« En avril, nous abolirons la Financial Services Authority »
05.02.2013 - 18:18 - Assurance, Banques, Économies/marchés, Réglementation - Jean-François Parent
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Ce petit paragraphe, seul parmi les 213 autres du discours prononcé lundi par le chancelier de l’échiquier anglais George Osborne, signale que le régulateur des marchés financiers anglais paiera le prix pour la succession de catastrophes financières qui ont affligé la Grande-Bretagne depuis bientôt six ans.
Et qui pourrait bien sonner le glas d’une application très large de la réglementation par principe, la fameuse «light touch» anglaise.
En décembre dernier, le parlement anglais sanctionnait la disparition de la FSA, prévue pour le premier avril prochain. Déjà, en 2010, George Osborne
Le régulateur n’est pas le seul à porter le bonnet d’âne d’ailleurs, puisque le gouvernement anglais entend bien faire en sorte que les amendes imposées aux banques dans la foulée de la collusion sur les taux du LIBOR proviennent des poches des banquiers, et non de celles des contribuables.
Le chancelier est au gouvernement anglais ce que le ministre des Finances ou le secrétaire au Trésor sont sous d’autres cieux : l’homme fort de l’État, après le premier ministre ou le président.
Citant la séparation des rôles entre la banque centrale, l’autorité réglementaire et le Conseil du trésor, lesquels sont responsables de divers aspects de la réglementation des marchés en Grande-Bretagne, le chancelier prend le pari de tout regrouper sous un seul toit. La Banque d’Angleterre devient donc le nouveau gendarme des marchés financiers.
Et c’est ainsi que l’affable Mark Carney, ex-gouverneur de la Banque du Canada, deviendra l’homme fort de la réglementation financière internationale, Londres étant le premier marché boursier du monde.
Dans son discours où il explique le raisonnement derrière la séparation des activités bancaires et la responsabilité des grands dirigeants financiers dans les récents scandales, George Osborne relève que la séparation des pouvoirs a permis aux filous de causer tant de dommages.
« Le Trésor état inefficace, la banque centrale sans pouvoirs et le régulateur –la FSA— embourbé dans une multitude de règlements » lui faisant perdre de vue l’essentiel. Bref, la FSA « était trop occupée à voir les arbres et n’a pas vu la forêt ».
La sylve, dans ce cas-ci, c’est la dette financée par les banques, qui s’est élevée jusqu’à cinq fois la valeur de l’économie totale de l’Angleterre.
Aucun des régulateurs n’a ainsi vu que le système, et les risques que les grands joueurs bancaires ont pris pour s’enrichir à ses dépens ont mené la finance anglaise au bord du gouffre.
« Dix pour cent de la fortune de ce pays s’est évaporée », soutient le chancelier anglais.
Pour en finir avec les zones d’ombres mal réglementées, pour centraliser la réglementation prudentielle, financière et monétaire en un seul endroit afin d’éviter que de tels événements ne se reproduisent, le gouvernement britannique a pris les grands moyens.



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