Banque du Canada – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Thu, 02 Apr 2026 12:00:50 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Banque du Canada – Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com 32 32 Deux sous-gouverneurs quittent la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/deux-sous-gouverneurs-quittent-la-banque-du-canada/ Thu, 02 Apr 2026 12:00:50 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113154 La Banque du Canada (BdC) a annoncé deux changements à son Conseil de direction. Rhys Mendes a ainsi annoncé son départ le 10 avril prochain, alors que la sous-gouverneure Sharon Kozicki prendra sa retraite le 15 juillet.

Anciennement sous-ministre adjoint, Politiques économiques, au ministère des Finances, Rhys Mendes est devenu sous-gouverneur de la BdC en 2023. À ce titre, il supervisait les analyses de l’évolution de l’économie internationale. Il a également représenté la BdC au G7 et au G20.

« La Banque a grandement bénéficié du leadership et de l’expertise de Rhys sur la scène mondiale. Il a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du programme d’action de la présidence canadienne au G7 l’an dernier, et dans le renforcement de la coopération entre les banques centrales pour favoriser la prospérité économique et la stabilité financière au pays et à l’étranger. Ce travail a permis d’amorcer des changements qui continueront d’influencer les politiques dans les années à venir », a commenté Tiff Macklem, le gouverneur de la BdC.

Sharon Kozicki a décidé de prendre sa retraite après deux décennies auprès de la BdC. Bien que nommée sous-gouverneure en 2021, elle travaillait pour la BdC depuis 2006. À titre de sous-gouverneure, elle était chargée de superviser l’analyse de l’évolution de l’économie canadienne.

« Je remercie Sharon de son service exceptionnel et de son engagement inébranlable envers l’élaboration rigoureuse de politiques qui allient recherche, analyse et politiques. Sa perspicacité et ses vastes connaissances ont été d’une valeur inestimable pour surmonter les défis de politique monétaire dans le contexte des répercussions de la pandémie, de la montée des tensions géopolitiques et de l’évolution de la dynamique du commerce mondial », a remercié Tiff Macklem.

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La guerre à l’Iran propulse les craintes inflationnistes https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/la-guerre-a-liran-propulse-les-craintes-inflationnistes/ Mon, 30 Mar 2026 13:10:14 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113216 À l’échelle internationale, la croissance économique se maintient à un niveau positif, mais perd néanmoins de sa cohérence : les grandes économies ont chacune leur rythme, plusieurs d’entre elles étant déjà entrées dans un cycle défavorable.

Les événements géopolitiques du dernier mois ont intensifié la hausse du prix du pétrole, propulsant elles aussi les craintes inflationnistes. Les contrats à terme sur le prix du pétrole montrent des anticipations à long terme modérées, l’inflation ne doit pas être durable.  Pourtant, la stagflation est déjà évoquée par plusieurs, dont ceux ayant déjà connu cette situation dans les années 70, un mot qui est d’ailleurs attendu depuis plusieurs années déjà.

Au Canada, après 11 mois de contraction du PMI manufacturier (Purchasing Managers’ Index), un indicateur avancé largement utilisé pour évaluer la performance du secteur manufacturier, l’indice se trouve en croissance pour les deux premiers mois de l’année. C’est certainement un signe encourageant, mais à l’opposé, le début de l’année 2026 a été marqué par une détérioration notable de la situation de l’emploi avec une perte de 25 000 emplois en janvier, suivie par une perte de 84 000 emplois en février. Il s’agit du pire début d’année depuis 2009, avec une baisse généralisée à travers plusieurs secteurs. Cette évolution reflète un ralentissement économique réel, amplifié par les tensions commerciales et les transformations structurelles liées à l’intelligence artificielle. Le taux de chômage, bien que toujours modéré, suit une tendance à la hausse, confirmant l’essoufflement du marché du travail.

Immobilier : une correction en cours

Le marché immobilier canadien est en train de s’ajuster après une longue période de forte surchauffe. Plusieurs éléments expliquent ce mouvement : accessibilité restreinte pour les premiers acheteurs, taux d’intérêt relativement élevés par rapport aux 14 dernières années, ainsi qu’une brusque baisse de l’immigration.

Les indicateurs du marché hypothécaire, notamment les taux de défaut, laissent également penser que certains ménages subissent de fortes pressions. Cette correction étant nécessaire, elle pourrait être de longue durée si le cadre macroéconomique cessait d’évoluer positivement. Mais il est désormais certain que le contexte actuel diminue la pression qui pesait sur la Banque du Canada (BdC) concernant d’éventuelles baisses de taux et le risque d’attiser une nouvelle surchauffe immobilière.

Taux d’intérêt : que faut-il anticiper ?

Évidemment, si nous pouvions connaître l’issue du conflit, il serait plus facile d’anticiper l’évolution des taux d’intérêt. Toutefois, même en supposant un scénario relativement favorable, l’inflation pourrait persister.

D’une part, la production pétrolière pourrait être affectée jusqu’à ce que les infrastructures du Moyen-Orient soient pleinement rétablies. D’autre part, les perturbations touchant le transport des engrais risquent d’entraîner des pressions inflationnistes supplémentaires sur les prix alimentaires.

Cela pourrait freiner d’éventuelles nouvelles baisses de taux de la BdC. Toutefois, comme mentionné précédemment, un changement de cap de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui dispose d’un double mandat, pourrait l’amener à privilégier une série de baisses de taux afin de stimuler davantage l’économie, dans l’hypothèse où les pressions inflationnistes seraient temporaires.

Dans un contexte où l’économie canadienne frôle la récession, un risque nourri par des pertes d’emplois, une consommation fragilisée et un dollar canadien plus fort qui pénalise les exportations, la BdC pourrait être contrainte d’abaisser ses taux d’intérêt. Cette pression serait d’autant plus importante que les risques de surchauffe immobilière se sont atténués, réduisant ainsi les contraintes liées à une éventuelle relance du marché.

Détenteurs de prêts hypothécaires à taux variable : faut-il fixer votre taux ?

Concernant les détenteurs d’hypothèques à taux variable qui se demandent s’ils devraient fixer leur taux, nous croyons préférable de leur recommander d’attendre. En effet, les taux fixes ont augmenté très rapidement récemment et aucune hausse des taux directeurs de la BdC n’est anticipée à court terme.

Une fois que le détroit d’Hormuz rouvrira et que les craintes d’un conflit prolongé s’estomperont, les taux obligataires devraient reculer. À ce moment, il sera plus opportun de réévaluer la stratégie, notamment afin de déterminer si le taux variable demeure adapté au profil du détenteur de l’hypothèque, lequel doit présenter une certaine tolérance au risque pour ce type d’emprunt.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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La Banque du Canada revoit son approche de l’inflation https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-banque-du-canada-revoit-son-approche-de-linflation/ Fri, 27 Mar 2026 10:21:44 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113193 L’institution ajuste son analyse et sa communication en vue du renouvellement de son mandat. /Après avoir sous-estimé sa persistance, elle adapte ses outils et son discours.

Une haute responsable de la Banque du Canada indique que la banque centrale réexamine sa façon d’aborder et de communiquer sur l’inflation, alors qu’elle se prépare à revoir son mandat quinquennal plus tard cette année.

Carolyn Rogers, première sous-gouverneure de la Banque du Canada, se trouve jeudi à Brandon, au Manitoba, où elle s’adresse à un public de personnes d’affaires pour expliquer comment la banque centrale fait face à une série de chocs économiques survenus ces dernières années.

Dans un discours préparé, Mme Rogers mentionne que la flambée des prix du pétrole liée à la guerre en Iran pèse sur les consommateurs et les entreprises, mais qu’il est encore trop tôt pour dire quelles seront les répercussions du conflit sur la croissance et l’inflation au Canada.

Elle reconnaît également que la Banque du Canada a sous-estimé la persistance de l’inflation après la pandémie de COVID-19 et précise que la banque centrale s’efforce de mieux cerner l’évolution des pressions sur les prix.

Mme Rogers explique que la banque centrale modifie sa manière de détecter les chocs d’offre dans l’économie et réexamine la façon dont elle communique sur l’inflation sous-jacente et l’abordabilité des logements afin de s’assurer que les Canadiens comprennent comment le taux d’intérêt de référence de la Banque du Canada interagit avec ces forces dans leur vie quotidienne.

Elle ajoute que la Banque du Canada a entendu les Canadiens dire qu’ils accordaient de l’importance à la stabilité de l’inflation ainsi qu’à celle des taux d’intérêt, ce qui, selon elle, est un bon rappel après des années de changements rapides du taux directeur.

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Taux inchangé : la guerre en Iran pèse sur la décision de la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/taux-inchange-la-guerre-en-iran-pese-sur-la-decision-de-la-banque-du-canada/ Wed, 18 Mar 2026 14:12:19 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113044 Dans la continuité de sa dernière décision, la Banque du Canada (BdC) a une fois de plus laissé son taux directeur inchangé à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure quant à lui à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

« Il n’y avait pratiquement aucune attente d’un changement de taux aujourd’hui, et la Banque du Canada a fait exactement ce que le marché anticipait en maintenant son taux directeur à 2,25 % », souligne Pierre-Benoît Gauthier, vice-président, Stratégie de placement chez IG Gestion de patrimoine.

La BdC mentionne notamment la guerre au Moyen-Orient. En plus d’accentuer les risques pesant sur l’économie mondiale, celle-ci a fait augmenter la volatilité des prix de l’énergie et des marchés financiers.

« L’économie canadienne reste confrontée à l’incertitude élevée liée à la politique commerciale américaine et aux risques géopolitiques. La guerre en Iran vient ajouter une nouvelle couche d’incertitude. Son impact sur les économies mondiale et canadienne va dépendre de la durée du conflit et de la mesure dans laquelle il va s’étendre ailleurs au Moyen-Orient », indique Tiff Macklem, gouverneur de la BdC, dans sa déclaration préliminaire.

Avant le déclenchement du conflit, l’économie mondiale devait croître d’environ 3 %, en ligne avec les prédictions du Rapport sur la politique monétaire de janvier. Aux États-Unis, la croissance demeurait solide malgré un certain ralentissement, tandis que l’inflation suivait la trajectoire attendue.

Dans la zone euro, la demande intérieure soutenait l’activité malgré un recul des exportations. À l’inverse, en Chine, la faiblesse de la demande intérieure était compensée par des exportations robustes.

Depuis le début du conflit, les prix du pétrole et du gaz naturel ont explosé, accentuant les pressions inflationnistes mondiales, selon la Banque du Canada. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz perturbe l’approvisionnement énergétique et pourrait aussi affecter d’autres matières premières.

Les conditions financières jusque-là accommodantes se sont resserrées :

  • les rendements obligataires ont augmenté,
  • les marchés boursiers ont reculé
  • et les écarts de crédit se sont creusés.

« À nos yeux, le message était plus conciliant que menaçant. La Banque a clairement reconnu que l’économie canadienne ralentit, que le marché du travail demeure faible et que la croissance récente est plus faible qu’anticipé. En même temps, elle a aussi souligné que la remontée du pétrole et la fermeture effective du détroit d’Hormuz risquent de pousser l’inflation à la hausse à court terme », résume Pierre-Benoît Gauthier.

Vers une progression de l’économie canadienne

Après une croissance de 2,4 % au troisième trimestre, l’économie canadienne a reculé de 0,6 % au dernier trimestre de 2025, un résultat plus faible que ce qu’envisageait le Rapport de janvier. Toutefois, cette contraction s’explique essentiellement par une réduction des stocks plus importante qu’anticipée.

La demande intérieure a néanmoins progressé, soutenue par les dépenses de consommation et les dépenses publiques, malgré une activité toujours faible sur le marché du logement.

Soulignant qu’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur la croissance au Canada, la BdC continue de prédire une progression modeste de l’économie, en raison des droits de douane et de l’incertitude des politiques commerciales. Cependant, la croissance à court terme devrait être plus faible que prévue et le marché du travail reste détendu.

« L’économie canadienne connaît déjà de nombreux défis, auxquels s’ajoute maintenant plus de volatilité. Le rôle de la Banque du Canada est d’être une source de stabilité. Nous soutenons l’activité économique tout en nous assurant que la montée des prix de l’énergie ne se transforme pas en inflation persistante », résume Tiff Macklem.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a de nouveau ralenti, s’établissant à 1,8 % en février. L’IPC hors effets des variations d’impôts indirects, ainsi que les mesures de l’inflation fondamentale, ont également reculé et se situent près de 2 %.

La croissance des prix des aliments a ralenti en février, tout en demeurant élevée. Par ailleurs, la forte hausse des prix mondiaux de l’énergie a fait grimper les coûts de l’essence, ce qui devrait entraîner une remontée de l’inflation globale dans les mois à venir.

Au vu de ces différents facteurs, le Conseil de direction de la BdC a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25 %. Il promet toutefois de garder à l’œil l’évolution des répercussions des politiques commerciales, notamment les droits de douane, et le déroulement du conflit au Moyen-Orient sur la croissance et l’inflation, se disant prêt à réagir au besoin.

« Il nous semble peu probable que la Banque réagisse à ce genre de choc par une hausse de taux. Ce n’est pas une inflation née d’une économie qui surchauffe. C’est un choc d’offre lié à la géopolitique. Et quand l’inflation provient d’un pétrole plus cher, monter les taux serait une double attaque sur la consommation. La hausse des prix de l’énergie agit déjà comme un frein sur la demande en grugeant le pouvoir d’achat des ménages. Autrement dit, le pétrole fait une partie du travail restrictif à la place de la banque centrale », souligne Pierre-Benoît Gauthier.

« Pourtant, les marchés s’attendent toujours à presque DEUX HAUSSES de taux selon le marché des contrats à terme obligataire. Nous allons fermement contre cette vue. Nous continuons de croire qu’une baisse de taux demeure plus plausible qu’une hausse au Canada », affirme Pierre-Benoît Gauthier.

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L’OCRI, la CVMO et l’AMF approuvent le projet Samara https://www.finance-investissement.com/nouvelles/locri-la-cvmo-et-lamf-approuvent-le-projet-samara/ Mon, 16 Mar 2026 10:54:29 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112925 La Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO), l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) ont donné les approbations nécessaires au projet Samara, une plateforme de services financiers expérimentale au Canada.

Fruit d’une collaboration entre la Banque du Canada, RBC Marchés des Capitaux, RBC Services aux investisseurs, le Groupe Banque TD et Exportation et développement Canada (EDC), Samara est une initiative collaborative dont le but est d’examiner comment la jetonisation et la technologie de registre distribué (TRD) pourraient améliorer l’émission d’obligations et le règlement des transactions obligataires dans un environnement réel.

Conçu comme une expérience, le projet Samara vise à évaluer une plateforme exploitée par RBC reposant sur la technologie des registres distribués (TRD) afin de prendre en charge les transactions de bout en bout tout au long du cycle de vie des obligations. Cette plateforme permettrait notamment l’émission d’obligations « jetonisées » par EDC, les appels d’offres, les versements de coupons, les rachats et les négociations sur le marché secondaire. Elle intégrerait également le règlement des opérations au moyen de représentations numériques d’opérations de gros en dollars canadiens, créées et gérées par la Banque du Canada sur le registre distribué. Les principales constatations du projet seront publiées par le consortium dans un rapport de recherche analysant les avantages potentiels de l’émission et de la négociation d’obligations à l’aide de cette technologie.

Le projet Samara s’appuie sur des travaux antérieurs, notamment ceux du projet Jasper. Samara cherche à vérifier les implications concrètes de l’implantation d’une plateforme basée sur la TRD pour les marchés de capitaux. Pour cela, il s’appuie sur une obligation réelle — une obligation à moins de 3 mois de 100 millions de dollars libellée en dollars canadiens – financée et négociée avec de la monnaie de banque centrale.

L’expérience permet de constater les avantages et les limites potentielles de la TRD dans un contexte financier réel. Elle a ainsi démontré des gains d’efficacité, qui ont toutefois été contrebalancés en partie par la complexité des systèmes, les coûts de liquidité, la nécessité d’établir de nouvelles structures de gouvernance.

La TRD a certes permis de réduire le risque de contrepartie et le risque de règlement, mais elle a créé des risques opérationnels liés à la technologie, à l’auditabilité et aux mécanismes de rechange.

Certains rôles centralisés (comme ceux d’exploitant de marché, de dépositaire et de déclarant des opérations hors plateforme) ont mis en évidence les écarts entre le cadre réglementaire actuel et les principes de la TRD.

Finalement, bien qu’il soit techniquement possible d’implanter la TRD, il faudra probablement du temps avant qu’elle puisse être adoptée à grande échelle, compte tenu de plusieurs facteurs tels les défis d’intégration et le manque d’intérêt à modifier les infrastructures de base.

« Le projet Samara montre comment les secteurs public et privé peuvent travailler ensemble pour mettre à profit l’innovation dans l’écosystème des paiements. Le projet nous a permis de comprendre les avantages concrets de la jetonisation dans les marchés de capitaux ainsi que les défis réels qu’elle présente », souligne Ron Morrow, directeur exécutif, Paiements, supervision et surveillance, Banque du Canada.

« La réussite du projet Samara illustre bien tout ce qu’il est possible d’accomplir. Ce groupe a collaboré pour faire progresser l’innovation en effectuant des règlements en temps réel et en réinventant la façon dont les émetteurs et les investisseurs peuvent interagir avec les marchés des titres à revenu fixe. Au-delà des réalisations sur le plan technique, nous avons renforcé notre compréhension de la manière dont la technologie de registre distribué peut être appliquée à l’ensemble des marchés de capitaux, que ce soit pour l’émission, la négociation sur le marché secondaire ou le règlement. Nous mettons à profit ce que nous avons appris pour explorer comment ces capacités peuvent faire évoluer les services que nous offrons », complète Jim Byrd, chef mondial, Produits macro, RBC Marchés des Capitaux.

Les autorités ouvertes à l’innovation

En approuvant ce projet, la CVMO, l’AMF et l’OCRI réaffirment leur volonté de favoriser l’innovation sur les marchés des capitaux du Canada.

« Les autorités en valeurs mobilières du Canada soutiennent l’innovation responsable sur les marchés des capitaux en accordant à l’égard des projets pilotes de jetonisation des dispenses discrétionnaires novatrices lorsque la protection des investisseurs et l’intégrité du marché sont gérées adéquatement, affirme Leslie Byberg, vice-présidente à la direction, Réglementation stratégique de la CVMO. Nous invitons les acteurs du milieu à soumettre des propositions d’initiatives de jetonisation qui tireront parti de ces environnements d’essai afin d’accroître la compétitivité des marchés canadiens. »

À l’échelle internationale, l’intérêt pour la jetonisation continue de croître. Cette approche consiste à représenter des actifs au moyen de technologies de registres distribués, comme la blockchain. Dans plusieurs pays, des institutions financières et des gestionnaires d’actifs lancent déjà des produits jetonisés. Parallèlement, les banques centrales et les autorités de réglementation cherchent des moyens de soutenir cette innovation tout en protégeant les investisseurs et la stabilité du système financier.

« Nos plateformes réglementaires faciliteront la mise à l’essai de structures de marché, de modèles d’entreprise et de produits émergents en proposant des trajectoires réglementaires appropriées et adaptées pour amener de nouvelles plateformes et de nouveaux produits sur les marchés canadiens, soutient Hugo Lacroix, surintendant des marchés de valeurs et de la distribution à l’AMF. Les autorités réglementaires du Canada sont déterminées à contribuer à l’avenir des marchés canadiens et à favoriser la compétitivité. »

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La Banque du Canada face à un nouveau dilemme inflation-croissance https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-banque-du-canada-face-a-un-nouveau-dilemme-inflation-croissance/ Mon, 16 Mar 2026 10:54:26 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112893 Dans un monde secoué par les tensions commerciales, le virage de l’intelligence artificielle et les bouleversements climatiques, la Banque du Canada reconnaît qu’elle devra de plus en plus naviguer en eaux troubles : gérer simultanément une économie affaiblie et une inflation trop élevée. Un défi qui remet en question certains réflexes bien établis de la politique monétaire.

C’est le message qu’a livré Sharon Kozicki, sous-gouverneure de la Banque du Canada, dans un discours prononcé récemment à Oslo, lors de la Conférence de la Banque de Norvège sur les mandats de politique monétaire. Une intervention qui tombe à point : le cadre de politique monétaire canadien, une entente conjointe entre la Banque et le gouvernement fédéral renouvelée tous les cinq ans, sera justement réexaminé cette année.

Un bilan solide

Avant de s’attaquer aux défis qui se profilent, Sharon Kozicki a rappelé les succès du régime actuel. Depuis l’adoption de la cible d’inflation de 2 % au début des années 1990, l’inflation canadienne s’est maintenue en moyenne très près de ce seuil pendant un quart de siècle, et à l’intérieur de la fourchette de 1 à 3 % plus de 80 % du temps. Même après le choc pandémique, qui a propulsé l’inflation au-delà de 8 % à l’été 2022 — son niveau le plus élevé en quatre décennies —, la Banque est parvenue à ramener les prix vers la cible.

Ce cap de 2 % ne sera donc pas remis en question lors du prochain renouvellement. Mais l’environnement économique dans lequel la Banque évolue, lui, a profondément changé.

Des chocs plus fréquents et déterminants

Pandémie, perturbations des chaînes d’approvisionnement, pénuries de semi-conducteurs, phénomènes météorologiques extrêmes, virage protectionniste américain, montée des tensions géopolitiques : les exemples abondent. Ces bouleversements affectent directement les coûts de production, l’efficacité du capital et du travail, ainsi que la disponibilité des biens et services.

Or, les chocs d’offre ont une particularité : ils peuvent faire grimper les prix tout en affaiblissant l’activité économique. La Banque se retrouve alors face à un arbitrage délicat. Relever les taux pour freiner l’inflation risque d’accentuer la faiblesse économique. Les abaisser pour soutenir l’activité peut, au contraire, éloigner davantage l’inflation de la cible.

Avant 2020, le Canada se trouvait généralement dans des configurations plus classiques : demande excédentaire avec inflation élevée, ou offre excédentaire avec inflation trop faible. Depuis la pandémie, la situation s’est compliquée. L’économie a plus souvent été marquée par une offre excédentaire — donc une activité faible — combinée à une inflation supérieure à la cible.

Des choix délicats

Dans ce nouvel environnement, la flexibilité du cadre de la Banque du Canada devient un levier essentiel. Comme l’a expliqué Sharon Kozicki, lorsque les effets d’un choc d’offre sont « minimes ou passagers », les banques centrales peuvent choisir d’en faire abstraction et attendre que l’inflation retourne d’elle-même vers la cible. Mais « quand ces effets sont plus importants et plus persistants », une réaction s’impose, même si l’économie est affaiblie.

C’est là que les arbitrages se compliquent. La sous-gouverneure reconnaît qu’en pratique, il est « extrêmement difficile » d’évaluer en temps réel l’ampleur d’un choc, sa durée ou sa nature. Les autorités monétaires doivent notamment déterminer si elles font face à un phénomène transitoire ou à un changement structurel. Elle cite en exemple les droits de douane américains, qui ont réduit les exportations canadiennes d’environ 5 % depuis 2024, affaiblissant l’activité. La Banque doit alors trancher : s’agit-il d’un ajustement temporaire ou d’une perte durable d’efficacité pour l’économie ?

La réponse de politique monétaire dépendra aussi de la portée du choc. Lorsqu’il se diffuse largement et alimente des pressions inflationnistes généralisées, un resserrement sera plus probable. À l’inverse, si le choc pèse surtout sur l’activité et moins sur l’inflation, l’institution pourrait privilégier le soutien à l’économie. « Le bon choix ne sera pas toujours évident », prévient Sharon Kozicki, insistant sur la nécessité de se doter de « garde-fous adéquats » et d’améliorer constamment les outils d’analyse.

Trois axes d’intervention

Pour mieux composer avec ces arbitrages, la Banque du Canada s’emploie à renforcer ses capacités d’analyse. Sharon Kozicki évoque d’abord un important travail de modélisation. L’institution a mis au point des modèles multisectoriels afin de mieux comprendre comment les chocs se transmettent dans les chaînes d’approvisionnement et comment ils influent sur les prix. Ces outils permettent notamment d’analyser la façon dont les entreprises ajustent leurs prix lorsque les pressions inflationnistes s’intensifient.

L’analyse de scénarios occupe également une place grandissante. « Nous employons l’analyse de scénarios pour nous aider à réfléchir à la façon dont nous pourrions, et devrions, réagir à différents chocs », explique la sous-gouverneure. En 2025, la Banque a ainsi évalué plusieurs scénarios liés aux tensions commerciales et en a présenté les résultats dans son « Rapport sur la politique monétaire », afin que le public puisse comprendre son raisonnement.

Deuxième axe : la collecte de renseignements. Sharon Kozicki insiste sur le fait qu’il ne suffit pas de s’appuyer sur des données agrégées et des modèles macroéconomiques. La Banque a intensifié ses activités de liaison à travers le pays, rencontrant des chefs d’entreprise, des groupes communautaires et des étudiantes et étudiants pour saisir comment les ménages et les entreprises vivent concrètement les chocs économiques. L’utilisation accrue de données dites non traditionnelles — comme les transactions par carte ou les flux de marchandises à la frontière — permet aussi de détecter plus rapidement les tendances émergentes.

Enfin, la communication est présentée comme un pilier central. La transparence et la clarté sont, selon Sharon Kozicki, essentielles pour « cultiver la confiance du public », surtout dans un contexte où la Banque peut être amenée à resserrer la politique monétaire alors même que l’économie est fragile. Expliquer ce que l’on sait, ce que l’on ignore et comment on interprète les évolutions économiques devient alors un élément clé pour maintenir les attentes d’inflation bien ancrées.

L’enjeu n’est donc pas de redéfinir l’objectif, mais d’affiner les outils et les garde-fous pour composer avec un monde plus volatil, marqué par des chocs d’offre fréquents et parfois durables. La flexibilité du cadre restera un atout, mais elle devra être utilisée avec discernement.

Car au bout du compte, rappelle la sous-gouverneure, la population canadienne attend de la Banque qu’elle maintienne l’inflation à un niveau bas et stable — quelles que soient les turbulences qui secouent l’économie mondiale.

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La guerre en Iran complique la décision de la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-guerre-en-iran-complique-la-decision-de-la-banque-du-canada/ Mon, 16 Mar 2026 10:52:54 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112995 La Banque du Canada devra trouver un équilibre entre un afflux de données économiques de dernière minute et les incertitudes liées au commerce et au conflit au Moyen-Orient alors qu’elle annoncera cette semaine son taux directeur.

Selon les économistes, la banque centrale devra naviguer en eaux troubles pour définir sa politique monétaire, car une hausse inattendue du chômage et des faiblesses dans d’autres secteurs de l’économie pèsent sur les nouveaux risques d’inflation liés au choc mondial des prix du pétrole.

La banque centrale a maintenu son taux directeur à 2,25 % en janvier. Elle avait alors indiqué qu’elle était satisfaite du niveau des taux pour contenir l’inflation et aider l’économie à faire face aux droits de douane américains.

Mais les récentes données ont jeté un froid sur ce bel optimisme.

Les chiffres de l’emploi publiés vendredi indiquent que le taux de chômage a grimpé à 6,7 % après la perte de 84 000 emplois en février.

À la fin de février, Statistique Canada a également dit que l’économie s’était contractée d’un demi-point de pourcentage en rythme annualisé au quatrième trimestre de 2025, manquant ainsi l’objectif de croissance stable fixé par la Banque du Canada.

Les responsables de la politique monétaire devront également tenir compte des nouvelles données sur l’inflation publiées lundi par Statistique Canada.

Doug Porter, économiste en chef chez BMO, dit que le taux d’inflation de février pourrait descendre jusqu’à 1,8 % — soit une baisse d’un demi-point par rapport aux chiffres de janvier —, car le « congé fiscal » accordé par le gouvernement fédéral un an plus tôt, qui fausse la comparaison, ne sera plus pris en compte dans le calcul de l’inflation annuelle à la moitié du mois.

En l’absence des dernières données sur les prix, les marchés financiers estimaient à environ 92 % la probabilité d’un maintien des taux d’intérêt mercredi, selon LSEG Data & Analytics. Les chances d’une baisse ont légèrement augmenté après la publication vendredi de chiffres de l’emploi décevants.

De nombreuses prévisions économiques des deux premiers mois de l’année tablaient sur une attitude attentiste de la banque centrale pour le reste de l’année 2026, l’inflation sous-jacente se stabilisant et l’économie continuant de s’adapter aux droits de douane américains.

« En fin de compte, ce que nous constatons, c’est que l’économie était faible, mais pas au point de justifier nécessairement une intervention de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt, dans un sens ou dans l’autre », souligne Randall Bartlett, économiste en chef adjoint chez Desjardins.

Mais ces données économiques devraient connaître une période d’instabilité liée à la guerre contre l’Iran déclenchée par les États-Unis et Israël.

Les attaques de l’Iran contre des navires commerciaux dans le golfe Persique et sa décision de bloquer le détroit d’Ormuz — par lequel transite un cinquième du pétrole mondial — ont fait monter en flèche le prix mondial du pétrole ces dernières semaines.

Cela a fait grimper les prix à la pompe au Canada et devrait faire augmenter les chiffres de l’inflation dans les mois à venir, craint Doug Porter.

Il note que le taux d’inflation d’avril affichera une hausse particulièrement forte en raison de la comparaison avec l’année précédente — lorsque les libéraux fédéraux avaient annulé la taxe sur le carbone, ce qui avait fait baisser le prix du litre d’essence d’environ 18 cents à l’époque.

Au-delà de la hausse des prix à la pompe, Doug Porter avance que l’augmentation des coûts énergétiques se répercutera probablement sur les coûts d’emballage et de transport des denrées alimentaires. La région du Golfe étant également responsable des livraisons d’intrants essentiels pour les engrais, la guerre pourrait également aggraver les pressions sur les agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

Statistique Canada a indiqué que l’inflation alimentaire s’élevait à 7,3 % en glissement annuel en janvier, stimulée par les comparaisons avec la période d’exonération fiscale ainsi que par les pénuries d’approvisionnement en produits alimentaires de base comme le café et le bœuf.

« Nous étions déjà aux prises avec une inflation alimentaire désagréablement élevée et, malheureusement, je pense que cela va l’aggraver un peu plus », met en garde Doug Porter.

L’instabilité des prix du pétrole et l’incertitude quant à la durée du conflit font que l’impact net sur l’économie canadienne est incertain.

Randall Bartlett prévoit une hausse nette du PIB national à la suite de la hausse des prix de l’énergie, ce qui, conjugué à une inflation plus élevée, dissuadera la Banque du Canada de procéder à de nouvelles baisses de taux destinées à stimuler l’économie.

Il ajoute toutefois que la révision imminente de l’accord Canada-États-Unis-Mexique constituait un autre facteur d’incertitude majeur empêchant la banque centrale de modifier son taux directeur dans un sens ou dans l’autre.

Randall Bartlett préconise un maintien du taux directeur. Selon lui, la Banque du Canada restera sur cette position jusqu’à la fin de l’année. Il est prématuré de considérer que les marchés anticipaient une hausse des taux d’un quart de point avant la fin de l’année.

« La Banque du Canada est susceptible de ne pas tenir compte du choc des prix du pétrole que nous subissons actuellement, s’il s’avère temporaire », souligne Randall Bartlett.

Doug Porter dit que si le Canada est peut-être mieux protégé du choc pétrolier que d’autres pays, celui-ci aura un impact négatif net sur l’économie.

Mais même si le conflit freine quelque peu l’économie, une hausse des taux resterait d’actualité, avance-t-il. L’économiste cite un discours prononcé le mois dernier par la sous-gouverneure de la Banque du Canada, Sharon Kozicki, dans lequel elle expliquait que la banque centrale était plus susceptible de relever ses taux lorsqu’un choc d’offre fait grimper les prix sans pour autant ralentir fortement l’économie.

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Le ralentissement démographique commence à peser sur l’économie https://www.finance-investissement.com/nouvelles/le-ralentissement-demographique-commence-a-peser-sur-leconomie/ Tue, 10 Mar 2026 10:03:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112901 Les effets du ralentissement de la croissance démographique commencent à se faire sentir dans certains secteurs de l’économie, plus d’un an après la réduction des objectifs du gouvernement fédéral en matière d’immigration.

Cette année devrait être la deuxième consécutive avec une croissance démographique nulle au Canada. Si une population moins nombreuse signifie généralement une baisse des dépenses globales, les économistes affirment qu’il existe des activités économiques compensatoires qui peuvent atténuer l’impact global du ralentissement de la croissance démographique. Ils estiment qu’il est encore un peu tôt pour dégager des tendances générales à partir des données.

Cependant, dans certains secteurs spécifiques, ils reconnaissent que des signes d’un changement dans l’économie apparaissent.

L’un des effets les plus évidents du ralentissement de la croissance démographique s’est fait sentir sur le marché locatif immobilier, selon Shelly Kaushik, économiste principale chez BMO Marchés des capitaux.

Les nouveaux arrivants, tels que les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants internationaux, apparaissent dans des domaines très spécifiques de l’économie et celui-ci en fait partie, explique-t-elle.

« L’un des effets les plus rapides que nous avons observés est le ralentissement des prix des loyers dans tout le pays, mais surtout en Ontario et en Colombie-Britannique, où la proportion d’étudiants étrangers entrant dans le pays est et a toujours été plus importante », indique Mme Kaushik.

Les loyers demandés au Canada ont baissé de 2 % en janvier par rapport à l’année précédente, pour atteindre une moyenne de 2057 $, marquant ainsi le 16e mois consécutif de baisse annualisée des loyers, selon un rapport de Rentals.ca et Urbanation.

Les loyers devraient stagner jusqu’en 2028 environ, date à laquelle la croissance démographique devrait se normaliser, selon Marc Ercolao, économiste à la Banque TD.

La baisse de la demande de logements locatifs a également commencé à se répercuter sur l’ensemble du marché immobilier.

Les petites propriétés, comme les copropriétés, connaissent actuellement une surabondance de nouveaux logements, mais il n’y a pratiquement pas d’acheteurs, car la location de ces logements est plus risquée qu’il y a quelques années.

Marc Ercolao affirme que les répercussions se font sentir au-delà des logements locatifs construits à cet effet et touchent le marché locatif secondaire, où les propriétaires de copropriétés louent leurs logements.

Il souligne qu’il y a également eu un ralentissement de l’activité des investisseurs sur le marché immobilier, ce qui devrait freiner la construction de logements cette année.

« Le marché immobilier connaît une période de véritable stagnation cette année et l’année prochaine, en partie à cause de la stagnation de la population », indique Marc Ercolao.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a annoncé le mois dernier que la moyenne mobile sur six mois des mises en chantier annuelles avait baissé de 3,5 % pour un quatrième mois de suite.

Les effets du ralentissement de la croissance démographique n’ont toutefois pas été les mêmes pour tous les types de logements.

« Le marché des maisons individuelles n’est pas aussi touché, car une très faible proportion des nouveaux arrivants au Canada s’intéresse à ce segment du marché. Ce secteur est à l’abri de ces répercussions », déclare Marc Ercolao.

Stagnation du niveau de vie

Selon les experts, tout cela finit par se répercuter sur le mode de vie de la population.

Mme Kaushik affirme que les Canadiens ont déjà commencé à voir des signes de changement dans leur niveau de vie.

« Lorsque la population augmentait, la croissance économique ne suivait pas le même rythme. Nous avons vraiment constaté une stagnation du niveau de vie pendant un certain temps. »

Cela s’est traduit par des loyers élevés, un marché de l’emploi concurrentiel et des achats immobiliers.

« C’est ce que les gens ressentaient, même s’ils ne pouvaient pas nécessairement le formuler », précise Mme Kaushik.

Statistique Canada a indiqué que le PIB réel avait augmenté de 1,7 % en 2025 dans l’ensemble, soit un ralentissement par rapport à la croissance de 2 % enregistrée au cours des deux années précédentes. Il s’agit du rythme annuel de croissance le plus lent depuis 2016, hors de la pandémie de COVID-19.

Cette année a été marquée par des fluctuations importantes dans la politique commerciale, ainsi que par une résilience supérieure aux prévisions. Les économistes soulignent qu’il est difficile d’isoler la croissance démographique des facteurs économiques plus généraux à tout moment, et encore plus dans le contexte actuel.

« Certains segments de l’économie sont touchés, mais d’autres secteurs compensent ou perturbent largement ces effets », explique Marc Ercolao.

L’une de ces compensations provient des baisses de taux d’intérêt de la Banque du Canada, qui contribuent à réduire le coût des emprunts et à stimuler les dépenses.

Par ailleurs, Marc Ercolao affirme que « les consommateurs canadiens ont fait preuve d’une bonne résilience » et que « c’est probablement l’un des facteurs compensatoires les plus importants ».

Néanmoins, les risques de stagnation de la croissance démographique demeurent.

Même s’il s’agit d’un ajustement ponctuel, le Canada n’a jamais connu auparavant un tel déclin démographique, rapporte Cynthia Leach, économiste en chef adjointe à la Banque Royale du Canada.

« Cela pourrait avoir un effet sur la façon dont les gens perçoivent la vigueur de l’économie et leur volonté de dépenser. »

Les incertitudes géopolitiques croissantes, telles que le prochain accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pourraient compromettre les projections de croissance du pays.

Mme Kaushik rappelle que la croissance économique est plus lente qu’elle ne devrait l’être. Une partie de ce potentiel de production est déterminée par la croissance démographique, et comme celle-ci ralentit, la croissance potentielle ralentit également.

« C’est un élément que la Banque du Canada va surveiller de près. Mais encore une fois, c’est l’un des nombreux problèmes auxquels elle est confrontée. »

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Marchés de la dette : Tiff Macklem met en garde contre les risques émergents https://www.finance-investissement.com/nouvelles/marches-de-la-dette-tiff-macklem-met-en-garde-contre-les-risques-emergents/ Wed, 04 Mar 2026 16:49:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112846 Le gouverneur de la Banque du Canada met en garde contre le fait que les nouveaux acteurs sur les marchés mondiaux de la dette ne font pas l’objet d’une surveillance aussi étroite que les banques traditionnelles, ce qui pourrait entraîner de nouveaux risques dans une période marquée par l’incertitude.

Le gouverneur Tiff Macklem s’exprime mercredi à Toronto devant le Global Risk Institute, où il souligne que l’incertitude économique actuelle ne doit pas se traduire par une instabilité des marchés financiers.

Dans son discours préparé, Tiff Macklem affirme que les attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont accru la volatilité des marchés financiers et énergétiques, en particulier en raison du manque de clarté quant à la durée du conflit.

Le gouverneur de la banque centrale indique que la montée en puissance des acteurs non bancaires sur les marchés obligataires, à savoir les fonds spéculatifs qui achètent des titres de créance souverains et les crédits privés qui jouent un rôle plus important dans l’octroi de prêts, constitue un risque qui mérite une attention particulière.

Tiff Macklem ajoute que ces nouveaux modèles présentent de nombreux avantages pour répartir les risques et maintenir le bon fonctionnement des marchés financiers mondiaux en temps normal, mais qu’ils n’ont pas encore été soumis à des tests de résistance en période de turbulences économiques généralisées.

Il met en garde contre le fait que ces acteurs privés ne sont pas soumis aux mêmes obligations de déclaration que les banques traditionnelles et que les régulateurs pourraient ne pas agir assez rapidement pour suivre et atténuer les risques émergents.

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La Banque du Canada face à un horizon incertain https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-banque-du-canada-face-a-un-horizon-incertain/ Wed, 18 Feb 2026 11:50:35 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112498 Le conseil de direction de la Banque du Canada estime qu’il est difficile de prévoir l’évolution des taux d’intérêt, car les perspectives économiques sont confrontées à des risques accrus en raison des turbulences géopolitiques et de l’incertitude commerciale.

Dans le résumé des délibérations relatives à sa décision sur les taux d’intérêt du mois dernier, le conseil note qu’avec l’augmentation de l’incertitude, l’éventail des résultats possibles susceptibles de modifier considérablement ses perspectives s’est élargi.

« En outre, dans un contexte imprévisible et offrant peu de précédents historiques, il était exceptionnellement difficile d’attribuer efficacement des pondérations et probabilités aux différents risques entourant les perspectives », peut-on lire dans le document publié mercredi.

« Les membres ont donc convenu qu’il était difficile de prévoir le moment et l’orientation du prochain changement du taux directeur. »

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 % le mois dernier.

En prenant cette décision, la banque centrale a dit qu’elle continuera à surveiller de près les risques et qu’elle est prête à réagir si les perspectives économiques venaient à changer.

Selon le conseil, l’économie a évolué en grande partie comme prévu depuis son rapport sur la politique monétaire d’octobre, mais les risques pesant sur ses perspectives ont augmenté.

Il identifie trois grands domaines, en particulier les événements géopolitiques récents, la révision de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, et l’ajustement de l’économie aux perturbations commerciales.

« Les récents événements géopolitiques — notamment au Venezuela, en Iran et au Groenland — et les menaces à l’indépendance de la Réserve fédérale américaine avaient rendu le monde plus turbulent et ravivé l’incertitude », explique la banque centrale.

La prochaine décision de la Banque du Canada en matière de taux d’intérêt est prévue pour le 18 mars.

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