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01.04.2009 - Par Christian Benoit-Lapointe

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Les banques canadiennes citées en exemple

Même si leur valeur boursière a fortement chuté, les banques canadiennes brillent depuis le début de la crise financière.

"Elles ont surperformé les banques mondiales essentiellement parce qu'elles n'ont pas eu les mêmes niveaux de pertes dans les actifs toxiques", dit Richard Nield, gestionnaire de portefeuille pour Invesco AIM.

"C'est rafraîchissant de voir comment les banques canadiennes naviguent dans la tempête. Cela témoigne de la bonne structure du système bancaire canadien", ajoute Robert Kent, un planificateur financier établi à Phoenix, en Arizona.

L'économiste américain Anthony Migyanka salue également la modération avec laquelle les banques canadiennes ont été impliquées dans la vogue de l'argent facile comme les prêts hypothécaires à haut risque, les titres adossés à des créances hypothécaires, les obligations adossées à des actifs et le surendettement.

"Je crois aussi que le Canada est dans une bonne position en raison des ratios de capital réglementaire, qui sont plus élevés et qui découragent les prêts de pacotille", ajoute le spécialiste qui suit de près la crise financière mondiale, notamment la façon d'évaluer les actifs toxiques. "Fondamentalement, le Canada a un système bancaire plus sain et prudent. Cela devrait être donné en exemple au reste du monde à l'avenir", dit-il.

Le système de réglementation plus sévère a certes porté ses fruits, mais selon Bill Hoyt, gestionnaire pour Fidelity, les dirigeants des banques ont été encore plus prudents qu'ils n'avaient à l'être : ils ne franchissaient pas trop régulièrement les limites de la réglementation. Que ce comportement découle d'une volonté de se plier aux règles ou d'une inclinaison naturelle à gérer de façon prudente est sans importance pour Bill Hoyt. "Ce qui compte, c'est que les deux travaillent bien ensemble. Par exemple, même si les banques ont le droit de titriser leurs prêts hypothécaires, elles ne l'ont pas fait autant que les banques américaines." Or, en conservant ces hypothèques dans leur bilan, les banques sont motivées à conserver des actifs de bonne qualité.

Grâce à cette gestion prudente, le système bancaire canadien a été auréolé du titre de plus sain du monde dans le plus récent "Rapport sur la compétitivité mon-diale" du Forum économique de Davos. La Suède, le Luxembourg et l'Australie ont suivi.

"En plus d'avoir été plus prudentes par rapport à leurs actifs, elles ont profité de l'économie canadienne qui a mieux performé", ajoute Richard Nield. L'économie canadienne a commencé à baisser au troisième ou quatrième trimestre 2008, alors que la récession américaine a débuté en décembre 2007.

"La récession mondiale a touché le Canada de façon moins sévère que les autres pays industrialisés, et ce, en partie grâce à la force générale de l'économie canadienne", ajoute Bill Hoyt.

Le gestionnaire de Fidelity pense même que lorsque la re-prise se fera sentir, le Canada sera dans le peloton de tête pour en profiter rapidement. Ce qui se reflétera dans les résultats des banques.

"En fait, je place le Canada comme un des trois premiers pays au monde où investir, précise-t-il. Dans l'ordre de préférence : Canada, Brésil et Chine. Le Canada est au sommet de la liste, non seulement en raison de son dyna-misme, mais aussi grâce à sa nature prudente qui a contribué à le protéger durant la récession."

Faut-il en acheter ?

Avec une telle analyse, il n'est pas surprenant de constater que Bill Hoyt détient plus d'une banque canadienne, qu'il ne peut divulguer pour l'instant à cause de la réglementation, dans le portefeuille du fonds Fidelity Dividendes mondiaux.

Bill Hoyt gère la partie actions de ce portefeuille. Or, avec 25 % de l'actif, les financières mondiales sont surpondérées. "Je crois que nous sommes plus près du creux que du sommet dans les financières mondiales, même si nous ne reverrons peut-être pas l'utilisation explosive de levier qui a propulsé les bénéfices du secteur bancaire et de l'assurance", explique-t-il.

Bill Hoyt, un gestionnaire d'actions internationales établi à Boston, s'attend à ce qu'après la crise, nous ayons un secteur bancaire sain qui évoluera selon des paramètres plus normaux. "Le sys-tème bancaire mondial sera dirigé en majeure partie sur le modèle canadien de gestion bancaire."

Pas si bon

Richart Nield a suivi un cheminement inverse. Né à Toronto, il vit et travaille désormais dans les bureaux d'Invesco AIM, à Austin, au Texas. Malgré leur bonne tenue, les banques canadiennes ne sont pas, à son avis, un bon investissement en ce moment.

"Leur principal problème est qu'elles se négocient à une importante prime par rapport à leurs pairs. En même temps, leurs niveaux d'endettement sont similaires." Comme bien des banques, elles ont augmenté le levier financier dans leur bilan au cours des dernières années. C'est une préoccupation pour Richard Nield.

De plus, les banques américaines ont levé plus de capitaux, notamment en raison du plan de sauvetage. "Ainsi, certaines banques américaines se négocient sous leur valeur comptable tangible, alors qu'au Canada, certaines banques se négocient encore à près de deux fois cette valeur." Enfin, elles n'ont pas encore pris suffisamment de provisions pour les pertes sur les prêts.

"Je crois que nous verrons une reprise de marché baissier. En fin de compte, certains de leurs dividendes sont à risque, juge Richard Nield. Vous ne pouvez avoir un rendement de dividende au niveau actuel et je crois qu'au moins une banque devra <C_Extra_GRIS_85__+>réduire son divi-dende<C_Extra_GRIS_85__-> cette année."

Cette analyse explique pourquoi le fonds AIM excellence canadien, dont Richard Nield est cogestionnaire, n'affiche aucune banque canadienne dans ses 10 positions principales. Deux financières, Power Corporation et Financière Power font partie du premier décile du fonds qui détient aussi une petite position dans Banque TD et BNP Paribas.

Selon Robert Kent, les banques canadiennes seraient un bon investissement pour ceux qui recherchent un rendement de dividende à long terme. "Mais au lieu d'en choisir une, j'opterais pour un portefeuille qui les regroupe, comme un fonds négocié en Bourse", précise-t-il.

Le spécialiste de la planification transfrontalière détient sa certification de CFP des deux côtés de la frontière. "Les Américains sont toujours un peu scep-tiques quand il s'agit d'investir dans ce qu'ils considèrent comme étranger, même si notre travail de conseiller est de leur expli- quer qu'ils ont besoin de contenu étranger pour se protéger contre les fluctuations du marché et du dollar américain."

Il ne faut donc pas s'attendre à voir les investisseurs améri-cains se lancer frénétiquement dans les achats d'actions de banques canadiennes.

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