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Bientôt des primes ajustables ?

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Pour contrer l'impact des bas taux d'intérêt sur leur rentabilité, les assureurs de personnes lorgnent du côté des produits ajustables.

La «tempête parfaite» causée par les bas taux d'intérêt, les nouvelles normes comptables et le marasme financier forcent la réflexion au sein de l'industrie des assureurs de personnes.

Ainsi, les tarifs des produits qui offrent des garanties à long terme sont actuellement rajustés à la hausse, la tarification n'étant pas adéquate.

Cependant, les conseillers qui proposent les produits d'assurance permanents à long terme dans les réseaux de distribution commencent à s'interroger sur la capacité des assureurs à honorer leurs engagements à long terme.

«Les conseillers doivent examiner de plus près la solidité financière des assureurs» et reconnaître les meilleurs produits pour leurs clients, estime Leslie Herr, chef de la direction de l'Empire Vie.

Les conditions de marché, conjuguées aux exigences comptables et à celles de la réglementation, sont particulièrement contraignantes pour l'industrie, poursuit celui qui est également président de l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes (ACCAP).

Le résultat est que les ponctions sur la rentabilité des assureurs sont importantes.

«Dans le contexte canadien, où les assureurs établissent la tarification des produits à long terme sur des horizons de 80 à 100 ans, c'est particulièrement douloureux.»

C'est dans ces circonstances que les discussions sur la possibilité d'offrir des primes ajustables émergent. «Les taux d'intérêt utilisés pour calculer les taux des provisions techniques sont beaucoup plus bas que les taux utilisés pour calculer les primes», explique Luc Pellerin, premier vice-président de l'Union-Vie, qui a lancé au début de 2012 une assurance permanente aux primes ajustables.

L'Union-Vie calcule les primes de ses produits en fonction des taux obligataires en vigueur, qui sont d'environ 4 %. Cependant, pour établir les provisions techniques exigées par la réglementation, il faut utiliser les taux fédéraux. «En 2012, ces taux fédéraux étaient de 3,4 %. [En 2013], si les conditions de marché persistent, les taux seront de 3,1 %, et de 2,9 % l'année suivante», poursuit Luc Pellerin.

Ces écarts drainent les profits de la mutuelle.

C'est ainsi qu'elle en est venue à proposer «l'Adaptable équitable», un produit permanent qui propose une baisse des primes dans l'éventualité d'une hausse des taux d'intérêt. Selon les scénarios et l'importance de la hausse, les diminutions de primes pour une police payable sur 20 ans pourraient générer des diminutions annuelles de primes allant de 1 % en début de cycle à 15 % à la fin de la période.

L'Union-Vie estime que les hausses surviendront dans un avenir plus ou moins rapproché, d'après la théorie selon laquelle les mouvements d'intérêt suivent un cycle de 31 ans. Le marché serait à la fin d'un cycle baissier, ce qui incite l'Union-Vie à proposer ce type de produit. C'est le premier assureur québécois à franchir ce pas.

Certains estiment que la création de produits ajustables est inévitable. C'est l'opinion de René Hamel, président et chef de la direction de SSQ Groupe financier, qui estime que c'est là un moyen de contrer certains des impacts des faibles taux sur la stabilité financière des assureurs.

«Des produits aux critères très simples qui n'ont pas besoin d'être expliqués pendant une heure par des actuaires» sont intéressants, dit René Hamel. Selon lui, le risque que d'importants changements tarifaires soient mis en avant dans un proche avenir rend les réseaux de distribution un peu nerveux. De plus, il est peu probable que les produits à long terme soient maintenus dans leur forme actuelle.

D'où l'importance pour les assureurs de personnes de contempler une offre aux primes ajustables.

À La Capitale Assurance et services financiers, «Nous n'avons pas encore trouvé la bonne formule pour faire en sorte que ces produits soient adéquats pour les clients» et pour les assureurs, explique Steven Ross, chef de l'exploitation du secteur Assurance de personnes et services financiers.

Jacques Desbiens, président de l'Union-Vie, admet que son produit équitable «n'a pas résolu tous nos problèmes financiers».

L'arrivée de ces produits sur les marchés serait une excellente nouvelle pour Gino Savard, président de Mica services financiers. «Si j'ai l'occasion de vendre un produit ajustable qui permettra au client de diminuer sa prime, dit-il, je lui en vendrai certainement.»

À titre de distributeur, il concède que les conditions actuelles rendent les choses difficiles. Les hausses de tarification sont plus difficiles à vendre, et il est de ceux qui s'inquiètent de la prise de risque de certains assureurs. «L'époque des produits "cow-boy" est finie, mais on se demande parfois comment certains assureurs feront pour honorer leurs engagements», ce qui rend les conseillers soucieux.

Certains produits qui offrent des garanties de revenus à vie (GRV) ont causé de graves ennuis aux assureurs, ce qui a incité les réseaux de distribution à faire preuve de prudence lorsqu'ils évaluent les produits qu'on leur soumet.

«Des produits ajustables seraient intéressants. C'est une bonne chose pour le client», conclut-il.

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