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Rivemont lance le premier fonds de cryptomonnaies québécois

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Les investissements Rivemont lancent le fonds Rivemont Crypto, le premier fonds spécialisé dans les cryptomonnaies au Québec. La firme de gestion de portefeuille espère ainsi faire profiter de l’essor sans précédent des cryptomonnaies aux investisseurs qualifiés.

« C'est très important pour nous d'être à la fine pointe de la technologie ou de la dernière tendance. Donc, on lance le fonds de cryptomonnaie et prochainement un fonds de micro-capitalisation (Rivemont microcap). Notre but, c'est de se créer une niche dans le domaine alternatif », déclare Martin Lalonde, président chez Les Investissements Rivemont.

Depuis six à huit mois, Rivemont travaille à la création du fonds Rivemont Crypto, un fonds réservé aux investisseurs qualifiés. Martin Lalonde explique que les nombreuses demandes des clients désirant investir dans les cryptomonnaies ont motivé leurs démarches.

Lorsqu'une « connaissance très calée dans le domaine » les a approchés pour investir de l'argent dans ce genre de monnaie, Rivemont a décidé de l'embaucher pour devenir l'analyste principal de Rivemont Crypto, déclenchant ainsi le long processus de création du fonds.

« Ça a été difficile au départ. Le plus difficile, ce fut de trouver des partenaires. Personne n'avait d'expérience dans ce type de fonds. Concernant la régulation et l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), il y avait beaucoup de restrictions importantes par rapport à ce type de produits. Comme nous sommes les premiers au Québec à avoir reçu une autorisation de l'AMF, leurs exigences étaient assez élevées, notamment en ce qui a trait à la garde d'actifs », explique Martin Lalonde.

La valeur du fonds

Le capital de base est évalué à un peu plus de 5 millions de dollars (M$) et Rivemont croit pouvoir facilement atteindre 10 M$ dans les trois premiers mois. Martin Lalonde explique que les investisseurs semblent très intéressés par le nouveau fonds et que les appels de clients « sont constants » depuis les premiers jours du lancement. C'est aussi le cas de conseillers et de firmes de gestion de portefeuille, ce qui le conforte dans la capacité de Rivemont à atteindre ses objectifs en matière d'actifs bien plus rapidement que prévu.

« Notre prochain défi ça va être d'être accepté sur les plateformes des détaillants. Pour l'instant, le fonds est proposé par notice d'offre et non par prospectus, car c'était la façon la plus rapide de lancer le fonds. »

Pour accélérer la création de leur fonds de cryptomonnaie, Rivemont a décidé de commencer par investir dans les « futures » du Bitcoin, qui sont échangées sur les marchés via le Chicago Board Options Exchange (CBOE) et le Chicago Mercantile Exchange (CME). Mais elle prévoit déjà d'autres étapes pour le développement du fonds à plus ou moins longs termes.

L'étape suivante sera d'ajouter directement deux cryptomonnaies à leurs fonds, soit le Bitcoin et l'Ethereum. La troisième étape prévue pour début 2018, est conditionnelle à l'approbation préalable. Il s'agira d'ajouter d'autres cryptomonnaies figurant dans le top 10 en matière de capitalisation sur l'ensemble du marché, par exemple le Ripple ou le Litecoin.

Lorsque l'industrie offrira des solutions institutionnelles et sécuritaires, Rivemont aimerait inclure à son nouveau fonds plusieurs altcoins émergents avec de fortes bases fondamentales, offrir une possibilité d'investissement dans les ICOs (Initial Coin Offering), une procédure semblable aux IPOs sur le marché boursier, permettre d'investir dans les tokens, des cryptomonnaies ne visant pas le marché financier et offrir une possibilité d'arbitrage afin de profiter des écarts chez les différents courtiers utilisés.

Les risques

Le niveau de risque du fonds Rivemont Crypto étant très élevé, « il est donc évident que les clients ne devraient pas y dédier une trop grande partie de leur portefeuille », prévient le président des Investissements Rivemont.

« Au niveau de la valeur, nous sommes conscients que dans le passé le bitcoin est passé de 1000 $ à 70 $ environ, donc c'est certain que les clients qui vont investir dans ce type de produits doivent être à l'aise avec l'extrême volatilité. Mais on pense que la valeur des cryptomonnaies va continuer à augmenter, sinon on ne lancerait pas le fonds. On estime qu'on est au début d'un marché qui durera encore au minimum deux ans », affirme Martin Lalonde.

Les craintes de l'industrie face au Bitcoin

Le milieu de la finance se méfie des systèmes de paiement qui utilisent la technologie de la blockchain, a affirmé le gouverneur de la banque du Canada, Stephen S. Poloz, lors d'un discours devant le Canadian Club à Toronto le 14 décembre.

Plus précisément, Stephen S. Poloz a dit s'inquiéter de tout le battage entourant les cryptomonnaies. « Acheter ces instruments, c'est acquérir des risques, ce qui revient à dire qu'investir dans ces instruments s'apparente davantage à un jeu d'argent », a-t-il expliqué. Selon lui, ces instruments et leurs marchés n'entrent pas dans le périmètre de supervision de la Banque du Canada. Il a toutefois tenu à souligner que cette monnaie ne reposait sur aucune liquidité et qu'en cas de cyberattaque, les liquidités permettraient que la situation revienne à la normale.

Une cyberattaque réussie contre une seule institution peut se transformer en cyberattaque réussie contre un grand nombre d'établissements, a précisé le gouverneur.

L'AMF y va aussi d'une mise en garde sur son site Internet contre les risques des cryptomonnaies, évoquant par exemple le fait qu'elles soient exposées au piratage informatique et au vol. Le régulateur rappelle aussi que ces monnaies « ne sont pas nécessairement réglementées ». Les bourses numériques peuvent exercer leurs activités sans se conformer aux lois applicables, surtout qu'elles peuvent être situées à l'extérieur du Canada ce qui rendrait difficile toute poursuite contre eux.