Stages supervisés demandés

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FI RELÈVE - Les apprentis conseillers des secteurs des valeurs mobilières et de l'épargne collective devraient suivre une démarche de stages supervisés semblable à celle qui prévaut en assurance de personnes, selon l'Association professionnelle des conseillers en services financiers (APCSF). En assurance de personnes, les recrues font des stages de trois mois au cours desquels les transactions doivent être approuvées par leurs superviseurs.

«Les stages supervisés favoriseraient ainsi la relève en valeurs mobilières et en épargne collective», avance Flavio Vani, président de l'APCSF.

«Comme en assurance de personnes, les produits et les questions de conformité en épargne collective et en valeurs mobilières ne sont pas simples. Nous voulons sensibiliser l'industrie et l'Autorité des marchés financiers (AMF) aux avantages des stages supervisés», ajoute-t-il.

Dans le cadre de la consultation 33-404 des Autorités canadiennes en valeurs mobilières sur le rehaussement des obligations des conseillers et des courtiers à l'égard de leurs clients, l'APCSF a produit un mémoire qui en appelle à «une supervision plus étroite» des nouveaux conseillers.

Selon ce mémoire, le superviseur d'un conseiller débutant «devrait avoir la même responsabilité légale que l'apprenti conseiller pour les transactions qu'il approuve» (http://tiny.cc/d21nhy).

Du temps qui rapporte

En assurance de personnes, le superviseur «peut facilement passer deux à trois heures par jour avec le stagiaire», souligne Isabelle St-Jean, coprésidente du cabinet Torrus Groupe Financier, de Laval.

Cette conseillère et représentante en épargne collective supervise de cinq à six nouveaux conseillers en sécurité financière chaque année, en compagnie de l'autre coprésident de Torrus, Bobby Lanctot.

«Les nouveaux venus doivent maîtriser les ressorts de la conformité, des nouveaux produits et de l'informatique. C'est très exigeant. C'est pourquoi il faut accompagner les stagiaires pas à pas, et jusque dans leurs rendez-vous avec la clientèle», dit Isabelle St-Jean.

L'entrepreneure se dit «tout à fait d'accord» avec la proposition de l'APCSF, étant donné la complexité des industries des valeurs mobilières et de l'épargne collective.

Faux problème ?

Certains experts du milieu ont toutefois des doutes. Maxime Gauthier, chef de la conformité de Mérici Services Financiers, juge ainsi qu'«il n'y a pas de vérité absolue en matière de supervision de nouveaux conseillers».

«Je ne crois pas que le taux d'erreur des conseillers en début de carrière pose problème. C'est du moins ce que j'observe à l'intérieur du réseau Mérici. Est-ce parce que nos jeunes sont particulièrement bons ? C'est fort possible», dit-il.

«Je dois préciser que je n'ai jamais entendu, de la part de nos concurrents ou des autorités en valeurs mobilières, des préoccupations concernant les taux d'erreur des conseillers débutants. Il n'y a peut-être pas de problème à cet égard», affirme l'avocat, qui est également représentant en épargne collective.

Chez Mérici, chaque conseiller débutant est mis en relation avec trois, quatre ou même cinq conseillers d'expérience.

«Nous encourageons les conseillers débutants à tester leurs idées et leurs approches auprès de ces conseillers d'expérience. Ils se forgent ainsi leur propre identité professionnelle. Je crois que le début de carrière des représentants en épargne collective peut se vivre autrement que dans les bureaux d'assureurs», explique Maxime Gauthier.

Plus que trois mois

Président de Mayhews et associés, Michel Mailloux se dit «d'accord en principe» avec la proposition de l'APCSF et de son président Flavio Vani.

«Les produits sont trop complexes et la formation est insuffisante. La tendance générale de l'industrie des fonds communs et des valeurs mobilières va dans le sens proposé par l'APCSF, soit davantage de formation et de suivi en début de carrière», dit ce spécialiste de la déontologie et de la conformité.

Michel Mailloux, qui est également planificateur financier, ajoute que les stages proposés par l'APCSF pourraient durer plus que trois mois, tant en assurance de personnes qu'en valeurs mobilières et en épargne collective.

«Un stage accroît les compétences, ce qui est très important pour le conseiller, les firmes et l'industrie. On pourrait exiger davantage que trois mois», soutient-il.

Selon lui, il faudrait évaluer les stagiaires de la même façon d'une entreprise à l'autre. En outre, signale-t-il, il serait temps de réfléchir à la possibilité d'évaluer les superviseurs de stages.

«Je souhaiterais des formations spécifiques aux superviseurs de stages afin d'attester de la qualité de l'encadrement des futurs conseillers.»