Banque du Canada | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/banque-du-canada/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 13 May 2026 12:07:15 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Banque du Canada | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/banque-du-canada/ 32 32 Normes d’hypothèses 2026 : l’Institut de planification financière publie sa nouvelle édition https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/normes-dhypotheses-2026-linstitut-de-planification-financiere-publie-sa-nouvelle-edition/ Wed, 13 May 2026 12:07:15 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113928 ZONE EXPERTS — Outil de référence pour les conseillers, ces normes visent à encadrer les projections et à soutenir le respect des obligations méthodologiques.

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Les Normes d’hypothèses de projection 2026 de l’Institut de planification financière et de FP Canada sont disponibles depuis le 16 avril. Cet outil, mis à jour annuellement, en est à sa dix-huitième année de publication.

Un outil qui protège le client et le conseiller

Créées dans le but d’outiller les conseillers (planificateurs financiers, conseillers en sécurité financière, etc.) notamment dans l’élaboration de projections de revenus de retraite, leur utilisation, demeure entièrement volontaire. L’utilisation de ces Normes vise à protéger à la fois le client et le conseiller dans un esprit d’obligation de méthode plutôt que d’obligation de résultats.

Rédigées à l’origine et mises à jour annuellement par Nathalie Bachand, A.S.A., Pl. Fin., Daniel Laverdière, A.S.A., Pl. Fin. et l’auteur de ces lignes, ces Normes sont disponibles dans leur intégralité, en version française et anglaise, sur le site de l’Institut. Depuis 2015, un comité national veille à la mise-à-jour annuelle de ces Normes. Le comité de rédaction des Normes est actuellement formé de Nathalie Bachand, A.S.A., Pl. Fin., Jeff Cormier, CFP©, CFA, Derek Dedman, CFP©, CFA, Benjamin Felix, MBA, CFP, CFA, CIM, Nick Hearne, CFP©, CFA, Tanya Staples, M.A., CFP et l’auteur de ces lignes.

Notons que ces Normes ne représentent aucunement une prévision à court terme sur les rendements futurs et ne devraient pas être utilisées à cette fin. Elles ne représentent pas non plus les opinions des membres du comité précité. Les Normes se veulent plutôt un guide et sont toutes indiquées pour préparer des projections financières à long terme, soit plus de 10 ans, en évacuant les possibles biais cognitifs du conseiller.

Des Normes basées sur des sources crédibles

Dans la préparation de ces Normes, le comité de rédaction des Normes utilise des sources de données externes crédibles, notamment :

  • Les hypothèses utilisées pour l’analyse actuarielle du Régime de rentes du Québec (RRQ) ;
  • Les hypothèses utilisées pour l’évaluation actuarielle du Régime de pensions du Canada (RPC) ;
  • Les résultats de l’enquête des gestionnaires menée par l’Institut et FP Canada ;
  • La cible d’inflation en vigueur de la Banque du Canada ;
  • Pour les normes de rendement des marchés boursiers, les historiques de rendement sur les 50 dernières années ajustés pour l’inflation (donc en rendement réel) ;
  • Les rendements attendus basés sur le marché et reflétés dans les prix des actifs.

L’utilisation d’un grand nombre de sources tendra notamment à éliminer le biais potentiel que chacune d’entre elles pourrait présenter. Aussi, on notera que ces Normes sont résolument axées sur le futur.

Fichier de calcul

Depuis 2017, un fichier explicatif des calculs menant aux Normes, appelé l’Addenda aux Normes d’hypothèses de projection, est aussi disponible. Ce fichier présente notamment les écarts-types sur 50 ans des données historiques utilisées et les résultats des enquêtes mentionnées ci-devant. Depuis 2024, on y présente également les corrélations historiques des différentes classes d’actifs sur 10 ans et 20 ans.

Hypothèses faisant l’objet d’une Norme

Neuf paramètres financiers sont directement normés (voir ci-après). Une Norme sur la croissance des salaires peut aussi être déduite et est présentée dans le document complet.

Enfin une Norme démographique, la Durée raisonnable de décaissement, basée sur l’espérance de vie, est aussi présentée dans le document intégral.

Pour consulter ce tableau en grand format, cliquez ici.

Nouveautés et ajustements 2026

Les Normes 2026 présentent une nouvelle hypothèse liée au logement, soit l’appréciation de la résidence principale ainsi que les coûts liés à la location. Cette nouvelle section vise à mieux outiller les conseillers sur une composante importante de la réalité financière des familles. Cette nouvelle hypothèse s’appuie notamment sur des données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) ainsi que sur des recherches internationales à très long terme. Enfin, de nouvelles indications sont ajoutées afin de soutenir l’interprétation des conditions d’inflation à court terme dans les scénarios de planification financière.

Les ajustements apportés en 2026, par rapport à 2025, consistent principalement en diminutions de plusieurs Normes. On note une diminution de 20 points de bases pour la Norme des titres à revenus fixes canadiens. Les Normes sur les rendements boursiers présentent quant à elles des diminutions allant de 20 à 50 points de base.

La Norme sur la croissance des salaires et du MGA demeure plus élevée que la Norme sur l’inflation pour refléter notamment un gain annuel de productivité. On remarquera enfin que la Norme d’inflation peut sembler modeste en observant les soubresauts récents de l’inflation, rappelons simplement que la Norme présentée ici se veut un indicateur de l’inflation future pour une très longue période.

Enfin, ces Normes présentent des rendements avant l’application de frais de gestion, mais également sans présumer de valeur ajoutée par les gestionnaires. Le document intégral présente enfin un exemple de portefeuille équilibré avant et après l’application de frais. On remarquera toutefois que les frais et la répartition d’actifs sont présentés à titre d’exemple et ne font pas l’objet d’une Norme.

En conclusion

La préparation de projections à long terme (revenus de retraite, transfert de la valeur d’un régime de retraite à prestations déterminées [PD], besoins d’assurance-vie, etc.) va fréquemment s’avérer très sensible aux hypothèses de calcul utilisées. L’utilisation des Normes présentées ici permettra notamment de respecter l’obligation de méthode à laquelle les conseillers sont habituellement soumis.

Martin Dupras, a.s.a., Pl.Fin., M.Fisc., ASC
Fellow de l’Institut de planification financière
ConFor financiers inc.
Mai 2026

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Les tensions géopolitiques repoussent la baisse des taux https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/les-tensions-geopolitiques-repoussent-la-baisse-des-taux/ Mon, 04 May 2026 12:58:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113729 ZONE EXPERTS – Les pressions sur l’énergie et les chaînes d’approvisionnement retardent l’assouplissement monétaire.

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Les récentes données économiques montrent une croissance modérée de l’économie canadienne, soutenue par une croissance du secteur manufacturier. L’indice PMI manufacturier (Purchasing Managers’ Index), indicateur avancé largement utilisé pour évaluer la performance du secteur manufacturier, a enregistré en avril sa plus forte progression mensuelle depuis juin 2022, portée par une hausse marquée des commandes à l’exportation.

Toutefois, une part de cette amélioration s’explique par la hausse des prix du pétrole, qui soutient la valeur nominale des exportations. Ainsi, l’augmentation du PMI reflète en partie une activité plus soutenue dans le secteur de l’énergie, mais pourrait également traduire des pressions sur les coûts plutôt qu’un véritable renforcement de l’économie. En effet, la hausse des coûts de transport alourdit les intrants des entreprises, contribuant directement aux pressions inflationnistes.

Comme largement anticipé, la Banque du Canada n’a pas réagi à la situation entourant le détroit d’Ormuz, estimant que la hausse des prix du pétrole demeure probablement temporaire et ne justifie pas d’intervention immédiate. Par ailleurs, bien que le niveau élevé des prix de l’énergie pèse sur la consommation, son impact demeure moins prononcé que lors des chocs pétroliers des années 1970.

Les craintes inflationnistes même temporaires ont poussé les taux d’intérêts obligataires au niveau le plus élevé depuis presque 2 ans. Ceci explique la remontée des taux hypothécaires fixes observée ces dernières semaines, comme l’illustre le graphique ci-dessous.

Pour consulter ce graphique en grand format, cliquez ici.

La situation géopolitique actuelle perdure plus longtemps qu’anticipé. Même lorsque la circulation des navires reprendra dans le détroit d’Ormuz, plusieurs trimestres seront nécessaires pour retrouver l’équilibre observé avant le début du conflit. Pour cette raison, les perspectives indiquent que les prix du pétrole, et plus largement des matières premières, devraient demeurer élevés plus longtemps.

Ces pressions inflationnistes contribuent à repousser les attentes de baisse du taux directeur pour le reste de l’année aux États-Unis. Dans le même esprit, cet environnement limite également la marge de manœuvre de la Banque du Canada (BdC) dans la poursuite d’un cycle de baisses de taux à court terme.

Faut-il craindre une remontée des taux ?

Bien que certains économistes évoquent la possibilité de hausses de taux au Canada l’an prochain, nous n’adhérons pas à ce scénario pour le moment.

Les restrictions en matière d’immigration ont entraîné un recul de la population canadienne l’an dernier, réduisant ainsi la pression sur le marché du travail et contribuant à stabiliser le taux de chômage, malgré une croissance de l’emploi plus modérée.

Par ailleurs, l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi devrait se traduire à la fois par des perturbations, une transformation des postes et des gains d’efficacité. À moyen terme, ces gains de productivité, combinés à certaines pertes d’emplois, pourraient exercer des pressions désinflationnistes et ainsi accroître la probabilité d’un assouplissement des politiques monétaires par des institutions comme la BdC.

C’est pourquoi un éventuel assouplissement de la politique monétaire aux États-Unis, notamment dans un contexte de changement à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis, pourrait exercer une pression indirecte sur la Banque du Canada afin de poursuivre un cycle de baisses de taux. Comme mentionné précédemment, nous estimons que ce facteur pourrait influencer l’orientation des taux au Canada.

Dans ce contexte d’incertitude, il est plus important que jamais de consulter un courtier hypothécaire pour déterminer laquelle des options, entre une hypothèque variable (paiement fixe ou ajustable) et hypothèque fixe (court ou long terme), correspond le mieux aux besoins de ses clients.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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Maintien du taux directeur à 2,25 % https://www.finance-investissement.com/nouvelles/maintien-du-taux-directeur-a-225/ Wed, 29 Apr 2026 14:33:13 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113662 La Banque du Canada a tranché.

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La Banque du Canada (BdC) maintient son taux directeur à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure, quant à lui, à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

« Aujourd’hui, le Conseil de direction a maintenu le taux directeur à 2,25 %, soit au même niveau que depuis octobre », déclare Tiff Macklem, le directeur de la BdC dans sa déclaration préliminaire à la conférence de presse.

Cette décision intervient dans un contexte d’incertitude croissante. Déjà confrontée à la volatilité liée à la politique commerciale américaine, la banque centrale doit désormais composer avec l’évolution du conflit au Moyen-Orient.

La guerre en Iran a entraîné une forte hausse des prix de l’énergie, perturbant le secteur des transports et pesant sur les perspectives de croissance des pays importateurs de pétrole, tout en alimentant les pressions inflationnistes à l’échelle mondiale.

Au niveau mondial, la BdC s’attend toutefois à ce que la croissance perdure aux États-Unis, notamment grâce aux investissements liés à l’intelligence artificielle. En Chine, l’économie devrait également prospérer en raison d’exportations robustes. L’activité économique de la zone euro risque quant à elle de pâtir des prix plus élevés du pétrole et du gaz naturel.

La situation géopolitique entraîne de la volatilité. Les rendements obligataires sont légèrement plus élevés depuis janvier. Les marchés boursiers avaient fortement baissé au début du conflit, mais se sont redressés depuis.

La BdC prévoit une croissance de l’économie mondiale d’environ 3 % en 2026, 2027 et 2028. Les projections relatives à l’inflation pour l’année à venir sont révisées à la hausse en raison du bond des prix de l’énergie.

La situation au Canada

Malgré l’incertitude, les perspectives de croissance de l’économie canadienne ont peu changé comparativement à la projection présentée dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier. Après une contraction à la fin de 2025, la croissance devrait avoir repris au début de 2026.

« Même si le Canada est secoué par des événements internationaux et des incertitudes géopolitiques, notre économie croît et devrait continuer de progresser », souligne Tiff Macklem.

Les dépenses de consommation et les dépenses publiques soutiennent l’activité économique.

Le marché du travail est détendu. Le taux de chômage se maintient dans une fourchette de 6 ½ à 7 %, ce qui reflète tant la faiblesse de l’embauche que la baisse du nombre de personnes qui cherchent un emploi.

Du côté du marché du logement, la situation est un peu plus maussade, notamment en raison de l’incertitude économique, de la faible expansion démographique et des problèmes d’abordabilité persistants.

« Le statu quo de la Banque du Canada offre une fenêtre pour revoir votre budget et comparer vos options avec moins de pression. Si votre renouvellement approche, commencez à vous y intéresser plusieurs mois d’avance et simulez différents scénarios ; testez aussi votre budget avec un paiement plus élevé pour valider votre marge de manœuvre. Si vous achetez, basez-vous sur le paiement mensuel total auquel reviendra votre propriété (taxes, frais de copropriété, etc.) et gardez une réserve pour les imprévus. Enfin, faites-vous accompagner par un professionnel en hypothèque pour choisir le produit qui colle à votre réalité », souligne Alexandre Bélanger, directeur principal de district, Spécialistes hypothécaires mobiles à la TD.

Dans ses prévisions d’avril, la Banque estime que la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’élèvera à 1,2 % en 2026, et augmentera pour atteindre 1,6 % en 2027 et 1,7 % en 2028.

« Le contexte semble compliqué pour eux. D’un côté, la hausse du pétrole crée un risque inflationniste évident, surtout avec le détroit d’Hormuz pratiquement fermé au trafic pétrolier. De l’autre, l’économie canadienne demeure fragile. La croissance prévue reste modeste. Ce n’est pas exactement une économie qui menace de surchauffer », observe Pierre‑Benoît Gauthier, vice‑président, Stratégie de placement chez IG Gestion de patrimoine.

Bien que la guerre en Iran puisse en modifier la composition, la croissance globale du PIB demeure globalement inchangée dans les nouvelles projections. En tant qu’exportateur net de pétrole, le Canada bénéficie de la hausse des prix de l’énergie, qui soutient le revenu national, même si elle exerce une pression accrue sur les consommateurs à la pompe.

« Le conflit au Moyen-Orient aura des répercussions sur la composition de la croissance. L’incidence sur la croissance globale devrait toutefois être faible, car les cours pétroliers mondiaux plus élevés font augmenter la valeur de nos exportations d’énergie, alors même qu’ils mettent sous pression les consommateurs et bon nombre d’entreprises », précise Tiff Macklem.

Une hausse de l’inflation

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) est passée de 1,8 % en février à 2,4 % en mars, en raison des prix de l’essence beaucoup plus élevés.

« Avant le déclenchement de la guerre, nous nous attendions à ce que l’inflation reste près de la cible de 2 %. Mais à cause des prix beaucoup plus élevés à la pompe, l’inflation augmente », ajoute Tiff Mackelm.

L’inflation fondamentale a reculé et, selon le plus récent rapport sur l’inflation, elle s’est maintenue juste au-dessus de 2 %.

Pour le moment, la montée des cours pétroliers ne semble pas s’être répercutée de façon plus générale sur les prix des biens et des services, mais la banque centrale assure garder la situation à l’œil.

« Il est trop tôt pour voir si de telles répercussions vont se concrétiser, et nous suivrons la situation de près », assure Tiff Macklem.

L’inflation mesurée par l’IPC devrait encore augmenter en avril pour atteindre environ 3 %. Sous l’hypothèse d’un repli des prix du pétrole, elle reviendrait ensuite vers la cible de 2 % au début de l’an prochain et s’y maintiendrait sur l’horizon de projection.

Dans ce contexte, la BdC a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25 %, mais assure surveiller de près plusieurs situations, soit :

  • les répercussions du conflit au Moyen-Orient,
  • la façon dont l’économie réagit aux droits de douane américains
  • et l’incertitude liée aux politiques commerciales.

Le Conseil assure qu’il « ne laissera pas les prix plus élevés de l’énergie se transformer en inflation persistante » et affirme, dans son communiqué publié à l’issue de la décision, demeurer prêt à intervenir au besoin, selon l’évolution des perspectives.

« La Banque du Canada a finalement fait exactement ce qui était attendu […] et le ton était volontairement prudent, ils gardent clairement la porte ouverte dans les deux directions. […] elle pourrait monter les taux si la guerre en Iran se prolonge et si les prix de l’énergie demeurent élevés. Elle pourrait aussi les baisser si les États-Unis imposent de nouveaux tarifs importants sur les biens canadiens », commente Pierre‑Benoît Gauthier.

« À mon avis, la Banque a raison de ne pas s’enfermer dans une direction précise aujourd’hui. Mais le marché aurait tort d’interpréter cette prudence comme une validation de hausses de taux plus tard cette année. Si l’économie évolue comme prévu, le scénario le plus crédible demeure des taux stables, avec un biais qui devrait éventuellement pencher davantage vers la baisse que vers un nouveau resserrement », conclut-il.

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Ménages : une résilience de façade https://www.finance-investissement.com/nouvelles/menages-une-resilience-de-facade/ Thu, 23 Apr 2026 10:57:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113390 Hausse des défauts, insolvabilités en hausse et crédit plus difficile d’accès pour plusieurs ménages.

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Si l’on considère la situation financière des ménages dans son ensemble, on constate que les Canadiens parviennent globalement à faire face aux bouleversements liés aux droits de douane, à un marché de l’emploi morose, à l’inflation et à d’autres difficultés, mais un examen plus approfondi révèle de graves problèmes de crédit.

Les récentes difficultés rencontrées par Goeasy donnent un aperçu de ces problèmes. Ce prêteur spécialisé dans les prêts à risque a annoncé des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars le mois dernier à la suite d’une dépréciation de 178 millions de dollars de prêts et à l’effondrement de ses actions.

Ces difficultés sont survenues alors même que l’agence de notation TransUnion indiquait que le taux global de défauts de paiement était resté inchangé au dernier trimestre de 2025 par rapport à l’année précédente.

Cela s’inscrit dans une tendance plus large où de nombreuses personnes, en particulier les propriétaires, s’en sortent bien, tandis que les difficultés financières s’aggravent pour celles qui étaient déjà en difficulté.

« Ces chiffres globaux peuvent masquer quelque peu ce qui se passe réellement », affirme Rebecca Oakes, vice-présidente de l’analyse avancée chez Equifax Canada.

« On parle de reprise en forme de K. La moyenne semble correcte, mais, en réalité, nous observons davantage d’extrêmes allant dans des directions différentes », ajoute-t-elle.

La hausse du taux de chômage, en particulier chez les jeunes, a créé une pression, mais de nombreuses personnes sont en difficulté simplement à cause de l’accumulation des coûts, selon Bruce Sellery, directeur général de Credit Canada.

« Le paradoxe, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui vont très bien, mais que beaucoup d’autres se trouvent dans une situation extrêmement difficile », indique-t-il.

Ce service de conseil en crédit à but non lucratif a vu ses demandes grimper de 31 % l’année dernière, notamment de la part de nombreuses personnes qui n’ont pas nécessairement connu de difficultés financières soudaines, comme une perte d’emploi, des problèmes de santé ou un divorce, mais qui ne parviennent tout simplement pas à faire face à la hausse du coût de la vie.

« Historiquement, nous nous sommes concentrés sur les personnes ayant des besoins urgents. Ce que nous constatons beaucoup plus souvent aujourd’hui, c’est simplement l’accumulation des hausses des coûts », souligne Bruce Sellery.

Les cas d’insolvabilité en hausse 

Cette pression se reflète dans les cas d’insolvabilité des consommateurs, qui ont atteint 140 457 en 2025 — le chiffre le plus élevé depuis 2009 — soit une moyenne d’environ 385 par jour, selon l’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation.

Elle se reflète également dans les soldes non hypothécaires impayés, les cartes de crédit, les prêts à tempérament et les prêts automobiles atteignant leur plus haut niveau depuis plus d’une décennie.

Les données de la Banque du Canada montrent que 2,64 % des prêts à tempérament affichaient un retard de paiement d’au moins 90 jours au quatrième trimestre de 2025, soit le double du niveau enregistré 4 ans plus tôt.

Les soldes impayés sur les cartes de crédit ont atteint 0,78 % au quatrième trimestre, contre 0,45 % en 2021, tandis que ceux sur les prêts automobiles ont atteint 0,67 %, contre 0,39 % quatre ans plus tôt.

Cela ressort également des états financiers actualisés de Goeasy. La société s’attendait à ce qu’environ 8,75 % des prêts ne soient pas remboursés l’année dernière, un niveau bien supérieur à celui des banques, mais reflétant le profil plus risqué des emprunteurs à risque.

Au lieu de cela, ce chiffre a bondi à 12,9 % pour 2025, avec une hausse de 24 % au quatrième trimestre, et l’on s’attend à ce qu’il atteigne 18 % au premier trimestre de cette année.

Selon TransUnion, la détérioration des taux de remboursement s’explique par le fait que de plus en plus de gens ont recours aux prêts personnels pour faire face à la hausse du coût de la vie. Mais l’augmentation du nombre d’emprunteurs incapables de rembourser leurs prêts conduit aussi les prêteurs à se montrer plus prudents.

TransUnion a observé une baisse des nouvelles émissions de cartes de crédit, de prêts automobiles et surtout de prêts à tempérament, les approbations se concentrant sur les consommateurs les plus solvables.

Equifax a également constaté un repli de la part des prêteurs.

« Cela ne signifie pas nécessairement qu’il n’y a pas de demande de la part des consommateurs, mais simplement que les prêteurs se montrent peut-être plus prudents », indique Rebecca Oakes.

En promettant un redressement aux investisseurs, le directeur général de Goeasy, Patrick Ens, a fait savoir que l’entreprise allait précisément agir en ce sens.

« Nous avons réduit les montants des prêts accordés. Nous avons considérablement resserré nos critères d’octroi de crédit. Nous allons renforcer notre gestion des risques d’entreprise grâce à des modèles de risque améliorés, une discipline de crédit et des ressources de recouvrement », a-t-il affirmé lors de la conférence téléphonique trimestrielle avec les analystes.

Même les emprunteurs qui ne relèvent pas du segment des prêts à risque ressentent la pression.

La situation varie d’une région à l’autre du pays, avec une hausse des faillites dans les endroits où les taux de renouvellement des prêts hypothécaires sont plus élevés, souligne Randall Bartlett, économiste en chef adjoint chez Desjardins.

« C’est sur les marchés où l’accès à la propriété est le plus difficile, comme en Ontario et en Colombie-Britannique, que la tension se fait vraiment sentir. Les ménages de ces deux provinces subissent de plein fouet l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur leur budget familial. »

Ceux qui subissent la pression de la hausse des taux lors du renouvellement contribuent à la divergence des situations financières au Canada, indique-t-il.

« On observe une baisse de l’épargne et un recours accru au crédit pour couvrir les dépenses essentielles. La situation au Canada devient donc de plus en plus polarisée. »

Les baisses des taux d’intérêt de la Banque du Canada ont contribué à réduire les ratios d’endettement globaux, mais ces mesures n’aident pas vraiment les emprunteurs à risque qui dépendent des cartes de crédit ou d’autres produits à taux d’intérêt extrêmement élevés.

« Les personnes qui ne sont pas propriétaires ou qui n’ont pas d’hypothèque voient leurs taux de défaut de paiement augmenter beaucoup plus rapidement que celles qui en ont. Cet écart ne cesse donc de se creuser », a déclaré Rebecca Oakes.

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Deux sous-gouverneurs nommés à la BdC https://www.finance-investissement.com/nouvelles/deux-sous-gouverneurs-nommes-a-la-bdc/ Wed, 22 Apr 2026 11:11:59 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113550 Un processus de recrutement sera bientôt lancé.

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La Banque du Canada pourvoit deux postes vacants au sein de son conseil de direction en nommant deux économistes déjà bien connus au sein de la banque centrale.

En mai, le directeur général du département des Analyses de l’économie canadienne de la Banque du Canada, Marc-André Gosselin, deviendra sous-gouverneur de la banque centrale, où il occupe des fonctions de plus en plus importantes depuis son arrivée en 1999.

Le sous-gouverneur externe Nicolas Vincent rejoindra également le conseil à temps plein à partir du mois d’août et occupera les fonctions de représentant de la Banque du Canada au G7 et au G20.

La Banque du Canada lancera prochainement un processus de recrutement pour pourvoir le poste de sous-gouverneur externe laissé vacant par Nicolas Vincent, qui avait initialement pris ses fonctions en 2023 alors qu’il était professeur à HEC Montréal.

Marc-André Gosselin et Nicolas Vincent succèdent à Sharon Kozicki, qui prévoit prendre sa retraite cet été, et à Rhys Mendes, qui a quitté la banque centrale pour retourner à Toronto au début du mois.

Les deux hommes sont originaires du Québec, Marc-André Gosselin, de Montréal et Nicolas Vincent, de Trois-Rivières.

Le Conseil de direction de la Banque du Canada est chargé de maintenir la stabilité financière et de mettre en œuvre la politique monétaire du pays, notamment en fixant le taux d’intérêt de référence.

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Les stablecoins : le Canada adopte sa loi et importe le débat sur le rendement https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/les-stablecoins-le-canada-adopte-sa-loi-et-importe-le-debat-sur-le-rendement/ Mon, 20 Apr 2026 13:47:45 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113514 ZONE EXPERTS — Le cadre canadien entre en vigueur alors que les approches américaine et européenne convergent vers un enjeu commun : les récompenses associées aux stablecoins.

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En novembre 2025, dans cette chronique, nous analysions le projet de Loi sur les cryptomonnaies stables (la « Loi »), déposé dans le cadre du budget fédéral. Ce projet est devenu loi : la Loi a reçu la sanction royale le 27 mars 2026. Entre-temps, aux États-Unis, le GENIUS Act, signé en juillet 2025, entre pleinement en vigueur au plus tard le 18 juillet 2026. Le moment est opportun pour faire le point sur l’état des lieux au Canada, le comparer avec l’approche américaine, européenne, et aborder la question qui anime le débat public des deux côtés de la frontière : les récompenses sur les stablecoins.

Ce qui a changé, et ce qui reste à faire

La Loi canadienne confirme les grandes lignes de ce qui avait été annoncé : un registre d’émetteurs administré par la Banque du Canada (BdC), des réserves maintenues au minimum à parité (1 pour 1), une obligation de rachat à la valeur de référence, et l’interdiction, pour les émetteurs de verser, directement ou indirectement, toute forme d’intérêt ou de rendement aux détenteurs de stablecoins.

Ce qui n’a pas changé, c’est la coexistence de trois cadres réglementaires pour un même actif : la BdC pour la surveillance prudentielle de l’émetteur inscrit au registre, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) pour l’encadrement de la distribution des stablecoins au public (qu’elles continuent de qualifier de valeurs mobilières), et les régulateurs prudentiels des institutions financières. Cette superposition crée un manque de clarté que l’on espère voir se dissiper rapidement, notamment avec une mise à jour des avis des ACVMs pour tenir compte du nouveau régime fédéral.

La fenêtre d’action est maintenant ouverte : la BdC et le ministère des Finances rédigent le cadre réglementaire, dont la pré-publication est prévue à l’automne 2026. C’est dans ces règlements que se joueront les questions les plus structurantes.

Le GENIUS Act : la leçon américaine

Le GENIUS Act offre un contraste instructif. Trois caractéristiques méritent l’attention des professionnels de la finance canadiens.

Premièrement, la loi américaine crée une catégorie unique de « payment stablecoin ». Un seul type de licence permet à un stablecoin de servir aussi bien aux paiements de détail qu’au règlement de transactions sur des valeurs mobilières tokenisées. Au Canada, cette polyvalence n’existe pas aujourd’hui : la BdC encadre l’émetteur sur le plan prudentiel, tandis que les ACVM encadrent la distribution du stablecoin au public en le traitant comme une valeur mobilière. L’enjeu pour la tokenisation est que les stablecoins devraient aussi servir d’actifs de règlement pour les transactions sur valeurs mobilières tokenisées. Si les ACVM maintiennent leur qualification de valeur mobilière pour les stablecoins utilisés dans ce contexte, cela pourrait freiner l’adoption de la tokenisation au Canada.

Deuxièmement, le GENIUS Act prévoit un mécanisme d’équivalence : la Réserve fédérale et le Trésor américain doivent reconnaître les régimes étrangers comparables, de sorte qu’un stablecoin conforme au cadre européen (MiCA) ou canadien puisse circuler aux États-Unis sans licence domestique supplémentaire. La Loi canadienne prévoit un pouvoir similaire pour le gouverneur de la BdC. Il est important qu’il soit utilisé pour reconnaître les régimes étrangers et éviter l’isolement du marché canadien.

Troisièmement, la SEC a réduit en février 2026 le « haircut » réglementaire sur les stablecoins détenus par les courtiers à 2 %, soit le même traitement qu’un fonds du marché monétaire. C’est un signal puissant d’intégration des stablecoins dans la tuyauterie de la finance traditionnelle.

Le débat sur les récompenses : émetteurs, intermédiaires et la question ouverte

Dans les deux juridictions, c’est l’émetteur du stablecoin qui est visé par l’interdiction de verser des intérêts ou du rendement. Au Canada, la loi interdit à l’émetteur de « directement ou indirectement, verser au détenteur d’une cryptomonnaie stable qu’il a émise aucune forme d’intérêt ou de rendement ». Le GENIUS Act prévoit qu’aucun émetteur autorisé ne versera de rendement « solely in connection with the holding, use, or retention » du stablecoin. Ni l’une ni l’autre de ces lois ne traite explicitement du cas des intermédiaires qui versent des récompenses à leurs utilisateurs à partir de leurs propres revenus. L’industrie souhaite que les règlements à venir clarifient ce point et confirment expressément que les programmes offerts par les intermédiaires, distincts des réserves de l’émetteur, sont permis.

Le débat de politique publique qui en découle est vif, et il se joue sur deux fronts législatifs distincts. Le GENIUS Act, déjà adopté, interdit aux émetteurs de verser du rendement, mais ne traite pas explicitement des intermédiaires. Le projet de loi sur la structure des marchés numériques (le CLARITY Act), toujours en cours de négociation au Sénat américain, est devenu le champ de bataille principal. Les associations bancaires américaines tentent d’y insérer des dispositions qui étendraient l’interdiction de rendement au-delà des émetteurs, visant aussi les programmes de récompenses offerts par les intermédiaires.

Paul Grewal, directeur juridique de Coinbase, a publiquement déclaré en janvier 2026 que l’entreprise ne pouvait plus soutenir le CLARITY Act, en partie parce qu’il contenait selon lui une interdiction de facto des programmes de récompenses. L’enjeu est de taille : si le CLARITY Act est adopté avec ces dispositions, il pourrait modifier l’équilibre établi par le GENIUS Act et interdire aux plateformes de verser des récompenses à leurs utilisateurs, quel que soit le mécanisme de financement. De l’autre côté, les associations bancaires américaines soutiennent que ces programmes créent un produit fonctionnellement identique à un compte de dépôt rémunéré, sans les obligations prudentielles qui s’y rattachent : capital réglementaire, assurance-dépôts, exigences de liquidité.

L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), une agence fédérale américaine chargée de superviser et de réglementer les banques nationales. a d’ailleurs proposé en février 2026 une règle établissant une « présomption réfutable » contre les modèles de rendement, estimant que la substance prime la forme.

L’Union européenne, avec MiCA, a retenu l’approche la plus stricte en interdisant non seulement aux émetteurs, mais aussi aux prestataires de services sur cryptoactifs (les CASPs), d’accorder tout intérêt ou avantage lié à la durée de détention d’un stablecoin. Le Royaume-Uni adopte une position plus nuancée et interdirait aux émetteurs de verser des intérêts tirés des réserves, mais se montrerait plus ouvert aux programmes de récompenses offerts par des tiers, à condition qu’ils ne soient pas financés par les réserves de l’émetteur et qu’ils respectent les règles strictes du régime de promotions financières (fair, clear, and not misleading). Le régime complet du R.-U. entrera en vigueur en octobre 2027.

L’alternative bancaire : les dépôts tokenisés

Il est important de noter que les banques ne sont pas en reste dans cette transformation. Plusieurs grandes institutions financières développent activement les dépôts tokenisés : des représentations numériques de dépôts bancaires traditionnels émises directement par des banques réglementées, sur des registres distribués. La différence fondamentale avec les stablecoins est que le dépôt tokenisé reste un passif bancaire, couvert par l’assurance-dépôts et soumis aux exigences prudentielles habituelles de la banque émettrice.

JPMorgan opère depuis plusieurs années une plateforme (Kinexys), utilisée par ses clients institutionnels pour le règlement instantané de paiements interbancaires sur sa plateforme de registre distribué. Citi a développé Citi Token Services pour les flux de trésorerie et le financement du commerce international de ses grands clients. En 2025 et 2026, un projet pilote coordonné par SWIFT avec 14 grandes banques, dont JPMorgan et Citi, est passé à la phase de « préparation à la production » pour le règlement d’actifs tokenisés à l’échelle mondiale.

Au Canada, la Banque du Canada n’est pas en reste. Le projet Samara, mené en collaboration avec des partenaires de recherche, a exploré la faisabilité d’une monnaie numérique de banque centrale de gros sur un registre distribué. Samara a testé le règlement interbancaire directement sur une plateforme à permission. Le projet a démontré qu’un tel règlement était techniquement réalisable en temps réel tout en préservant la confidentialité des transactions entre les institutions participantes. Samara a fourni à la BdC les fondations techniques pour évaluer comment la monnaie de banque centrale pourrait coexister avec les stablecoins réglementés et les dépôts tokenisés dans l’infrastructure de règlement de demain.

Pour l’industrie, les dépôts tokenisés et les stablecoins ne sont pas des concurrents, mais des instruments complémentaires. Les dépôts tokenisés rassurent les régulateurs prudentiels parce qu’ils restent dans le périmètre bancaire ; les stablecoins offrent une portabilité, une interopérabilité et une accessibilité que les solutions bancaires ne procurent pas encore. Comme l’a souligné la BdC dans ses travaux sur la tokenisation, la monnaie numérique de banque centrale (sous sa forme de gros), les dépôts tokenisés et les stablecoins réglementés peuvent coexister comme actifs de règlement complémentaires. Le défi pour les régulateurs canadiens est de concevoir un cadre qui permette cette coexistence sans créer d’asymétries réglementaires injustifiées.

Ce que cela signifie pour le Canada

La Loi sur les stablecoins pose les fondations en créant un régime prudentiel fédéral pour les émetteurs. Mais tant que les ACVM continueront de traiter la distribution de stablecoins conformes à la Loi comme une distribution de valeurs mobilières, le triple cadre persistera.

Pour les professionnels de la finance, l’enjeu est concret. Les stablecoins ne sont plus un sujet réservé aux initiés de l’écosystème crypto. Avec l’adoption de cadres législatifs au Canada, aux États-Unis et en Europe, avec le développement parallèle des dépôts tokenisés par les grandes banques mondiales, et avec les travaux de la BdC sur le règlement interbancaire numérique, nous assistons à une refonte progressive de la plomberie financière. La manière dont le Canada conçoit ses règlements sur les stablecoins, et coordonne le cadre fédéral avec celui des ACVM, déterminera s’il reste un acteur compétitif de cette transformation, ou s’il se retrouve isolé.

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Deux sous-gouverneurs quittent la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/avis-de-nomination-developpement-des-affaires/deux-sous-gouverneurs-quittent-la-banque-du-canada/ Thu, 02 Apr 2026 12:00:50 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113154 NOUVELLES DU MONDE – Rhys Mendes et Sharon Kozicki quittent le conseil de direction.

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La Banque du Canada (BdC) a annoncé deux changements à son Conseil de direction. Rhys Mendes a ainsi annoncé son départ le 10 avril prochain, alors que la sous-gouverneure Sharon Kozicki prendra sa retraite le 15 juillet.

Anciennement sous-ministre adjoint, Politiques économiques, au ministère des Finances, Rhys Mendes est devenu sous-gouverneur de la BdC en 2023. À ce titre, il supervisait les analyses de l’évolution de l’économie internationale. Il a également représenté la BdC au G7 et au G20.

« La Banque a grandement bénéficié du leadership et de l’expertise de Rhys sur la scène mondiale. Il a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du programme d’action de la présidence canadienne au G7 l’an dernier, et dans le renforcement de la coopération entre les banques centrales pour favoriser la prospérité économique et la stabilité financière au pays et à l’étranger. Ce travail a permis d’amorcer des changements qui continueront d’influencer les politiques dans les années à venir », a commenté Tiff Macklem, le gouverneur de la BdC.

Sharon Kozicki a décidé de prendre sa retraite après deux décennies auprès de la BdC. Bien que nommée sous-gouverneure en 2021, elle travaillait pour la BdC depuis 2006. À titre de sous-gouverneure, elle était chargée de superviser l’analyse de l’évolution de l’économie canadienne.

« Je remercie Sharon de son service exceptionnel et de son engagement inébranlable envers l’élaboration rigoureuse de politiques qui allient recherche, analyse et politiques. Sa perspicacité et ses vastes connaissances ont été d’une valeur inestimable pour surmonter les défis de politique monétaire dans le contexte des répercussions de la pandémie, de la montée des tensions géopolitiques et de l’évolution de la dynamique du commerce mondial », a remercié Tiff Macklem.

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La guerre à l’Iran propulse les craintes inflationnistes https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/la-guerre-a-liran-propulse-les-craintes-inflationnistes/ Mon, 30 Mar 2026 13:10:14 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113216 ZONE EXPERTS – Que faire avec son hypothèque ? Des réponses à vos questions !

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À l’échelle internationale, la croissance économique se maintient à un niveau positif, mais perd néanmoins de sa cohérence : les grandes économies ont chacune leur rythme, plusieurs d’entre elles étant déjà entrées dans un cycle défavorable.

Les événements géopolitiques du dernier mois ont intensifié la hausse du prix du pétrole, propulsant elles aussi les craintes inflationnistes. Les contrats à terme sur le prix du pétrole montrent des anticipations à long terme modérées, l’inflation ne doit pas être durable.  Pourtant, la stagflation est déjà évoquée par plusieurs, dont ceux ayant déjà connu cette situation dans les années 70, un mot qui est d’ailleurs attendu depuis plusieurs années déjà.

Au Canada, après 11 mois de contraction du PMI manufacturier (Purchasing Managers’ Index), un indicateur avancé largement utilisé pour évaluer la performance du secteur manufacturier, l’indice se trouve en croissance pour les deux premiers mois de l’année. C’est certainement un signe encourageant, mais à l’opposé, le début de l’année 2026 a été marqué par une détérioration notable de la situation de l’emploi avec une perte de 25 000 emplois en janvier, suivie par une perte de 84 000 emplois en février. Il s’agit du pire début d’année depuis 2009, avec une baisse généralisée à travers plusieurs secteurs. Cette évolution reflète un ralentissement économique réel, amplifié par les tensions commerciales et les transformations structurelles liées à l’intelligence artificielle. Le taux de chômage, bien que toujours modéré, suit une tendance à la hausse, confirmant l’essoufflement du marché du travail.

Immobilier : une correction en cours

Le marché immobilier canadien est en train de s’ajuster après une longue période de forte surchauffe. Plusieurs éléments expliquent ce mouvement : accessibilité restreinte pour les premiers acheteurs, taux d’intérêt relativement élevés par rapport aux 14 dernières années, ainsi qu’une brusque baisse de l’immigration.

Les indicateurs du marché hypothécaire, notamment les taux de défaut, laissent également penser que certains ménages subissent de fortes pressions. Cette correction étant nécessaire, elle pourrait être de longue durée si le cadre macroéconomique cessait d’évoluer positivement. Mais il est désormais certain que le contexte actuel diminue la pression qui pesait sur la Banque du Canada (BdC) concernant d’éventuelles baisses de taux et le risque d’attiser une nouvelle surchauffe immobilière.

Taux d’intérêt : que faut-il anticiper ?

Évidemment, si nous pouvions connaître l’issue du conflit, il serait plus facile d’anticiper l’évolution des taux d’intérêt. Toutefois, même en supposant un scénario relativement favorable, l’inflation pourrait persister.

D’une part, la production pétrolière pourrait être affectée jusqu’à ce que les infrastructures du Moyen-Orient soient pleinement rétablies. D’autre part, les perturbations touchant le transport des engrais risquent d’entraîner des pressions inflationnistes supplémentaires sur les prix alimentaires.

Cela pourrait freiner d’éventuelles nouvelles baisses de taux de la BdC. Toutefois, comme mentionné précédemment, un changement de cap de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui dispose d’un double mandat, pourrait l’amener à privilégier une série de baisses de taux afin de stimuler davantage l’économie, dans l’hypothèse où les pressions inflationnistes seraient temporaires.

Dans un contexte où l’économie canadienne frôle la récession, un risque nourri par des pertes d’emplois, une consommation fragilisée et un dollar canadien plus fort qui pénalise les exportations, la BdC pourrait être contrainte d’abaisser ses taux d’intérêt. Cette pression serait d’autant plus importante que les risques de surchauffe immobilière se sont atténués, réduisant ainsi les contraintes liées à une éventuelle relance du marché.

Détenteurs de prêts hypothécaires à taux variable : faut-il fixer votre taux ?

Concernant les détenteurs d’hypothèques à taux variable qui se demandent s’ils devraient fixer leur taux, nous croyons préférable de leur recommander d’attendre. En effet, les taux fixes ont augmenté très rapidement récemment et aucune hausse des taux directeurs de la BdC n’est anticipée à court terme.

Une fois que le détroit d’Hormuz rouvrira et que les craintes d’un conflit prolongé s’estomperont, les taux obligataires devraient reculer. À ce moment, il sera plus opportun de réévaluer la stratégie, notamment afin de déterminer si le taux variable demeure adapté au profil du détenteur de l’hypothèque, lequel doit présenter une certaine tolérance au risque pour ce type d’emprunt.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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La Banque du Canada revoit son approche de l’inflation https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/la-banque-du-canada-revoit-son-approche-de-linflation/ Fri, 27 Mar 2026 10:21:44 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113193 L’institution ajuste son analyse et sa communication en vue du renouvellement de son mandat.

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L’institution ajuste son analyse et sa communication en vue du renouvellement de son mandat. /Après avoir sous-estimé sa persistance, elle adapte ses outils et son discours.

Une haute responsable de la Banque du Canada indique que la banque centrale réexamine sa façon d’aborder et de communiquer sur l’inflation, alors qu’elle se prépare à revoir son mandat quinquennal plus tard cette année.

Carolyn Rogers, première sous-gouverneure de la Banque du Canada, se trouve jeudi à Brandon, au Manitoba, où elle s’adresse à un public de personnes d’affaires pour expliquer comment la banque centrale fait face à une série de chocs économiques survenus ces dernières années.

Dans un discours préparé, Mme Rogers mentionne que la flambée des prix du pétrole liée à la guerre en Iran pèse sur les consommateurs et les entreprises, mais qu’il est encore trop tôt pour dire quelles seront les répercussions du conflit sur la croissance et l’inflation au Canada.

Elle reconnaît également que la Banque du Canada a sous-estimé la persistance de l’inflation après la pandémie de COVID-19 et précise que la banque centrale s’efforce de mieux cerner l’évolution des pressions sur les prix.

Mme Rogers explique que la banque centrale modifie sa manière de détecter les chocs d’offre dans l’économie et réexamine la façon dont elle communique sur l’inflation sous-jacente et l’abordabilité des logements afin de s’assurer que les Canadiens comprennent comment le taux d’intérêt de référence de la Banque du Canada interagit avec ces forces dans leur vie quotidienne.

Elle ajoute que la Banque du Canada a entendu les Canadiens dire qu’ils accordaient de l’importance à la stabilité de l’inflation ainsi qu’à celle des taux d’intérêt, ce qui, selon elle, est un bon rappel après des années de changements rapides du taux directeur.

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Taux inchangé : la guerre en Iran pèse sur la décision de la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/taux-inchange-la-guerre-en-iran-pese-sur-la-decision-de-la-banque-du-canada/ Wed, 18 Mar 2026 14:12:19 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113044 La hausse des prix de l’énergie et les incertitudes mondiales brouillent les perspectives.

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Dans la continuité de sa dernière décision, la Banque du Canada (BdC) a une fois de plus laissé son taux directeur inchangé à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure quant à lui à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

« Il n’y avait pratiquement aucune attente d’un changement de taux aujourd’hui, et la Banque du Canada a fait exactement ce que le marché anticipait en maintenant son taux directeur à 2,25 % », souligne Pierre-Benoît Gauthier, vice-président, Stratégie de placement chez IG Gestion de patrimoine.

La BdC mentionne notamment la guerre au Moyen-Orient. En plus d’accentuer les risques pesant sur l’économie mondiale, celle-ci a fait augmenter la volatilité des prix de l’énergie et des marchés financiers.

« L’économie canadienne reste confrontée à l’incertitude élevée liée à la politique commerciale américaine et aux risques géopolitiques. La guerre en Iran vient ajouter une nouvelle couche d’incertitude. Son impact sur les économies mondiale et canadienne va dépendre de la durée du conflit et de la mesure dans laquelle il va s’étendre ailleurs au Moyen-Orient », indique Tiff Macklem, gouverneur de la BdC, dans sa déclaration préliminaire.

Avant le déclenchement du conflit, l’économie mondiale devait croître d’environ 3 %, en ligne avec les prédictions du Rapport sur la politique monétaire de janvier. Aux États-Unis, la croissance demeurait solide malgré un certain ralentissement, tandis que l’inflation suivait la trajectoire attendue.

Dans la zone euro, la demande intérieure soutenait l’activité malgré un recul des exportations. À l’inverse, en Chine, la faiblesse de la demande intérieure était compensée par des exportations robustes.

Depuis le début du conflit, les prix du pétrole et du gaz naturel ont explosé, accentuant les pressions inflationnistes mondiales, selon la Banque du Canada. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz perturbe l’approvisionnement énergétique et pourrait aussi affecter d’autres matières premières.

Les conditions financières jusque-là accommodantes se sont resserrées :

  • les rendements obligataires ont augmenté,
  • les marchés boursiers ont reculé
  • et les écarts de crédit se sont creusés.

« À nos yeux, le message était plus conciliant que menaçant. La Banque a clairement reconnu que l’économie canadienne ralentit, que le marché du travail demeure faible et que la croissance récente est plus faible qu’anticipé. En même temps, elle a aussi souligné que la remontée du pétrole et la fermeture effective du détroit d’Hormuz risquent de pousser l’inflation à la hausse à court terme », résume Pierre-Benoît Gauthier.

Vers une progression de l’économie canadienne

Après une croissance de 2,4 % au troisième trimestre, l’économie canadienne a reculé de 0,6 % au dernier trimestre de 2025, un résultat plus faible que ce qu’envisageait le Rapport de janvier. Toutefois, cette contraction s’explique essentiellement par une réduction des stocks plus importante qu’anticipée.

La demande intérieure a néanmoins progressé, soutenue par les dépenses de consommation et les dépenses publiques, malgré une activité toujours faible sur le marché du logement.

Soulignant qu’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur la croissance au Canada, la BdC continue de prédire une progression modeste de l’économie, en raison des droits de douane et de l’incertitude des politiques commerciales. Cependant, la croissance à court terme devrait être plus faible que prévue et le marché du travail reste détendu.

« L’économie canadienne connaît déjà de nombreux défis, auxquels s’ajoute maintenant plus de volatilité. Le rôle de la Banque du Canada est d’être une source de stabilité. Nous soutenons l’activité économique tout en nous assurant que la montée des prix de l’énergie ne se transforme pas en inflation persistante », résume Tiff Macklem.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a de nouveau ralenti, s’établissant à 1,8 % en février. L’IPC hors effets des variations d’impôts indirects, ainsi que les mesures de l’inflation fondamentale, ont également reculé et se situent près de 2 %.

La croissance des prix des aliments a ralenti en février, tout en demeurant élevée. Par ailleurs, la forte hausse des prix mondiaux de l’énergie a fait grimper les coûts de l’essence, ce qui devrait entraîner une remontée de l’inflation globale dans les mois à venir.

Au vu de ces différents facteurs, le Conseil de direction de la BdC a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25 %. Il promet toutefois de garder à l’œil l’évolution des répercussions des politiques commerciales, notamment les droits de douane, et le déroulement du conflit au Moyen-Orient sur la croissance et l’inflation, se disant prêt à réagir au besoin.

« Il nous semble peu probable que la Banque réagisse à ce genre de choc par une hausse de taux. Ce n’est pas une inflation née d’une économie qui surchauffe. C’est un choc d’offre lié à la géopolitique. Et quand l’inflation provient d’un pétrole plus cher, monter les taux serait une double attaque sur la consommation. La hausse des prix de l’énergie agit déjà comme un frein sur la demande en grugeant le pouvoir d’achat des ménages. Autrement dit, le pétrole fait une partie du travail restrictif à la place de la banque centrale », souligne Pierre-Benoît Gauthier.

« Pourtant, les marchés s’attendent toujours à presque DEUX HAUSSES de taux selon le marché des contrats à terme obligataire. Nous allons fermement contre cette vue. Nous continuons de croire qu’une baisse de taux demeure plus plausible qu’une hausse au Canada », affirme Pierre-Benoît Gauthier.

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