Réserve fédérale américaine – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 27 Aug 2025 11:11:59 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.1 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Réserve fédérale américaine – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Une nouvelle attaque contre l’indépendance de la Fed https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/une-nouvelle-attaque-contre-lindependance-de-la-fed/ Wed, 27 Aug 2025 11:10:48 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=109239 PLANÈTE FINANCE – Donald Trump licencie une gouverneure.

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Donald Trump n’a jamais caché son mécontentement à l’encontre de la politique de la Réserve fédérale américaine (Fed). À plusieurs reprises, il a qualifié son président, Jerome Powell, d’incompétent, menaçant même de le renvoyer. Pourtant son courroux est finalement retombé sur une autre gouverneure : Lisa Cook. Le président américain a licencié cette dernière, justifiant ce renvoi par de supposées irrégularités liées à des prêts immobiliers, un geste qui soulève des inquiétudes quant à l’indépendance de la Fed.

Évidemment, Donald Trump n’est pas le premier président à exprimer son mécontentement contre cet organisme indépendant du pouvoir politique, rappelle Zone Bourse. À l’époque, Lyndon Johnson avait convoqué William McChesney Martin pour le réprimander au sujet des taux d’intérêt. Quelques années plus tard, Richard Nixon avait fait pression sur Arthur Burns pour maintenir une politique monétaire accommodante avant sa réélection.

Dans la lignée de ces deux hommes, Donald Trump ne cesse de manifester son mécontentement à l’encontre de l’organisme fédéral américain. Pour rappel, le président a déjà nommé Stephen Miran, président du Conseil des conseillers économiques de la Maison-Blanche et défenseur de la politique économique du président, pour occuper le siège laissé vacant par la gouverneure Adriana Kugler jusqu’en janvier 2026.

Mais cette nouvelle attaque, plus frontale, est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient peu de temps avant la prochaine réunion de politique monétaire. Les investisseurs, déjà inquiétés par les chiffres de l’inflation et de l’emploi, doivent désormais composer avec une incertitude politique qui affaiblit davantage une institution pourtant chargée de veiller à la stabilité monétaire.

Les marchés ont d’ailleurs réagi, quoique modérément, à cette annonce. Les rendements des obligations du Trésor à long terme se sont légèrement tendus, le dollar s’est affaibli et les actions ont reculé.

Une affaire de tribunal

Ce licenciement découle d’une plainte déposée par le directeur de la Federal Housing Finance Agency pour soupçons de fraude. Le président américain n’a pas attendu que les soupçons soient confirmés pour limoger Lisa Cook, au mépris des procédures judiciaires.

Cette dernière entend d’ailleurs contester cette décision et a annoncé son intention d’intenter un procès contre l’administration Trump, comme le prouve la déclaration de son avocat personnel Abbe David Lowell.

« Le président Trump n’a aucune autorité pour révoquer la gouverneure de la Réserve fédérale, Lisa Cook, a expliqué Abbe Lowell, avocat de longue date à Washington, qui a représenté des personnalités des deux principaux partis politiques. Sa tentative de la révoquer, fondée uniquement sur une lettre de recommandation, est dénuée de tout fondement factuel ou juridique. Nous allons intenter une action en justice pour contester cette action illégale. »

La tentative sans précédent de Donald Trump de révoquer Lisa Cook devrait aboutir devant la Cour suprême et pourrait définir plus clairement les limites de l’autorité légale du président sur cette institution traditionnellement indépendante.

La Réserve fédérale s’est prononcée mardi pour la première fois sur ce limogeage, déclarant qu’elle « se conformerait à toute décision de justice ».

La Fed a également défendu son indépendance vis-à-vis de la politique : « Le Congrès, par l’intermédiaire de la loi sur la Réserve fédérale, exige que les gouverneurs exercent leurs fonctions pour des mandats de longue durée et déterminés, et ne peuvent être révoqués par le président que pour un “motif valable” », a expliqué la banque centrale.

« La durée des mandats et les protections contre la révocation des gouverneurs constituent une garantie essentielle, garantissant que les décisions de politique monétaire sont fondées sur des données, des analyses économiques et les intérêts à long terme du peuple américain. »

Mais la déclaration de la Fed n’a pas précisé si Lisa Cook siégerait à la Fed pendant la procédure judiciaire. Elle n’a pas non plus critiqué explicitement la tentative de Donald Trump de la révoquer.

Donald Trump, a exigé à plusieurs reprises que le président Jerome Powell et le comité de fixation des taux de la Fed réduisent son taux directeur afin de stimuler l’économie et de réduire les paiements d’intérêts sur la dette publique de 37 000 milliards $ US.

Si le président parvient à destituer Lisa Cook du conseil des gouverneurs de la Fed, cela pourrait éroder l’indépendance politique de la Fed, considérée comme essentielle à sa capacité à lutter contre l’inflation, car elle lui permet de prendre des mesures impopulaires comme des hausses de taux d’intérêt.

Une Fed moins indépendante pourrait entraîner des taux d’intérêt plus élevés pour les Américains, car les investisseurs exigeraient un rendement plus élevé pour leurs obligations afin de compenser une éventuelle inflation plus forte à l’avenir, ce qui ferait grimper les coûts d’emprunt dans toute l’économie.

Les experts juridiques estiment que l’affirmation du président républicain selon laquelle il peut révoquer Lisa Cook, nommée par le président démocrate Joe Biden en 2022, est fragile. Mais il s’agit d’une mesure inédite, jamais soumise devant les tribunaux auparavant, et la Cour suprême s’est montrée beaucoup plus disposée cette année à laisser le président révoquer des responsables d’agences que par le passé.

« C’est un licenciement illégal, mais le président va argumenter que la Constitution le lui permet, a expliqué Lev Menand, professeur de droit à l’Université Columbia et auteur d’un livre sur la Fed. Et cet argument a été retenu dans plusieurs autres affaires cette année. »

Bill Pulte, nommé par Donald Trump à l’agence qui régule les géants du crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac a allégué que Lisa Cook aurait revendiqué deux résidences principales en 2021 afin d’obtenir de meilleures conditions hypothécaires. Les taux hypothécaires sont souvent plus élevés pour les résidences secondaires ou celles achetées pour être louées.

Le président Trump a indiqué dans une lettre publiée sur sa plateforme Truth Social lundi soir qu’il révoquait Lisa Cook avec effet immédiat en raison de ces allégations.

Avec la collaboration de La Presse Canadienne.

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La CDPQ affiche un rendement de 4,6 % https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/la-cdpq-affiche-un-rendement-de-46/ Tue, 12 Aug 2025 18:14:02 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=109002 Mais l’avenir reste incertain.

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La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a enregistré un rendement de 4,6 % au cours des six premiers mois de l’année, mais ses dirigeants ont mis la table pour des mois plus incertains.

Le bas de laine surpasse ainsi son indice de référence, qui a progressé de 4,3 %, selon ses résultats financiers de mi-année publiés mardi. Sur cinq ans, le rendement moyen a atteint 7,7 %, comparativement à 6,6 % pour son indice de référence.

Malgré des rendements positifs, le président et chef de la direction, Charles Emond, a souligné que l’environnement demeurait incertain pour les investisseurs.

« Je vous dirais qu’il y a plus de risques à la baisse qu’à la hausse, a prévenu Charles Emond, en conférence de presse, mardi, pour discuter des résultats de mi-année de la Caisse. Ça nous invite à la prudence dans ce contexte-là. »

Les effets des politiques protectionnistes du président américain, Donald Trump, ne se sont pas fait pleinement sentir, selon lui.

Il a expliqué que les droits de douane américains auraient pour effet de ralentir l’économie américaine, tout en augmentant les prix. La Réserve fédérale (Fed) pourrait ainsi se trouver face à un dilemme entre réduire les taux pour stimuler l’économie ou les hausser pour contrer l’inflation.

La première moitié d’année n’a pas été de tout repos pour les investisseurs boursiers. Les tensions commerciales entre les États-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux ont provoqué des soubresauts en Bourse. « Avril a d’ailleurs été le septième mois le plus volatil de l’histoire », a souligné le chef des marchés liquides, Vincent Delisle.

La Caisse a surpassé son indice de référence pour les actions et les revenus fixes. Le portefeuille immobilier continue toutefois de tirer de la patte avec un rendement de 0,1 % en six mois, contre 1,2 % pour l’indice de référence. Sur cinq ans, le portefeuille stagne avec un rendement annuel de 0,3 %, légèrement inférieur à l’indice à 0,4 %.

La Caisse a souffert de sa concentration dans certains marchés de bureaux aux États-Unis, où le télétravail est plus courant qu’en Europe.

L’année 2025 est une année de « transition », a défendu Charles Emond. « On voit quand même que les employeurs veulent rappeler leurs employés, a-t-il indiqué. Donc, ça nous encourage. On voit aussi les taux d’occupation qui s’améliorent à New York, entre autres. »

L’actif de la Caisse a progressé de 23 milliards de dollars (G$) au cours des six premiers mois de l’année pour s’établir à 496 G$.

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Banque du Canada : le scénario d’un assouplissement monétaire se précise https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/peter-tsakiris/banque-du-canada-le-scenario-dun-assouplissement-monetaire-se-precise/ Mon, 11 Aug 2025 11:37:26 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108877 ZONE EXPERTS – Les taux trop lourds pour les ménages ainsi qu’une politique monétaire plus accommodante aux États-Unis ouvrent la porte à une reprise des baisses de taux.

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Au cours de ses trois dernières réunions, la Banque du Canada (BdC) a opté pour la prudence se contentant d’une baisse cumulative de 0,50 % cette année, après une réduction de 1,75 % en 2024. Cette décision a été principalement influencée par le niveau élevé d’incertitude entourant la guerre commerciale en cours. Toutefois, la BdC a laissé entendre que de nouvelles baisses pourraient être envisagées si l’inflation diminue et si la croissance économique s’essouffle davantage.

La politique monétaire actuelle restrictive de la BdC fait grimper les taux de renouvellements hypothécaires au-delà de 4 %, ce qui pèse lourdement sur le budget des ménages.

Même si le ratio de la dette des ménages au revenu disponible a baissé de 174 % à 171 % au premier trimestre de 2025, il demeure l’un des plus élevés parmi les pays du G7. De plus, la capacité de remboursement des ménages montre déjà des signes de fragilité. Comme le montre le graphique suivant publié par la BdC, le taux de délinquance hypothécaire est passé de 0,14 % en 2022 à 0,22 % au quatrième trimestre de 2024. Bien que ce niveau demeure faible au regard des moyennes historiques, cette progression démontre une pression financière croissante sur les emprunteurs.

Pour voir ce graphique en plus grand, cliquez ici. 

Évidemment, l’augmentation des retards de paiement ne se limite pas aux prêts hypothécaires. D’autres formes de dettes à la consommation, telles que les prêts automobiles, les marges de crédit et les cartes de crédit, enregistrent également une hausse du taux de défaillance, et ce, malgré un contexte économique où le marché de l’emploi demeure solide.

Selon le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), les « chocs de paiement » liés aux renouvellements hypothécaires figurent désormais parmi les principaux risques systémiques. L’organisme estime que le taux de défaut ne reculera plus, car la hausse du coût de l’emprunt gruge une part de plus en plus importante du revenu des ménages.

Selon le graphique suivant publié au dernier rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) sur le secteur des prêts hypothécaires résidentiels, les emprunteurs choisissent moins en moins le prêt hypothécaire à taux fixe de cinq ans. Les prêts à taux variable représentaient 42 % des nouvelles hypothèques en février 2025. Cette tendance s’aligne avec nos recommandations actuelles.

Pour voir ce graphique en plus grand, cliquez ici. 

Le rapport sur l’emploi publié le 1er août 2025 aux États-Unis a révélé une création de postes décevante, accompagnée de révisions à la baisse pour les mois précédents. Ce ralentissement réduit la pression inflationniste et augmente la probabilité que la Réserve fédérale américaine abaisse ses taux dès septembre, dans le but de soutenir l’économie. Ce nouveau signal renforce également notre conviction que les taux directeurs reculeront d’au moins 0,5 % d’ici la fin de l’année et davantage encore en 2026 autant aux États-Unis qu’au Canada.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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Le président américain augmente son contrôle sur la Fed https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/le-president-americain-augmente-son-controle-sur-la-fed/ Fri, 08 Aug 2025 11:46:45 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108930 En nommant un conseiller économique temporaire.

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Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’il nommerait un conseiller économique de haut rang au conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour une durée de quatre mois, pourvoyant ainsi temporairement un poste vacant tout en poursuivant les recherches pour nommer quelqu’un à plus long terme.

Donald Trump a annoncé la nomination de Stephen Miran, président du Conseil des conseillers économiques de la Maison-Blanche, pour occuper le siège laissé vacant par la gouverneure Adriana Kugler, nommée par l’ancien président Joe Biden et qui démissionne vendredi. Stephen Miran, si sa nomination est approuvée par le Sénat, exercera ses fonctions jusqu’au 31 janvier 2026.

Cette nomination est la première occasion pour le président Trump d’augmenter son contrôle sur la Fed, l’une des rares agences fédérales encore indépendantes. Donald Trump a critiqué sans relâche son président actuel, Jerome Powell, pour avoir maintenu les taux d’intérêt à court terme inchangés, le qualifiant d’« idiot obstiné » la semaine dernière sur les réseaux sociaux.

Stephen Miran a été un fervent défenseur des baisses d’impôt et des hausses de droits de douane voulues par Donald Trump, affirmant que cette combinaison générerait une croissance économique suffisante pour réduire les déficits budgétaires. Il a également minimisé le risque que les droits de douane génèrent une hausse de l’inflation, une source majeure d’inquiétude pour Jerome Powell.

Le choix de Stephen Miran pourrait accentuer les inquiétudes quant à l’influence politique sur la Fed, traditionnellement isolée de la politique partisane. L’indépendance de la Fed est généralement considérée comme essentielle pour lui permettre de prendre des mesures pour lutter contre l’inflation que les politiciens pourraient craindre, comme une hausse des taux d’intérêt.

Les gouverneurs de la Réserve fédérale votent sur toutes les décisions de la banque centrale en matière de taux d’intérêt, ainsi que sur ses politiques de réglementation financière.

Si la nomination de Stephen Miran est approuvée, elle représenterait un vote quasi certain en faveur d’une baisse des taux d’intérêt. Mme Kugler était de l’avis de Jerome Powell selon lequel la Fed devrait maintenir ses taux inchangés et évaluer plus en détail l’impact des droits de douane sur l’économie avant toute action.

Le président Trump a déclaré qu’il nommerait un président de la Fed chargé de réduire les taux d’intérêt, ce qui, selon lui, réduira le coût d’emprunt de l’énorme dette de 36 000 milliards de dollars du gouvernement fédéral. Donald Trump souhaite également une baisse des taux afin de relancer les ventes de logements, freinées en partie par la hausse des coûts des prêts hypothécaires. Cependant, la Fed ne fixe pas directement les taux d’intérêt à long terme pour des achats, tels que l’immobilier et l’automobile.

La semaine dernière, lors de la dernière réunion de la Fed, ses responsables ont maintenu leur taux directeur inchangé à 4,3 %, niveau qu’il maintient après trois baisses de taux en fin d’année dernière. Mais deux gouverneurs de la Fed — Christopher Waller et Michelle Bowman — se sont opposés à cette décision. Tous deux ont été nommés par Donald Trump lors de son premier mandat.

Le mandat de Jerome Powell à la présidence prend fin en mai 2026. Cependant, il pourrait rester au conseil des gouverneurs jusqu’en janvier 2028, même après avoir quitté ses fonctions de président. Cela empêcherait, ou du moins retarderait, la nomination d’un nouveau responsable au conseil d’administration de la Fed par Donald Trump.

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Cryptos, été 2025 : perspectives Canada vs. États-Unis https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/laure-fouin/cryptos-ete-2025-perspectives-canada-vs-etats-unis/ Mon, 04 Aug 2025 12:18:23 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108854 ZONE EXPERTS - Il y a eu beaucoup d’activités au sud de la frontière.

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Les États-Unis ont connu une « semaine de la crypto » très prolifique du 14 au 18 juillet 2025, lorsque deux projets de lois bipartisans et fondamentaux pour le secteur des cryptos ont avancé :

  • le projet de loi dit « CLARITY », qui concerne la catégorisation des actifs numériques et la réglementation des infrastructures de marché, et
  • la loi dite « GENIUS », qui concerne les cryptoactifs arrimés à une valeur (plus communément appelés les stablecoins). Venant renforcer le message, le 30 juillet le groupe de travail sur les marchés d’actifs numériques établi par le président des États-Unis publie des recommandations intitulées « renforcer le leadership américain dans le domaine des technologies financières numériques ».

Qu’est-ce que cela signifie concrètement et quelles sont les implications pour le Canada ?

Dans ce contexte, au cœur de tensions commerciales avec les États-Unis, et de recherche d’innovation et de croissance durable pour le Canada, il est important de mettre ces nouvelles en perspective.

« CLARITY » Act : Les États-Unis en voie de rattraper, et dépasser le Canada

Les États-Unis se joignent enfin aux Autorités canadiennes en valeur mobilières (ACVM) en traçant la voie pour une réglementation claire des infrastructures de marché crypto. Dans notre billet de février 2025, nous expliquions que depuis 2019, toute plateforme de négociation de cryptoactifs centralisées (communément appelées les CTPs) doit être autorisée à faire affaire au Canada et soumise à des mesures établies par les ACVM et/ou l’Organisme canadien de réglementation des investissements (l’OCRI) visant notamment à assurer :

  • la protection et la garde des actifs des clients ;
  • la solidité financière de la plateforme ;
  • la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et
  • la protection des investisseurs.

Depuis, les CTPs aux États-Unis avaient chacune établi certaines normes de fonctionnement et de surveillance des marchés, obtenu des permis auprès de régulateurs Étatiques (et non fédéraux), et la plupart réclamaient ouvertement un cadre réglementaire clair et équitable pour tous qui protège leurs utilisateurs uniformément, quelle que soit la CTP utilisée.

Avec le Digital Asset Market Clarity Act de 2025 (le CLARITY Act), les États-Unis proposent enfin un tel cadre réglementaire, et vont plus loin en clarifiant la classification des actifs numériques. Le CLARITY Act vise ainsi à définir des limites de compétence claires entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), à imposer des normes de conformité rigoureuses pour les CTPs et à offrir une sécurité juridique aux développeurs comme aux utilisateurs.

C’est au niveau de l’élaboration d’un cadre juridique clair et complet de classification des actifs numériques que nous voyons une occasion pour le Canada de s’inspirer de nos voisins du Sud. En effet, le CLARITY Act définit les actifs numériques selon leurs fonctions, et en distingue trois catégories : les « commodités » numériques, les actifs numériques restreints et les stablecoins de paiement.

  • Les « commodités » numériques sont définies comme les actifs numériques décentralisés qui ne confèrent pas de droits de profit, de gouvernance ou de créance à l’égard d’un émetteur. Ces actifs relèvent de la compétence de la CFTC, ce sont par exemple le bitcoin (BTC) et l’Ether (ETH).
    • La loi CLARITY définit un « système décentralisé » comme un système dans lequel aucune personne ou groupe affilié ne peut modifier unilatéralement le protocole ou contrôler sa gouvernance et un « protocole de négociation financière décentralisé » comme une application financière fonctionnant sur un système décentralisé, généralement sans intermédiaires et avec un code open source et autonome.
  • Les actifs numériques restreints sont définis comme représentant des contrats d’investissement ou conférant des droits financiers. Ils restent sous la juridiction de la SEC, ce sont par exemple les jetons vendus via des SAFT distribués par un émetteur lors de levées de fonds en phase de démarrage.
  • Les stablecoins de paiement sont définis comme des actifs numériques échangeables contre des monnaies fiduciaires, conçus pour être utilisés comme moyen de paiement ou réserve de valeur, généralement garantis à 1:1 par des dollars américains ou des actifs liquides de haute qualité tels que des bons du Trésor américain. En vertu de la loi CLARITY, ces actifs peuvent être soumis à la surveillance conjointe de la SEC et de la CFTC, la réglementation prudentielle principale étant régie par le cadre de la loi GENIUS.

« GENIUS » Act: États-Unis 1 — Canada 0

Les États-Unis prennent une importante avance dans un domaine primordial avec le Guiding and Establishing National Innovation for US Stablecoins Act (le GENIUS Act), qui établit un cadre réglementaire complet pour l’émission et la supervision des stablecoins aux États-Unis. Dans notre billet du 9 mai 2025, nous expliquions que les stablecoins sont une des applications les plus fondamentalement transformatrices de la crypto en 2025 (voire la plus transformatrice).

Malheureusement pour le moment, au Canada, les stablecoins sont qualifiés de valeurs mobilières par les ACVMs (régimes du prospectus et d’inscription à titre de courtier en valeurs mobilières applicables). Un seul stablecoin peut être légalement échangé sur les CTPs, et il est adossé au dollar américain.

Avec le GENIUS Act, les États-Unis se dotent d’un modèle de surveillance à plusieurs niveaux, des normes prudentielles et confirment que les stablecoins de paiement ne doivent pas être traités comme des titres financiers ou des dépôts.

Alors que nous célébrons les 10 ans de l’Ether, une invention Canadienne, nous pouvons espérer que le Canada retrouve l’élan qui lui a permis de faire figure de précurseur en 2019 et se dote aussi d’un régime juridique clair au support de l’innovation technologique et de la protection des utilisateurs, et surtout d’un stablecoin adossé au dollar Canadien.

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Donald Trump continue à attaquer Jerome Powell https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/donald-trump-continue-a-attaquer-jerome-powell/ Thu, 24 Jul 2025 11:50:09 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108641 Toutefois il ne devrait pas le limoger.

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Depuis le début de son mandat, le président américain n’a pas caché son mécontentement quant à la performance de Jerome Powell en tant que président de la Réserve fédérale américaine. Il reproche à ce dernier de toujours agir « trop tard » et se montre particulièrement mécontent de son refus de baisser le taux directeur, n’hésitant pas à le qualifier de « crétin » voire « d’homme à faible QI ».

Plus récemment le président américain et les membres de son cabinet ont intensifié leur attaque vis-à-vis du président de la banque centrale américaine, rapporte le Financial Post. Le président utilise notamment le projet de rénovation du siège de la Fed dont le coût a explosé à 2,5 milliards de dollars, pour critique le président de la Fed. Il attribue ainsi le dépassement des coûts à une mauvaise gestion de Jerome Powell.

Nombre d’observateurs considèrent les attaques du président et des membres de son parti comme une tentative à pousser le président de la Fed à démissionner de son rôle. Une rumeur circule même affirmant que Donald Trump envisagerait tout simplement de le limoger.

Les reproches du président, cette campagne et la rumeur de limogeage empiètent évidemment sur l’indépendance de la banque centrale vis-à-vis des pressions politiques directes, un des principes fondamentaux de la gestion économique américaine.

Malgré ces critiques, Jerome Powell défend vigoureusement l’indépendance de la Fed. Devant une commission parlementaire le mois dernier, il affirme ne pas vouloir commenter les déclarations du président par principe, mais rassurait les gens sur les raisons qui poussaient la banque centrale à prendre ses décisions, soit : la situation économique, les perspectives et l’équilibre des risques.

Un limogeage est-il envisageable ?

Si des sources affirment que le président aurait rencontré des parlementaires républicains pour évoquer cette possibilité, Donald Trump a assuré qu’il était très peu probable qu’une telle décision ne survienne, à moins que Jerome Powell ne soit impliqué dans une fraude.

À noter que le président républicain n’est pas le premier à critiquer la politique monétaire américaine, il est toutefois le premier à évoquer l’idée d’un renvoi du président de la Fed. Toutefois, un précédent juridique, l’affaire Humphrey’s Executor v. U.S. (1935), limite la capacité des présidents américains à renvoyer les dirigeants d’agences indépendantes.

La Cour suprême a d’ailleurs précisé récemment que le président de la Fed ne peut être renvoyé qu’en cas de motif valable.

Surtout qu’un renvoi de Jerome Powell pourrait entraîner des répercussions profondes sur l’économie mondiale, l’indépendance de la Fed et les marchés obligataires.

D’ailleurs le marché a réagi négativement aux premières rumeurs de limogeage. L’indice du dollar américain a perdu 1 %, et les actions ont chuté. Les rendements des obligations à deux ans ont reculé de 10 points de base, anticipant une baisse des taux à court terme, tandis que les rendements à 30 ans ont augmenté de 10 points de base.

Les marchés ont récupéré une grande partie de leurs pertes, mais si de simples rumeurs peuvent avoir ce pouvoir, qu’en serait-il d’un limogeage en bonne et due forme ? Cette décision abîmerait également la sacro-sainte indépendance de la Fed et pourrait avoir de lourdes conséquences, compromettant sa crédibilité et sa capacité à mener une politique monétaire efficace.

Un remplaçant pour Jerome Powell ?

Jerome Powell occupe son poste de président depuis 2018. Son mandat a été reconduit pour quatre ans en 2021 par le président Joe Biden, il se termine donc en mai 2026. Il restera cependant à la Fed à titre de membre du Conseil des gouverneurs jusqu’en 2028.

Parmi ses successeurs, plusieurs évoquent les noms de Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de Trump, réputé proche de l’ex-président et de Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011.

À noter qu’un successeur plus aligné avec Donald Trump ne garantirait toutefois pas une politique monétaire conforme aux attentes du président. En effet, le président de la Fed n’est qu’un des 12 membres votants.

Il pourrait toutefois faire pencher la balance en cas de division dans le comité.

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Prêts hypothécaires : la Banque du Canada va-t-elle reprendre son cycle de baisse des taux d’intérêt ? https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/peter-tsakiris/prets-hypothecaires-la-banque-du-canada-va-t-elle-reprendre-son-cycle-de-baisse-des-taux-dinteret/ Mon, 07 Jul 2025 12:35:54 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108401 ZONE EXPERTS – Les indicateurs économiques actuels renforcent la probabilité de nouvelles réductions du taux directeur d’ici la fin de l’année.

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Le ralentissement de l’économie canadienne se poursuit. Tout d’abord, le marché du travail au Canada demeure stagnant avec un taux de chômage se situant à 7 %, au plus haut niveau depuis 2016, en excluant évidemment la période de la pandémie. En effet, l’économie canadienne a enregistré une perte nette de 15 300 emplois au cours des quatre derniers mois. L’annonce des données de juin, attendue le 11 juillet, sera particulièrement déterminante pour évaluer si cette tendance se poursuit. On observe déjà des reculs dans plusieurs secteurs sensibles aux récents tarifs imposés par les États-Unis.

En juin 2025, le PMI manufacturier s’est replié à 45,6, poursuivant sa contraction pour un cinquième mois consécutif. Quant à l’indice des services, il est tombé à 44,3, confirmant un ralentissement prolongé pour le 7e mois. Le niveau d’activité nettement en bas de la barre de 50 est alors en fort recul dans les deux secteurs qui affichent un climat économique peu favorable.

Les dernières statistiques relatives au marché immobilier affichent une reprise au mois de mai, favorisée par la baisse des taux d’intérêt. Toutefois, l’inventaire global représentant environ 4,9 mois d’offre est proche de son niveau historique de 5 mois et le prix moyen affiche une baisse de 1,8 % depuis un an.

La baisse des taux d’intérêt a aidé les ménages à payer leurs dettes, mais on constate une augmentation des arriérés au niveau des paiements de dettes. Selon la Banque du Canada, 1,4 million de consommateurs ont manqué au moins un paiement au cours du premier trimestre de 2025 et le taux de délinquance augmente autant sur les dettes personnelles que sur les dettes hypothécaires. Le ratio de la dette des ménages par rapport au revenu disponible s’établit à 173,9 % au premier trimestre de 2025, en recul par rapport au sommet de 185 % atteint à la fin de 2021. Malgré ce léger repli, il demeure à un niveau historiquement élevé, ce qui limite la marge de manœuvre des ménages pour augmenter leur consommation.

Dans un contexte où de nombreux prêts hypothécaires devront être renouvelés à des taux nettement plus élevés que ceux actuellement en vigueur, nous demeurons préoccupés par la capacité des ménages à soutenir la demande. Par conséquent, nous anticipons un ralentissement marqué de l’économie canadienne qui pourrait se prolonger jusqu’à la mi-2027, moment où l’augmentation des taux de 2022 n’aurait plus effet au renouvellement des prêts hypothécaires.

L’inflation annuelle, telle que mesurée par l’IPC, est restée inférieure à la cible de la Banque du Canada, s’établissant à 1,7 % en mai. Toutefois, c’est l’inflation sous-jacente (Core) qui suscite davantage de préoccupations, puisqu’elle demeure élevée à 3,0 %.

Bien que la Banque du Canada adopte une approche prudente en raison des incertitudes liées aux tarifs américains, susceptibles de provoquer une poussée temporaire de l’inflation, nous maintenons notre position. Nous sommes même encore plus convaincus que le ralentissement de l’économie, combiné à la forte appréciation du dollar canadien et aux pressions exercées sur la Réserve fédérale américaine, inciteront la Banque du Canada à poursuivre les baisses de taux au cours de la seconde moitié de l’année.

D’ailleurs, seule la Banque de Nouvelle-Écosse estime que la BdC ne procédera à aucune baisse de son taux directeur d’ici la fin de l’année. En revanche, RBC et CIBC prévoient deux réductions, tandis que BMO et la Banque Nationale anticipent trois baisses de taux d’ici la fin de 2025.

La gestion du passif fait partie intégrante de la situation financière du client et en représente parfois même « la » plus grande portion. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif qui saura guider le client et s’assurer qu’il en saisisse bien la valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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Les politiques monétaires transfrontalières vont diverger https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/les-politiques-monetaires-transfrontalieres-vont-diverger/ Wed, 18 Jun 2025 11:05:55 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108028 La Banque du Canada reprendra ses réductions le mois prochain, tandis que la Fed restera à l’écart jusqu’au quatrième trimestre.

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La Banque du Canada réduira probablement ses taux le mois prochain et de nouveau en septembre, tandis que la Réserve fédérale américaine (Fed) maintiendra son statu quo jusqu’au quatrième trimestre, indique Marchés mondiaux CIBC dans ses dernières prévisions économiques.

Dans un contexte de hausse des tarifs douaniers et d’incertitude accrue, les perspectives de croissance économique s’assombrissent.

« Nos prévisions de croissance mondiale ont été revues à la baisse, ce qui reporte la reprise que nous attendions depuis l’année dernière pour 2025 », indiquent les économistes de la banque dans un nouveau rapport.

Dans ce contexte, les responsables des politiques fiscales et monétaires « devront donc actionner certains leviers pour obtenir l’amélioration de la croissance que nous attendons pour 2026 ».

Toutefois, les performances divergentes des économies américaine et canadienne cette année conduiront également à des politiques monétaires divergentes, selon le rapport.

À l’heure actuelle, c’est sur le marché du travail que les divergences sont les plus marquées, selon le rapport : les États-Unis restent proches du plein emploi, tandis que le Canada est « déjà à environ un point de pourcentage du plein emploi », et le taux de chômage devrait augmenter.

Par conséquent, les réductions de taux au Canada interviendront probablement plus tôt que les marchés ne le prévoient actuellement, selon le rapport.

« La Banque du Canada, confrontée à un marché de l’emploi beaucoup plus faible, n’a pas le luxe d’une longue pause. Nous prévoyons une baisse de taux de la Banque du Canada d’un quart de point en juillet et en septembre, ce qui constituera la dernière étape de ce cycle d’assouplissement, à condition que les États-Unis n’accélèrent pas la guerre commerciale et ne provoquent pas une véritable récession mondiale. »

Aux États-Unis, la Banque CIBC ne prévoit plus qu’une seule baisse de taux cette année — et pas avant le quatrième trimestre — alors qu’elle s’attendait auparavant à deux baisses.

« En clair, le président [Jerome] Powell n’est pas pressé d’agir alors que l’inflation risque de repartir à la hausse et que le mandat de plein emploi de la Fed n’est pas encore menacé », indique le rapport.

En ce qui concerne l’année prochaine, la Fed pourrait être en mesure de réduire les taux de 75 points de base supplémentaires.

« Mais même ce degré d’assouplissement pourrait être remis en question par des décisions de politique fiscale qui sont encore en cours », ajoute le rapport.

En ce qui concerne l’année prochaine, l’économie canadienne devrait retrouver son élan.

« Les mesures de relance budgétaire prises par les gouvernements fédéral et provinciaux seront utiles, mais pour vraiment attiser la flamme, nous devons également constater des progrès continus dans les négociations commerciales et de nouvelles réductions des taux d’intérêt de la part de la Banque du Canada », indique le rapport.

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Réalignement de l’ordre économique mondial https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/realignement-de-lordre-economique-mondial/ Wed, 18 Jun 2025 10:22:42 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108042 « On est dans une phase de réalignement historique », estime la nouvelle cheffe économiste du groupe BNP Paribas.

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De passage à Montréal (« sa petite enclave européenne » qu’elle connaît fort bien), Isabelle Mateos y Lago, nouvelle cheffe économiste du groupe BNP Paribas, s’est entretenue avec Finance et Investissement sur divers sujets, dont le basculement économique mondial provoqué par le retour de Donald Trump, la fragmentation des échanges commerciaux et l’éveil géopolitique et économique de l’Europe et d’autres régions du globe.

« On est dans une phase de réalignement historique », déclare-t-elle d’emblée. À mi-chemin de l’année 2025, la nouvelle cheffe économiste du groupe BNP Paribas depuis septembre dernier, constate un basculement profond de l’ordre économique mondial.

Alors que les investisseurs anticipaient que le retour de Donald Trump et la mise en application d’un programme America First ouvriraient une nouvelle phase d’exceptionnalisme américain, paradoxalement la réalité a vite déjoué les pronostics, selon Mateos y Lago. « Le dollar s’est affaibli face à la plupart des devises majeures (de 8 % par rapport à l’Euro), les indices boursiers américains sous-performent les indices mondiaux, et les perspectives de croissance des États-Unis ont été revues à la baisse par le FMI et l’OCDE. »

Les réactions aux initiatives de l’administration Trump ont même contribué à renforcer certaines économies. Elle cite en exemple l’Europe qui, sous l’impulsion de l’Allemagne, accélère ses investissements dans les infrastructures, la défense, l’innovation technologique et relance des réformes structurelles. Ces mesures marquent un tournant historique selon l’économiste. « L’Europe se renforce à une échelle qu’on n’avait pas vue depuis les années 1990, avec la réunification allemande et la création de l’euro. »

Ce train de mesures pour compenser la perte des débouchées sur le marché étasunien ne passe pas inaperçu. « Les investisseurs internationaux sont secoués dans leur confiance envers l’exceptionnalisme américain », observe-t-elle. En Asie du Sud-Est, les pays renforcent leurs alliances régionales et cherchent de nouvelles solutions commerciales. L’Inde est courtisée et la Chine, longtemps centrée sur les exportations, accélère sa transition vers une croissance fondée sur la demande intérieure. « Ce n’est pas un retour en arrière, mais une mondialisation redessinée, dopée par le retrait relatif des États-Unis. »

Concernant la guerre tarifaire qui sévit depuis le « Liberation Day » claironné par l’administration américaine, l’économiste estime qu’il ne faut pas surestimer les récentes décisions judiciaires au sujet des droits de douane. « Même si les tribunaux invalident les bases actuelles, l’administration pourra en invoquer d’autres. » Le scénario de dénouement qu’elle anticipe : une stabilisation autour de 12 %, avec une distribution un peu différente d’un pays ou d’un secteur à l’autre, soit un niveau bien supérieur aux 2,5 % d’avant crise. « Ces droits de douane sont un impôt sur les consommateurs et les importateurs américains. Ils freinent la croissance, déplacent les ressources vers des secteurs moins productifs et engendrent des distorsions inefficaces. » L’un des principaux motifs de la mise en place de ces tarifs est de générer des revenus pour financer des baisses d’impôts. « C’est comme prendre dans la poche de Jean pour prêter à Paul, tout ça n’augure rien de bon pour l’économie américaine. »

Garder le cap dans la tempête

Pour les conseillers en services financiers, l’heure est selon elle à la pédagogie, spécialement pour le très court terme et le court terme. « Il y a énormément d’incertitude et de volatilité, aggravées par le fait que depuis avril dernier, le dollar et les obligations du Trésor américain (US Treasuries) ne jouent par leur rôle d’amortisseur dans les portefeuilles avec couverture. » Mais, suggère-t-elle, sur un horizon d’un an et plus le paysage devient plus clair, « dans le contexte d’un scénario d’exceptionnalisme réduit de l’économie américaine, de la remontée en poupe de l’économie européenne et des autres économies qui arrivent à rester intégrées dans l’économie mondiale avec des mesures structurelles qui renforcent leur attractivité. »

Insistant sur son rôle d’économiste (et non d’experte en investissement), elle est d’avis qu’il est néanmoins sage de maintenir une certaine exposition à l’économie américaine, quitte à mieux la répartir. « Ce serait absurde de l’éliminer, mais il faut chercher d’autres moteurs de croissance. » Elle mentionne l’Europe, mais aussi l’Inde perçue comme une alternative crédible à la Chine, et les pays du Golfe qui investissent dans la transition énergétique et les technologies émergentes. « Les grands investisseurs sont encore trop concentrés sur l’Amérique. Il faut commencer à rediversifier. »

En termes de secteurs d’activité, elle juge les services et la technologie moins vulnérables à la guerre commerciale. « Les entreprises actives dans les infrastructures et la défense bénéficieront aussi des plans de dépenses publiques, notamment en Europe. »

Elle rappelle que la patience est de mise malgré la volatilité et que les investisseurs individuels ne doivent pas s’alarmer. « Sur le long terme, il vaut mieux être dans le marché qu’en dehors. » Elle fait remarquer que, dans les circonstances, l’économie mondiale a fait preuve de beaucoup de résilience. Elle observe aussi que les investisseurs institutionnels demeurent calmes, malgré les secousses. « Ils augmentent leurs couvertures contre le risque, mais déplacent peu de capital. Ils restent investis, et ils sont patients. »

Sur le plan des politiques monétaires, elle note une divergence entre la Réserve fédérale américaine (FED) et les autres banques centrales. Tandis que la BCE a abaissé ses taux à huit reprises, la Fed reste sur pause. « Elle est dans une position inconfortable : victime d’un choc inflationniste à venir (dans les prochains mois, voire trimestres), mais aussi sous pression politique constante. » Elle évoque même une perte de crédibilité de la Fed, contrainte de montrer son indépendance avant de pouvoir bouger. « Elle est obligée d’attendre qu’il y ait une détérioration visible des indicateurs, notamment du taux de chômage, avant de pouvoir commencer à abaisser les taux. »

L’économiste a par ailleurs souligné la montée de l’endettement public dans les grandes économies, notamment au pays de l’Oncle Sam. Selon elle, les rendements des obligations américaines à long terme subissent une forte pression en raison de l’augmentation marquée des émissions de dette. « Cette dynamique pourrait engendrer une volatilité accrue à court terme, surtout dans le contexte incertain des négociations budgétaires et de la question de la nomination du futur président de la Fed. »

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Incertitude, volatilité et occasions https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/incertitude-volatilite-et-occasions/ Wed, 11 Jun 2025 10:11:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107983 Des thèmes dominants lors de la soirée des prévisions de CFA Montréal.

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Alors que la volatilité sévit sur les marchés en proie aux incertitudes économiques générées par la guerre commerciale menée tambour battant par l’administration Trump, la Soirée annuelle des prévisions de CFA Montréal réunissait le 5 juin dernier deux figures influentes de la finance mondiale pour clore sa saison. Robyn Grew, présidente et chef de la direction de Man Group, et Rick Rieder, directeur général principal chez BlackRock, ont croisé leurs perspectives sur les tendances de fond qui influencent et façonnent les marchés financiers et l’économie mondiale.

La présidente de Man Group a souligné d’emblée que l’imprévisibilité était aujourd’hui la norme. « On a un peu abandonné l’idée de tout modéliser, le monde a changé et ça risque d’être ainsi pour un bout », a-t-elle expliqué, soulignant que la volatilité et les événements inattendus ne sont plus des exceptions, mais des réalités permanentes. « Pour au moins 3 ans et demi ? », a demandé à la blague Kristina Partsinevelos, journaliste à CNBC, faisant référence à la fin du deuxième et dernier mandat du 47e président des États-Unis. « Qui sait? », a répondu Robyn Grew, laissant entendre que dans ce nouvel environnement, tenter de prévoir avec précision chaque mouvement de marché est voué à l’échec. « Mais tout ce qui est différent n’est pas mauvais en soi. » Selon elle, la priorité pour les investisseurs est désormais de construire des portefeuilles robustes, capables de résister aux fluctuations, notamment en misant sur une bonne diversification et la recherche d’actifs non corrélés. « L’argent a maintenant un coût », rappelle-t-elle, faisant référence à la fin de la période des politiques monétaires accommodantes qui ont longtemps soutenu la valorisation de nombreux actifs.

Fin de l’ «exceptionnalisme américain » ?

La réalité actuelle impose selon Robyn Grew un changement dans la façon d’aborder l’investissement. La période où le marché américain apparaissait comme l’unique destination d’investissement s’estompe. « En janvier, on ne parlait que des États-Unis comme unique option, aujourd’hui, seulement quelques mois plus tard, nous sommes plutôt enthousiastes face à l’Europe et à l’Asie-Pacifique », a-t-elle indiqué, citant les stimulus fiscaux et les perspectives économiques prometteuses dans ces régions. Ce tournant géographique offre aux investisseurs une occasion de diversification pour capter un alpha souvent plus difficile à trouver dans les marchés américains plus saturés et pleinement valorisés.

Rick Rieder de chez BlackRock a fait écho aux propos de sa collègue en décrivant un marché chaotique dominé par l’imprévisibilité. « Je n’ai jamais vu un environnement aussi imprévisible en 40 ans de carrière. Les marchés réagissent désormais à des tweets plus qu’à la macroéconomie, l’analyse fondamentale ou aux flux de trésorerie », a-t-il admis, faisant référence à l’utilisation des réseaux sociaux par le président américain, mais aussi par l’homme le plus riche de la planète, Elon Musk, propriétaire de la plateforme X.

Le marché offre néanmoins selon lui des occasions pour des stratégies de « reversal » (parier contre les mouvements extrêmes du marché du jour précédent). « L’instabilité à court terme a permis de générer un rendement supérieur. » Ironiquement, l’expert considère que c’est l’un des environnements d’investissement les plus excitants qu’il ait connus, malgré les risques de récession et l’absurdité de certaines dynamiques. « Les opportunités abondent pour ceux qui savent transiger la volatilité, car là où il y a de la dispersion il y a des occasions. » Il recommande notamment l’utilisation tactique des options pour gérer les risques et profiter des retournements rapides.

Interrogés sur le risque de récession, les deux invités se sont avancés prudemment. L’expert de chez BlackRock continue de croire à un scénario de récession courte et peu profonde, appuyée par la solidité du marché de l’emploi et une économie encore soutenue par la consommation. « Il faut regarder les tendances sur plusieurs mois plutôt que les chiffres mensuels qui peuvent être trompeurs », conseille-t-il. Les indicateurs montrent (ADP Report) selon lui un ralentissement progressif du marché du travail, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. « Mais globalement pas une contraction suffisamment sévère pour justifier un recul rapide des taux d’intérêt. »

La patience devient ainsi la vertu cardinale pour les investisseurs, a indiqué pour sa part Robyn Grew, d’autant plus que les banques centrales, la Réserve fédérale américaine au premier chef, adoptent une posture attentiste face à la complexité des signaux économiques. Cette prudence se justifie notamment par la persistance d’une inflation élevée et des données souvent contradictoires.

Un autre phénomène souligné par le panel est l’émergence d’un certain patriotisme boursier autour des « 7 magnifiques », ces grandes entreprises technologiques qui captent la majorité des flux monétaires. Ce comportement d’investissement est teinté d’émotions, comme l’illustre Robyn Grew, mi-amusée mi-inquiète. « J’ai entendu une dermatologue (donc une non-professionnelle du secteur de la finance) dire qu’elle investissait exclusivement dans ces titres, comme un acte de foi ». Cette forme d’engagement, presque identitaire, dépasse selon elle la simple logique financière. « Il y a là quelque chose de plus, une forte poussée du côté des investisseurs de détail pour que ça fonctionne. » Ce mélange d’espoir et d’attentes élevées rend les marchés plus imprévisibles et amplifie la volatilité selon elle. « C’est très inhabituel, je n’ai jamais observé une dynamique (Momentum) aussi forte sur les marchés » a renchéri Rick Rieder.

Un marché dopé par l’abondance de liquidités

L’invité de chez BlackRock a souligné d’autre part un phénomène inédit : l’immense quantité de liquidités en attente d’être investies. « Il y a aujourd’hui entre 16 et 17 billions de dollars dans les fonds du marché monétaire. » Un montant qu’il qualifie d’exceptionnel dans l’histoire des marchés. « Dans un contexte où les entreprises rachètent massivement leurs propres actions et où le marché primaire (les IPO : introduction en Bourse) est presque à l’arrêt, l’offre d’actions disponibles se contracte. » Cette rareté conjuguée à la surabondance de liquidités alimenterait selon lui une dynamique haussière persistante. « Il n’y a tout simplement pas assez d’actifs financiers pour absorber toute cette richesse. » Même avec des valorisations élevées, les indices boursiers sont tirés vers le haut par une forme de gravité inversée.

La valorisation élevée du marché des actions en général (lequel se négocie à environ 24 fois les bénéfices) continue par ailleurs de faire débat. « Oui, je crois que les valorisations sont élevées », suggère Rick Rieder. Les experts invités ont souligné que si des observateurs considéraient la hausse injustifiée, d’autres estimaient que les innovations technologiques en cours (intelligence artificielle, robotique, véhicules autonomes) vont continuer de transformer profondément les économies. « Le rythme du changement est spectaculaire : l’IA, les robots, les voitures autonomes, la robotique en santé, la collecte massive de données, tout cela transforme déjà notre quotidien », ajoute Robyn Grew.

Le panel a entre autres insisté sur la nécessité de repenser la diversification. L’ère des portefeuilles rigides et surchargés en actifs non liquides semble révolue. « La diversité des sources de revenus dans un portefeuille est essentielle », affirme, Robyn Grew. La liquidité est selon elle un avantage compétitif majeur, permettant aux investisseurs d’ajuster rapidement leurs positions et de saisir des occasions dans des segments variés. Malgré tout, comme l’explique Rick Rieder, les actions restent attrayantes dans un portefeuille à long terme, avec un rendement des capitaux propres moyen (ROE : Return on Equity) de 18 %. « Comment ignorer cette classe d’actifs, surtout face à des obligations à long terme qui rapportent moins, une fois l’inflation déduite ? »

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