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Siéger à un C.A. c'est mettre sa passion au service des autres

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DOSSIER PHILANTHROPIE - Siéger à un conseil d'administration (C.A.) demande temps et passion. Un certain développement des affaires peut aussi en résulter pour un conseiller qui y siège, mais rien n'est garanti.


Mathieu Lapointe-Moreau, conseiller en placement à la Financière Banque Nationale, siège sur trois C.A. soit celui de la Fondation Saint-François, qui amasse des fonds pour le Séminaire Saint-François, celui de la Fondation de recherche chiropratique du Québec, qui vise à financer la recherche en chiropractie, et celui de l'Association des clubs d'entrepreneurs étudiants (ACEE) du Québec, une organisation qui vise à stimuler l'intérêt des jeunes pour l'entreprenariat.

« À la base, ce qui m'intéresse, c'est la santé, l'éducation et l'entreprenariat. Ce sont toutes des causes qui sont représentées dans mon implication, explique-t-il. Si la cause ne vous tiens pas à coeur, vous ne trouverez pas l'énergie pour vous y investir et, puisque c'est bénévole, il faut vraiment que vous ayez envie d'être là.»

C'est un avis que Maxime Gauthier, conseiller en épargne collective et chef de la conformité chez Mérici Services financiers, partage. Il préside le conseil d'administration de Naissance Renaissance Estrie, un organisme qui apporte de l'information, du soutien et de l'aide aux parents et aux familles ayant des enfants âgés de deux ans ou moins.

« Le travail lié à une implication à un C.A. dépend de la personne elle-même et du poste qu'elle a choisi d'occuper. Personnellement, lorsque je m'implique, je le fais entièrement. Je préside le conseil, je prépare les réunions, je cherche des commandites, je fais des levées de fonds et je consulte régulièrement la directrice de Naissance Renaissance pour savoir si l'organisme a des besoins particuliers qu'il faudrait aborder durant les réunions.»

Des contacts, oui mais...

Est-ce que le fait de siéger sur un C.A. peut donner au conseiller des occasions de développer ses affaires? C'est loin d'être le moyen le plus efficace de faire des rencontres intéressantes, selon les deux conseillers.

« Il faut le faire en premier parce qu'on croit dans la mission de l'organisme et parce qu'on veut y consacrer du temps, indique Maxime Gauthier. Ce n'est pas un club social! C'est certain que ce genre d'implication vous permettra de rencontrer des gens, mais ce n'est pas vrai que six mois après avoir été nommé, tous les membres du C.A. seront vos clients.»

« Ce sont des gens que je pourrais rencontrer de toute façon, ajoute pour sa part Mathieu Lapointe-Moreau. Il faut que votre implication passe par votre coeur et si le fait de siéger à un C.A. vous permet de faire du développement d'affaires, tant mieux, mais vous ne devez pas vous concentrer là-dessus.»

Ce dernier préfère d'ailleurs ne pas parler de son implication sur des C.A. à sa clientèle: « Mon implication est partiellement expliquée sur LinkedIn, mais je ne cherche pas à diffuser le message à grande échelle. Je ne veux pas m'exposer puisque ce n'est pas la raison qui me motive.»

Attention aux conflits d'intérêts


Les conseillers connaissent bien le monde des finances et pourraient vouloir mettre leur expertise au service de l'organisme qu'ils servent. Par exemple, un conseiller qui voudrait aider son organisme en lui trouvant un meilleur taux pour un compte d'épargne, même en renonçant à sa commission, se retrouverait en situation de conflit d'intérêts, prévient Maxime Gauthier.

« Il faut faire attention. Prenons l'exemple d'un organisme qui aurait plusieurs milliers de dollars de côté pour financer un éventuel achat immobilier. Si un conseiller siégeant sur son C.A. décide de proposer de mettre les sommes dans un compte à intérêt quotidien dont il serait le représentant, il se met en position de conflit d'intérêts. C'est le cas même s'il renonce à sa commission et qu'il se retire des discussions du C.A. qui pourraient toucher ces sommes. La Chambre de la sécurité financière (CSF), me l'a assuré.»
 
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