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PERSPECTIVE RETRAITE

Évaluer le passif retraite de l'individu

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La santé financière des régimes de retraite à prestations déterminées (PD) a fait couler beaucoup d’encre depuis une douzaine d’années. Pour évaluer la santé financière de ces régimes, on procède à une évaluation actuarielle de ceux-ci. Peut-on appliquer au particulier qui ne participe pas à un tel régime ce même concept de santé financière en lien avec la retraite?

Santé financière des régimes PD

En 2012, l'écrasante majorité des régimes PD est en situation de déficit actuariel. Une telle situation implique que les actifs du régime (les sommes mises de côté) sont ponctuellement insuffisants pour financer les promesses dudit régime (la valeur des rentes acquises par les participants). Dans ce cas, le promoteur du régime de retraite (l'employeur) devra cotiser davantage à ce régime pour combler ce déficit. On évalue sous deux bases distinctes les régimes :

  • sous base de capitalisation : parfois appelée base de continuité, on suppose ici que le régime sera maintenu et que les participants continueront à accumuler des prestations;
  •  sous base de solvabilité: parfois appelée base de terminaison, on suppose ici que le régime sera fermé et que seuls les droits acquis passés doivent êtres capitalisés.

C'est principalement sous cette dernière base que les régimes PD sont mal en points!

Application du concept à l'individu

Historiquement, celui qui ne participait pas à un régime de retraite et qui devait financer ses revenus de retraite avec ses propres économies (REER, CELI, immobilier, investissements non-enregistrés, etc.) se demandait fréquemment « Quel est mon chiffre magique? » En d'autres termes, combien d'épargne devrait être accumulée pour la retraite? Ce montant devenait la cible d'épargne à atteindre au moment de la retraite.

Pour arriver à évaluer le solde d'épargne nécessaire en prévision de la retraite, on doit évidemment établir les besoins de revenus et aussi considérer les autres revenus, notamment les régimes gouvernementaux (Régime de rentes du Québec et Pension de Sécurité de la vieillesse). Afin de ne pas alourdir la présente chronique, nous nous limiterons strictement aux revenus de retraite devant être générés par les économies du particulier.

La proposition est donc, d'une part, de voir l'épargne-retraite non pas comme une cible théorique qu'on espère atteindre mais comme une dette (un passif) qu'on devra combler en prévision de la retraite et, d'autre part, de réévaluer constamment la progression du niveau d'épargne du particulier face à cette dette en lien avec les aléas de la vie et des marchés financiers .

À la limite, dans son bilan, le particulier pourrait avoir deux postes « retraite » :

  • L'actif-retraite (l'épargne) qui tend, espérons-le, à augmenter avec le temps;
  •  Le passif-retraite (où les épargnes devraient êtres rendues) qui tend également à augmenter avec le temps;

En soustrayant ce passif-retraite à l'actif-retraite, le particulier qui travaille toujours et qui économise en prévision de la retraite pourrait alors se trouver en situation de « surplus-retraite » ou de « déficit-retraite ». Dans la mesure où son solde d'épargne-retraite n'augmente pas suffisamment au fil des ans, en raison d'un niveau d'épargne insuffisant ou de mauvais rendements, le particulier se retrouvant en « déficit-retraite » pourrait immédiatement décider (ou non) de corriger le tir. Il pourrait, par exemple, choisir de hausser temporairement son niveau de cotisation REER.

À l'inverse, si la valeur de l'épargne augmente au-delà des espérances, des scénarios alternatifs (par exemple un départ plus tôt à la retraite) pourraient êtres envisagés.Une image vaut mille mots

Imaginons un instant, un particulier de 30 ans dont le taux de salaire annuel est 100 000 $. Supposons aussi un rendement annuel net sur les épargnes REER de 4,50%, une inflation annuelle et salariale de 2,25%, une retraite visée à 65 ans et un épuisement du capital vers l'âge de 95 ans . Voici à quoi ressemblerait, en supposant évidemment des rendements uniformes, la projection des épargnes nécessaires, en dollars courants, pour financer un revenu de retraite équivalent à 50% de son dernier salaire (en excluant les différents régimes gouvernementaux). Tant les phases d'accumulation que de décaissement sont illustrées ici. Dans cet exemple, une épargne retraite annuelle représentant approximativement 16% du salaire sera nécessaire pour financer ce projet. Une projection de ce type pourrait avoir été préparée en début de carrière.

Imaginons maintenant que l'évolution réelle des épargnes est ajoutée au graphique et est représentée par la ligne rouge dans ce tableau. Notre particulier est maintenant âgé de 55 ans, le solde de ses épargnes aurait idéalement dû être de 945 000 $ mais ce solde se situe plutôt à 841 000 $ pour un déficit de 104 000 $. Il y aurait fort probablement lieu de se demander si des ajustements au plan original devraient êtres apportés.

On pourrait choisir de repousser l'âge de la retraite. On pourrait choisir d'accepter des revenus moindres que ceux visés originalement. On pourrait finalement choisir de combler ce « déficit ». Dans l'exemple présenté, une épargne annuelle supplémentaire de 11 800 $ serait nécessaire pour les dix prochaines années. Il est fort probable que cette épargne supplémentaire dépasse la marge REER disponible. Le cas échéant, des formes d'épargne alternatives devront être considérées.

L'objectif de cette approche n'est pas de culpabiliser le particulier (notre client) mais bien de présenter, en continu, l'effort d'épargne nécessaire en lien avec l'objectif de retraite visé et, le cas échéant, de permettre au particulier de corriger le tir aussitôt que possible en situation de dérapage.

 

 

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a.s.a., Pl.Fin., D.Fisc.

Affilié de l'IQPF, Martin Dupras dirige sa propre entreprise, ConFor financiers inc., qui prodigue, tant sous base collective que sous base individuelle, des conseils et de la formation en planification financière. Son expertise principale est la retraite ainsi que les éléments qui l'entourent (régimes de retraite, fiscalité, investissement, gestion de l'épargne et du risque).

Très actif au sein de l'Institut québécois de planification financière, M. Dupras y est formateur depuis plus de 10 ans, il y a été rédacteur de la chronique Retraite et est co-auteur du module Retraite de la Collection et des Normes d'hypothèses de projection. Il est présentement président sortant de cet organisme.

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