Finance et investissement - Jean Campeau dénonce l'aventure des PCAA à la Caisse
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Jean Campeau dénonce l'aventure des PCAA à la Caisse

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Fort de ses dix ans et quatre mois passés à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec, entre 1980 à 1990, Jean Campeau détient le record de longévité au poste qui incarne le mieux le pouvoir économique québécois.

PDG du bas de laine sous les gouvernements de René Lévesque et de Robert Bourassa, il avait été responsable dans les années 1970 des emprunts du gouvernement du Québec à titre de sous-ministre des Finances. Coprésident de la fameuse Commission Bélanger-Campeau sur l'avenir politique du Québec, tenue en 1990 sur les débris de l'accord du lac Meech, il a alors côtoyé un certain Henri-Paul Rousseau, qui en était le secrétaire. Il nous entretient de sa vision et d'une passion qui l'anime corps et âme à l'âge de 77 ans : la Caisse de dépôt et placement du Québec.

La Caisse a beaucoup investi dans le papier commercial adossé à des actifs. Était-ce là le fruit d'une stratégie de rendement à tout prix ?

Si c'était le cas, ce serait désastreux. Certains disent que la rémunération des gestionnaires de la Caisse dépend beaucoup des primes, ce qui les aurait entraînés à prendre trop de risques. Par ailleurs, il semble que quelques semaines avant l'éclatement de cette crise, des trésoriers d'entreprises auraient été contactés par leurs banquiers afin d'acheter du papier commercial. Peut-être voulaient-ils le faire sortir de leur bilan ?

Un trésorier d'entreprise n'ana-lyse pas le marché. Il se fie à son courtier ou à sa banque, qui lui disent que la Caisse en a pour 13 G$. Le trésorier se dit ensuite que la Caisse a de bons analystes, qu'elle connaît la musique. Quoi qu'il en soit, il y a eu un manquement grave : aucune lumière ne s'est allumée à la Caisse, comme dans tout système de placement qui se respecte, par exemple lorsqu'on dépasse tel ou tel pourcentage d'actif. La Caisse doit donner beaucoup de pouvoirs à son vérificateur interne. Mais le gouvernement du Québec doit aussi donner pleine liberté au Vérificateur général, de façon à surveiller la gestion interne de l'organisation, à l'instar de l'ensemble des ministères. La bavure du papier commercial est inacceptable. Ici, je dois faire mon mea culpa : je regrette de m'être opposé à l'entrée du Vérificateur à la Caisse lorsque j'en étais président.

Une personne qui ne connaîtrait pas très bien le monde de la finance et qui aurait lu les journaux après la démission d'Henri-Paul Rousseau serait convaincue qu'une des bonnes idées du XXIe siècle consisterait à faire de la Caisse un gestionnaire comme les autres, à la recherche du rendement pur. Qu'en pensez-vous ?

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