Implanter le RVER : la réalité du terrain

 Quand il est question du régime volontaire d’épargne-retraite, avez-vous l’impression d’avancer en terrain inconnu ?

Si oui, c’est normal : le RVER est tout nouveau et aucun conseiller ne peut prétendre avoir une longue expérience avec ce régime de retraite. Cependant, certains conseillers ont déjà rencontré plusieurs clients et même, dans certains cas, procédé à l’implantation du RVER en entreprises.

C’est le cas de Stéphane Côté, conseiller et directeur adjoint principal au Centre Financière Sun Life de Québec. Son expérience peut vous aider à mieux vous préparer à rencontrer vos clients et à poser les bonnes questions.

 

Des questions et des craintes

« J’ai d’ores et déjà rencontré beaucoup de PME et j’ai constaté que les petites entreprises craignent souvent que le RVER demande beaucoup d’administration », raconte Stéphane Côté.

Selon lui, la plupart des dirigeants de PME rencontrés se posent des questions quant à l’admissibilité des employés au programme. Ils veulent aussi savoir ce qui se passe si un employé quitte l’entreprise, par exemple.

Pour répondre à ces questions et calmer les craintes, il faut bien connaître le produit mais également les autres possibilités qui s’offrent aux employeurs», dit-il, afin d’avoir de bons arguments à leur présenter, à eux ainsi qu’à leurs employés.

 

Comment aborder les employeurs

Au moment de présenter le RVER à un employeur, il est utile de rappeler les objectifs du gouvernement et de la loi quant à ce nouveau régime, indique M. Côté. Il faut aussi expliquer que le régime a été conçu pour que son implantation demeure la plus simple et facile possible.  Ainsi, la quantité de documents à remplir est minimale et tout se fait sur internet.  

Les employés  gèrent également eux-mêmes leur dossier en ligne. Chaque participant est responsable de choisir le type de fonds qu’il préfère parmi ceux offerts, l’employeur n’a donc pas à s’en occuper. Et si l’employé omet de faire ce choix, un fond par défaut lui sera attribué.

Selon l’expert, le principal message pour les employeurs est que le RVER est d’abord dans l’intérêt de leurs employés mais aussi dans leur propre intérêt.

« L’épargne fait partie d’une bonne santé financière et non-seulement le RVER est un éveil à l’épargne mais, pour l’employeur qui décide de cotiser, il s’agit aussi d’un excellent outil de rétention de ses employés » dit Stéphane Côté.

« De plus, dépendamment de votre fournisseur, il est aussi possible d’offrir aux employés des entreprises que vous rencontrez des sessions d’informations qui les informeront des avantages de l’épargne sur leur vie financière », conclut M.Côté.

Il note aussi que les patrons qu’il a rencontrés ne souhaitent pas que le RVER devienne un « compte en banque », dans lequel l’employé pige quand il a besoin d’argent.

Si vous faites face à ce type de préoccupations, vous pouvez rassurer vos clients en leur expliquant que bien que seulement les cotisations de l’employeur seront immobilisés dans le RVER et non pas celles des employés, il n’est pas nécessairement avantageux de piger dans ses cotisations à tout moment, car au final, on y sera imposé.

 

Ouvrir la discussion avec les employés

 

Comme vous le faites avec les employeurs, vous devez expliquer la raison d’être du programme aux employés, qui sont d’ailleurs un autre public à tenir en compte et à ne pas négliger. Voici les avantages du RVER pour eux :

  • un employé peut continuer à contribuer au RVER même s’il quitte son emploi ou encore choisir de transférer son ancien RVER dans celui de son nouvel employeur; les frais de gestion sont bas, la loi décrit d’ailleurs le RVER comme un régime à faible coût,
  • les cotisations sont retenues sur la paie, ce qui facilite l’épargne et donne droit tout de suite aux déductions fiscales,
  • les participants peuvent choisir les placements dans lesquels leur épargne sera investie, sans que cela soit trop compliqué, parce que les options sont tout de même limitées, justement pour faciliter cette sélection. En effet, le RVER offre une option cycle de vie et 3 à 5 autres options supplémentaires,
  • le régime est volontaire, ce qui fait qu’un employé peut décider de ne pas participer au RVER, s’il y participe, une option par défaut lui est offerte, mais il a aussi le pouvoir de décider de prendre d’autres options de placement ainsi que de décider du montant de ses cotisations.

De plus, ajoute Stéphane Côté, il faut expliquer aux employés qu’il est facile de s’inscrire au RVER, de choisir ses placements et de suivre leur évolution par la suite grâce à leur dossier en ligne.

 

Ce que les conseillers y gagnent

Si le RVER n’est pas le produit d’épargne le plus avantageux à court terme pour vous, le travail effectué aura un impact positif sur l’avenir.   

« Comme les gens auront déjà eu une première expérience d’épargne en milieu de travail, il sera peut-être plus facile d’avancer sur une discussion liée à la retraite à la planification de leur vie financière. »

Le RVER est une excellente occasion de participer à l’éducation financière des employés. « Et ça permet de donner une valeur ajoutée à nos services et de se positionner dès maintenant auprès d’eux. »

« Il faut voir au-delà du RVER et proposer une solution d’ensemble aux entreprises que nous rencontrons.  L’approche globale prend ici tout son sens» conclut Stéphane Côté.