2011 une année de reprise pour les assureurs vie
26.01.2011 - 09:56 - Guillaume Poulin-Goyer
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La hausse anticipée des taux d'intérêt à long terme et des marchés boursiers favorisera les assureurs vie en 2011. Les performances de leurs titres devraient surpasser celles des banques.
En 2010, la valeur des actions des banques canadiennes a crû de 6,4 % alors que celle des assureurs vie reculait de 5,5 %, note Michael Goldberg.
Les banques ont bénéficié de la reprise économique et tiré avantage de leur solide santé financière pour accumuler des capitaux, au point d'être mieux pourvues en liquidités qu'avant la crise financière. Les assureurs ont vu leurs profits minés entre autres par les bas taux d'intérêt à long terme, qui accroissent la valeur actualisée de leurs passifs.
Le contexte actuel, qui laisse présager une hausse à la fois des taux d'intérêt et du prix des actions en 2011, devrait faire rebondir les titres des assureurs, selon Michael Goldberg. La Financière Manuvie, qui pèse lourd dans l'indice canadien des assureurs vie, est un bon exemple de cette prévision.
« Si vous croyez comme nous que les rendements obligataires ont plus de chance de monter, alors l'action de Manuvie devrait avoir une tendance haussière. Cependant, la sensibilité de l'action de Manuvie aux rendements obligataires et aux marchés des actions rend l'entreprise plus risquée que la moyenne », dit Michael Goldberg.
À l'inverse, un recul des marchés boursiers ainsi qu'une diminution des rendements obligataires guettent les sociétés d'assurance vie.
D'autres facteurs de risque inquiètent l'analyste. « Une autre préoccupation demeure quant à l'évolution du marché du crédit européen. Quelques assureurs vie ont une exposition au marché obligataire européen, en l'occurrence Great West et Sunlife », ajoute Michael Goldberg.
Sur le plan des produits à revenu garanti, qui ont occasionné des maux de tête aux assureurs en raison de la faiblesse des taux d'intérêt à long terme, Michael Goldberg estime que les assureurs vie devront augmenter leurs prix et réduire leur sensibilité aux rendements obligataires.
L'incertitude plane toujours quant à l'application des nouvelles normes internationales d'information financière, mieux connues sous leur nom anglais d'International Financial Reporting Standards (IFRS). On ignore encore si les éléments de passif des assureurs vie seront liés ou non à la valeur des actifs adossés à ces passifs. Une déconnexion entre les deux créerait beaucoup de volatilité dans les bénéfices des assureurs, selon Michael Goldberg.
« L'adoption de la phase 2 des IFRS se fera en 2013 (...) Je crois qu'ils en arriveront à une solution qui ne devrait pas amener une trop grande volatilité. Cela rendrait plus difficile, tant pour les investisseurs que le Bureau du surintendant des institutions financières ou l'Autorité des marchés financiers, d'évaluer le niveau de capital. Il y aura une meilleure solution », note-t-il.
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