Tendances: les fonds éthiques sévèrement touchés
17.06.2009 - 05:06 - Stéphane Desjardins
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Certains croient que les critères éthiques en matière d’investissement auraient pu permettre de prévenir la crise financière actuelle. La réalité du marché ne penche toutefois pas en leur faveur.
C'est du moins ce que rapporte le site Free Financial Today, dans un article intitulé « Why the sun is sinking for ethical investors ».
Reprenant un article du journal The Observer, le site mentionne que les fonds spécialisés dans la récupération des matières recyclables et les énergies renouvelables affichent des pertes plus sévères que les fonds traditionnels.
Les investisseurs qui cherchent à équilibrer leurs placements selon des principes éthiques, notamment pour protéger l'environnement, souffrent actuellement de pertes plus sévères que les investisseurs « ordinaires ». Ils ont été frappés par leur exposition à de plus petites firmes, qui elles-mêmes ont été davantage affectées par les marchés en baisse. Ces investisseurs n'ont pu bénéficier de la protection de titres généralement à l'abri de la récession, comme les pharmaceutiques et les compagnies de tabac.
Le fonds vert typique investit tant dans des industries dites « propres » que dans des firmes de recyclage et d'énergies renouvelables, comme le solaire et l'éolien. Les derniers chiffres britanniques disponibles indiquent qu'ils ont chuté du tiers pour la période de 12 mois se terminant en février dernier. Une baisse de 5% supérieure aux fonds non éthiques cotés à Londres. Voilà un écart qui ne surprend guère puisque lorsqu'un pays entre en récession, ce sont les titres des PME qui connaissent habituellement les plus fortes baisses en Bourse. Et comme les compagnies « vertes » sont habituellement des PME...
De plus, les fonds éthiques ont souffert de la contre-performance de plusieurs multinationales qui avaient annoncé un virage vert. L'article cite en exemple la banque HBOS, une des stars déchues de la finance britannique, qui avait amorcé sa propre conversion « éthique ». Pourtant, cette banque a fini par être nationalisée après avoir pris des risques énormes sur les marchés de change. Plusieurs fonds éthiques avaient des banques au sein de leurs actifs.
D'autre part, les investisseurs dits éthiques ont tendance à s'attacher plus longtemps à leurs fonds pour des questions philosophiques. La majorité des investisseurs non éthiques ont tendance à vendre dès que les mauvaises nouvelles s'accumulent.
Mais les malheurs des fonds éthiques peuvent constituer leur principal avantage. Alors que les marchés reprennent leur envol, les investisseurs avisés cherchent habituellement de bonnes valeurs « dissimulées dans le marché ». Les fonds éthiques investissent habituellement dans de telles firmes, dont le potentiel de croissance est souvent élevé. De plus, certains de ces fonds affichent une performance plus qu'enviable à long terme.
Mais pour plusieurs investisseurs, leurs choix de placements sont avant tout dictés par leur aversion à investir dans des fabricants d'armes, des firmes qui testent leurs produits sur les animaux, qui abusent des droits humains ou qui investissent dans l'alcool ou le jeu. Certains investisseurs végétariens ne veulent rien savoir de toute firme liée de près ou de loin à la consommation de viande.
Se projeter dans l'après crise
Certains décideurs planifient déjà l'après crise. Et incitent investisseurs et gens d'affaires à se positionner en conséquence.
C'est le cas de la secrétaire d'État au Numérique et à la Prospective économique de la France, Nathalie Kosciusko-Morizet, citée par le Figaro dans un article intitulé « Nous devons nous projeter dans la sortie de crise ».
Pour Mme Kosciusko-Morizet, le soleil brillera à nouveau dans la période 2010-2012. Elle a même lancé un site Internet pour recueillir les avis des experts et des citoyens sur les nouvelles valeurs qui vont émerger au lendemain des turbulences actuelles. Fin avril, elle organisait un colloque où il fut question de l'évolution des valeurs des Français en ces temps difficiles.
Elle veut ainsi canaliser les esprits vers des projets qui permettront de lutter contre « les nouvelles pauvretés et le déclassement ». Elle veut aussi s'attaquer à « la santé mentale et des déterminants du bien-être ».
« Il est important de mieux cerner les critères d'épanouissement de la société contemporaine. C'est l'idée du bonheur économique », dit-elle.
Bon, d'accord, on est loin des mesures entreprises par la France et les autres gouvernements européens pour sauver le Vieux Continent de la dèche économique et financière. Mais, bon, il faut bien préparer le terrain lorsque l'on connaîtra à nouveau la prospérité...
Les « ratés » des plans de relance
Alors qu'au Canada, les municipalités se plaignent de la lenteur avec laquelle Ottawa délie les cordons de sa bourse, certains politiciens américains se sont lancés dans la chasse aux scandales liés au plan de stimulation de l'économie de 787 G$US annoncé par l'administration Obama.
Dans un texte intitulé « Battle of the Stimulus, Project for Project », le site Internet de journalisme ProPublica fait état d'un rapport publié par un sénateur républicain de l'Oklahoma, Tom Coburn, qui fait état de « gaspillage » dans l'attribution de ces fonds.
Certains des projets dénoncés par Coburn : une barricade de protection de 1,2 M$US pour un réservoir pratiquement à sec en Oklahoma, un prêt pour un programme de sans-abri d'une banlieue de New York qui n'a aucun problème de sans-abris, et un pont pratiquement inutilisé desservant un Country Club du Wisconsin. Le rapport du sénateur « célèbre » ainsi les premiers 100 jours du plan de relance.
Un membre de l'administration Obama a répondu qu'avec de tels montants, il ne serait pas surprenant que les décideurs publics fassent quelques erreurs. Mais plusieurs projets dénoncés par les Républicains n'ont jamais existé ou figurent en queue de liste du programme de relance économique. Ils ont donc peu de chance d'être réalisés. Mais en politique, la démagogie l'emporte souvent sur la logique.
Par contre, certains projets à l'allure farfelue ont un soutien enthousiaste de la part des décideurs locaux. Comme ce pont pour les tortues migratrices dans la région de Tallahassee, en Floride. Un journaliste local ayant révélé ce projet et... les réactions outrées de certains lecteurs. « L'université de Floride coupe 200 emplois et on investit dans la protection de tortues! », réagit un lecteur du Tallahassee Democrat.Mais les écologistes estiment que l'autoroute où sera aménagé le « pont à tortues » affiche un des pires taux de mortalité au monde pour ces sympathiques bestioles, qui jouent un rôle majeur dans la chaîne alimentaire. Certains jours, c'est l'hécatombe sur le bitume. Une situation qui menace la sécurité des automobilistes et... l'avenir de certaines espèces de tortues.
Comme quoi la relance de l'économie américaine peut aussi faire l'affaire des écologistes.
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