Les fusillades et le marché
18.12.2012 - 11:18 - Économies/marchés, Général - Jean-François Parent
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Les tueries qui surviennent périodiquement aux États-Unis ont souvent des résultats désastreux sur les rendements boursiers des fabricants d’armes, qui arrivent cependant à rebondir dans les jours suivants. Dans la foulée de la tragédie de Newtown, par contre, les marchés semblent déterminés à punir les concepteurs de l’arme préférée des tireurs fous.
Lundi en fin de journée, le titre de Smith & Wesson avait perdu 10 % depuis le vendredi précédent, jour où 26 personnes ont été abattues dans une école par le forcené Adam Lanza à Newtown, au Connecticut. Le titre de Sturm Ruger a quant à lui perdu 12 % depuis vendredi.
Après le massacre de Virginia Tech, en avril 2007, les deux titres perdaient près de dix pour cent de leur valeur.
Au lendemain des deux élections d’Obama, les rendements boursiers des fabricants d’armes et ceux des fabricants de munitions prennent habituellement du mieux : les démocrates, réputés partisans du contrôle des armes à feu, suscitent habituellement un vent de panique parmi détenteurs d’armes qui font provision de fusils, pistolets et autres mitraillettes, parant ainsi le coup d’une interdiction éventuelle sur la vente libre.
Les armes à feu sont pourtant un secteur de croissance aux États-Unis, lit-on dans un reportage de Forbes publié cet été : plus de 5 millions d’armes ont été manufacturées en 2012, par rapport à 3 millions en 2007. En outre, les vérifications et les contrôles de permis effectués par le FBI sont en hausse de 15 % cette année – la croissance des contrôles à l’automne 2012 était par contre de 30 % par rapport à l’automne 2011.
Cela étant, les marchés semblent de plus en plus déterminés à faire payer les fabricants d’armes par rapport aux autres fusillades : alors que Columbine, en 1999, n’avait eu pratiquement aucun impact sur les marchés, à la suite de Virginia Tech, en 2007, Smith & Wesson perdait 63 de sa valeur dans l’année suivante.
Et la chute se poursuit, d’autant que les politiciens, dont les républicains, farouches opposants à toute mesure de contrôle, déclarent depuis vendredi qu’il faudra bien en discuter.
Signe des temps, le fonds privé Cerberus Capital Management, qui détient 6 % du Fortune Group, lequel contrôle une dizaine de fabricants d’armes dont le fabricant du Bushmaster AR-15, utilisé par Adam Lanza, a annoncé son intention de vendre sa participation et d’ainsi se dissocier des armes à feu.


