Les fonds communs et votre pratique | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/edition-papier/les-fonds-communs-et-votre-pratique/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 06 Nov 2019 19:42:32 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Les fonds communs et votre pratique | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/edition-papier/les-fonds-communs-et-votre-pratique/ 32 32 Investissement responsable : une tendance de fond https://www.finance-investissement.com/edition-papier/les-fonds-communs-et-votre-pratique/investissement-responsable-une-tendance-de-fond/ Thu, 01 Nov 2018 04:29:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=52241 Bien que modeste, l'IR ne peut plus être ignoré.

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Si les fonds d’investissement responsable (IR) représentent encore une mince fraction des actifs sous gestion, leur rythme de croissance s’accélère et de plus en plus d’acteurs prennent conscience de leur importance.

Selon une récente étude de Strategic Insight, de Toronto, les fonds d’investissement responsable (IR) accumulaient 10,9 G$ d’actifs au total, à la fin de 2017. Cela représente une part minime de 0,007 % (sept dixièmes de pourcentage) d’actifs totaux de 1,51 B$ en fonds d’investissement au Canada à la même date, selon l’Institut des fonds d’investissement du Canada.

Toutefois, le secteur gagne du terrain. Par rapport à 2011, les actifs sous gestion, qui s’élevaient à 4,45 G$, ont augmenté de 146 %, tandis que les actifs totaux des fonds d’investissement, alors de 770 G$ au Canada, n’ont que doublé.

De 2011 à 2012, les entrées nettes d’argent dans les fonds IR s’élevaient à 39 M$. Depuis, elles n’ont cessé de croître, atteignant un total de 1,22 G$ en 2017, le double des 655 M$ d’entrées en 2016.

Les manufacturiers de fonds pourchassent évidemment la tendance. L’année 2015 voyait le lancement d’un seul fonds IR, 2016 en a vu neuf, et 2017, onze, ce qui porte le total de fonds à 46. À ce jour, 13 manufacturiers offrent des fonds IR, en tête de liste Placements NEI, suivi de Desjardins Gestion internationale d’actifs et d’Ocean Rock Investments. Ces trois acteurs absorbent 75 % des actifs sous gestion dans le secteur.

En 2017, les manufacturiers québécois ont pris la tête du secteur. Desjardins menait la ronde, toujours selon Strategic Insight, son fonds SociéTerre Actions canadiennes représentant la part du lion des entrées nettes d’argent, suivi de Placements IA Clarington et de RBC Gestion mondiale d’actifs.

On peut s’attendre à ce que Desjardins garde le haut du pavé encore en 2018, puisque la société annonçait à la fin de septembre la mise en marché de huit fonds négociés en Bourse IR. À ce jour, seulement trois FNB, totalisant 150 M$ d’actifs, occupaient le territoire IR. «On va devenir le plus important manufacturier au Canada en termes de nombre de produits dans le secteur», affirme Christian Felx, directeur, stratégies systématiques, chez Desjardins Gestion internationale d’actifs, à Montréal.

Objectifs multiples

À ce moment-ci, le thème dominant dans l’IR est celui des changements climatiques, observe Christian Felx, et c’est d’ailleurs sous ce thème que s’inscrivent les huit FNB à venir de Desjardins. Ils répondent évidemment à la principale demande du marché, une demande qui provient surtout de la génération des milléniaux, note Loren Frances, vice-présidente et directrice chez Highview Financial Group, à Toronto.

On peut s’attendre toutefois à ce que l’IR épouse de plus en plus les contours des 17 objectifs d’investissement durable définis par l’ONU en 2015, et où prennent place au premier chef l’éradication de la pauvreté et de la faim, l’éducation et l’égalité des sexes.

Investissement à impact

Un domaine appelé à gagner du terrain est celui de l’investissement à impact social, un secteur dont Loren Frances déplore l’absence presque totale encore dans les fonds d’investissement au Canada. Ici, il ne s’agit plus simplement de privilégier des entreprises dont la conduite ESG est exemplaire, mais plutôt de promouvoir des causes diverses par l’intermédiaire de l’investissement, qu’il s’agisse de logement abordable ou d’égalité des sexes.

Exception à la règle, Placements IA Clarington a récemment acheté une obligation de CIBC visant la participation des femmes à hauteur de 30 % dans les postes de gestion de niveau senior. «CIBC vise ainsi à faire avancer la cause de l’égalité en s’alignant sur les objectifs de l’ONU, et on voit d’autres entreprises épouser ces objectifs», rapporte Dermot Foley, gestionnaire de portefeuille, analyse ESG, chez Placements IA Clarington, à Toronto.

L’IR a définitivement gagné le monde des gestionnaires, qu’ils soient institutionnels ou de fonds communs. À présent, note Loren Francis, «la plupart des gestionnaires de fonds intègrent les facteurs ESG dans leur analyse de risque des entreprises».

Il reste maintenant à convaincre les investisseurs individuels du bien-fondé de l’investissement IR, et au premier chef, leurs conseillers financiers, reconnaît-il. «Il y a encore beaucoup de travail à faire, dit-il. La croyance qu’avec l’IR on sacrifie du rendement reste bien ancrée. Notre rôle est d’écarter cette idée fausse.»

En effet, trimestre après trimestre, Fundata rapporte sur le site de l’Association pour l’investissement responsable des rendements pour les fonds IR qui, dans certains cas, dépassent sensiblement ceux des fonds classiques. Par exemple, dans la catégorie championne des fonds équilibrés, les fonds IR dépassent de près de 2 points de pourcentage les fonds non IR, tant pour des périodes d’un an que de trois et cinq ans.

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Le Québec, une société distincte https://www.finance-investissement.com/edition-papier/les-fonds-communs-et-votre-pratique/le-quebec-une-societe-distincte/ Thu, 01 Nov 2018 04:28:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=52240 La distribution affiche des couleurs locales.

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Le secteur de la distribution des fonds communs de placement (FCP) n’a pas le même visage au Québec que dans l’ensemble du Canada. Le Québec, la société distincte des FCP ?

Le cabinet d’études de marché Strategic Insight a voulu savoir quels sont les 10 plus grands distributeurs de FCP parmi les firmes membres de l’Association canadienne des courtiers de fonds mutuels (ACCFM).

Les ventes générées par les firmes de courtage de plein exercice de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) n’ont pas été incluses dans les calculs de Strategic Insight. Comme l’observe le cabinet d’études de marché, cette exclusion minimise l’importance des réseaux bien implantés auprès des firmes membres de l’OCRCVM, comme le sont Gestion de patrimoine Assante, Investment Planning Counsel (IPC), Manuvie et Groupe financier Peak.

Premier constat : les réseaux de distribution «Made in Quebec» ont un poids significativement élevé au Québec qu’on ne retrouve pas de façon aussi marquée ailleurs au Canada.

Sans surprise, Groupe Investors arrive en tête au Québec, comme c’est d’ailleurs le cas au Canada dans son ensemble. Investia arrive au deuxième rang, suivi par Desjardins et Peak. Les septième et huitième rang sont respectivement occupés par Excel Gestion Privée et le Groupe Cloutier.

Au Canada dans son ensemble, Investia arrive au troisième rang, alors que Desjardins occupe la huitième position. Peak, Excel et le Groupe Cloutier ne font pas partie du classement pancanadien.

Notons que Strategic Insight a élaboré le classement canadien en incluant le Québec, qui représente 23 % de la population du pays. Si on excluait le Québec, Investia et Desjardins feraient moins bonne figure. Ainsi, Desjardins n’apparaît pas au classement ontarien alors que Investia occupe son dixième rang.

Une prime à la proximité

D’après Marc St-Pierre, président de la firme de consultation en gestion de patrimoine MSP & Associés, les distributeurs implantés au Québec touchent l’équivalent d’une prime à la proximité.

«Les Québécois francophones sont plus conservateurs que la moyenne. Cela se voit dans leurs placements ainsi que dans leurs relations d’affaires. Avant de signer des contrats de vente, ils aiment prendre le temps de bien connaître les gens et les entreprises avec lesquels ils feront affaire. Par la suite, ils développeront de forts liens de loyauté», dit cet ex-vice-président principal, solutions gérées chez Fonds Dynamique.

Aux yeux de Marc St-Pierre, les consommateurs du reste du Canada obéissent à d’autres impératifs. «Ailleurs, le prix et la performance sont rois et maîtres. Il n’y a pas de place pour les sentiments ! Dès que les rendements diminuent ou que des produits moins coûteux leur sont présentés, les consommateurs Canadiens auront tendance à regarder ailleurs. Au Québec, on aime donner des chances au coureur et on en donne beaucoup ! Reste à voir si cette façon quasi familiale de faire affaire avec des réseaux de distribution tiendra le coup avec les milléniaux», dit Marc St-Pierre.

Marc St-Pierre ajoute que cette prime à la proximité continue à s’appliquer chez les firmes financières acquises par d’autres entreprises, comme ce fut le cas pour Excel, maintenant propriété du Groupe Financier Horizons. «Lorsque les dirigeants des sociétés financières acquises gardent leur autonomie, tout peut se passer comme avant», dit-il.

Plus petits books d’affaires

Strategic Insight a également comparé, d’une province à l’autre, les books d’affaires des conseillers relevant de cabinets membres du MFDA.

La proportion d’actif détenu dans les petits books d’affaires est la plus élevée au Québec. Ainsi, 44,1 % de l’actif géré par des conseillers québécois se trouve dans des books de moins de 20 M$. La moyenne pancanadienne est de 37,9 %.

L’enquête de Strategic Insight ajoute un élément révélateur. Lorsque les books ont moins de 10 M$ en actif sous gestion, les conseillers utilisent 34 FCP en moyenne offerts par l’entremise de quatre manufacturiers de fonds. Lorsque l’actif sous gestion est de 50 M$ et plus, les conseillers doivent alors jongler avec, en moyenne, 161 FCP provenant de 12 manufacturiers différents.

Directeur général de Excel Gestion Privée, Normand Morin affirme que les heureux conseillers aux gros books d’affaires devront réexaminer leur approche. «Selon moi, une des tendances futures de la réglementation consistera à mettre de l’avant l’obligation de bien connaître ses produits. Peut-on connaître adéquatement 161 produits ? Poser la question, c’est y répondre», dit Normand Morin.

Selon lui, les conseillers devraient se familiariser avec les produits de «quatre ou cinq manufacturiers de fonds, tout au plus».

Représentant en épargne collective chez Services en placements Peak, Marc Dubuc estime que la «limite d’efficacité» d’un conseiller consiste en une liste maximale de 25 FCP et 25 fonds négociés en Bourse (FNB). «Au-delà de cette limite, j’en aurais plein les bras !» témoigne l’ex-directeur principal, Stratégie marketing et gestion de l’offre de Desjardins.

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La Bourse crée des millionnaires, mais… https://www.finance-investissement.com/edition-papier/les-fonds-communs-et-votre-pratique/la-bourse-cree-des-millionnaires-mais/ Thu, 01 Nov 2018 04:27:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=52242 Selon les calculs d'un important économiste de la New York University, il existait en 2016 aux États-Unis environ neuf millions de ménages ayant une valeur nette d'au moins 1 M$.

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Cela représentait 7 % des ménages. En l’espace d’un peu plus de 30 ans, le nombre de ménages millionnaires s’est fortement accru. Compte tenu de l’inflation, un peu moins de 3 % des ménages américains (ou 2,4 millions) étaient considérés comme millionnaires en 1983.

Cette impressionnante hausse des ménages millionnaires serait due à leur participation massive aux marchés boursiers. Il se trouve que les 10 % d’Américains les plus riches possèdent environ 90 % des actions.

En revanche, parce que sa richesse est davantage concentrée dans l’immobilier, la classe moyenne du pays de l’Oncle Sam n’avait toujours pas récupéré en 2016 le terrain perdu lors de la crise de 2007.

Ainsi, la valeur médiane nette était de 118 600 $ US en 2007. Neuf ans après, en 2016, elle était de 34 % inférieure, se situant à 78 100 $ US.

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Appâtés lors de conférences https://www.finance-investissement.com/edition-papier/les-fonds-communs-et-votre-pratique/appates-lors-de-conferences/ Thu, 01 Nov 2018 04:26:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=52243 Des gestionnaires de grands fonds alternatifs américains profitent de conférences d'investisseurs pour se débarrasser de titres ayant atteint leur potentiel.

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Toutefois, à la condition d’être prudents, les investisseurs peuvent aussi y gagner au change.

Intitulée «Talking Your Book : Evidence From Stock Pitches at Investment Conferences», une recherche d’un étudiant de doctorat de la Harvard Business School met en évidence que les titres boursiers vantés par les fonds alternatifs gagneront jusqu’à 1,1 % dans les deux jours suivant ce genre de conférences. Le mouvement haussier peut se poursuivre pendant neuf mois, les titres pouvant s’apprécier jusqu’à 7 %.

Les investisseurs doivent cependant éviter de tomber amoureux de leurs nouvelles cibles boursières, car un an et demi après la conférence, le cours de l’action aura généralement baissé de façon marquée. Pendant ce temps, ces fonds alternatifs auront pris leurs profits.

Les fonds communs de placement seraient les plus susceptibles de faire l’achat des titres mis en évidence par ces habiles gestionnaires de fonds alternatifs.

La recherche porte sur près de 30 conférences aux investisseurs ayant eu lieu entre 2008 et 2013.

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Hors des FNB, point de salut ? https://www.finance-investissement.com/edition-papier/les-fonds-communs-et-votre-pratique/hors-des-fnb-point-de-salut/ Thu, 01 Nov 2018 04:25:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=52244 Chez les FCP, la nouveauté a une espérance de vie réduite.

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Au cours des dernières années, les fonds négociés en Bourse (FNB) ont surclassé les fonds communs de placement (FCP) individuels au chapitre des lancements de produits et des ventes nettes. Signe de déclin des fonds communs ? Pas si vite !

En 2012, parmi les nouveaux produits d’investissement, deux sur trois étaient des fonds communs de placement individuels (stand-alone). Cette année-là, les FNB représentaient un modeste pourcentage de 15 % de l’ensemble des nouveaux produits, comparativement à 18 % pour les fonds de fonds, selon les données de Strategic Insight.

Cinq ans plus tard, le renversement de situation était radical. En 2017, les FNB constituaient près de la moitié (47 %) des nouveaux produits. La proportion des FCP individuels glissait à 30 %, alors que la part des fonds de fonds augmentait à 23 %.

S’engouffrer dans la brèche

Quelques facteurs expliquent la chute du nombre de nouveaux FCP individuels.

«Les fonds communs couvrent déjà énormément de terrain, par exemple les catégories d’actif, les styles de gestion et les zones géographiques. En conséquence, le potentiel de création de nouveaux produits est plutôt limité», indique Normand Morin, directeur général de Excel Gestion Privée.

De plus, de grands manufacturiers de FCP ont récemment lancé leurs propres gammes de FNB, à l’image de Desjardins, Manuvie et Placements Mackenzie. Ce faisant, ils ont concentré beaucoup d’énergie à développer un nouveau secteur.

«Les ventes nettes en fonds communs sont plus difficiles à atteindre et on observe de l’engouement pour les FNB. Chez Desjardins, nous avons décidé d’entrer dans ce marché. En tant que manufacturier de fonds, il faut avoir un certain nombre de produits afin de couvrir les divers besoins des investisseurs», signale Sébastien Vallée, directeur principal Développement et Gestion des solutions de placement chez Desjardins.

Cet engouement pour les FNB s’est alimenté des fortes préoccupations des investisseurs et des épargnants envers les coûts, constate Jean Morissette.

«Jusqu’ici, le marché canadien des produits traditionnels d’investissement a plutôt résisté à la tendance à la baisse des frais. Les FNB se sont engouffrés dans cette brèche», dit ce consultant et ancien président de Services Financiers Partenaires Cartier.

Pour sa part, Mark Noble souligne l’intérêt grandissant des canaux de distribution envers les FNB.

«Les conseillers qui adoptent un modèle basé sur les honoraires ont tendance à se tourner vers les FNB afin de réduire les coûts d’investissement de leurs clients», signale le vice-président principal, Stratégies de vente chez FNB Horizons.

Mark Noble ajoute que cette tendance est davantage présente chez les conseillers de firmes inscrites auprès de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM). «Ces firmes continuent, fermement, à évoluer vers la rémunération à honoraires», constate-t-il.

Des ventes supérieures

Entre 2012 et avril 2018, les ventes nettes de FNB ont totalisé 95,7 G$, comparativement à 36,8 G$ chez les FCP individuels. Autrement dit, pendant cette période d’un peu plus de six ans, les ventes nettes de FCP individuels n’ont représenté que 38 % de celles des FNB.

Les résultats de l’année 2017 illustrent également la grande force d’attraction des FNB. Les 25,8 G$ en ventes nettes des FNB représentent le double des 12,9 G$ en ventes nettes engrangées par les FCP individuels.

Entre 2012 et avril 2018, année après année, les ventes nettes des FNB sont demeurées en territoire positif.

«Pour des investisseurs, il est relativement facile d’avoir et de conserver des produits qui collent à des indices en progression, comme cela a été le cas lors des dernières années», évoque Marc Dubuc, représentant en épargne collective et ex-directeur principal Stratégie marketing et gestion de l’offre chez Desjardins.

Du côté des FCP individuels, seuls les fonds ayant moins de deux ans d’existence ont eu la faveur du public. Entre 2012 et avril 2018, ces jeunes fonds ont généré des ventes nettes positives de 68 G$. En revanche, pendant cette même période, les FCP individuels ayant plus de deux ans d’existence ont affiché des sorties nettes de 31,2 G$.

Jean Morissette constate qu’au royaume des FCP individuels, la nouveauté a une espérance de vie réduite.

«Plusieurs investisseurs recherchent activement les occasions qui fluctuent en fonction de divers facteurs tels que le style, le secteur et la région. Ce qui est en hausse à une certaine période donnée ne le sera plus au bout d’un certain temps. Les manufacturiers de fonds communs cherchent constamment à être présents au bon endroit, au bon moment», dit Jean Morissette.

Selon Sébastien Vallée, les changements prochains au Règlement 81-102 sur les fonds d’investissement introduiront une vague d’innovations qui touchera à la fois les FCP et les FNB : «De nouveaux fonds aux mandats alternatifs seront définitivement mis en marché».

Ces fonds alternatifs réussiront-ils à rejoindre les conseillers et les épargnants ? «Je ne crois pas qu’ils deviendront populaires en raison de la volatilité de leurs stratégies», estime Normand Morin, le patron d’Excel Gestion Privée.

Fin de la multiplication des FNB ?

Entre janvier 2017 et avril 2018, quelque 173 nouveaux FNB sont apparus sur le marché. Fin avril, Strategic Insight en dénombrait 599 au total.

Selon un haut dirigeant de FNB Horizons, on s’approcherait de la limite naturelle à l’extension de ce produit, compte tenu de la taille du marché canadien.

«Un FNB financièrement rentable doit capter entre 20 M$ et 50 M$ d’actif, et ce, en fonction du type de stratégie utilisée et du niveau des frais de gestion. Or, lever 50 M$ au Canada, c’est comme en lever dix fois plus aux États-Unis ! De plus, les manufacturiers américains de FNB ont facilement accès aux investisseurs d’ici qui leur ont confié plus de 35 G$ d’actif. Pour toutes ces raisons, je ne crois pas que le marché canadien puisse maintenir entre 700 et 1 000 FNB», estime Mark Noble, responsable des ventes de FNB Horizons.

Toutefois, ajoute-t-il, cela ne signifie pas que l’innovation tire à sa fin. Bien au contraire.

«De nouveaux entrants réussiront à attirer l’attention des investisseurs et des conseillers grâce à des produits innovateurs, mais il s’agira de l’exception plutôt que de la règle. L’industrie continuera de croître, mais cette croissance sera principalement captée par les dix plus grands manufacturiers de FNB», poursuit Mark Noble.

D’après ce connaisseur de l’industrie, les années de vaches grasses des lancements de produits avec plus de 175 nouveaux FNB par année seraient derrière nous.

«Je pense qu’au cours des trois prochaines années, il y aura de nombreuses fermetures parmi les FNB n’ayant pas suffisamment d’actifs», dit Mark Noble.

Fin des jours heureux

Dans l’esprit de Dan Hallett, vice-président et analyste de fonds chez High View Financial Group, nul doute, les fonds communs de placement devront continuer à affronter des vents contraires, provenant autant de la concurrence des FNB que de la réglementation.

«[Les fonds communs] étant un segment de marché beaucoup plus ancien que celui des FNB, leurs jours de forte croissance sont terminés. Les FCP continueront à croître, mais à un rythme plus modeste que par le passé», signale-t-il.

Directeur national, Pratique canadienne de la gestion d’actifs chez KPMG, James Loewen est co-auteur de l’étude «Canadian asset management industry opportunities & risk report» (KPMG, 2017). Il estime que les changements en matière de réglementation forceront les manufacturiers de fonds d’investissement à rationaliser leurs offres de produits.

De plus, «les préférences changeantes des clients et l’arrivée de perturbateurs de marché comme pourraient l’être certaines fintechs pousseront les manufacturiers de fonds à être plus innovants, comme c’est actuellement le cas aux États-Unis et en Europe», signale James Loewen.

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