Le Canada demeure vulnérable
16.06.2009 - 09:21 - Stéphane Desjardins
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Même si les marchés financiers sont à la hausse depuis quelques mois et malgré le train de mesures gouvernementales destinées à faire renaître la confiance, le système financier demeure vulnérable, constate la Banque du Canada dans un rapport publié hier.
Les gouvernements de par le monde ont certes multiplié des mesures énergiques destinées à faire renaître la confiance dans le système financier international, à faciliter le flux de crédit et à soutenir l'activité économique, explique la Banque dans sa « Revue du système financier » de juin. Elle constate aussi que le fonctionnement des marchés du crédit s'est nettement amélioré. « Néanmoins, de vives tensions persistent au sein du système financier mondial », prévient-elle.
« Les perturbations qui continuent de secouer les marchés financiers sont aggravées par la contraction exceptionnellement marquée de l'activité économique que la crise financière provoque sur l'ensemble de la planète », ajoute la Banque, qui croit que le système financier planétaire fait encore face à beaucoup d'incertitude.
Mais la Banque ajoute que le Canada s'en tire mieux que la plupart des autres pays. Elle estime donc que le risque global pesant sur le système financier canadien est sensiblement le même qu'en décembre.
La Banque ne semble pas partager l'optimisme des marchés quant à la reprise économique actuelle. « L'évolution de la conjoncture dans les économies avancées a contribué ces derniers temps à la réduction des déséquilibres mondiaux, quoique cette amélioration semble de nature plus cyclique que structurelle.
Si les mesures d'intervention prises par les autorités à l'échelle mondiale pour régler la crise ne se soldent pas par un déplacement durable de la demande - les sources de demande internes des pays en développement d'Asie prenant le relais de la consommation excessive aux États-Unis -, le risque que la correction éventuelle des taux de change soit brutale et désordonnée subsistera. De telles fluctuations rapides des taux de change et des prix des actifs auraient des effets négatifs sur les entreprises et les institutions financières canadiennes », écrit-elle.
La Banque reconnaît que le système financier mondial commence à émerger de la pire crise depuis les années 1930. « Le scénario le plus probable est qu'une amélioration graduelle s'opère sur les marchés financiers mondiaux et dans les conditions du crédit au Canada à mesure que les diverses initiatives internationales commenceront à porter leurs fruits », affirme-t-elle.
Mais « les banques canadiennes ne sont pas à l'abri d'une détérioration marquée de la conjoncture économique, qui comprimerait leurs revenus et entraînerait des pertes dans leurs portefeuilles de prêts aux ménages et aux entreprises. (...) Les banques pourraient alors être forcées de restreindre la croissance de leurs bilans, provoquant du même coup un durcissement des conditions du crédit susceptible d'aggraver les retombées de la récession sur le système financier » ajoute-t-elle.
En décembre, la banque avait identifié cinq sources de risques pour la stabilité du système financier canadien. Dans son plus récent rapport, la Banque note que le risque a diminué dans deux de ces secteurs : la liquidité et les ratios de fonds propres. Mais le risque s'est accru du côté des bilans des ménages et de l'économie mondiale. Et il demeure inchangé sur le front de la volatilité des taux de change et des déséquilibres dans l'économie mondiale.
La Banque note également que la reprise des entreprises canadiennes pourrait prendre du temps, alors qu'elles tentent d'alléger le fardeau de leur dette. Elle observe aussi les effets de l'intégration de l'économie canadienne à celle des États-Unis et, dans une certaine mesure, à l'économie mondiale. Alors que nos principaux partenaires économiques en arrachent, le Canada pourrait voir la reprise de son économie significativement ralentie.
Tous ces risques pourraient se traduire par des difficultés financières qui se répercuteraient inévitablement sur les bilans de nos institutions financières.
Avec James Langdon, d'Investment Executive
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