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01.11.2008 - Parent, Jean-François

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Des fonds de couverture, version légère

L'importante volatilité qui frappe les marchés remet les stratégies actives de gestion au goût du jour. Surtout si ces stratégies ont permis d'obtenir des rendements au cours des derniers mois, alors que tous les indices plongent.

Pendant la tempête, quelques fonds naviguent sans prendre l'eau. C'est le cas des nouveaux portefeuilles Exemplar, offerts par BluMont Capital, un spécialiste des fonds de couverture.

Pour la première fois au pays, des fonds qui utilisent des stratégies propres aux fonds de couverture sont offerts aux investisseurs particuliers. Version légère des fameux hedge funds, deux portefeuilles Exemplar ont été lancés par BluMont en mai dernier, l'un axé sur le Canada et l'autre spécialisé dans les actions mondiales. Ils sont offerts en séries A, F et I aux petits investisseurs faisant affaire avec des courtiers de plein exercice pour un investissement minimal de 5 000 $. Une entente avec Valeurs mobilières Dundee sera bientôt en vigueur. Jusqu'à maintenant, seuls les investisseurs accrédités avaient accès aux fonds de couverture.

Lancés en mai, les résultats d'Exemplar semblent prometteurs. Le 22 octobre dernier, le rendement sur trois mois du portefeuille Exemplar axé sur le marché canadien affichait un rendement de - 0,2 %, par rapport à la baisse de 31 % pour la catégorie actions canadiennes, et à celle de 34 % pour le TSX. Pour la même période, le portefeuille Exemplar opportunités mondiales performait deux fois mieux que la moyenne de sa catégorie, avec des rendements de - 10,61 % et de - 20,49 % respectivement, tandis que le MSCI All Coun-try World Index plongeait de 41 %.

Il reste que les fonds de couverture ont mauvaise réputation. Dans ce cas, pourquoi en lancer une version pour les particuliers ? Les stratégies de fonds de couverture utilisées par Blumont dans ses portefeuilles Exemplar "permettent de bien diversifier un portefeuille", répond Pierre Novak, directeur des opérations pour le Québec chez BluMont Capital.

Ainsi, en permettant la vente à découvert sur un maximum de 20 % des titres, en utilisant des produits dérivés comme les op-tions, et surtout, en n'utilisant pas d'effet de levier, Pierre Novak soutient que les produits qu'il propose offrent un ratio risque-rendement alléchant pour les investisseurs.

À cet égard, le pair trading pratiqué dans les portefeuilles Exemplar, une forme d'arbitrage sur les titres d'un même secteur, réduirait la volatilité d'environ 95 %. La tactique consiste à suivre une stratégie longue/courte sur deux titres de sociétés similaires, par exemple Coca-Cola et Pepsi. On mise sur la performance d'un titre par rapport à l'autre, plutôt que sur la performance du marché.

Quels que soient les mouvements boursiers, le potentiel de rendement est théoriquement plus élevé avec le long/court, car si les cours montent, on pallie la perte sur la vente à découvert avec le titre acheté (position longue). Même chose pour une baisse des cours, où la vente à découvert (position courte) permet de dégager un rendement pour combler la perte de la position longue. "Historiquement, cette stratégie permet d'avoir une volatilité d'environ 5 %, et d'obtenir un rendement de 15 %", explique Pierre Novak, selon qui peu de fonds peuvent se targuer d'offrir un risque équivalant au tiers du rendement.

BluMont n'est pas le premier venu dans ce type de produit. Veronika Hirsch, la gestionnaire principale et directrice du placement, est reconnue comme l'une des meilleures gestionnaires de fonds de couverture au Canada. Elle dirige les investissements du portefeuille axé sur le marché canadien. Son fonds BluMont Hirsch Performance a un rendement annuel de 14 % sur 10 ans, selon Morningstar.

David Iben, de Tradewinds Global Investors, à Los Angeles, a le mandat du portefeuille d'opportunités mondiales. Il serait le 10e meilleur gestionnaire de fonds internationaux du monde selon Forbes, qui recense quelque 8 000 gestionnaires.

Enfin, c'est en resserrant le mandat des gestionnaires et en limitant l'actif des fonds que BluMont estime pouvoir offrir un rendement supérieur. Le Exemplar canadien est limité à 300 M$, tandis que le Exemplar mondial fermera à 500 M$. Le nombre de titres est également limité à 70 par fonds. La raison ? "En augmentant l'actif et le nombre de titres dans un fonds, on dilue la valeur ajoutée par le gestionnaire", poursuit Pierre Novak, qui a été gestion-naire chez Trimark jusqu'en 2000.

La capacité d'un gestionnaire à générer de la valeur est limitée par la taille du fonds, car plus les actifs augmentent, plus il doit ajouter de titres, et il perd ainsi de vue ses premiers choix, qui sont souvent les meilleurs. Au-delà d'une trentaine de titres, il devient difficile pour lui de trouver les perles rares et de respecter son style, les deux qualités qui le rendent indispensable.

BluMontacréédesportefeuilles qui permettent aux gestionnaires de laisser libre cours à leur style. Veronika Hirsch, par exemple, détenait environ 85 % de liquidités dans le portefeuille canadien, attendant les bonnes occasions pour revenir sur le marché.

À l'instar des fonds de couverture, les frais des portefeuilles Exemplar sont en partie fondés sur la performance du gestion-naire. En plus de frais de gestion allant de 1,65 à 1,85 % pour la série A, des honoraires de 20 % sur les gains sont exigés lorsque le ren-dement excède 6 %.

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