L'euro menacé
15.11.2008 - Benoit-Lapointe, Christian
- OUTILS
- Envoyer à un ami
- Imprimer
- Nous écrire
-
"La Banque Centrale européenne (BCE) sévèrement critiquée alors que l'Europe s'écroule", titrait le London Daily Telegraph dans un article n'évoquant rien de moins que la désintégration de la zone euro.
Quelques jours plus tard, The Economist affirmait que la crise financière et la lenteur de la réaction démontraientcruellement les limites institutionnelles et politiques du projet européen. "Ses membres ont mis en commun une bonne partie de leur souveraineté, et 15 d'entre eux partagent une devise, mais l'Europe n'est pas un État fédéral. La BCE est responsable de la politique monétaire de la zone euro, cependant, la supervision des banques reste sous contrôle national", résume le magazine.
"Le problème de la zone euro est d'ordre politique : des abus se sont produits dans le secteur de la spéculation immobilière dans certains pays, comme l'Espagne et l'Irlande. Ce sont probablement les régions où la pression sur les banques sera la plus forte", es-time Mario Fortin, professeur du Département d'économie de l'Université de Sherbrooke.
Mais quels contribuables seraient les plus sollicités par un plan de sauvetage européen ? Ceux des pays les plus importants. C'est pourquoi l'Allemagne a refusé de participer à un tel plan. Elle ne voulait pas faire payer les contribuables allemands pour des problèmes causés par l'Espagne.
"Aux États-Unis, la bulle immobilière n'a pas été répartie également entre les États, mais tous les Américains paieront pour assurer la stabilité du pays, dit Mario Fortin. Le gouvernement américain a le pouvoir de les taxer, mais il n'existe pas de pouvoir équivalent en Europe. Bref, il y a une monnaie supranationale, mais pas de pouvoir de taxer supranational."
Or, la confiance en une devise découle en partie de l'assurance que le gouvernement émetteur a la capacité de taxer, résume Mario Fortin. "Or, si des pays importants comme l'Allemagne disent ne pas vouloir mettre leurs ci-toyens à contribution pour sauver un autre membre, nous avons des raisons de douter de la stabilité de la devise."
En tant qu'entité supranationale, l'Union européenne (UE) a effectivement des recours de taxation restreints. Elle peut émettre une quantité limitée d'obligations en euros "Elle l'a d'ailleurs fait dans le cas de la Hongrie, où l'UE contribue au plan d'aide que le Fonds monétaire international (FMI) a mis en place ; 6,5 milliards d'euros proviendront de l'UE", explique Pa-trick Leblond, professeur adjoint à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Univer-sité d'Ottawa.
Les fonds de couverture dans la tourmente - 08.11.15
La patience de Vito Maida enfin récompensée - 08.11.15



