Les clés pour servir des clients militaires

« Les militaires ont surtout besoin d’un accompagnement professionnel qui va au-delà des produits […] ils n’ont pas le temps de faire de la paperasse. Les militaires ont besoin d’une institution financière dotée d’une certaine agilité », explique Patrice Bergeron, directeur général de la Caisse Desjardins des militaires, située à Saint-Jean-Sur-Richelieu.

Les études de marché produites par Desjardins révèlent que cette clientèle représente près de cinq milliards de dollars de ventes d’affaires potentielles.

Le Québec compte 19 333 membres des Forces armées canadiennes (FAC), dont 10 878 membres de la Force régulière. Ils ont en moyenne 35 ans.

Les institutions financières s’intéressent depuis peu à cette clientèle. Par exemple, ce n’est qu’en 2008 que BMO a lancé son site consacré aux services bancaires pour les FAC et a commencé à offrir des plans financiers précis aux soldats.

Répondre aux besoins

Les travailleurs des FAC sont souvent appelés à se déplacer, au Canada comme à l’étranger. Les conseillers ayant des clients militaires doivent comprendre cette réalité et bien les accompagner dans leurs déménagements successifs.

Pour répondre à ce besoin, BMO a décidé d’offrir aux militaires une option de transférabilité de leur hypothèque.

« Si une personne des FAC se fait transférer en Colombie-Britannique, elle peut transférer son hypothèque à une institution BMO de cette province sans pénalité », affirme Chantale Choquette, directrice de la succursale de BMO sur la base de Saint-Jean-Sur-Richelieu.

Cet accompagnement se fait même à l’international. Grâce aux outils mobiles, les soldats peuvent maintenant avoir accès à leurs finances au bout de leur téléphone cellulaire. Cependant, le conseiller doit s’assurer de répondre aux besoins quotidiens.

« Les déploiements réguliers mettent de la pression sur la famille. Nous offrons un encadrement spécifique pour répondre à ce besoin, affirme Patrice Bergeron. Sans oublier qu’il est possible que le militaire revienne blessé de sa mission. Dès lors, nous devons également accompagner les familles dans cette nouvelle réalité. »

En raison des déploiements en zone de guerre, les produits d’assurance vie et d’assurance invalidité deviennent importants, comme l’explique Patrice Bergeron.

Accompagnement fiscal


Accompagnement fiscal

Les militaires bénéficient de multiples exonérations d’impôt pour leur service. Le conseiller doit bien les connaître pour aider ses clients à s’y retrouver.

« Une bonne partie des allocations que les militaires reçoivent sont non imposables. Toutefois, leur salaire, ainsi que leur prime d’éloignement et les allocations de représentation restent imposables, rapporte Réginald Mentor, fiscaliste. Il ne faut pas oublier qu’au final, les gens des FAC sont des employés de Sa Majesté la Reine. Ils reçoivent un T4 du gouvernement comme tout fonctionnaire. »

Parmi les exonérations non imposables, la Loi énonce « le total des sommes reçues par le contribuable au cours de l’année au titre soit d’une allocation de soutien du revenu […] soit d’une indemnité d’invalidité, d’une indemnité de décès, d’une allocation vestimentaire ou d’une indemnité de captivité. »

De plus, les pensions reçues par les soldats, ou leur famille, pour cause d’invalidité ou de décès survenus pendant une guerre ne sont pas imposables.

« Il faut noter que les pensions de retraite ordinaires des militaires sont imposables, et que celles mentionnées ci-dessus ne le sont pas », précise Réginald Mentor.

Par ailleurs, malgré les multiples déplacements, les soldats des FAC devront être imposés au taux d’imposition de la province où ils demeurent à la fin de l’année.

« En règle générale, on est considéré résident de la province où l’on réside au 31 décembre de l’année », explique Réginald Mentor.

Encore une fois, le rôle d’accompagnateur du conseiller est mis en évidence.

« Ce que nous voyons souvent c’est un militaire qui arrive d’une autre province pour s’établir au Québec en milieu d’année. C’est certain qu’il frappe un mur fiscal, puisque pendant un certain nombre de mois, il a payé de l’impôt dans une autre province. Nous offrons ainsi un accompagnement fiscal approprié qui lui permet de réajuster le tir », affirme Patrice Bergeron.

Après l’armée

Les soldats passent rarement la totalité de leur vie active au sein des FAC. Dès lors, ils sont admissibles à une pension et retournent à la vie civile. Cette deuxième carrière comporte un défi à la fois fiscal et financier.

Pour accéder au calcul de la pension, cliquez ici

« Les militaires ont un montant de base provenant de leur pension militaire et un revenu provenant de leur nouvelle carrière. Les anciens militaires vont récolter un revenu substantiel qu’il est possible de maximiser. C’est à ce moment que nous intervenons. Nous leur donnons une formation tout en leur présentant les options qui s’offrent à eux », exprime Patrice Bergeron.

Photo Shutterstock