ACEUM | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/aceum/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Thu, 19 Mar 2026 12:30:11 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png ACEUM | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/aceum/ 32 32 Québec cherche encore 2 G$ pour atteindre l’équilibre https://www.finance-investissement.com/nouvelles/quebec-cherche-encore-2-g-pour-atteindre-lequilibre/ Thu, 19 Mar 2026 12:30:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113078 Les hypothèses du gouvernement sont jugées optimistes par plusieurs économistes.

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Le brouillard persiste sur le chemin menant vers l’équilibre budgétaire. Le ministère des Finances du Québec doit encore identifier l’équivalent 2 milliards de dollars (G$) en nouveaux revenus ou compressions pour renouer avec l’encre noire en 2029-2030.

Le ministre des Finances, Eric Girard, se défend de présenter un plan incomplet, mercredi en conférence de presse dans le cadre du dévoilement de son huitième budget.

Le plan de retour à l’équilibre budgétaire est établi « dans un contexte difficile », tandis que l’incertitude demeure sur l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Il indique que l’économie québécoise progresse sous son potentiel en raison de l’incertitude commerciale. Il laisse entendre que l’écart pourrait se combler, si une entente est conclue entre le Canada et les États-Unis.

« Oui, il y a 2 G$ de non identifiés, répond le ministre. Il va disparaître aussitôt que l’incertitude va disparaître. »

Cet écart s’est rétréci de 500 M$ par rapport à l’estimation de 2,5 G$ du précédent budget.

L’économiste en chef du Mouvement Desjardins, Jimmy Jean, trouve que l’hypothèse du gouvernement repose « sur des espoirs ». « Ce n’est pas tellement une prévision qui est dans la prudence, juge-t-il. C’est un élément sur lequel le gouvernement n’a pas tellement de contrôle. »

Le chef conservateur, Éric Duhaime, accuse le gouvernement de ne pas dire comment il va atteindre l’équilibre budgétaire. « Il n’y a aucun plan de dépenses rigoureux. »

Des prévisions de dépenses remises en doute

Le gouvernement prévoit que les dépenses de portefeuille augmenteront de 1,6 % cet année.

Il s’agit d’un ralentissement marqué lorsqu’on compare au rythme de 5,9 % des dix dernières années, a souligné la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke, dans son mémoire dans le cadre des consultations prébudgétaires.

Le rapport du Vérificateur général du Québec a d’ailleurs mis en doute que le retour à l’équilibre pourrait se faire sans effets sur les services. L’exercice « pourrait compromettre le maintien du niveau des services à la population ou l’atteinte de l’équilibre budgétaire dans les délais prévus », peut-on lire dans son rapport publié en novembre.

Le porte-parole en matière de finances du Parti libéral du Québec (PLQ), Frédéric Beauchemin, accuse le gouvernement Legault de mettre « des lunettes roses » avec ses scénarios budgétaires. Il accuse le gouvernement Legault d’avoir constamment sous-estimé ses dépenses.

Du côté de Québec solidaire, la porte-parole en matière de finances, Alejandra Zaga Mendez, estime que les projections de dépenses du gouvernement ne tiennent pas compte « des besoins réels », dénonce-t-elle. « On dirait que l’austérité cible l’éducation. »

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Budget du Québec : les principaux points à retenir https://www.finance-investissement.com/nouvelles/budget-du-quebec-les-principaux-points-a-retenir/ Thu, 19 Mar 2026 12:27:16 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113077 Déficit, infrastructures et croissance économique marquent l’exercice 2026-2027.

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Voici les points saillants du budget présenté mercredi par le ministre des Finances, Eric Girard :

  • Le gouvernement prévoit un déficit de 8,6 milliards de dollars (G$) pour l’année financière 2026-2027, en tenant compte du versement au Fonds des générations (6,3 G$ si l’on exclut ce versement). Il s’agit d’une réduction par rapport au déficit de 9,9 G$ de 2025-2026 (7,7 G$ en excluant le versement).
  • Québec vise toujours le retour à l’équilibre budgétaire pour 2029-2030. Le déficit après versement au Fonds des générations devrait ainsi être ramené à 5,7 G$ en 2027-2028, puis à 1,5 G$ en 2028-2029.
  • Québec rehausse de 5 G$ sur six ans les investissements en infrastructures, pour porter à 167 G$ le Plan québécois des infrastructures (PQI). Le gouvernement dit vouloir cibler les secteurs prioritaires, soit la santé et les services sociaux, l’éducation et l’enseignement supérieur, le transport collectif et le réseau routier. La part des sommes investies qui sera allouée au maintien en bon état des infrastructures existantes passe à 71 %, en hausse par rapport à 65 % dans le PQI précédent.
  • Après une faible progression du produit intérieur brut de 0,8 % en 2025, le gouvernement prévoit une croissance de 1,1 % en 2026 et de 1,4 % en 2027. Le ministre Girard estime que la révision de l’accord Canada-États-Unis-Mexique est la menace la plus importante qui pèse sur l’économie québécoise.
  • Les dépenses du gouvernement, en incluant le service de la dette, doivent augmenter de 1,5 % en 2026-2027, ce qui représente un coup de frein par rapport à la hausse de 4,3 % de l’année financière précédente.
  • Le ministre Girard dit avoir prévu une marge de manœuvre de 250 millions de dollars (M$) pour des engagements ou des mesures que souhaiterait mettre en place le nouveau premier ministre (Christine Fréchette ou Bernard Drainville) qui succédera à François Legault le mois prochain. Le nouveau chef de la Coalition avenir Québec pourrait aussi puiser dans la provision pour éventualités (2 G$ pour la présente année financière).
  • Le budget prévoit 581,3 M$ en cinq ans pour le soutien aux PME, dont 365,1 M$ pour les entreprises et les communautés forestières. Le secteur forestier est présentement confronté à des droits de douane de 45 % de la part des États-Unis.
  • Le gouvernement entend consacrer 119 M$ sur cinq ans pour le maintien du financement de la culture à l’école et aux sorties scolaires en milieu culturel.
  • Le gouvernement entend consacrer 280,4 M$ sur cinq ans pour soutenir le secteur audiovisuel québécois, dont 12,2 M$ pour ajuster le crédit d’impôt pour la production cinématographique ou télévisuelle.
  • Québec prévoit 40,2 M$ sur cinq ans pour la mise en place d’un Crédit d’impôt remboursable pour les médias d’information québécois (CMIQ), qui viendra remplacer le crédit d’impôt déjà en place pour ce secteur. Le CMIQ vise à soutenir la presse d’information écrite, la télévision généraliste privée, la radio commerciale ainsi que les agences de presse.

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Un budget axé sur l’aide aux plus vulnérables https://www.finance-investissement.com/nouvelles/un-budget-axe-sur-laide-aux-plus-vulnerables/ Thu, 19 Mar 2026 12:24:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113076 Québec privilégie des mesures ciblées dans un contexte de déficit élevé et d’incertitude économique.

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Pris avec un déficit frôlant les 10 milliards de dollars (G$), le ministre des Finances, Eric Girard, a priorisé dans son budget 2026-2027 des aides ciblées pour les Québécois les plus vulnérables.

Pas de baisse d’impôt ni de chèques : plutôt, 2,4 G$ sur cinq ans pour améliorer l’accès au logement, l’accompagnement des personnes en situation d’itinérance, le financement des banques alimentaires et l’assistance aux femmes violentées.

Cette somme doit aussi aider les familles à faire face au coût de la vie, le gouvernement prévoyant convertir 5000 places de garde non subventionnées en places subventionnées à 9,65 $ par jour et maintenir la croissance de la taxe scolaire à 3 %.

Au chapitre du logement, Eric Girard débloque une somme de 740 millions de dollars (M$) sur trois ans notamment pour construire 1000 nouvelles unités abordables et rénover le parc de logements existant.

Il a prévu 25 M$ afin d’assurer la continuité des services en matière d’itinérance, notamment en offrant un accompagnement personnalisé aux personnes en situation d’itinérance et en rehaussant l’offre d’hébergement d’urgence et de transition.

Afin de répondre à la forte demande en aide alimentaire, il accorde 21 M$ en 2026-2027 à l’organisme Les Banques alimentaires du Québec, puis 40 M$ sur quatre ans, à partir de 2027-2028, pour l’aider à entreposer, conserver et réfrigérer adéquatement les denrées.

Par ailleurs, « le nombre de féminicides commis au Québec dans les premiers mois de l’année 2026 démontre l’importance de poursuivre les efforts pour répondre aux besoins des personnes qui sont victimes de violence », peut-on lire dans les documents budgétaires.

À cet égard, le gouvernement prévoit 260 M$ sur cinq ans notamment pour rehausser le soutien aux maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence, renouveler le plan d’action pour la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineures et compléter le déploiement du Tribunal spécialisé en matière de violence.

Le financement des maisons d’hébergement pour femmes violentées atteindra 190 M$ par année à compter de 2030-2031, ce qui correspond à une hausse d’environ 15 %, selon le gouvernement, qui se targue d’avoir plus que doublé le financement de ces maisons depuis 2019.

Climat d’incertitude et réserve électorale

Ce huitième budget du ministre Girard, qu’il qualifie de « sobre », « responsable » et « ciblé », survient dans un contexte particulier, alors que le Québec fait face à énormément d’incertitude.

Non seulement la province subit-elle le conflit commercial avec les États-Unis, l’avenir incertain de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) et les conséquences de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, mais elle est en pleine course à la chefferie caquiste qui doit élire un nouveau premier ministre le 12 avril.

D’ailleurs, le budget prévoit une provision pour éventualités totalisant 8 G$ sur cinq ans qui pourra être utilisée notamment pour couvrir les dépenses imprévues.

De ce montant, 2 G$ sont mis de côté en 2026-2027 : le ministre des Finances a confirmé mercredi que le prochain premier ministre pourra piger dans cette enveloppe pour « faire des annonces » en vue des élections générales.

Il pourra aussi profiter des sommes qui lui sont réservées « de façon explicite » dans la croissance des dépenses des ministères (250 M$ par année), a indiqué Eric Girard.

Ce « coussin Fréchette-Drainville » est un « fonds électoral », s’est indigné le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard. De « l’électoralisme primaire », a ajouté la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal.

Pour le Parti québécois, le budget présenté mercredi est « incohérent » avec la série de promesses faites par les deux candidats à la chefferie, Christine Fréchette et Bernard Drainville.

Fait à noter, Eric Girard maintient le financement pour les sorties scolaires en milieu culturel que le gouvernement voulait couper, une demande de Mme Fréchette.

« Un budget PPP : plate, pauvre et paresseux », a lancé le chef conservateur Éric Duhaime.

Or, une hausse des droits de douane, l’imposition de tarifs sectoriels additionnels ou un éventuel retrait des États-Unis de l’ACEUM entraîneraient le Québec dans une récession, lit-on dans le budget.

Le ministère des Finances prévient aussi que la guerre en Iran pourrait freiner l’économie, notamment en raison du choc pétrolier, si elle perdurait plus longtemps qu’anticipé. Il fait l’hypothèse que le conflit devrait durer « environ six semaines » et ne prévoit aucune aide aux automobilistes.

Le déficit du Québec pour 2026-2027, après versement au Fonds des générations, s’élève à 8,6 G$. Il était de 13,6 G$ l’année dernière, mais avait été révisé à 12,4 G$ en novembre 2025.

En réponse au déficit annoncé l’année dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) avait décoté le Québec.

Mercredi, le gouvernement a indiqué qu’il prévoyait toujours atteindre le déficit zéro en 2029-2030, notamment en augmentant « l’efficacité de l’État » et en « optimisant » ses ressources.

« La sobriété a bien meilleur goût. […] Je m’attends à ce que ce budget soit extrêmement bien reçu » par les agences de notation, a déclaré Eric Girard.

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Le budget Girard dans un contexte incertain https://www.finance-investissement.com/nouvelles/le-budget-girard-dans-un-contexte-incertain/ Wed, 18 Mar 2026 12:19:13 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113031 Conflit en Iran, incertitudes économiques et défis budgétaires compliquent l’atteinte de l’équilibre.

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De nouvelles embûches se dressent sur le chemin vers le retour à l’équilibre budgétaire tracé par le ministre des Finances, Eric Girard, qui déposera un budget « sobre et ciblé » en fin d’après-midi.

Alors qu’il se prépare à présenter son huitième budget, Eric Girard a reconnu que l’exercice se fait dans un contexte particulier, lors d’une mêlée de presse mardi.

Les membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) choisiront en avril la ou le prochain premier ministre, une campagne électorale est prévue cet automne, l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique est en renégociation et le conflit en Iran a entraîné une flambée des prix du carburant.

« Ce n’est pas le moment de faire de nouvelles dépenses, de nouvelles promesses, a tranché le ministre à la veille du grand dévoilement. Alors, c’est un budget où il y aura un financement adéquat des missions de l’État, un rehaussement des dépenses en infrastructure (et) des gestes ciblés. »

Les conséquences économiques de la flambée des prix du carburant pourraient avoir un impact sur les coffres du gouvernement, prévient l’économiste Sonny Scarfone, du Mouvement Desjardins, en entrevue. « On va surveiller les hypothèses du côté des revenus. »

Le ministère des Finances anticipait une augmentation des revenus autonomes de 3,9 % pour l’exercice 2026-2027, lors de sa mise à jour économique présentée en novembre dernier.

Avec le déclenchement du conflit en Iran et le resserrement récent des politiques d’immigration, ce scénario est devenu « quand même optimiste », juge Sonny Scarfone.

L’incertitude économique pourrait entraîner un relâchement du marché du travail et une baisse des dépenses des ménages.

La baisse du nombre de nouveaux immigrants pourrait aussi réduire le nombre de contribuables, note l’économiste. « Jamais, dans ma carrière, je n’avais suivi les projections du gouvernement quant à la population, raconte Sonny Scarfone, mais là, ça va être intéressant de voir s’il y a eu des petits réajustements depuis la mise à jour budgétaire. »

Le défi des dépenses

Au-delà du contexte économique, le plan de match du côté des dépenses comporte aussi son lot d’incertitudes.

En novembre le rapport du Vérificateur général du Québec a qualifié le plan « d’incomplet ». « Les mesures pour réaliser plus de la moitié des économies envisagées ne sont pas déterminées », peut-on lire dans le rapport.

Pour sa part, le gouvernement estime qu’il doit encore identifier l’équivalent de 2,5 milliards $ en mesures pour réduire les dépenses afin d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2029-2030.

Pour atteindre cette cible, le ministère des Finances a prévu limiter la croissance de ses dépenses à 2 % en 2026-2027, selon la dernière mise à jour économique. Le rythme sera, respectivement, de 1,4 %, 1,2 % et 1,4 % pour les exercices suivants.

Il s’agit d’un ralentissement marqué lorsqu’on compare au rythme de 5,9 % des dix dernières années, souligne la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke, dans son mémoire dans le cadre des consultations prébudgétaires.

Pour cette raison, le Vérificateur général croit que le plan de retour à l’équilibre budgétaire « pourrait compromettre le maintien du niveau des services à la population ou l’atteinte de l’équilibre budgétaire dans les délais prévus ».

Le gouvernement Couillard a également limité la croissance des dépenses au cours de son mandat, mais l’exercice s’est fait sur une plus courte période et dans un contexte où l’inflation était plus basse, nuance Sonny Scarfone. « Ce n’est pas une simple promenade au parc », estime l’économiste.

À plus long terme, le vieillissement de la population exerce une pression sur les finances publiques, ce qui complique les objectifs budgétaires du gouvernement, souligne l’économiste du Mouvement Desjardins.

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La guerre en Iran complique la décision de la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-guerre-en-iran-complique-la-decision-de-la-banque-du-canada/ Mon, 16 Mar 2026 10:52:54 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112995 Entre chômage en hausse, inflation incertaine et choc pétrolier, la banque centrale navigue en terrain instable.

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La Banque du Canada devra trouver un équilibre entre un afflux de données économiques de dernière minute et les incertitudes liées au commerce et au conflit au Moyen-Orient alors qu’elle annoncera cette semaine son taux directeur.

Selon les économistes, la banque centrale devra naviguer en eaux troubles pour définir sa politique monétaire, car une hausse inattendue du chômage et des faiblesses dans d’autres secteurs de l’économie pèsent sur les nouveaux risques d’inflation liés au choc mondial des prix du pétrole.

La banque centrale a maintenu son taux directeur à 2,25 % en janvier. Elle avait alors indiqué qu’elle était satisfaite du niveau des taux pour contenir l’inflation et aider l’économie à faire face aux droits de douane américains.

Mais les récentes données ont jeté un froid sur ce bel optimisme.

Les chiffres de l’emploi publiés vendredi indiquent que le taux de chômage a grimpé à 6,7 % après la perte de 84 000 emplois en février.

À la fin de février, Statistique Canada a également dit que l’économie s’était contractée d’un demi-point de pourcentage en rythme annualisé au quatrième trimestre de 2025, manquant ainsi l’objectif de croissance stable fixé par la Banque du Canada.

Les responsables de la politique monétaire devront également tenir compte des nouvelles données sur l’inflation publiées lundi par Statistique Canada.

Doug Porter, économiste en chef chez BMO, dit que le taux d’inflation de février pourrait descendre jusqu’à 1,8 % — soit une baisse d’un demi-point par rapport aux chiffres de janvier —, car le « congé fiscal » accordé par le gouvernement fédéral un an plus tôt, qui fausse la comparaison, ne sera plus pris en compte dans le calcul de l’inflation annuelle à la moitié du mois.

En l’absence des dernières données sur les prix, les marchés financiers estimaient à environ 92 % la probabilité d’un maintien des taux d’intérêt mercredi, selon LSEG Data & Analytics. Les chances d’une baisse ont légèrement augmenté après la publication vendredi de chiffres de l’emploi décevants.

De nombreuses prévisions économiques des deux premiers mois de l’année tablaient sur une attitude attentiste de la banque centrale pour le reste de l’année 2026, l’inflation sous-jacente se stabilisant et l’économie continuant de s’adapter aux droits de douane américains.

« En fin de compte, ce que nous constatons, c’est que l’économie était faible, mais pas au point de justifier nécessairement une intervention de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt, dans un sens ou dans l’autre », souligne Randall Bartlett, économiste en chef adjoint chez Desjardins.

Mais ces données économiques devraient connaître une période d’instabilité liée à la guerre contre l’Iran déclenchée par les États-Unis et Israël.

Les attaques de l’Iran contre des navires commerciaux dans le golfe Persique et sa décision de bloquer le détroit d’Ormuz — par lequel transite un cinquième du pétrole mondial — ont fait monter en flèche le prix mondial du pétrole ces dernières semaines.

Cela a fait grimper les prix à la pompe au Canada et devrait faire augmenter les chiffres de l’inflation dans les mois à venir, craint Doug Porter.

Il note que le taux d’inflation d’avril affichera une hausse particulièrement forte en raison de la comparaison avec l’année précédente — lorsque les libéraux fédéraux avaient annulé la taxe sur le carbone, ce qui avait fait baisser le prix du litre d’essence d’environ 18 cents à l’époque.

Au-delà de la hausse des prix à la pompe, Doug Porter avance que l’augmentation des coûts énergétiques se répercutera probablement sur les coûts d’emballage et de transport des denrées alimentaires. La région du Golfe étant également responsable des livraisons d’intrants essentiels pour les engrais, la guerre pourrait également aggraver les pressions sur les agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

Statistique Canada a indiqué que l’inflation alimentaire s’élevait à 7,3 % en glissement annuel en janvier, stimulée par les comparaisons avec la période d’exonération fiscale ainsi que par les pénuries d’approvisionnement en produits alimentaires de base comme le café et le bœuf.

« Nous étions déjà aux prises avec une inflation alimentaire désagréablement élevée et, malheureusement, je pense que cela va l’aggraver un peu plus », met en garde Doug Porter.

L’instabilité des prix du pétrole et l’incertitude quant à la durée du conflit font que l’impact net sur l’économie canadienne est incertain.

Randall Bartlett prévoit une hausse nette du PIB national à la suite de la hausse des prix de l’énergie, ce qui, conjugué à une inflation plus élevée, dissuadera la Banque du Canada de procéder à de nouvelles baisses de taux destinées à stimuler l’économie.

Il ajoute toutefois que la révision imminente de l’accord Canada-États-Unis-Mexique constituait un autre facteur d’incertitude majeur empêchant la banque centrale de modifier son taux directeur dans un sens ou dans l’autre.

Randall Bartlett préconise un maintien du taux directeur. Selon lui, la Banque du Canada restera sur cette position jusqu’à la fin de l’année. Il est prématuré de considérer que les marchés anticipaient une hausse des taux d’un quart de point avant la fin de l’année.

« La Banque du Canada est susceptible de ne pas tenir compte du choc des prix du pétrole que nous subissons actuellement, s’il s’avère temporaire », souligne Randall Bartlett.

Doug Porter dit que si le Canada est peut-être mieux protégé du choc pétrolier que d’autres pays, celui-ci aura un impact négatif net sur l’économie.

Mais même si le conflit freine quelque peu l’économie, une hausse des taux resterait d’actualité, avance-t-il. L’économiste cite un discours prononcé le mois dernier par la sous-gouverneure de la Banque du Canada, Sharon Kozicki, dans lequel elle expliquait que la banque centrale était plus susceptible de relever ses taux lorsqu’un choc d’offre fait grimper les prix sans pour autant ralentir fortement l’économie.

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Tarifs douaniers : Washington étend ses enquêtes commerciales à 60 pays https://www.finance-investissement.com/nouvelles/tarifs-douaniers-washington-etend-ses-enquetes-commerciales-a-60-pays/ Fri, 13 Mar 2026 17:54:44 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112989 Le Canada figure parmi les pays visés alors que l’administration Trump cherche à renforcer sa politique tarifaire.

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L’administration Trump a étendu ses enquêtes commerciales à 60 pays, dont le Canada, afin de consolider la politique tarifaire du président.

« Nous essayons d’agir très rapidement, a déclaré vendredi à CNBC le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Nous essayons d’agir en l’espace de quelques mois. »

Le cabinet de Jamieson Greer a annoncé mercredi l’ouverture d’enquêtes, en vertu de l’article 301 de la Loi de 1974 sur le commerce, contre l’Union européenne et quelques autres pays.

Un communiqué de presse publié mercredi soir par le département a élargi la liste des pays visés par ces enquêtes.

Le communiqué précise que le département examinera si ces pays appliquent des politiques ou des pratiques « déraisonnables ou discriminatoires qui entravent ou restreignent le commerce américain ».

Ces enquêtes interviennent après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé le mois dernier l’outil tarifaire de prédilection du président Donald Trump, utilisé pour ses droits de douane du « Jour de la Libération » et les droits liés au fentanyl imposés au Canada, au Mexique et à la Chine.

En réponse à la décision de la Cour suprême, Donald Trump a invoqué l’article 122 de la Loi de 1974 sur le commerce pour instaurer une taxe mondiale de 10 %, laquelle ne peut toutefois rester en vigueur que pendant 150 jours sans l’approbation du Congrès.

Une telle prolongation a peu de chances d’être approuvée par le Congrès et les droits de douane prévus à l’article 122 ne peuvent dépasser 15 %.

Le Canada est également durement touché par les droits de douane distincts imposés par Trump en vertu de l’article 232 sur des secteurs spécifiques, notamment l’acier, l’aluminium, l’automobile et l’ébénisterie.

Le président Trump espère mettre en place des droits de douane à plus long terme par des enquêtes au titre de l’article 301, mais ce processus nécessite des consultations publiques et des rapports.

Jamieson Greer a expliqué que s’il constatait « que des pays se sont livrés à des pratiques commerciales déloyales » — telles que des subventions, des surcapacités ou le travail forcé — il pourrait « quantifier le préjudice causé au commerce américain, puis tenter de résoudre ce problème avec le pays concerné ».

Si le pays ne résout pas le problème, a prévenu Jamieson Greer, l’administration Trump imposera des droits de douane.

On ne sait pas encore exactement ce que pourrait couvrir l’enquête au titre de l’article 301 concernant le Canada. Il existe des sources de tension de longue date dans les relations commerciales entre les deux pays, et Donald Trump s’est plaint à plusieurs reprises du système canadien de gestion de l’offre laitière.

Les enquêtes au titre de l’article 301 sont lancées alors que le Canada, le Mexique et les États-Unis se préparent à un examen obligatoire de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, mieux connu sous le nom d’ACEUM.

Donald Trump a remis en question son engagement envers cet accord commercial, qui a été négocié au cours de son premier mandat, déclarant qu’il avait peut-être rempli son rôle.

Les États-Unis ont officiellement entamé des négociations sur la révision de l’ACEUM avec le Mexique, qui fait également l’objet d’une enquête au titre de l’article 301. Ottawa et Washington n’ont pas annoncé de mesure similaire.

Bien que Jamieson Greer ait souvent affirmé que le Canada imposait des barrières rendant les négociations difficiles — il a notamment cité les interdictions provinciales sur la vente d’alcool américain —, il a rencontré la nouvelle équipe commerciale du Canada à Washington la semaine dernière.

La négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, et l’ambassadeur nouvellement nommé aux États-Unis, Mark Wiseman, ont été rejoints par le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, lors de cette réunion.

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Donald Trump relance la menace de tarifs mondiaux https://www.finance-investissement.com/nouvelles/donald-trump-relance-la-menace-de-tarifs-mondiaux/ Mon, 23 Feb 2026 13:12:38 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112665 Au lendemain du revers de la Cour suprême, le président promet des droits de douane pouvant atteindre 15 %.

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Le président américain Donald Trump a relancé samedi ses menaces tarifaires en promettant d’augmenter les droits douaniers à 15 % à l’ensemble des pays au lendemain de la décision de la Cour suprême d’invalider son outil juridique préféré en la matière.

« Au cours des prochains mois, l’administration Trump déterminera et décrétera les nouveaux droits de douane légalement autorisés, qui permettront de poursuivre notre processus extrêmement fructueux visant à rendre à l’Amérique sa grandeur », a déclaré Donald Trump dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Vendredi, Donald Trump avait signé un décret visant à instaurer un droit de douane mondial de 10 % à compter de mardi, en vertu de l’article 122 de la loi sur le commerce de 1974. Ce droit ne peut être augmenté qu’à 15 % et expirera après 150 jours, à moins que le Congrès ne vote sa prolongation.

Les menaces de modification des droits de douane devraient avoir peu d’impact sur l’économie canadienne, mais elles ajouteront à l’incertitude actuelle avant la révision obligatoire de l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM, qui aura lieu cette année.

Une fiche d’information de la Maison-Blanche a précisé que les nouveaux droits de douane n’affecteraient pas les produits conformes à l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM. Les droits de douane ne s’ajouteront pas non plus à certains secteurs, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile, déjà soumis à des taux spécifiques.

Vendredi, la plus haute juridiction américaine a conclu qu’il n’était pas légal pour Donald Trump d’utiliser la loi sur les pouvoirs économiques de cas d’urgence internationale, mieux connue sous le nom d’IEEPA, pour ses droits de douane.

De nombreux républicains ont accueilli la décision judiciaire de vendredi par des déclarations mesurées, certains l’ont même saluée. Les dirigeants du Parti républicain ont mentionné qu’ils travailleraient avec Donald Trump sur les droits de douane à l’avenir.

Les droits de douane ont été l’un des seuls domaines dans lesquels le Congrès, contrôlé par les républicains, s’est opposé au président américain.

À plusieurs reprises, la Chambre des représentants et le Sénat ont adopté des résolutions visant à condamner les droits de douane imposés à des partenaires commerciaux comme le Canada.

Il s’agit également de l’un des rares sujets sur lesquels les législateurs républicains, qui ont grandi dans un parti largement favorable au libre-échange, ont critiqué les politiques économiques de Donald Trump.

« Les mérites vains des guerres commerciales généralisées avec les amis des États-Unis étaient évidents bien avant la décision d’aujourd’hui », a souligné le sénateur Mitch McConnell, ancien leader républicain de longue date au Sénat, dans un communiqué.

Au moins un membre républicain du Congrès qui a voté la semaine dernière contre les droits de douane imposés par Donald Trump au Canada doit désormais faire face à des conséquences politiques.

Donald Trump a écrit samedi sur sa plateforme Truth Social qu’il retirait son soutien au représentant du Colorado Jeff Hurd pour sa réélection en raison de son manque de soutien aux droits de douane et qu’il soutenait à la place sa principale rivale républicaine, Hope Scheppelman.

De leur côté, les démocrates ont demandé vendredi que les consommateurs américains soient remboursés pour les droits de douane annulés par la Cour suprême.

Samedi, Donald Trump a reproché au jugement de la Cour suprême d’être « mal rédigé et extrêmement anti-américain ».

La décision de la Cour suprême a empêché l’administration Trump d’imposer des droits de douane extrêmement élevés à n’importe quel pays à tout moment, mais elle ne devrait pas mettre un terme à ses projets de rééquilibrage du commerce mondial par ce moyen.

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré vendredi à Fox News que l’administration Trump ouvrirait des enquêtes sur certains pays en vertu de l’article 301 de la loi sur le commerce de 1974.

Cela permet au président de prendre des mesures commerciales si l’enquête conclut que les politiques d’un partenaire commercial sont déraisonnables et discriminatoires, mais cela prendrait des mois et inclurait une période de consultation publique.

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La croissance devrait ralentir https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-croissance-devrait-ralentir/ Mon, 09 Feb 2026 16:15:31 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112349 Dans un contexte de faiblesse de la consommation.

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Dans un contexte marqué par plusieurs vents contraires, notamment le ralentissement de la croissance des salaires et la persistance des turbulences commerciales, Fitch Ratings s’attend à un ralentissement de la croissance économique du Canada cette année.

Dans un rapport récent, l’agence de notation prévoit une croissance de 1,1 % en 2026, en baisse par rapport à une estimation de 1,6 % en 2025.

Ces perspectives plus modestes s’expliquent par l’anticipation d’une faible croissance des dépenses de consommation cette année, lesquelles devraient progresser de seulement 0,9 %, contre 2,1 % en 2025. Cette faiblesse s’inscrit dans un contexte d’incertitude commerciale persistante, d’un ralentissement de la croissance démographique et de salaires au point mort.

Fitch Ratings indique que, bien qu’elle estime que le taux de chômage ait atteint un sommet, cette évolution s’explique principalement par la réduction de l’immigration plutôt que par une hausse de la demande de main-d’œuvre.

En effet, « le nombre de travailleurs potentiels dépasse largement la demande totale d’emplois », précise l’agence, qui estime le surplus de main-d’œuvre à environ un million de personnes.

Dans ce contexte, Fitch Ratings s’attend à un ralentissement de la croissance des salaires, « ce qui exercera une pression accrue sur les emprunteurs les plus endettés et à plus faible revenu ».

Sur le plan commercial, Fitch Ratings souligne que « les exportateurs canadiens se sont jusqu’ici bien adaptés aux changements de la politique commerciale américaine ».

Toutefois, même si l’agence s’attend globalement à une moindre volatilité des politiques commerciales cette année, « l’examen à venir de l’ACEUM en juillet constitue une source majeure d’incertitude pour l’économie canadienne, susceptible de peser sur la confiance des entreprises et l’investissement, tout en freinant les plans d’embauche », indique le rapport.

La baisse des taux d’intérêt contribue à réduire les coûts d’emprunt, « ce qui sera bénéfique pour les ménages canadiens fortement endettés », note Fitch Ratings. Malgré cela, les coûts liés à l’endettement devraient demeurer supérieurs à leurs niveaux d’avant la pandémie.

Par conséquent, Fitch Ratings s’attend à ce que la performance des titres adossés à des créances sur cartes de crédit canadiennes « se détériore à court terme en raison du ralentissement économique, de l’incertitude entourant l’examen de l’ACEUM et du niveau élevé d’endettement des ménages ».

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Taux d’intérêt, hypothèques et économie canadienne : un équilibre fragile https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/taux-dinteret-hypotheques-et-economie-canadienne-un-equilibre-fragile/ Mon, 02 Feb 2026 13:22:03 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112263 ZONE EXPERTS – Une lecture divergente du consensus actuel.

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Les hypothèques contractées avant la forte hausse des taux amorcée en 2022 arrivent progressivement à échéance. Bien que les ménages s’attendent naturellement à une augmentation de leurs paiements au renouvellement, la situation demeure, pour l’instant, gérable. Avec des taux hypothécaires avoisinant les 4 %, le choc reste limité pour la majorité des emprunteurs.

Du côté de la Banque du Canada (BdC), le message est clair : la politique monétaire est en pause. Les anticipations actuelles suggèrent que ce statu quo pourrait se maintenir tout au long de l’année.

Les grandes banques canadiennes affichent toutefois des visions divergentes pour la suite. La Banque Royale du Canada est la seule à prévoir, à ce stade, une hausse du taux directeur de 1 % en 2027. La Banque de Nouvelle-Écosse anticipe plutôt une augmentation de 0,5 % dans la deuxième moitié de 2026, suivie de 0,25 % en 2027. La Banque Nationale envisage une hausse de 0,5 % dès cette année. À l’inverse, TD, CIBC et BMO misent sur un maintien des taux en 2026 et 2027.

Ces anticipations reposent sur un scénario clé : celui d’une économie canadienne évitant la récession et affichant une croissance modeste en 2026. Jusqu’à présent, le Canada semble effectivement avoir évité le pire. Selon les projections de la BdC publiées en octobre dernier, les nouveaux tarifs imposés par l’administration américaine ne représenteraient qu’un impact de 5,9 %, notamment parce que la majorité des échanges commerciaux demeure protégée par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Toutefois, le risque demeure bien réel. Les marchés craignent que le gouvernement américain invoque une clause de renégociation de l’ACEUM dès cette année. Un tel scénario serait lourd de conséquences : près de 90 % des exportations canadiennes vers les États-Unis bénéficient actuellement d’une exemption tarifaire grâce à cet accord.

Toute détérioration de l’ACEUM affecterait directement un marché du travail déjà fragilisé, avec des répercussions immédiates sur la consommation intérieure. À cela s’ajoute un autre facteur structurel : les premiers effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi, particulièrement chez les travailleurs débutants, dont certains postes disparaissent déjà.

Dans ce contexte, nous estimons que l’économie canadienne est probablement déjà en récession, malgré les indicateurs officiels, et que l’inflation ne constitue plus un enjeu majeur. La Banque du Canada elle-même prévoit une croissance limitée à environ 1,25 %, avec une inflation alignée sur la cible de 2 %.

Par ailleurs, le changement récent à la tête de la Réserve fédérale américaine, avec la nomination de Kevin Warsh annoncée vendredi dernier, ouvre la porte à un assouplissement monétaire dès la deuxième moitié de l’année. Nous anticipons ainsi une baisse significative des taux d’intérêt aux États-Unis.

Dans un tel scénario, il devient difficile d’imaginer que la Banque du Canada ne suive pas le mouvement. Une économie canadienne à la croissance anémique, combinée à un dollar canadien qui s’apprécierait si les taux baissaient aux États-Unis, mais pas au Canada, exercerait une pression considérable sur la politique monétaire canadienne.

Nous nous positionnons donc à contre-courant des anticipations formulées par la majorité des grandes banques et estimons que la Banque du Canada amorcera une nouvelle phase de baisse du taux directeur au cours de la deuxième moitié de l’année. Dans ce contexte, le taux variable demeure, selon nous, l’option la plus avantageuse sur le plan stratégique. Cette approche ne convient toutefois pas à tous les emprunteurs : une analyse rigoureuse du profil de risque et de la tolérance à la volatilité demeure essentielle avant toute décision. Pour ceux qui recherchent avant tout une plus grande stabilité, le taux fixe sur trois ans offre un compromis raisonnable pour traverser cette phase d’incertitude économique.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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La BdC maintient ses taux https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-bdc-maintient-ses-taux/ Wed, 28 Jan 2026 15:08:01 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112142 Le taux directeur reste à 2,25 %.

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La Banque du Canada (BdC) a décidé de laisser ses taux inchangés, comme le prédisaient les experts. Ainsi, le taux du financement à un jour reste à 2,25 %, le taux officiel d’escompte demeure à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

« En tant que stratège, il n’y a rien qui change quoique ce soit ce matin avec cette décision. Ce qui se passe avec le dollar américain et la Fed est largement plus important pour les marchés. Les taux sont assez restrictifs pour garder l’inflation sous contrôle, et la barre est haute avant de reparler de hausses incontrôlées », souligne Pierre-Benoît Gauthier, vice-président, Stratégie de placement à IG Gestion de patrimoine.

Pour expliquer sa décision, la BdC souligne que les perspectives concernant les économies mondiale et canadienne n’ont que peu évolué par rapport à la projection présentée dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’octobre.

La banque centrale s’inquiète toutefois encore de l’imprévisibilité des politiques commerciales américaines et des risques géopolitiques actuels, mais elle estime que la croissance mondiale devrait s’établir à environ 3 %.

Pour le moment, l’expansion économique américaine dépasse les attentes, notamment grâce aux investissements liés à l’intelligence artificielle et les dépenses de consommation. Les droits de douane auront un impact à la hausse sur l’inflation, mais pas avant quelques mois.

Dans la zone euro, la croissance a été portée par le dynamisme du secteur des services et devrait également bénéficier du soutien de la politique budgétaire.

Au Canada, les restrictions commerciales imposées par les États-Unis et l’incertitude pèsent sur la croissance. Le PIB a stagné au quatrième trimestre de 2025 et les exportations sont encore ébranlées par les droits de douane.

Toutefois, la récente faiblesse du dollar américain a propulsé le dollar canadien au-dessus de 72 cents, tandis que l’emploi a progressé au cours des derniers mois, même si le taux de chômage demeure élevé, à 6,8 %. La BdC anticipe une croissance économique de 1,1 % en 2026 et de 1,5 % en 2027, tout en demeurant vigilante à l’approche de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.

« Le décor économique est celui qu’on décrit depuis un bout. Croissance modeste, pas très linéaire. Après un troisième trimestre solide en 2025, le PIB semble avoir plafonné au quatrième. Les restrictions commerciales américaines continuent de peser sur les exportations, toujours sous pression à cause des tarifs, ou du moins la perception des tarifs. En revanche, la demande intérieure se tient mieux, ce qui empêche l’économie de caler complètement. La Banque parle d’une croissance autour de 1,1 % cette année et 1,5 % en 2027. On est loin d’un scénario de récession, mais on n’est clairement pas dans une économie qui surchauffe non plus. Ça avance, tranquillement », commente Pierre-Benoît Gauthier.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation a grimpé en décembre atteignant ainsi 2,4 %, mais cela peut être attribué aux effets de glissement annuel liés au congé de TPS/TVH accordé l’hiver dernier. Sans l’effet des changements relatifs aux taxes, l’inflation ralentit depuis septembre.

La politique monétaire cherche à « maintenir l’inflation près de la cible de 2 % tout en aidant l’économie à traverser cette période d’ajustement structurel », rappelle la BdC.

« Le Conseil de direction estime que le taux directeur actuel demeure approprié, à condition que l’économie évolue de manière généralement conforme aux perspectives publiées aujourd’hui », continue-t-elle en assurant rester à l’écoute des risques et être prête à réagir.

« La Banque du Canada a fait exactement ce que tout le monde avait prévu. Taux directeur inchangé à 2,25 %. La décision n’a jamais été le point central. C’est le ton qui compte. Et le ton, c’est une Banque qui dit clairement que l’incertitude reste élevée et qu’il est presque impossible de prévoir le moment ou même la direction du prochain mouvement. Traduction simple: ils gardent toutes les portes ouvertes », conclut Pierre-Benoît Gauthier.

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