See also Investment Executive Samedi 13 mars 2010 FINANCE ET INVESTISSEMENT en page d'accueil

Finance Investissement

Finance et Investissement.com

Tendances: Tout comme en 1929

nouvelle vedette
OUTILS
Envoyer à un ami

Envoyer à un ami


Imprimer
Nous écrire

On parle beaucoup de la Grande Dépression dans les médias du monde entier, par les temps qui courent.

Prenez ce reportage de la lettre politique américaine CounterPunch intitulé « Light at the end of the tunnel? Wrong! », un titre qui ferait sourire Éric Sprott. L'article décrit les conséquences de la crise sur le secteur financier et l'économie en général, ainsi que les mesures prises par les gouvernements. Citant universitaires et médias « sérieux », le texte mentionne que la récession actuelle est la pire de l'après-guerre et se compare aisément à la Grande Dépression des années 30. Pour certains, ça va prendre plus de trois ans avant que le marché immobilier résidentiel ne redécolle. Et le Trésor américain risque de se retrouver dans une situation très inconfortable : les acheteurs pourraient bouder les prochaines émissions de dette américaine.

CounterPunch rappelle que le FMI évalue désormais à quatre trillions de dollars la taille des actifs toxiques accumulés par les banques et les assureurs du monde. Jusqu'à maintenant, les institutions financières ont déclaré des pertes totalisant 1,25 trillion $US, ce qui signifie qu'elles seraient actuellement en faillite technique. Or, justement, la crise actuelle et la Grande Dépression sont toutes deux marquées par un endettement excessif des consommateurs, notamment par des hypothèques; dettes qui se retrouvent coincées dans le système financier mondial.

La production industrielle, les exportations, les flux des capitaux, la confiance des consommateurs, l'immobilier résidentiel ont baissé plus rapidement partout dans le monde qu'après le krach de 1929. Une étude des professeurs Barry Eichengreen, de l'Université de Californie à Berkley, et de Kevin O. Rourke, du Trinity College de Dublin, multiplie les graphiques sur le sujet, tous plus évocateurs les uns que les autres. Elle est affichée sur le site Vox intitulé « A tale of two depressions ». Les deux chercheurs n'hésitent pas à conclure que la crise actuelle est aussi sévère que celle de 1929. Mais ils se réjouissent de la réaction des gouvernements : en 29, ils s'étaient croisé les bras.

Aujourd'hui, elles ont permis de prévenir la déconfiture du système financier mondial. Mais n'est-ce qu'un cataplasme sur une jambe de bois avant que le système financier mondial ne s'implose définitivement?

Les conséquences de la crise

Elles sont multiples et souvent inattendues, comme le souligne le magazine Foreign Policy, dans son édition de mars/avril. Dans un texte intitulé « The long legs of the crash : 13 unexpected consequences of the financial crisis », le magazine constate que le mode de vie privilégié de certains sur Wall Street est désormais une chose du passé. Qu'en cette époque où même un pays riche comme l'Icelande est en faillite technique, certaines conséquences de la crise sont moins évidentes que d'autres. Le magazine en dénombre 13 :

1- Votre gouvernement deviendra plus intelligent : Avec une récession mondiale, les gouvernements ont plus de facilité à recruter des cerveaux. Il y a tout juste un an, un jeune loup de 25 ans levait le nez sur le fonctionnariat car les emplois très payants se multipliaient dans la haute finance internationale. Aujourd'hui, ils recherchent la sécurité de la fonction publique.

2- Il sera aussi davantage corrompu : Avec la baisse mondiale de la demande de biens et de services, les contrats gouvernementaux représentent la sécurité dans un monde incertain. Les entreprises vont donc prioriser leur survie avant leur éthique. Ce qui passe souvent par de juteux pots de vins envers les politiciens de ce monde, rappelle l'organisme Transparency International. Des scandales comme celui des compteurs d'eau de Montréal vont se multiplier.

3- Moins de smog : tant et aussi longtemps que l'économie demeurera ne récession, les émissions mondiales de gaz à effet de serre diminueront, comparé aux prévisions catastrophistes des scientifiques. On va mieux respirer pendant un certain temps.

4- Le Far West du Net : Pour se sortir de la protection de la faillite ou tout simplement pour survivre, bon nombre de médias imprimés se tournent massivement vers l'Internet pour accroître leurs revenus publicitaires. Attendez-vous à vous faire agresser par tous ces « pop-ups » et autres publicités envahissantes.

5- L'opium du peuple: Des universitaires ont démontré qu'entre 1968 et 2004, le taux de participation aux églises américaines a augmenté de 50%.

6- Retour en force de la caisse scolaire : Deux économistes des universités Berkeley et Stanford ont démontré que les réalités macroéconomiques de votre enfance influencent vos choix financiers personnels à l'âge adulte. Attendez-vous à trouver des dollars sous le matelas de vos rejetons!

7- Les jupes vont rallonger : Il y aurait une corrélation directe entre les fluctuations des marchés financiers et la longueur des jupes. Dans un marché « bear », la jupe recouvre habituellement le genou. Dans un marché « bull », elle le révèle. En temps économiques incertains, rappelle des études en biologie comportementale, les hommes rechercheraient des partenaires plus « matures ». Une étude universitaire a donc fait la relation entre les photos des pages centrales du magazine Playboy et les fluctuations de la Bourse. Durant les récessions, les photos de Playboy montrent des femmes plus vieilles et... plus rondes. Des études similaires démontrent la même chose dans les films comiques : les acteurs y sont plus âgés durant les récessions.

8- « Engagez-vous, rengagez-vous, qu'ils disaient! » : De par le monde, ce sont les 18-24 ans qui seront les plus frappés par la crise. Le groupe cible idéal pour les recruteurs militaires. Pour la première fois en cinq ans, l'armée américaine a dépassé ses objectifs dans ce domaine durant les trois derniers mois de 2008.

9- La polyvalente, c'est cool! : La hausse du taux de chômage diminue la capacité de nombreux parents de financer le collège privé de leurs enfants. De plus, la crise économique se traduit par une diminution, dans de nombreux pays, des dons aux universités. Ce qui affecte directement le financement des bourses destinées aux étudiants moins fortunés. Avec le durcissement du crédit, bien des parents auront de la difficulté à emprunter pour financer les études supérieures de leurs enfants.

10- Papy au boulot : Bien des babyboomers refuseront de prendre leur retraite, car leurs portefeuilles ont perdu trop de leur valeur. Conséquence : les plus jeunes devront attendre longtemps leurs promotions.

11- Le village global se rétrécit : Le protectionnisme va sévir et le tourisme international va diminuer. De même que les voyages d'affaires et les programmes d'études à l'étranger.

12- Le triomphe des « permabears » : Des gens comme Éric Sprott et Nouriel Roubini vont nager dans les points Aéroplan. On les verra comme conférencier partout sur la planète.

13- La Grande Dépression est à la mode : Attendez-vous à ce que la liste des best sellers soit farcie de livres sur cette époque. Ainsi que des guides de survie inspirés des trucs de ceux qui ont connu les années 1930. Les historiens ne chômeront pas. Et les médias vont multiplier les documentaires sur cette période.

 

SUR LE MÊME SUJET Tendances : Attention aux pyromanes! - 09.02.11
Tendances : La potion Obamix à la rescousse - 09.01.28
Tendances : des bourgeons au milieu du gouffre - 09.03.25
Publicité

Indices boursiers

Symbole Cours $ Variation $ Variation
S&P/TSX Composé 12013.82 34.12  
NASDAQ Composé 2367.66 -.8  
Dow Jones Industriel 10624.69 12.85  
S&P 500 1149.99 -.25  
Can. Dollar .982 .0057  
Mis à jour aux 15 minutes
Publicité