Finance et investissement - Le rôle des conseillers
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Le rôle des conseillers

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ZONE EXPERTS - Même si les conseillers comprennent mieux le domaine que la plupart des investisseurs, leur principal rôle ne consiste pas à prévoir les rendements des marchés boursiers (titres, indices, catégories d’actif ou facteurs) ni à prendre des décisions relatives à la répartition tactique de l’actif.


Leur rôle consiste plutôt à aider les investisseurs à établir des plans financiers appropriés, à communiquer des attentes raisonnables, à faciliter une mise en œuvre efficiente et, ce qui compte le plus, à contribuer au maintien d'une discipline plus rigoureuse. 

Les conseillers ne sont pas des prévisionnistes

Il a déjà été avancé que l'investissement est un jeu à somme nulle avant déduction des frais et que moins de 30 % des gestionnaires et des produits obtiendront vraisemblablement un rendement supérieur à celui d'un simple indice traditionnel pondéré selon la capitalisation des titres, déduction faite des  frais, à long terme. Parmi les gestionnaires qui y parviennent, certains peuvent même obtenir un rendement supérieur par chance. Le fait que certains investisseurs tentent de prévoir les rendements et les variables économiques afin d'en tirer un rendement supérieur ne change rien à cette situation.

Il est difficile de prévoir l'avenir et il n'existe en fait que très peu de preuves indiquant que les investisseurs, les gestionnaires ou les conseillers peuvent en moyenne prévoir de façon appropriée les rendements ou les importantes transitions économiques. Par exemple, selon un sondage réalisé par la Réserve fédérale de Philadelphie en novembre 2007 auprès de prévisionnistes, seulement 3 % d'entre eux avaient prévu un taux de croissance économique négatif en 2008. En outre, certaines personnes ont été applaudies pour avoir prévu la crise financière, mais l'ensemble de leurs prévisions (avant et après la crise financière) sont généralement loin d'être sans tache. Enfin, dans un secteur où il peut y avoir des dizaines de milliers de personnes qui expriment publiquement leurs opinions financières et économiques, il est probable que quelques-uns sembleront toujours avoir prévu certains événements donnés. La principale question consiste à savoir: « Pouvons-nous cerner ceux qui, parmi des milliers de prévisionnistes, prévoiront le prochain événement important? » La preuve semble indiquer que cela est improbable pour la plupart.

De plus, de nombreuses études indiquent que le rendement moyen des particuliers qui investissent est beaucoup plus faible que le rendement passif offert par un portefeuille équilibré indexé. Selon l'analyse quantitative du comportement des investisseurs (Quantitative Analysis of Investor Behavior (QAIB)) publiée en 2015 par Dalbar, l'investisseur moyen qui détient des titres à revenu fixe et des actions a enregistré un rendement annualisé de 3,51 % sur une période de dix ans, tandis que le rendement affiché par l'indice S&P 500 s'est établi à 7,67 % et que celui de l'indice
obligataire global Barclays s'est établi à 4,71 %. Tous conviennent qu'il faut acheter à bas prix et vendre à prix élevé, mais de nombreux investisseurs se convainquent eux-mêmes d'investir dans le marché après une hausse fulgurante et d'en sortir après un effondrement. Un plan financier réaliste, mis en œuvre d'une façon rigoureuse avec l'aide d'un conseiller financier de confiance, accroît considérablement les chances de réussite.

Les éléments d'une bonne planification financière

Un bon planificateur financier aide les investisseurs à comprendre qu'il est pertinent :

  •  de commencer rapidement à appliquer un plan d'investissement; 
  • d'établir des objectifs raisonnables;
  • de conserver une discipline d'épargne;
  • d'élaborer un portefeuille approprié à coût raisonnable;
  • d'utiliser au maximum les possibilités fiscalement efficientes;
  • d'établir une stratégie de rééquilibrage (car la prévision n'est pas la clé du succès);
  •  d'évaluer le rôle que l'assurance-vie et les rentes peuvent jouer dans la planification de retraite globale;
  • d'examiner convenablement leur position par rapport à leur objectif au fil du temps;
  • d'apporter les ajustements nécessaires au portefeuille selon la variation de leur situation et de leurs objectifs.

Le conseiller devrait avoir accès à des outils (logiciels) et à des documents pour aider l'investisseur à accomplir ces tâches. Le conseiller doit aussi aider l'investisseur à comprendre que le choix d'une répartition de portefeuille découle d'un compromis entre :

  • les types de répartition d'actif qui conviennent pour les objectifs et l'horizon temporel de l'investisseur;
  • sa propre capacité financière et émotionnelle de subir des pertes à court terme.

Par exemple, certains investisseurs peuvent être en mesure de subir des pertes financières tout en éprouvant des difficultés sur le plan émotionnel à faire face à ces pertes lorsqu'elles se produisent. Ainsi, les conseillers ont aussi comme rôle d'informer les investisseurs pour réaliser au fil du temps un équilibre plus approprié entre l'acte rationnel et l'acte émotionnel que constitue la prise de décisions d'investissement. L'éducation des investisseurs a également son importance, car les conseillers découvriront que certains investisseurs remettent en question leurs conseils dès que le marché recule. Ce comportement fait en sorte qu'il est difficile pour les investisseurs d'atteindre leurs objectifs personnels d'investissement et l'indépendance financière. 

Investir est un défi considérable pour les particuliers. Les investisseurs qui sont en mesure de gérer leurs émotions et qui possèdent une certaine expertise pourraient bien se tirer d'affaire par eux-mêmes. Toutefois, la majorité des investisseurs ont besoin d'un conseiller. Les services-conseils ne sont pas gratuits, mais aident bon nombre d'investisseurs à éviter les erreurs coûteuses. Nous tenterons d'évaluer le coût d'une mauvaise prise de décisions dans une prochaine chronique. Cela contribuera à étayer l'utilité de payer un frais raisonnable pour obtenir de bons services-conseils. Le rôle des conseillers consiste à informer les investisseurs, à les guider dans le processus de mise en place et de maintien d'un plan d'investissement et à leur communiquer les attentes rationnelles qu'ils devraient avoir. Il s'agit d'un défi considérable, car de nombreux investisseurs estiment que pour investir avec succès, il faut investir au bon moment et trouver le
prochain Alphabet. 

 

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Les principes d'investissement sont un défi même pour les experts. C'est un processus qui comporte de nombreuses incertitudes et difficultés. Fort heureusement, en finance comme en bien d'autres domaines, une dizaine de concepts et grands principes expliquent l'essentiel des connaissances générales permettant au conseiller de bien expliquer à ses clients les grands enjeux et de mettre en place une planification efficace en vue de la retraite.

Ce sont ces grands concepts que CFA Montréal tentera d'expliquer dans cette série de chroniques conçues spécialement our les professionnels des services financiers. 

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