américain.

Donald Trump, qui participe au Forum économique mondial avec un groupe restreint de membres de son cabinet et de conseillers de la Maison-Blanche, doit prendre la parole mercredi.

Les dirigeants du monde entier peuvent circuler librement dans la ville et pourraient même se croiser par hasard, mais on ignore si Donald Trump et Mark Carney se rencontreront.

Mark Carney devrait rentrer chez lui mercredi soir. Le cabinet du premier ministre a indiqué qu’aucune rencontre n’est prévue pour le moment entre Mark Carney et Donald Trump, mais que cela pourrait changer.

Le bureau ne divulgue pas systématiquement les dates des échanges entre les deux dirigeants.

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