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Les défis de l'indépendance

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gajus / 123RF Banque d'images

Selon l'analyste Scott Chan, la direction de la société de gestion indépendante veut le faire doubler et passer à une proportion globale de 10 % en raison de meilleures marges bénéficiaires. Lors du premier semestre 2017, le secteur des marchés institutionnels a enregistré une forte hausse de 12,3 % de l'ASG. Les contributions nettes sont de 1,6 G$.

En revanche, la performance du secteur de détail appelé «marché des conseillers aux investisseurs» n'est pas aussi éclatante. Ainsi, lors des six premiers mois de l'année, les contributions nettes sont négatives à 531 M$.

Dan Hallett se demande si la présence de Fiera dans le secteur des FCP ne serait pas un effet indirect et accidentel de l'acquisition de Sceptre en 2010. «Si ma mémoire est fidèle, cette transaction avait permis d'élargir la base d'actif de Fiera dans les marchés institutionnels canadiens. La composante de fonds de détail de Sceptre était moins significative», avance-t-il.

Intégrés à Fiera, les FCP de Sceptre sont devenus les pièces maîtresses de la société sur l'échiquier de l'épargne collective canadienne.

Toutefois, ont-ils été négligés ? Selon Jean Morissette, les succès de Fiera auprès des clientèles institutionnelles et de gestion privée ont porté ombrage aux activités de détail. «J'aurais tendance à penser que la croissance très rapide de l'organisation dans les secteurs d'activité marchés institutionnels et gestion privée a fait en sorte que le secteur des produits de détail n'a pas encore été priorisé», évoque-t-il.

Chose certaine, les portes de la distribution ne s'ouvrent pas d'emblée, même pour un gestionnaire aussi prestigieux que Fiera. En témoigne sa situation auprès de la Banque Nationale, pourtant actionnaire minoritaire de la firme. «Fiera peut perdre des mandats auprès de la Banque Nationale. En raison de l'architecture ouverte de sa plateforme de distribution, la banque ne veut pas dépendre d'un manufacturier en particulier», dit Scott Chan.

Sprott : le défi de la spécialisation

De manufacturier généraliste aux bons résultats, Sprott s'est redéfinie comme spécialiste des métaux précieux et des ressources naturelles.

Il faut dire que les dernières années ont été mouvementées. En avril dernier, la société s'est départie de son secteur d'actifs diversifiés canadiens. Avec un ASG d'environ 3 G$, ce secteur était notamment composé de FCP destinés aux investisseurs canadiens. Mais depuis quelques années, ses résultats étaient écrits à l'encre rouge. En 2016, les sorties nettes avaient atteint 126 M$.

La société s'est principalement recentrée sur les métaux précieux et les ressources naturelles. La direction affirme que ces domaines sont peu corrélés aux marchés traditionnels.

Jean Morissette évoque la possibilité que cette stratégie permette au manufacturier indépendant de briller de nouveau. «Compte tenu des barrières à l'entrée comme les coûts, la concurrence et l'absence de réseau de distribution exclusif, la spécialisation par niches est une façon rationnelle de faire sa place lorsqu'on est un petit acteur. Et l'une des seules», estime-t-il.

Stephen Boland partage son point de vue. «Je pense que Sprott a réalisé qu'elle n'avait pas la taille suffisante pour s'imposer dans les marchés de détail. La direction a choisi des secteurs qui pourraient lui être bénéfiques», affirme-t-il.

Ce n'est pas l'avis de tous. «Je ne suis pas certain que cette nouvelle mouture de Sprott conviendra aux investisseurs. Les métaux précieux sont volatils, les dépenses en capital sont élevées et ces entreprises peuvent facilement faire mauvais usage des excédents de trésorerie», soutient de son côté Dan Hallett.

Il faudra peut-être du temps pour effacer les récents déboires dans l'esprit des conseillers.

«J'ai un peu perdu confiance en Sprott. Dans le monde des investissements, il est toujours difficile de retrouver une confiance ainsi mise à l'épreuve», souligne Michel-Olivier Marcoux.

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