La Caisse de dépôt et de placement du Québec (La Caisse) | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/la-caisse-de-depot-et-de-placement-du-quebec-la-caisse/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Mon, 15 Jun 2026 12:04:11 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png La Caisse de dépôt et de placement du Québec (La Caisse) | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/la-caisse-de-depot-et-de-placement-du-quebec-la-caisse/ 32 32 PGEQ : 10 ans à propulser la relève financière québécoise https://www.finance-investissement.com/nouvelles/pgeq-10-ans-a-propulser-la-releve-financiere-quebecoise/ Mon, 15 Jun 2026 12:04:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114444 Le programme a contribué à l’essor de 26 gestionnaires émergents et à la diversification de l’industrie québécoise de la gestion d’actifs.

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C’est sous le ciel de la métropole, sur la terrasse Ciel Ouvert, située sur l’esplanade de la Place Ville-Marie, qu’une partie du gratin de la finance québécoise s’est rassemblée le 9 juin pour célébrer le 10e anniversaire du Programme des gestionnaires en émergence du Québec (PGEQ). Dix ans après sa création sous l’impulsion de Finance Montréal, l’ambiance était autant à la fête qu’au bilan pour cet incubateur unique au Canada, devenu en une décennie la rampe de lancement du talent financier québécois.

En amont des festivités, Finance et Investissement s’est entretenu avec Caroline Bergeron, directrice principale ESG et solutions d’impact et cheffe du développement des affaires Canada, chez Innocap, firme technologique et financière spécialisée dans la gestion de structures d’investissement et la gestion des risques. C’est Innocap qui est responsable du volet technique et opérationnel du PGEQ.

Présente depuis les touts débuts, Caroline Bergeron supervise l’ensemble du groupe qui chapeaute le volet investissement du PGEQ et la création de nouveaux projets. Elle a rappelé la genèse du programme, dont l’idée initiale est venue de Vital Proulx (Priori-T Capital) et de Stéphane Corriveau (AlphaFixe) [qualifiés de « pères fondateurs »] lors d’un chantier sur l’entrepreneuriat organisé par Finance Montréal.

Les deux ont d’ailleurs rappelé au parterre d’invités que l’idée était en somme de « redonner au suivant en contribuant à la création d’une initiative qui allait offrir aux nouvelles firmes de gestion québécoises l’occasion de démontrer leur savoir-faire. »

« Ils cherchaient un moyen de connecter les investisseurs institutionnels avec les gestionnaires de portefeuille émergents », explique Caroline Bergeron. Cette dernière soutient qu’à l’époque l’un des objectifs était aussi de freiner la fuite des capitaux (et des cerveaux) vers Toronto ou New York en offrant aux talents locaux une structure crédible pour obtenir des mandats d’investisseurs d’ici.

« Une fois le concept établi, ils ont sollicité Innocap pour concevoir, structurer et opérer la plateforme, compte tenu de notre expertise auprès des investisseurs institutionnels. » Innocap agit donc comme le bras technique et opérationnel de tout le programme depuis le jour un. « On assure la gestion de portefeuille et la direction des opérations du fonds, puis délègue les activités de gestion aux 12 gestionnaires émergents actuellement actifs sur la plateforme. ».

Une décennie de résultats probants

Le PGEQ, seul programme du genre au Canada, a aujourd’hui dépassé les 600 millions $ d’actifs sous gestion. « Nous sommes très fiers du chemin parcouru, surtout que nous avons commencé avec 250 millions », souligne la directrice qui évoque aussi une croissance moyenne des actifs de plus de 225 % pour les firmes après leur sélection.

Elle précise qu’ils entendent poursuivre cette croissance, laquelle a eu droit à un sérieux coup de pouce de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). En 2023 celle-ci a annoncé un engagement à injecter entre 50 et 100 millions de dollars (M$) par année sur une période de cinq ans, ce qui représente un apport additionnel total de 250 à 500 millions de dollars dans le PGEQ.

Caroline Bergeron préfère éviter d’utiliser les mots « soutenir ou supporter » quand il est question de l’apport de leurs partenaires. « Au fond il ne s’agit pas de charité, ce sont de réels investissements basés sur la performance et la compétence de ces gestionnaires. » Elle reconnaît cependant que l’engagement de la Caisse a été capital. « Il a permis d’institutionnaliser le programme et de l’amener à un autre niveau. »

Odrée Ducharme, présidente du conseil d’administration du PGEQ, et première directrice, stratégie et exécution, Fonds d’investissement et gestion externe, à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), évoque un bilan éclatant du programme : « 26 gestionnaires ont été propulsés grâce au PGEQ, ce n’est pas rien. »  Le programme a aussi permis, selon elle, de lancer une grande variété de stratégies, « tant des stratégies traditionnelles et fondamentales d’actions et d’obligations que des stratégies alternatives, de crédit opportuniste, long/court actions et quantitatives. »

Quant au renouvellement de l’engagement financier (jusqu’à 500 M$) de la Caisse dans cette pépinière de talents locaux, la présidente du C.A. affirme que son organisation a fait, il y a trois ans, le constat que — malgré de très belles avancées —, elle souhaitait voir le programme « aller au prochain niveau et intégrer les meilleures pratiques de programmes de gestionnaires émergents que l’on voit dans le monde. »

« On voulait renforcer la gouvernance, avec un C.A. composé de profils diversifiés (entrepreneurs, investisseurs, experts de l’industrie), des comités d’investissement resserrés et composés d’une majorité d’investisseurs, mais aussi un meilleur alignement des intérêts avec les gestionnaires », a expliqué la première directrice à la CDPQ. Selon elle, des mandats d’au moins 50 M$ aux gestionnaires leur permettraient de s’approcher plus rapidement d’une taille minimale pour intéresser les investisseurs institutionnels.

« En donnant des mandats à des gestionnaires émergents, on souhaite agir comme un catalyseur de la croissance, de l’innovation, ce qui se traduira par des rendements pour les investisseurs. »

Outre la Caisse, l’engagement des autres grands allocateurs, comme le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction, « trois investisseurs qui soutiennent le PGEQ depuis ses débuts », se porte fort bien selon Caroline Bergeron. « Presque tous nos investisseurs d’origine sont encore actifs autour de la table. Ils investissent leurs capitaux, mais accordent aussi beaucoup de temps. »

L’angle ESG

Pour pallier l’absence d’équipes dédiées aux critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) au sein des petites firmes, Innocap déploie un accompagnement structuré. « Notre organisation perçoit son implication au sein du PGEQ non seulement comme un investissement financier, mais également comme le vecteur d’un impact social direct sur l’écosystème local de la gestion d’actifs au Québec », explique Caroline Bergeron. Son équipe réalise ainsi une revue ESG approfondie auprès de chaque firme du protocole PGEQ.

« Un volet ESG est systématiquement intégré à nos appels de suivi opérationnel et d’investissement. Les petites structures se révèlent souvent agiles et innovantes ; elles intègrent parfois ces processus plus rapidement que de grandes organisations. »

Leur équipe optimise aussi l’accès aux pratiques de finance durable grâce à la mutualisation des ressources. « Une collaboration clé avec la firme d’engagement actionnarial Aequo a permis de répartir collectivement les honoraires professionnels entre toutes les entités du PGEQ ». Ce levier financier offre à chaque gestionnaire la capacité concrète de « mener des actions d’engagement actionnarial auprès des entreprises qu’elles détiennent », une démarche d’envergure qui, selon la directrice principale, s’avèrerait autrement financièrement inaccessible pour une petite firme de gestion isolée.

Firme Nymbus : une belle réussite

L’une des belles histoires de réussite du PGEQ est celle de Nymbus, qui s’apprête à graduer du programme, aux dires de Caroline Bergeron et de plusieurs autres intervenants. « C’était une toute petite firme à leurs débuts au PGEQ, et nous les avons vus évoluer, faire des acquisitions, embaucher et développer de nouveaux produits jusqu’à devenir un joueur établi au Québec. »

Gabriel Cefalconi, co-fondateur (avec Marc Rivet) et chef des placements chez Nymbus, parle maintenant d’un « Nymbus 2.0 », soit d’un avant et d’un après PGEQ. « Le programme a tout changé pour nous. Après un processus de près de deux ans, nous avons décroché notre premier mandat institutionnel externe de 25 millions de dollars au début de l’année 2019. C’est ce mandat qui a ouvert les vannes et propulsé la croissance de la firme. »

L’histoire de cette firme est née en 2014 sous la forme d’un projet de recherche. « L’objectif était de systématiser le processus de gestion en revenu fixe en y intégrant des modules d’intelligence artificielle », a rappelé Gabriel Cefalconi. Les trois premières années ont été financièrement difficiles pour la firme puisqu’elle gérait uniquement son propre capital interne ainsi que celui de quelques clients privés.

« Même si nous pensions être bien organisés, le programme nous a poussés à formaliser et documenter rigoureusement l’ensemble de nos procédures de conformité légale, opérationnelle, informatique et de cybersécurité. »

Le PGEQ leur a apporté ce précieux « sceau d’approbation » opérationnel. « En finance, l’investissement repose sur une relation de confiance, souligne le chef des placements chez Nymbus. Notre approche est très technique : nous sommes d’abord perçus comme une firme de technologie appliquée à la finance, où les décisions de portefeuille sont prises par des systèmes informatiques et non par des humains. Il fallait donc bâtir une confiance envers nos systèmes. »

De 1 million à 1,7 milliards d’actifs sous gestion

Avant leur premier mandat en 2019, Nymbus gérait entre 1 et 10 M$. Après l’impulsion initiale du PGEQ, la firme a réalisé une acquisition qui a gonflé ses actifs sous gestion à 200 M$. « Le bouche-à-oreille et la solidité de nos performances — qui se situent dans le premier quartile au Canada — ont ensuite accéléré les discussions directes. »

Ils ont par la suite obtenu des mandats directs avec des institutions publiques (comme le fonds de la FMOQ [Fédération des médecins omnipraticiens du Québec] et le fonds d’action Bâtirente). Aujourd’hui, la firme gère environ 1,7 milliard de dollars et leur équipe est passée de 2 à 16 personnes. En février 2026, Nymbus a remporté la catégorie Sociétés de gestion indépendante lors du Top des leaders de l’industrie financière organisé par Finance et Investissement.

Le PGEQ a créé un écosystème unique selon Gabriel Cefalconi. « En combinant le PGEQ (côté investisseurs) et le Conseil des gestionnaires en émergence (CGE, côté formation et mentorat), les gestionnaires apprennent non seulement à faire de la gestion de portefeuille, mais aussi à devenir de bons entrepreneurs. »

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Québec défend son pari de 1,1 G$ dans Nemaska Lithium https://www.finance-investissement.com/nouvelles/quebec-defend-son-pari-de-11-g-dans-nemaska-lithium/ Wed, 13 May 2026 12:04:13 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113952 Le gouvernement Legault maintient sa confiance malgré les critiques et le ralentissement du projet.

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Le gouvernement Legault a défendu l’investissement de 1,1 milliard de dollars (G$) dans le projet de Nemaska Lithium, un projet critiqué par la commissaire au développement durable et qui est actuellement suspendu par Rio Tinto.

Dans son rapport déposé la semaine dernière, la commissaire Janique Lambert note que le gouvernement est allé de l’avant dans cet investissement malgré un avis défavorable du ministère des Ressources naturelles.

De son côté, la Caisse de dépôt et de placement du Québec (La Caisse) a justifié mardi son refus d’investir dans le projet.

« C’était une technologique qui commençait, on a un mandat de nos déposants qui faisait en sorte que le risque était trop binaire. Cela n’enlève pas la validité du projet pour des raisons de développement économique, mais en matière de rendement, ça ne cadrait pas dans nos paramètres », a déclaré le président de La Caisse, Charles Emond, en commission parlementaire.

À la période de questions, l’opposition a tenu à souligner que la première ministre Christine Fréchette, du temps où elle était ministre de l’Économie, avait autorisé elle-même des tranches de financement de 400 et de 275 millions de dollars.

Elle n’a pas voulu dire si elle était au courant de l’avis défavorable qui avait été émis, mais elle a défendu le financement de ce partenariat avec la multinationale.

« Tout projet économique […], à plus forte raison dans le domaine des mines, […] comporte un certain nombre de risques », a plaidé Christine Fréchette en mêlée de presse.

« On a évalué ces risques et on a fait la part des choses et on s’est engagé dans ce projet là avec maintenant un partenaire très costaud, Rio Tinto, qui a une expertise. »

Elle a assuré qu’elle avait néanmoins « contribué à réduire les risques, à réduire l’exposition du gouvernement (aux risques) », puis à réduire le pourcentage d’intervention, pour le limiter à moins de 50 % (46 %).

« On a géré ce risque-là », a argué pour sa part le ministre de l’Économie, Bernard Drainville.

« L’approche du gouvernement est de jouer au casino avec l’argent durement gagné des Québécois, avec des résultats catastrophiques, des milliards de dollars de pertes », s’est indigné le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

« C’est scandaleux, ça sent mauvais », a lancé le porte-parole libéral en matière de finances, Frédéric Beauchemin.

En commission parlementaire le 12 mai dernier, il a plaidé que cet investissement était disparu et radié, en raison de l’incertitude entourant le projet, ce qu’a démenti le ministre des Finances, Eric Girard.

« Ça vient du gouvernement qui a dit six mois après tout le monde que son investissement dans Northvolt ne valait plus une “cenne” », a raillé Frédéric Beauchemin, dans un échange parfois tendu avec Eric Girard.

Le ministre des Finances a indiqué qu’il n’était pas au courant de l’avis défavorable du ministère des Ressources naturelles, mais qu’il s’est fondé sur une synthèse pour autoriser l’investissement, sur la base d’une recommandation favorable de son propre ministère.

« Clairement, il manque de l’information », a dénoncé Frédéric Beauchemin.

« Vous n’avez même pas le réflexe d’aller voir le ou la spécialiste dans votre entourage et poser la question : “toi, ministre des Ressources naturelles, qu’est-ce que tu en penses de ce projet ?” Ça ne vous tente même pas de le faire ? Vous ne vous basez que sur votre silo à vous, vous n’allez pas voir à l’extérieur ? »

« J’avais un dossier étoffé du ministère des Finances qui a l’ensemble des risques et inconvénients », a répondu Eric Girard.

« On ne fait pas des investissements d’une telle taille sans faire une analyse rigoureuse et professionnelle et avoir des discussions importantes », a-t-il ajouté.

« Ce travail est toujours fait de façon minutieuse et professionnelle au ministère des Finances. C’est ce qui a été fait dans ce dossier. »

Il a reconnu que c’est un projet « extrêmement risqué », mais que « c’est le rôle du gouvernement de prendre des risques au départ ».

Eric Girard a fait valoir que le partenaire dans ce projet de 4 G$ au total était Rio Tinto, « un leader mondial dans la transformation des minéraux », et qu’il avait même parlé au président-directeur général de l’entreprise.

Rappelons qu’en mars dernier, Rio Tinto a fait savoir qu’elle allait « ralentir la cadence de la construction en 2026 » du projet Nemaska Lithium d’usine de conversion d’hydroxyde de lithium de Bécancour.

« Cette décision ne reflète aucunement une diminution de l’engagement de Rio Tinto ou du conseil d’administration de Nemaska Lithium envers le projet », a alors écrit l’entreprise.

« L’ingénierie pour l’installation de Bécancour a été complétée et la construction est maintenant avancée à plus de 70 %. Rio Tinto demeure pleinement engagé envers le projet de Bécancour et le Québec. »

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