Il y a encore trop d'actifs toxiques
01.11.2010 - Yan Barcelo
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Aujourd'hui, le problème se trouve davantage en Europe. Là-bas, les banques font face à la menace de défaut de paiement des gouvernements.
Le compte-rendu le plus récent du bilan de santé des banques vient du Fonds monétaire international (FMI), dans le " Rapport de stabilité financière globale " d'avril 2010. Selon le FMI, de 2007 à 2010, les banques du monde devaient effectuer 2,3 billions $ US de dépréciations, ce qui représentait 4,1 % de leurs actifs totaux de 55,6 billions $ US.
On y trouve quantité d'hypothèques et de produits structurés liés à des hypothèques (mortgage-backed securities, ou MBS, collateralized debt obligations, ou CDO, etc.). À la fin de 2009, elles avaient inscrit à leurs livres 1,5 billion $ US de ces pertes, laissant un solde à comptabiliser de 800 G$ US.
Comme on peut s'y attendre, c'est en Europe et aux États-Unis que les plus importantes dépréciations devaient être faites, totalisant 2 billions $ US, dont 700 G$ US doivent encore être dépréciés. Les États-Unis ont été les plus énergiques dans leurs dépréciations, avec 680 G$ US d'actifs dépréciés à ce jour. Le solde à ce chapitre ne s'élève qu'à 206 G$ US.
Toutefois, ces grands chiffres n'offrent qu'un portrait de surface au-delà duquel il est pratiquement impossible d'aller dans les détails.
C'est une opacité que le rapport du FMI reconnaît : " Ces évaluations sont sujettes à une incertitude considérable ". On craint les limites des données, les erreurs de mesure liées à la consolidation, les variations entre pays, les changements de normes comptables, etc.
Le problème le plus aigu tient à la très grande souplesse que les banques se réservent dans le classement de leurs actifs, relève Jennifer Kapila, analyste des institutions financières au bureau londonien de Roubini Global Economics.
De fait, les banques ont trois " casiers " où elles peuvent déposer leurs actifs :
1- celui des actifs pour lesquels il existe un marché dont les prix sont affichés, donc le plus transparent ;
2- celui où les prix sont connus, mais dans un marché inactif ; " Nous sommes ici dans une zone grise ", relève Jennifer Kapila ;
3- au troisième degré, il n'existe pas de marchés ou de prix connus, et il faut se fier aux évaluations que les banques font elles-mêmes de leurs actifs, souvent à partir de modèles informatiques de fixation des prix qu'elles ont elles-mêmes élaborés.



