Quand l'actionnaire se fait militant
15.02.2009 - Par Pierre Picard
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Outre le rendement comme tel, l'investissement éthique vise à inciter les entreprises de tout acabit à devenir de plus en plus responsables socialement. Mais le militantisme actionnarial repose surtout entre les mains des investisseurs institutionnels.
"Le défi est gigantesque, car les personnes morales n'ont pas de morale, affirme d'entrée de jeu Olivier Gamache, PDG du Groupe investissement responsable (GIR). Il nous faut donc leur en inculquer par le dialogue et par l'exercice du droit de vote."
La sensibilisation des entreprises aux risques extrafinanciers, notamment les risques sociaux et environnementaux, devient selon lui une tendance lourde. Il faut dire qu'au Québec, les pressions des communautés religieuses, de la Caisse de dépôt et placement et des fonds de travailleurs se font sentir dans les entreprises.
"Les investisseurs institutionnels se préoccupent notamment de la rémunération et de la responsabilisation des administrateurs des sociétés, ainsi que de l'environnement. Le militantisme s'organise à partir de ces enjeux majeurs", poursuit Olivier Gamache.
Le premier moyen de pression des investisseurs institutionnels est la discussion franche et ou-verte avec les entreprises. C'est à ce niveau que se joue, selon les spécialistes, le gros de la partie.
Lorsqu'il y a rupture du dialogue avec les sociétés, les investisseurs institutionnels ont généralement recours aux propositions d'actionnaires lors des assemblées annuelles pour faire valoir leurs revendications, précise Philippe Bélanger, analyste et adjoint à la direction au Regroupement pour la responsabilité sociale et l'équité (RRSE).
Les résultats
Les résultats répondent-ils aux attentes ? À ce chapitre, Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, est d'avis que l'activisme actionnarial recourt aussi à la médiatisation de certaines requêtes pour forcer la main aux entreprises.
"L'image publique des propositions d'actionnaires à caractère social est très importante. Cela met de la pression sur la haute direction des sociétés, explique- t-elle. Pour éviter que de telles propositions ne soient présentées lors des assemblées annuelles d'actionnaires et par le fait même médiatisées, les entreprises sont souvent prêtes à dialoguer et à faire certains compromis. Cela stimule leur conscience sociale."



