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Les fonds d'actions canadiennes dont traite cet article sont tellement ordinaires qu'ils peuvent sembler ennuyants. Ce n'est qu'une apparence, jusqu'à ce qu'on ajoute la mention «actions principalement canadiennes». Car le mandat des fonds de cette catégorie donne la possibilité aux gestionnaires de portefeuille d'investir hors des frontières canadiennes jusqu'à hauteur de 50 % de leur actif.

Et l'approche des portefeuillistes performants de cette catégorie à qui Finance et Investissement a parlé n'a rien d'ennuyant, car tous se donnent comme objectif d'avoir de meilleurs résultats que leurs pairs et que l'indice S&P/TSX - et ils y réussissent. Comment ? En dénichant les perles rares, qu'ils découvrent en sortant des sentiers battus.

Peu de banques

Un exemple frappant : alors que le fonds d'actions canadiennes typique est fortement investi dans les grandes institutions financières, on ne trouve aucune banque dans les 10 principales positions des trois fonds que Finance et Investissement a analysés. Seule exception, le Fonds canadien de croissance Mackenzie détient les titres de Banque Royale du Canada, le troisième titre en importance dans ce portefeuille.

Chacun des gestionnaires interviewés, qui demeurent généralement positifs par rapport aux perspectives du marché canadien et des marchés en général, a sa façon de dénicher la perle rare. Et leurs résultats financiers montrent que tous y réussissent brillamment. Par exemple, le Fonds d'actions canadiennes Brandes, 4e dans notre palmarès, affiche des rendements de 22,82 %, 12,05 % et 20,22 % sur des périodes d'un, trois et cinq ans, une performance qui dépasse solidement l'évolution du S&P/TSX sous-jacent qui indique 10,6 %, 8,8 % et 10,7 % pour les mêmes périodes. Le Fonds Fidelity Expansion Canada, depuis sa création en 1994, affiche un rendement annualisé de 11,1 %.

L'approche la plus distinctive est sans doute celle de Mark Schmehl, gestionnaire de ce fonds de Fidelity. Celui-ci n'identifie son style à aucune des catégories traditionnelles : valeur, croissance, momentum, etc. «Les "styles" d'investissement sont pour les nuls», juge-t-il à l'emporte-pièce.

Il ne vise que ce qu'il appelle les «changements positifs», ce qui l'amène en général à privilégier deux types de titres : celui de bonnes entreprises, bien sûr, mais aussi celui «d'entreprises tout simplement horribles», auxquelles personne ne veut toucher. Toutefois, dans les deux cas, ces titres négligés par la foule des analystes sont sur le point de connaître un changement de cap majeur susceptible de propulser le titre : changement de management, nouvelle orientation de marché, nouvelle dynamique de prix, etc.

Exemple éloquent, il a acheté le titre du New York Times, le genre de société que la plupart des analystes jugent vouée à l'extinction sous le rouleau compresseur d'Internet. «Depuis 15 ans, personne n'a regardé ce titre, dit-il. Mais surprise : le titre a bondi de 10 $ à 18 $ dans la dernière année.»

Entre-temps, le phénomène des «fausses nouvelles» a joué. «Les gens ont commencé à voir la valeur d'un contenu éditorial et sont prêts à payer pour cette valeur, explique le portefeuilliste. Les abonnements numériques sont massivement en hausse.»

Le titre du New York Times se trouve évidemment dans la portion internationale du portefeuille. Mais Mark Schmehl déniche aussi ses perles rares au Canada, par exemple AcuityAds, une entreprise de marketing internet située à Toronto.

Approches classiques, et rentables

Chez Placements Mackenzie, on pratique une approche classique d'analyse des flux de trésorerie disponible, en quête de titres de croissance dont le prix peut être acquis à prix raisonnable. «La clé est notre discipline de la juste valeur», explique Dina DeGeer, vice-présidente senior et cogestionnaire du Fonds canadien de croissance Mackenzie. «Historiquement, poursuit-elle, un manque de discipline face à la valeur des titres a été la faute fatale des investisseurs de style croissance.»

Cette discipline mène le fonds vers des perles rares et affriolantes, par exemple celui de Spinmaster, un fabricant canadien de jouets, affichant des ventes de 1,3 G$, qui se mesure à des géants comme Hasbro et Mattel. Leur force, explique David Arpin, vice-président sénior, également cogestionnaire du portefeuille, «tient à la richesse de leur pipeline de nouveaux produits. Leur principe tient à une formule : "Nous ne faisons pas des jouets, disent les fondateurs, nous faisons de la magie". Cette formule génère de beaux flux de trésorerie disponible.»

Gestionnaire du Fonds de Brandes, Luiz Sauerbronn présente quelques particularités. Tout d'abord, le nombre de titres, entre 25 et 30, est fort concentré et, sur ce nombre, plus du tiers ont leur siège social au Québec. «Pourquoi il en est ainsi, je ne sais pas, dit le gestionnaire. Peut-être parce que Bay Street ne déborde pas d'amour pour les entreprises québécoises.»

Autre particularité, il gère son portefeuille de San Diego, ce qui, à titre de gestionnaire de style valeur, lui confère un avantage, juge-t-il. «Il n'est pas facile de ramer contre le courant de l'opinion, ce qu'un style valeur exige souvent de faire. Ne pas être à proximité des gens au Canada, ne pas lire le Globe and Mail par exemple, me permet d'être plus rationnel et impartial.»

Les gestionnaires des deux autres portefeuilles, au moment de l'entrevue, étaient encore fort positifs à l'endroit de l'évolution des marchés. C'est le cas aussi de Luiz Sauerbronn, mais il voit un point noir à l'horizon : le niveau d'endettement, tant des banques que des consommateurs. Ainsi, il évite entièrement les banques, secteur vedette de la Bourse canadienne. «Comparé à la récompense qu'on peut en attendre, le risque n'en vaut pas la chandelle.»

De toute façon, c'est surtout du côté des petites capitalisations qu'il trouve son compte, comme c'est le cas pour une entreprise québécoise, qu'il refuse de nommer, active dans les domaines des bicyclettes, des produits pour enfants et de l'ameublement. Une recherche rapide nous a permise de reconnaître Dorel.

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