Placements Mackenzie – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 04 Mar 2026 21:07:38 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Placements Mackenzie – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Pourquoi deux FNB sur le même indice ne se valent-ils pas ? https://www.finance-investissement.com/fi-tv_/pourquoi-deux-fnb-sur-le-meme-indice-ne-se-valent-ils-pas/ Wed, 11 Mar 2026 10:31:38 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111578 Finance et Investissement : Quels éléments distinguent réellement deux fonds négociés en Bourse (FNB) qui suivent un même indice de référence et comment Mackenzie s’assure-t-elle que ses solutions se démarquent ?

Laurent Boukobza : Effectuer une diligence raisonnable avant d’acheter un FNB est primordial. La première étape consiste à vérifier si la stratégie de placement du FNB correspond à l’objectif de placement visé.

Donc, on analyse les titres en portefeuille et la façon dont l’exposition est obtenue : en détention directe, synthétique ou via un autre FNB. On évalue également les potentielles implications fiscales que ces structures peuvent entraîner.

Il est important de consulter la performance historique et de déterminer si cette performance reflète bien la stratégie de placement annoncée.

Dans le cas d’un FNB indiciel, on vérifie à quel point il réplique fidèlement le comportement et le rendement de son indice de référence.

Dans le cas d’une gestion active, on mesure la cohérence entre les rendements obtenus et la proposition de valeur, dans différentes conditions de marché.

Pour un FNB indiciel, il faut évaluer la minimisation de l’écart de suivi et de l’écart de performance. On porte aussi attention à la liquidité du FNB, à la liquidité de la classe d’actif sous-jacente, ainsi qu’aux écarts acheteur-vendeur. Tous ces éléments entrent dans le coût de détention total.

Concrètement pour un investisseur qui achète une exposition et la détient sur le long terme, l’écart acheteur-vendeur à l’achat et à la vente va être moins important que l’impact des coûts récurrents — comme le ratio de frais de gestion (RFG) — au fur et à mesure que la période de détention s’allonge. L’horizon de placement et la situation individuelle de l’investisseur doivent donc être pris en compte.

Avec l’arrivée du MRCC3 (divulgation complète des coûts — ou Total Cost Reporting en anglais), on va vouloir porter une attention toute particulière aux frais explicites, comme le RFG, mais aussi aux frais implicites, comme le ratio des frais d’opérations.

Enfin, un point dont on parle moins : certains FNB étrangers, particulièrement les FNB américains auxquels les investisseurs canadiens ont facilement accès, ne sont pas soumis aux mêmes processus réglementaires de protection que ceux encadrés au Canada par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM). Certains produits ne passeraient peut-être pas les exigences canadiennes, mais sont disponibles parce qu’ils respectent les règles américaines, qui sont différentes. Dans une démarche de diligence raisonnable, cet aspect doit aussi être pris en compte.

Les opinions exprimées sont celles de Laurent Boukobza, vice-président et stratège FNBs pour l’Est du Canada, Placements Mackenzie, en date du 5 décembre 2025, et elles peuvent changer selon la situation des marchés et d’autres conditions.

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FNB : 5 mythes déconstruits https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/fnb-5-mythes-deconstruits/ Wed, 11 Mar 2026 10:07:22 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112849 L’adoption des fonds négociés en Bourse (FNB) dans les portefeuilles par les investisseurs et gestionnaires de patrimoine semble ne pas s’essouffler selon les premiers chiffres de 2026. À la suite d’entrées nettes d’actifs en 2025 surpassant les 120 milliards de dollars (G$), le secteur canadien des FNB a dépassé les 720 G$ d’actifs sous gestion au 31 décembre 2025. Janvier 2026 indique un début d’année record avec des entrées nettes doublant celle de 2025 sur la même période[1].

Les FNB répondent à des besoins de plus en plus divers et complexes et outrepassent largement la simple réplication indicielle. Soutenus par un environnement réglementaire favorable, une attention accrue aux frais, la transition démographique et l’évolution des préférences des investisseurs, les FNB ont gagné en importance. Selon Placements Mackenzie, leur part dans l’univers des fonds d’investissement canadiens est passée de 10 % à 25 % au cours de la dernière décennie.

Dans ce contexte d’expansion de l’offre des FNB au Canada, où des stratégies plus spécialisées et diversifiées sont désormais accessibles, voici un rappel de certaines notions fondamentales notamment en matière de liquidité et de mesures d’évaluation.

Tous les FNB n’affichent pas nécessairement de forts volumes de transactions, de faibles frais de gestion, des écarts du cours acheteur-vendeur minimes. Ces caractéristiques ne les disqualifient pas pour autant et ces FNB peuvent répondre adéquatement aux attentes de l’investisseur. Voici cinq mythes[2] à déconstruire.

  1. Un faible volume de transactions et des actifs sous gestion peu élevés signifient généralement une liquidité plus faible.

À l’instar des fonds communs de placement, le niveau de liquidité des FNB n’est pas fonction de son volume d’opérations. Il dépend plutôt de la liquidité des actifs sous-jacents. La liquidité d’un FNB ou d’un fonds commun sera au moins équivalente à celle de ses positions sous-jacentes.

Au lieu de regarder le volume d’opération d’un FNB ou son actif sous gestion, il vaut mieux évaluer la liquidité de ses titres sous-jacents. Si le niveau de liquidité d’un fonds commun qui investit dans des titres semblables ne suscite pas de préoccupations, la liquidité d’un FNB ne devrait pas faire problème. Le volume n’est pas révélateur de la liquidité — quelle que soit la structure du fonds.

La liquidité du marché primaire dans lequel le FNB investit n’est pas forcément reflétée dans la liquidité du marché secondaire.

Pour consulter cette illustration en grand format, cliquez sur ce lien.

Les FNB peuvent émettre de nouvelles parts ou les retirer du marché pour répondre à l’offre et à la demande des investisseurs. Ainsi, des mesures telles que les actifs sous gestion d’un FNB et ses volumes d’opérations ne permettent pas d’en évaluer le niveau de liquidité.

  1. La liquidité du marché secondaire des FNB s’affiche à l’écran.

Les mainteneurs du marché ne reflètent qu’une fraction du volume qu’ils sont disposés à négocier. Les investisseurs accèdent aux parts de FNB par le biais du marché secondaire sur lequel d’autres investisseurs peuvent être présents ainsi que des mainteneurs de marché.

Dans le cas des FNB, les mainteneurs de marché peuvent mettre de nouvelles parts en circulation ou les retirer de la circulation par l’intermédiaire du marché primaire. Pour ce faire, ils travaillent avec le fournisseur de FNB comme l’illustre le graphique ci-dessus. Ce processus permet de faire que le prix d’une part de FNB reste proche de la valeur liquidative des actifs sous-jacents du FNB.

  1. Les FNB comportent moins de risques que les fonds communs de placement.

Le risque ou la volatilité liés à la structure d’un fonds, qu’il s’agisse d’un FNB ou d’un fonds commun, s’explique par divers facteurs. Les facteurs suivants peuvent influer sur le risque ou la volatilité perçus d’un FNB ou d’un fonds commun :

  • Caractéristiques des titres sous-jacents au chapitre du rendement ;
  • Risque ou volatilité découlant des marchés au sein desquels le FNB ou le fonds commun investit ;
  • Style et stratégie de placement du gestionnaire.

À noter que les FNB se négocient durant la journée, leur prix peut donc être perçu comme plus volatile comparativement à un fonds commun qui publie sa valeur liquidative une fois par jour. De la même manière, les FNB publient également une valeur liquidative quotidiennement après la fermeture du marché.

  1. Les FNB sont faits uniquement pour les spéculateurs et les investisseurs à court terme.

Les FNB indiciels, activement gérés et à bêta stratégique sont de plus en plus utilisés pour construire le portefeuille d’investisseurs. L’avènement des FNB activement gérés combinés aux FNB à réplication indicielle offre la possibilité aux gestionnaires de portefeuille de rationaliser les coûts pour capturer le bêta du marché tout en allouant davantage de budget de frais pour des stratégies ayant une proposition de valeur différenciée.

Les FNB sont conçus pour permettre à des investisseurs aux objectifs différents de détenir le même produit tout en poursuivant leurs propres stratégies.

À stratégie de placement similaire, les FNB vont souvent présenter un différentiel de coût favorable, les rendant d’autant plus pertinents pour les clients qui investissent à long terme en minimisant les frais récurrents.

  1. Tous les FNB reproduisent leurs indices sous-jacents.

Bien que la majorité de l’actif dans les FNB canadiens soit dans des FNB indiciels, le segment des FNB activement gérés est le sous-segment qui connait le plus fort taux de croissance. Il est supérieur à 34 % annuel composé sur les 10 dernières années et le segment des FNB à gestion active représente maintenant plus de 31 % de l’actif investi dans les FNB canadiens[3]. À la fin 2025, plus de la moitié de tous les FNB cotés au Canada ne répliquent pas un indice.

Comme pour un fonds commun traditionnel, les FNB gérés activement reposent sur l’expertise de gestionnaires qui supervisent la construction du portefeuille et les décisions de négociation. Cependant contrairement aux fonds communs, ces FNB font l’objet d’évaluations et d’échanges intrajournaliers.

Les enjeux de négociation de prime ou escompte par rapport à leur valeur liquidative sont aussi souvent présentés comme une déficience de la structure FNB alors que ces derniers sont conçus de façon à pouvoir être négociés sur le marché secondaire (création et rachat d’actions à la valeur liquidative) et sur un marché boursier à des cours établis par le marché secondaire. Ceci est plutôt un avantage permettant aux investisseurs d’avoir accès au prix du marché en temps réel lors des opérations. La présence d’un marché primaire et d’un marché secondaire rehausse l’efficience globale des cours et la liquidité d’un FNB.

Dans le deuxième article de cette série, nous nous attarderons sur les concepts de réplication indicielle et les facteurs à considérer dans l’évaluation de la performance d’un FNB.

Clause de non-responsabilité : Le contenu de cet article (y compris les faits, points de vue, opinions, recommandations, ainsi que les descriptions ou références à des produits ou titres) ne doit pas être interprété comme des conseils en placement, une offre de vente, une sollicitation d’achat, ni comme une approbation, une recommandation ou une commandite d’une entité ou d’un titre mentionné. Bien que nous nous efforcions d’en assurer l’exactitude et l’exhaustivité, nous n’assumons aucune responsabilité quant à son utilisation.

Cet article peut contenir des informations prospectives qui reflètent les attentes ou les prévisions actuelles de notre organisation ou de tiers concernant des événements futurs. Les renseignements prospectifs sont par leur nature assujettis, entre autres, à des risques, incertitudes et hypothèses pouvant donner lieu à des écarts significatifs entre les résultats réels et ceux exprimés dans les présentes. Ces risques, incertitudes et hypothèses comprennent, sans s’y limiter, les conditions générales économiques, politiques et des marchés, les taux d’intérêt et de change, la volatilité des marchés boursiers et financiers, la concurrence commerciale, les changements technologiques, les changements sur le plan de la réglementation gouvernementale, les changements au chapitre des lois fiscales, les poursuites judiciaires ou réglementaires inattendues ou les catastrophes. Veuillez soigneusement prendre en compte ces facteurs et d’autres facteurs et ne pas accorder une confiance exagérée aux renseignements prospectifs. Tout renseignement prospectif contenu aux présentes n’est à jour uniquement qu’au 1 mars 2026. Il ne faut pas s’attendre à ce que ces renseignements soient mis à jour, complétés ou révisés par suite de nouveaux renseignements, de circonstances changeantes, d’événements futurs ou pour d’autres raisons. 

[1] Canadian ETF Flows — January 2026: $22 billion in a month, record after record (ETF Research & Strategy)

[2] Réfuter les mythes liés aux FNB et faire prévaloir la réalité

[3] Source : Mackenzie Investments

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Femmes en finance : des gains réels, des barrières tenaces https://www.finance-investissement.com/nouvelles/femmes-en-finance-des-gains-reels-des-barrieres-tenaces/ Fri, 06 Mar 2026 11:23:25 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112773 Au début des années 2000, la présence féminine dans les salles de marchés était marginale. Les pupitres de négociation, tant en actions qu’en obligations, étaient largement dominés par des équipes masculines, témoigne Hadiza Djataou, vice-présidente, cheffe des analyses macroéconomiques et gestionnaire de portefeuille chez Placements Mackenzie.

« Quand j’ai commencé ma carrière, en 2002, au pupitre de négociation actions chez Société Générale, la représentation des femmes était minime. Sur une équipe d’environ 30 personnes, nous étions seulement deux femmes », se souvient-elle.

Depuis, le paysage a progressivement évolué. Si la parité est encore loin d’être atteinte, la progression est notable. « Tant du côté des actions que des obligations, nous sommes plus proche d’un ratio d’environ un tiers de femmes pour deux tiers d’hommes. Il y a eu une augmentation régulière, et nous nous approchons d’un équilibre plus acceptable. »

Un autre progrès marquant, selon elle, concerne l’accès des femmes aux postes de responsabilité. « Quand j’ai commencé ma carrière, il était plus rare de voir des femmes occuper des fonctions stratégiques. Aujourd’hui, que ce soit dans les grandes banques ou dans des sociétés de gestion d’actifs comme Placements Mackenzie, nous retrouvons des femmes à des postes de chef des placements, au sein des conseils d’administration ou des comités de direction. »

Chez Placement Mackenzie, les femmes représentent 45,5 % de la main-d’œuvre, en hausse de 7,2 % depuis février 2025, et elles occupent 28,2 % des postes en gestion de placements, indique Hadiza Djataou.

À ses yeux, cette évolution témoigne d’un changement réel dans la culture des organisations, les pratiques de recrutement et dans la reconnaissance du leadership féminin au sein du secteur financier, même si le travail vers une représentation pleinement équilibrée doit se poursuivre.

Au-delà des intentions, la réalité

Forte de plus de vingt ans d’expérience, Hadiza Djataou porte un regard éclairé sur les transformations du secteur. Son expérience acquise tant en France qu’au Canada lui permet également de comparer différents marchés et cultures organisationnelles, enrichissant son analyse des progrès réalisés — et des défis qui demeurent.

« Qu’est-ce qui a permis cette évolution ? D’abord, je pense que les entreprises ont manifesté une volonté plus affirmée de faire progresser la parité entre les hommes et les femmes dans les postes de responsabilité. Cet engagement n’était pas aussi explicite il y a vingt ans », témoigne-t-elle.

Selon elle, « les évolutions autour des investissements responsables et des critères liés à la représentation des femmes, notamment en matière de diversité, ont joué un rôle déterminant. Aujourd’hui, certaines sociétés intègrent ces considérations dans leurs décisions d’investissement ».

Elle illustre ce changement par une pratique concrète observée dans l’industrie. « Lorsque nous avons le choix entre deux entreprises comparables, nous privilégions celle où la représentation des femmes est plus élevée. La diversité des points de vue et des expériences est perçue comme une richesse. Même si l’impact n’est pas toujours immédiatement mesurable, nous croyons que cette diversité peut influencer positivement la performance à long terme. »

Au-delà des politiques institutionnelles, Hadiza Djataou estime que la dynamique interne a également évolué. « Les femmes ont progressivement gagné en confiance. Elles se projettent davantage dans des rôles de leadership et osent plus facilement saisir les occasions qui se présentent. »

Néanmoins, des défis persistent, et ne relèvent pas uniquement des structures organisationnelles. « Je pense que les femmes font partie de la solution de la même manière qu’elles ont parfois fait partie du problème, affirme-t-elle. L’un des enjeux les plus importants, à mon avis, tient au fait que nombre de femmes n’osent pas demander une promotion. Elles attendent souvent que la reconnaissance ou la promotion viennent à elles. »

Sinon, lorsqu’une offre d’emploi est publiée, « un homme va plus facilement postuler s’il estime correspondre à 50 ou 60 % des critères, déplore-t-elle. Une femme aura tendance à attendre d’en remplir pratiquement 100 % avant d’oser se lancer. C’est une réalité ».

Ce constat, elle l’a vécu personnellement, admet Hadiza Djataou. « J’avais besoin d’avoir la certitude d’être qualifiée à 200 % pour chacun des critères avant même de soumettre ma candidature. Cette exigence envers soi-même peut devenir un frein. »

« C’est une mentalité qui prendra du temps à changer. Et tant qu’elle ne changera pas complètement, elle restera un frein à l’avancement », estime-t-elle. À ses yeux, reconnaître cette dimension est essentiel pour continuer à faire progresser la représentation féminine aux postes de responsabilité.

La maternité représente un autre défi dans un secteur aussi exigeant que celui de la finance. « Cela peut faire peur aux jeunes femmes, surtout pour la conciliation travail-famille. »

Mère de deux enfants, aujourd’hui âgés de 12 et 14 ans, Hadiza Djataou estime toutefois qu’elle ne constitue plus un frein insurmontable, surtout lorsque les organisations offrent des mesures de soutien concrètes.

Elle témoigne avoir poursuivi sa carrière même pendant que ses enfants étaient très jeunes. « J’ai repris le travail alors que ma première fille avait deux mois et demi. Ça peut sembler tôt, mais cela m’a permis de rester connectée aux marchés, de conserver mes responsabilités et mes clients. »

La flexibilité offerte par son employeur a joué un rôle déterminant. « Ma société a été extraordinaire dans sa capacité à m’offrir des aménagements d’horaire qui m’ont évité une rupture dans ma carrière. »

D’ailleurs, elle constate que les mentalités et les pratiques évoluent. Chez Placements Mackenzie, un réseau d’entraide pour les parents de retour de congé de maternité ou de paternité a été mis en place afin de faciliter la réintégration. « Ce réseau permet aux parents d’échanger sur les défis du retour au travail et d’identifier les ajustements possibles », illustre-t-elle.

Transformer l’intention en stratégie

Pour Hadiza Djataou, les progrès ne peuvent reposer uniquement sur la bonne volonté. « Le point où le plus grand progrès est nécessaire consiste à s’assurer que la société a une stratégie claire et des objectifs », affirme-t-elle.

Les organisations devraient, selon elle, se fixer des cibles précises en matière de représentation féminine et, surtout, se doter d’un plan d’exécution structuré. « Chez Placements Mackenzie, nous nous sommes fixés des objectifs de représentation des femmes à différents niveaux », explique-t-elle. Elle s’implique depuis 2022 au sein du Women BRG (Business Resource Group), un groupe soutenu par les leaders de l’entreprise. « La volonté est là, mais le plan d’exécution est beaucoup plus compliqué à mettre en œuvre, et les barrières restent importantes. »

De même, la responsabilité ne devrait pas reposer uniquement sur les entreprises, avance-t-elle. « Les gouvernements aussi devraient se fixer des cibles. »

Selon elle, lorsqu’un changement doit être appliqué rapidement et à grande échelle, un catalyseur est nécessaire. « Si nous voulons que les entreprises évoluent plus vite, il faut un incitatif. Des mesures fiscales liées à la représentation au sein de la masse salariale pourraient encourager ce type de transformation. »

À défaut de mécanismes structurants, les progrès demeurent inégaux. « Dans l’état actuel des choses, rien n’oblige réellement les entreprises à agir. Cela repose beaucoup sur leur volonté. Certaines sont avant-gardistes, d’autres estiment que ce n’est ni nécessaire ni mesurable, donc elles n’y voient pas d’intérêt immédiat. »

Interrogée sur les reculs observés en matière de valorisation des principes d’équité, diversité et inclusion (EDI) dans certaines juridictions, notamment aux États-Unis, elle ne croit pas à un véritable effet de retour en arrière. « Je ne pense pas que cela ait réellement affecté la dynamique », affirme-t-elle. Elle cite notamment les discussions tenues lors d’une récente conférence des PRI (Principles for Responsible Investment), où les acteurs de l’investissement responsable ont réaffirmé leur engagement. « La volonté affichée de poursuivre ces objectifs demeure intacte. »

Malgré certaines inquiétudes liées au financement international ou aux repositionnements politiques, elle constate que « le progrès continue », notamment à travers l’évolution des taxonomies et des cadres réglementaires. Un nouveau défi se profile toutefois : l’intelligence artificielle (IA). « Il faudra observer comment l’IA va avoir un effet sur les hommes et les femmes différemment. Certains secteurs technologiques ont historiquement été dominés par les hommes, ce qui peut créer un avantage comparatif important. » Pour elle, l’enjeu consistera à veiller à ce que les transformations technologiques renforcent, plutôt que freinent, les avancées en matière de diversité.

Au-delà des objectifs formels, Hadiza Djataou insiste sur l’importance du parrainage et du mentorat, qui implique d’accompagner activement des talents prometteurs. « Il faut être prêt à dire : je crois en tes capacités, même si tu ne coches pas toutes les cases. »

L’engagement se manifeste aussi en amont. « Nous essayons d’être plus présents dans les universités » afin de démystifier un secteur qui peut intimider les jeunes étudiantes.

Hadiza Djataou met également de l’avant les changements structurels survenus ces dernières années. « Depuis la COVID, nous avons plus de flexibilité. Nous avons tous un bureau à la maison. Cela donne un accès au travail que nous n’avions pas il y a dix ans, et ça aide à l’équilibre vie professionnelle-vie privée. »

Enfin, elle rappelle que le changement ne dépend pas uniquement des dirigeants. « C’est aussi une évolution des mentalités au sein des équipes », insiste-t-elle. En partageant son propre parcours — à la tête d’une équipe macroéconomique tout en étant mère — elle souhaite démontrer qu’il est possible d’assumer des responsabilités stratégiques tout en menant une vie familiale active. Selon elle, c’est en multipliant ces exemples et en normalisant ces trajectoires que l’industrie pourra accélérer le mouvement vers une représentation plus équilibrée.

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Quatre nouveaux FNB signés Mackenzie https://www.finance-investissement.com/nouvelles/quatre-nouveaux-fnb-signes-mackenzie/ Fri, 27 Feb 2026 13:04:57 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112590 Placements Mackenzie enrichit sa gamme de produits avec le lancement de quatre nouveaux fonds négociés en Bourse (FNB).

Les FNB disponibles à la Bourse de Toronto depuis le 17 février sont les suivants :

  • le FNB de valeur mondial Mackenzie (MAGV) : sous-conseillé par Barrow Hanley Global Investors son but est de dénicher des occasions à fort potentiel sur les marchés développés et émergents ;
  • le FNB de valeur américain Mackenzie (MAUV) : sous-conseillé par Putnam Investments, ce produit investit principalement dans des entreprises américaines de haute qualité pour tirer parti des anomalies de prix et découvrir le potentiel de rendement ;
  • le FNB mondial équilibré Mackenzie GQE : combinant l’expertise de l’équipe des stratégies multi‑actifs de Mackenzie et celle de l’équipe des actions quantitatives mondiales, ce FNB cherche à dénicher des occasions sur les marchés développés et émergents en s’appuyant sur l’apprentissage machine, des modèles de données avancés et l’analyse humaine ;
  • le FNB de croissance toutes capitalisations américaines Mackenzie (MAUG) : sous-conseillé par Putnam Investments, ce produit offre diversification et appréciation du capital à long terme en s’exposant aux secteurs américains de la technologie, la santé et de la consommation discrétionnaire.

« Nous croyons que le contexte économique actuel offre des opportunités convaincantes pour l’investissement axé sur la valeur, et tant le MAGV que le MAUV offrent un accès à des équipes expérimentées comptant des décennies d’expertise en investissement, souligne Prerna Mathews, vice-présidente, Innovation et conception de produits, Placements Mackenzie. Ces deux FNB utilisent des approches rigoureuses axées sur la valorisation qui visent à découvrir des occasions de qualité et à offrir aux investisseurs et investisseuses un excellent complément à leurs portefeuilles. »

« Tant le MBQG que le MAUG visent à répondre aux besoins évolutifs des portefeuilles modernes en tirant parti des capacités de gestion active de Mackenzie, dans un contexte où les FNB actifs sont en plein essor, continue Prerna Mathews. Ces solutions offrent aux investisseurs et investisseuses une occasion qui s’appuie sur les stratégies existantes et les propositions uniques de nos talentueuses équipes et de nos sous-conseillers. »

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Bonus versé au REER : mécanique fiscale, illusion de double imposition et enjeux à long terme https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/bonus-verse-au-reer-mecanique-fiscale-illusion-de-double-imposition-et-enjeux-a-long-terme/ Mon, 23 Feb 2026 13:17:23 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112626 Dans de nombreuses organisations, le versement d’un bonus annuel en début d’année, souvent en janvier ou février, s’accompagne d’une option attrayante : le transfert direct du bonus au régime d’épargne-retraite (REER) de l’employé. Cette stratégie est généralement présentée comme fiscalement efficace, simple et avantageuse.

Elle l’est, à condition d’en comprendre pleinement la mécanique et les implications à long terme.

Dans ce contexte, une compréhension adéquate de cette stratégie suppose notamment de bien saisir son fonctionnement fiscal d’une année à l’autre, d’en cerner l’avantage réel et d’en mesurer les conséquences lorsque cette mécanique n’est plus reconduite. Elle permet également de démystifier l’impression de double imposition qui peut surgir lorsque la stratégie est interrompue et de situer ce mécanisme dans une réflexion fiscale plus globale.

Le scénario type : bonus reçu avant le 1er mars

Prenons un employé qui :

  • Reçoit un bonus annuel en février
  • Choisit de le verser directement dans son REER
  • Utilise systématiquement la cotisation effectuée dans les 60 premiers jours de l’année pour la déduire à l’année d’imposition précédente

Dans ce contexte, année après année, la mécanique fonctionne ainsi :

  • Le bonus constitue un revenu d’emploi imposable dans l’année où il est versé et est inclus au feuillet T4 ainsi qu’au relevé 1 lorsque applicable.
  • La cotisation REER effectuée en février peut être déduite pour l’année précédente.
  • Sur le plan économique, l’impôt lié au bonus peut être neutralisé, même si l’inclusion du revenu et la déduction ne visent pas la même année fiscale.

Sur papier, l’opération apparaît particulièrement efficace. En pratique, elle repose toutefois sur une continuité implicite.

L’avantage fiscal réel du transfert direct au REER

Le transfert direct du bonus au REER présente plusieurs avantages indéniables :

  • Une discipline d’épargne automatique
  • L’optimisation de l’utilisation de la déduction REER
  • Une réduction possible des retenues d’impôt sur le revenu lorsque l’employeur tient compte de la cotisation dans l’administration de la paie
  • Un effet de lissage fiscal pour les contribuables dont la rémunération variable fluctue

Cependant, un point mérite d’être clairement souligné : le transfert direct ne rend pas le bonus non imposable. Il permet plutôt de compenser l’inclusion du revenu par une déduction correspondante, ce qui constitue essentiellement un report d’imposition.

Sur le plan fiscal, il peut par ailleurs sembler contre intuitif que, bien qu’aucune retenue d’impôt sur le revenu ne soit effectuée lorsque le bonus est versé directement au REER, l’employeur demeure tenu de prélever sur la paie de l’employé les cotisations sociales applicables. Ainsi, les cotisations au Régime de rentes du Québec, à l’assurance emploi, au Régime québécois d’assurance parentale et, le cas échéant, à d’autres régimes obligatoires, demeurent exigibles sur le montant du bonus.

Cette distinction entre l’impôt sur le revenu et les charges sociales contribue parfois à une compréhension imparfaite de la mécanique, certains employés associant à tort l’absence de retenue d’impôt à une exonération complète du montant versé.

Par ailleurs, le bonus contribue généralement à la création de nouveaux droits de cotisation REER puisqu’il fait partie du revenu gagné servant au calcul du maximum déductible des années subséquentes. Cette dimension est parfois peu considérée dans l’analyse globale de la stratégie.

Le jeu des cotisations arrière : un équilibre conditionnel

Tant que l’employé :

  • Reçoit un bonus chaque année
  • Effectue une cotisation REER en début d’année
  • Utilise cette cotisation pour absorber l’impôt d’une année antérieure

L’équilibre fiscal demeure en apparence, mais il repose sur une hypothèse implicite, soit la reconduction systématique de la stratégie d’une année à l’autre. C’est à ce stade que l’enjeu se matérialise.

Dans un contexte où aucune cotisation REER n’est effectuée, ni au cours de l’année ni dans les soixante premiers jours de l’année suivante, le versement d’un bonus demeure pleinement imposable. En l’absence de déduction disponible pour compenser cette inclusion au revenu, une charge fiscale peut alors se matérialiser, parfois perçue comme inattendue. C’est à ce moment que peut émerger l’impression de double imposition.

L’origine de l’illusion de double imposition : un privilège fiscal rarement expliqué

Il importe de clarifier ce point. Le bonus n’a jamais été imposé auparavant et il ne l’est qu’une seule fois, soit dans l’année où il est reçu. Le fait qu’une déduction REER ait été utilisée par le passé pour réduire l’impôt d’une autre année ne crée aucun droit acquis à une exonération future.

L’impression de double imposition qui peut survenir lorsque la stratégie cesse repose plutôt sur une particularité du régime fiscal canadien applicable aux cotisations REER. Contrairement à la plupart des déductions fiscales, la Loi de l’impôt sur le revenu permet qu’une cotisation effectuée au cours d’une année civile puisse être utilisée pour réduire l’impôt d’une année antérieure, lorsque cette cotisation est effectuée dans les soixante premiers jours de l’année suivante.

Ce mécanisme constitue un avantage fiscal important. Il permet au contribuable de poser une action dans une année donnée tout en en tirant un bénéfice fiscal dans l’année précédente. Ce décalage temporel crée une flexibilité unique dans la planification fiscale.

Lorsque cette mécanique est maintenue année après année, l’impôt associé au bonus semble continuellement neutralisé. Lorsque la stratégie s’interrompt, l’impôt devient alors visible dans l’année où le bonus est reçu, sans qu’une cotisation ultérieure ne vienne en atténuer l’impact.

L’illusion de double imposition ne résulte donc pas d’une taxation répétée du même revenu, mais bien de la fin d’un mécanisme de report rendu possible par ce privilège fiscal.

Exemple illustratif : comprendre la mécanique sur plusieurs années

Considérons un employé dont le taux marginal d’imposition est de 45 %, recevant un bonus annuel de 20 000 $.

Pour consulter ce tableau en grand format, cliquez ici.

Dans cet exemple, le montant du bonus demeure identique d’une année à l’autre. Les écarts observés sur le plan fiscal ne résultent donc pas d’une variation du revenu, mais uniquement de la reconduction ou non de la stratégie. Tant que la cotisation REER est effectuée de façon constante, l’effet économique du bonus paraît neutralisé. Lorsque cette continuité est rompue, l’impôt associé au même bonus devient pleinement visible. Il ne s’agit toutefois pas d’une double imposition, mais de la matérialisation d’un impôt qui n’est plus reporté.

Le véritable risque : une contrainte de trésorerie différée

Le principal risque associé au transfert direct du bonus au REER ne relève pas de l’imposition elle-même, mais de la gestion des liquidités dans le temps. Lorsque le bonus est versé directement dans le REER, aucune réserve n’est conservée pour faire face à une éventuelle obligation fiscale future. Cette mécanique peut favoriser l’installation d’une perception erronée selon laquelle le bonus serait, en pratique, net d’impôt, tout en créant une dépendance implicite à la réalisation de cotisations subséquentes afin de maintenir l’équilibre fiscal apparent. Lorsque cette chaîne se rompt, l’impôt devient alors exigible sans que les liquidités correspondantes aient été mises de côté, ce qui peut générer un choc de trésorerie.

Réduire la dépendance à la stratégie

Selon le profil de l’employé, plusieurs ajustements peuvent être envisagés afin de réduire la dépendance à la reconduction systématique de la stratégie. La constitution volontaire d’une réserve de liquidités à partir du bonus permet, dans un premier temps, d’absorber une éventuelle facture fiscale sans pression financière et de limiter le risque de choc de trésorerie lorsque la mécanique s’interrompt.

Recevoir le bonus à titre de revenu imposable, puis effectuer volontairement une cotisation REER équivalente, peut également constituer une approche pertinente. Bien que le bonus soit d’abord inclus au revenu et imposé, la déduction REER associée à la cotisation vient neutraliser cette inclusion, de sorte qu’il n’y a pas de double imposition réelle. Cette séquence rend toutefois l’impôt plus visible et peut favoriser une meilleure compréhension de la mécanique fiscale, tout en réduisant la dépendance à une cotisation future pour maintenir l’équilibre fiscal.

Dans certains cas, l’utilisation de la déduction REER dans l’année même du versement du bonus permet de simplifier la planification et de limiter les effets du décalage temporel associés aux cotisations effectuées au début de l’année suivante. Enfin, une diversification des stratégies d’épargne, combinant REER, comptes d’épargne libre d’impôts (CELI) et placements non enregistrés, peut offrir une flexibilité accrue et réduire les risques liés à une approche reposant sur un seul mécanisme fiscal.

Conclusion

Le transfert direct d’un bonus au REER est souvent abordé comme une solution simple et avantageuse. L’analyse montre toutefois qu’il s’agit moins d’un levier fiscal autonome que d’un mécanisme conditionnel, dont les effets dépendent entièrement de sa continuité et de la manière dont il est intégré à la planification globale.

La confusion entourant la prétendue double imposition ne résulte pas d’une faille du régime fiscal, mais d’une lecture incomplète du décalage temporel qu’autorise la déduction REER. Lorsque cette logique est comprise, le débat se déplace naturellement du terrain fiscal vers celui de la gestion du risque, de la trésorerie et des comportements financiers. C’est dans cette capacité à dépasser l’optimisation ponctuelle pour en saisir les conditions et les limites que cette stratégie peut être utilisée avec discernement.

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Mackenzie modifie la tarification de certains FCP https://www.finance-investissement.com/nouvelles/mackenzie-modifie-la-tarification-de-certains-fcp/ Wed, 18 Feb 2026 11:50:39 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112485 Placements Mackenzie réduira les frais d’administration et de gestion pour ses options d’achat à frais regroupés pour les ménages dont l’actif détenu auprès de Mackenzie dans certains de ses fonds communs de placement (FCP) est inférieur à 100 000 $ dès le 1er avril.

Grâce à ses investissements dans l’efficacité opérationnelle, Mackenzie peut réduire les frais d’administration de certains fonds communs de placement à 18 points de base.

La firme réduit également les frais de gestion de certains fonds communs de placement d’actions de 2,00 % à 1,95 %.

Globalement, ces changements visent à réduire les coûts pour les investisseurs tout en harmonisant les frais entre les séries et les catégories de fonds.

Les nouveaux frais d’administration et de gestion des fonds communs de placement sont disponibles ici.

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Comment analyser un FNB obligataire à échéance cible https://www.finance-investissement.com/fi-tv_/comment-analyser-un-fnb-obligataire-a-echeance-cible/ Wed, 11 Feb 2026 11:20:39 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111577 Finance et investissement : En 2025, Mackenzie a lancé des fonds négociés en Bourse (FNB) obligataire à échéance cible. Qu’est-ce qu’un conseiller devrait analyser lorsque vient le temps de choisir un tel fonds ?

Laurent Boukobza : Nous avons mis en marché deux FNB à échéance cible, soit en 2027 et en 2029. Leur composition est simple :

  • 50 % d’obligation de société canadienne de première qualité (investment grade),
  • 50 % d’Obligation de société américaine de première qualité, pour lesquelles la devise est entièrement neutralisée.

Cette exposition est unique sur le marché. Elle repose sur l’expertise de notre équipe de revenu fixe, qui sait naviguer dans des environnements complexes et trouver de la valeur dans un marché de revenu fixe où les écarts de crédit sont historiquement serrés.

Lorsqu’on analyse ce type de produits, trois éléments clés doivent être considérés :

  • L’appariement de l’horizon de placement avec l’échéance du produit

Il faut s’assurer que la maturité du FNB correspond au moment où l’investisseur aura besoin de son capital.

  • Le rendement à échéance

C’est généralement le rendement espéré sur la période de détention. Il doit répondre aux besoins de liquidité et de rendement de l’investisseur.

  • La qualité du sous-jacent et les perspectives de rendement dans la période considérée

On analyse par exemple les anticipations de baisse des taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis. On compare également les produits ayant des échéances similaires.

Dans le cas des FNB Mackenzie, la présence d’obligations de sociétés américaines peut permettre de profiter davantage des baisses de taux aux États-Unis, et ainsi créer un vent favorable au niveau du rendement potentiel.

Les opinions exprimées sont celles de Laurent Boukobza, vice-président et stratège FNBs pour l’Est du Canada, Placements Mackenzie, en date du 5 décembre 2025, et elles peuvent changer selon la situation des marchés et d’autres conditions.

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FNB : tendances émergentes du secteur https://www.finance-investissement.com/nouvelles/fnb-tendances-emergentes-du-secteur/ Wed, 04 Feb 2026 13:01:10 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112203 « Les fonds négociés en Bourse (FNB) sont devenus l’instrument par défaut des conseillers pour élaborer des portefeuilles au Canada », affirme Laurent Boukobza, vice-président et stratège FNB chez Placements Mackenzie, dont la firme vient de publier un rapport intitulé Perspectives des FNB pour 2026.

Les chiffres confirment cette assertion. Atteignant 714 milliards de dollars (G$) à la fin de 2025, l’actif total des FNB canadiens a augmenté de 37,6 % en 2025, soit à un rythme supérieur au taux de croissance annuel composé de 23 % dans la dernière décennie. Certes, avec un actif total s’élevant à 2528 G$ à la fin de 2025, selon les statistiques de l’Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI, précédemment IFIC), les fonds communs de placement (FCP) gardent encore le haut du pavé sur le plan des actifs détenus. Mais depuis 2022, autant la croissance que l’intérêt ont définitivement basculé du côté des FNB.

Après avoir connu des rachats nets de 44 G$ et 56 G$ en 2022 et 2023, les ventes nettes de FCP sont devenues positives à nouveau, atteignant 15 G$ en 2024, puis 40,5 G$ en 2025. Pendant tout ce temps, les créations nettes de FNB n’ont jamais fléchi :  36 G$ en 2022, 37 G$ en 2023,75 G$ en 2024. En 2025, selon l’analyse de Banque Nationale du Canada Marchés financiers, elles ont bondi de 166 % : 125 G$, l’actif total sous gestion grimpant de 195 % à 714 G$.

La nouvelle réalité des FNB se décline en trois développements de fond, selon Placements Mackenzie : le retour, via les FNB, de la gestion active traditionnelle ; l’accès à des stratégies systématiques (factorielles qui privilégient la qualité, la valeur, la croissance, le momentum ou la faible volatilité) ; l’émergence des fonds alternatifs liquides.

Montée en flèche de la gestion active

À la fin de 2025, l’actif sous gestion dans les FNB à gestion active était passé à 217 G$ et représentait 28 % de l’actif total. En 2015, la part des FNB à gestion active était de 14 %, mais n’accaparait que 12 G$ des actifs. Laurent Boukobza caractérise comme gestion active « tout ce qui n’est pas indiciel ». Dans sa forme la plus accomplie, la gestion active est la même, qu’il s’agisse d’un FNB ou d’un FCP : sélection de titres, orientation stratégique, variation de l’allocation, etc.

Cependant, souligne-t-il, « on peut être très actif avec du passif ». Il donne l’exemple d’un fonds de fonds chez Mackenzie composé de huit fonds indiciels, mais où un gestionnaire fait une allocation active en s’appuyant sur de la gestion algorithmique et de l’analyse de marché par une intelligence artificielle (IA).

L’attrait de la gestion active répond au désir, de la part des conseillers, « de combiner l’analyse active avec la liquidité et l’efficacité des FNB, écrit Mackenzie. La distinction entre “gestion active” et “FNB” s’estompe (…) permettant aux conseillers de s’appuyer sur la même prise de décision basée sur la conviction et la recherche fondamentale qu’offraient auparavant uniquement les fonds communs de placement. »

Selon Mackenzie, ce déplacement vers la gestion active sera renforcé par la phase 3 du Modèle de relation client-conseiller (MRCC 3) qui porte sur la divulgation du coût total des fonds. Celui-ci « devrait procurer une plus grande transparence quant aux frais et permettre de mieux comparer les coûts de l’ensemble des produits de placement. » Pour les conseillers canadiens, « cet élan est l’occasion de différencier leur proposition de valeur en tirant parti des FNB à gestion active pour exprimer des points de vue stratégiques et tactiques, gérer le risque et démontrer leur expertise en construction de portefeuille ».

Imbrication des stratégies systématiques

On appelle « systématiques » les stratégies qui recourent à la notion de « facteur » comme la valeur, la croissance, la qualité, le momentum ou la volatilité.

« Les stratégies systématiques et fondées sur des facteurs deviennent discrètement l’épine dorsale des portefeuilles FNB modernes, affirme l’étude de Mackenzie. En 2026, on ne se demandera plus s’il faut utiliser des facteurs, mais comment les intégrer au mieux. L’objectif n’est pas de remplacer la gestion active, mais de la combiner avec des expositions rigoureuses et basées sur des règles qui renforcent la cohérence à long terme. »

Avec une volatilité élevée, on constate que l’information est intégrée de plus en plus rapidement, rappelle Laurent Boukobza : « On voit que différents facteurs peuvent s’appliquer à différents régimes de marché et qu’on peut en faire une rotation systématique pour ajuster le style de gestion au régime de marché en force. Le processus systématique, qui fait appel à des processus testés à travers le temps, permet la reproduction des rendements. »

Émergence de l’alternatif

Une catégorie plus jeune encore que les FNB, les fonds alternatifs liquides ont rapidement percé dans le paysage des FCP. À présent, leur déplacement vers les FNB est plus fulgurant encore. Ici, on parle de stratégies qui se caractérisent par le recours à du levier financier, à de la vente à découvert, à des instruments dérivés, surtout des options. Laurent Boukobza identifie les catégories suivantes comme appartenant aux « alternatifs liquides » : actions en position acheteur/vendeur, revenu fixe en position acheteur/vendeur, actions inversées, actions à levier, revenu fixe à levier.

Valeurs mobilières TD comptait 277 FNB de type alternatif liquides au Canada lesquels cumulent 22,9 G$ en actifs sous gestion, soit 3,2 % de l’actif en FNB canadien à la fin de décembre 2025. L’année dernière, ces fonds ont capté 7,2 G$ en créations nettes, soit 6 % des créations nettes annuelles. Les FNB alternatifs liquides ont ainsi dépassé l’actif en FNB axés sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), qui s’établissait à 21,3 G$ à la fin de 2025 et dont les créations nettes s’établissaient à 1,47 G$ selon VMTD.

« Les conseillers peuvent désormais intégrer des placements non traditionnels liquides directement dans les portefeuilles afin d’atteindre un éventail plus large d’objectifs, écrit Mackenzie, notamment la gestion de la volatilité, la production de revenus et l’amélioration des rendements d’un portefeuille grâce à des stratégies d’extension d’alpha. »

Laurent Boukobza donne l’exemple d’un fonds alternatif liquide de Mackenzie, le Fonds américain d’extension d’alpha Mackenzie GQE, qui a recours à un peu de levier et à la vente à découvert, et qui réplique le fonds institutionnel Quantative US Core Extended Strategy, également de Mackenzie Le premier fonds n’a pas encore un an de parcours, par contre le fonds institutionnel, lancé en août 2020, affiche depuis sa création une surperformance annuelle de 310 points de base par rapport à l’indice S&P 500.

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Deux nouveaux fonds signés Mackenzie https://www.finance-investissement.com/nouvelles/deux-nouveaux-fonds-signes-mackenzie/ Tue, 20 Jan 2026 12:04:46 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111916 Placements Mackenzie lance le Fonds de valeur mondial Mackenzie et le Fonds de valeur de moyennes capitalisations américaines Mackenzie. Sous-conseillés par Barrow Hanley Global Investors, ces produits sont conçus pour exposer les investisseurs à des stratégies de placement axées, respectivement, sur la valeur dans les actions mondiales et les moyennes capitalisations américaines.

Le Fonds de valeur mondial Mackenzie cherche une croissance à long terme en misant sur une approche rigoureuse et axée sur la valeur en matière de placements en actions mondiales. Le but étant de trouver et saisir des occasions souvent négligées par les stratégies de placement conventionnelles en puisant dans un vaste univers de sociétés des marchés développés et émergents.

« Le Fonds offre aux investisseurs et investisseuses une exposition aux actions qui, selon Barrow Hanley, se négocient à des cours inférieurs à leur valeur intrinsèque et qui présentent des facteurs de croissance évidents », résume Kristi Ashcroft, vice-présidente exécutive, Produits et solutions, Placements Mackenzie.

Le Fonds de valeur de moyennes capitalisations américaines Mackenzie cible davantage les moyennes capitalisations, un segment souvent négligé du marché boursier américain. Son but est de dénicher des entreprises peu suivies par les principaux analystes et d’ainsi profiter d’actifs mal évalués grâce à des recherches rigoureuses et des principes de valorisation éprouvés.

« En ciblant des entreprises qui présentent des assises solides, un bilan robuste, une gouvernance d’entreprise exemplaire et des valorisations attrayantes, le Fonds de valeur de moyennes capitalisations américaines Mackenzie cherche à offrir une croissance à long terme du capital, tout en maintenant une approche rigoureuse en matière de gestion du risque », décrit Kristi Ashcroft.

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Les pièges à éviter dans la sélection de FNB obligataires https://www.finance-investissement.com/fi-tv_/les-pieges-a-eviter-dans-la-selection-de-fnb-obligataires/ Wed, 14 Jan 2026 21:23:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111576 Finance et investissement : Quels sont les écueils les plus fréquents lorsqu’un conseiller sélectionne un fond négocié en Bourse (FNB) obligataire ?

Laurent Boukobza : Lorsqu’on aborde le revenu fixe — surtout après plusieurs années marquées par des baisses de taux et un marché des actions en forte croissance — il est facile pour les investisseurs de perdre de vue pourquoi le revenu fixe est intégré dans le portefeuille.

On le rappelle, les principaux attributs du revenu fixe sont :

  • la préservation du capital,
  • la génération de revenu,
  • et la diversification face au marché des actions.

Sur le spectre rendement-risque, davantage de rendements est généralement synonyme de prise de risque, au détriment de la préservation du capital ou des aspects de diversification. C’est d’autant plus vrai dans un marché, dans un contexte où les obligations à escompte se font rares au profit d’émissions assorties de primes.

Ainsi, à la fin de 2025 — après quelques années de relativement faible volatilité sur les marchés obligataire couplé à une croissance soutenue des actions — on observe une certaine complaisance, voire une tolérance plus élevée au risque dans la section obligataire des portefeuilles.

Donc, c’est peut-être un des enjeux que l’on voit actuellement : une tolérance accrue au risque.

Les opinions exprimées sont celles de Laurent Boukobza, vice-président et stratège FNBs pour l’Est du Canada, Placements Mackenzie, en date du 5 décembre 2025, et elles peuvent changer selon la situation des marchés et d’autres conditions.

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