15.11.2008 - Pierre Picard
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L'âge de la conversion d'un REER en FERR
Il est clair que le fait de contribuer à un REER jusqu'à 71 ans, plutôt qu'à 69 ans, constitue un avantage réel. D'autres facteurs de-vront être pris en compte pour faire un choix éclairé.
En matière de REER, deux règles de base valent toujours leur pesant d'or : commencer à contribuer tôt et retarder le plus possible le moment du décaissement.
"Dans la mesure du possible, il vaut mieux contribuer à un REER jusqu'à l'âge maximum permis de 71 ans. Dans une perspective de retraite, c'est important surtout si la personne n'a pas un fonds de pension d'un employeur", fait remarquer d'entrée de jeu Jean-Rémy Deschênes, responsable affaires, gestion des avoirs au Mouvement Desjardins.
Une occasion rêvée
Ce dernier est d'avis qu'il faut profiter de ces deux années de contributions supplémentaires pour accumuler des fonds dans son régime enregistré.
Patricia Lovett-Reid, première vice-présidente chez TD Water-house, partage ce point de vue. "Ce n'est pas pour rien que le gouvernement fédéral a repoussé de deux ans l'âge limite pour contribuer à un REER, dit-elle. Les autorités fédérales savent que les Canadiens en ont besoin afin de mieux se préparer à la retraite."
Elle ajoute à cet égard que l'espérance élevée de vie au Canada, soit 78 ans chez les hommes et 82,7 ans chez les femmes, justifie pleinement la nécessité d'épargner davantage et plus longtemps. En outre, elle précise que plus de 70 % des travailleurs ont l'intention de rester au travail au lieu de prendre leur retraite.
"Unepersonnequiverse 5 000 $ par an dans son REER de-puis l'âge de 30 ans bénéficiera de 768 000 $ à 69 ans et de 874 000 $ à 71 ans, en fonction d'un taux d'intérêt moyen de 6,5 %. Le fait de contribuer deux années de plus fait donc une différence importante", note-t-elle.
Des bémols
Si les vertus d'une contribution prolongée au REER ne font aucun doute, celles d'une conversion à unFERRà71ansplutôtqu'à 69 ans ne sont toutefois pas aussi faciles à prouver, souligne pour sa part Hélène Bronsard, vice-présidente, gestion privée chez Raymond Chabot Grant Thornton.
"Le fait de retarder de deux ans la conversion d'un REER à un FERR fait augmenter la rente. Mais au bout du compte, pour ces deux années, le solde du capital demeure sensiblement le même", soutient-elle.
Hélène Bronsard donne l'exemple d'un couple, soit un homme de 59 ans qui possède un REER de 362 800 $ et une femme de 60 ans dont le REER est de 187 000 $.
Compte tenu d'un taux de rendement moyen de 5 %, la rente totale du couple sera de 48 450 $ la première année, suivant la conversion de leurs REER en FERR à 71 ans. Lorsqu'il aura 92 ans et elle 93 ans, le solde total du capital dans leurs FERR sera de 253 000 $.
Si la conversion des REER en FERR est faite à 69 ans, la rente totale du couple sera de 46 712 $ la première année qui suit cette conversion. Lorsqu'il aura 92 ans, et elle, 93 ans, le solde total du capital dans leurs REER sera de 245 000 $. Dans la perspective de la conversion REER-FERR, la différence est donc peu élevée.
Hélène Bronsard rappelle aussi que les paiements d'un FERR font partie des revenus de pension admissibles des particuliers âgés de 65 ans et plus pour le fractionnement des revenus de pension.
"Les gens qui veulent faire du fractionnement de revenus de pension entre conjoints doivent donc convertir leur REER en FERR dès 65 ans. Il s'agit toutefois d'une décisionréversible.Onpeut retournerduFERRauREER avant l'âge limite de 71 ans", mentionne-t-elle.