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Quelle crise de la retraite?

Jean-François Parent

Jean-François ParentGéographe de formation, Jean-François Parent s’est d’abord intéressé au développement régional avant de passer au journalisme. Il commence comme journaliste généraliste chez Canoë, dont il a été chef des nouvelles, et devient ensuite journaliste indépendant et signe des reportages dans les quotidiens (La Presse, Le Droit), des magazines (L’actualité, Readers Digest) et à la radio de Radio-Canada. Il fait ensuite une incursion dans le monde du documentaire et dans l’enseignement du journalisme. C’est au cours de ces nombreuses pérégrinations qu’il commence à collaborer aux publications économiques de Médias Transcontinental, notamment le journal Les Affaires, Commerce et Affaires PLUS, pour qui il a remporté un Prix du magazine canadien et un Grand Prix des magazines du Québec. Il est journaliste pour Finance et Investissement depuis juin 2006.
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L’alarme avait été sonnée bien avant l’effondrement des marchés de 2008, alors que la plupart des régimes de retraite flirtaient avec les déficits actuariels ou le manque de provisionnement. La crise financière n’a rien fait pour arranger les choses, si bien que les gouvernements songent maintenant à instaurer des régimes complémentaires de retraite publics.

L’Institut des actuaires, l’Association des bénéficiaires de régimes de retraite, certains gestionnaires et plusieurs hauts responsables gouvernementaux ont ainsi fait de la précarité des régimes de retraite une priorité nationale.

Et pourtant. L’actuaire en chef de Morneau Sobeco, Fred Vettese, écrivait récemment dans les pages de Benefits Canada que le manque de fonds pour couvrir les besoins des retraités actuels et futurs n’est pas si important qu’on le pense à première vue.

La plus grande inquiétude relativement à la retraite est d’avoir suffisament de pécule pour couler de vieux jours paisibles. Si possible en voyageant et en faisant toutes les choses qu’on n’a jamais eu le temps de faire.

Les difficultés éprouvées par les caisses de retraite et la montée, lente mais certaine, des régimes à cotisations déterminées pourraient ainsi provoquer la pauvreté des retraités.

Il y aurait pourtant suffisamment d’argent dans les bas de laine, croit Fred Vettese. Depuis 1990, l’argent détenu dans des régimes de retraite, qu’ils soient publics, privés, enregistrés ou non a plus que doublé.

De plus, l’OCDE signale dans son rapport 2009 que la proportion du revenu de retraite tirée des régimes ou d’autres actifs est l’une des plus importante parmi tous les pays de l’OCDE.

D’ailleurs, le Melbourne Mercer Pension Index place le Canada 4e au monde quant à son système de régimes de retraite, devant le Japon ou l’Allemagne.

Enfin, la pauvreté relative –où le revenu est plus bas que le seuil de pauvreté— des personnes âgées au Canada est parmi la plus basse au monde. 4,8 % des personnes de plus de 65 ans ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté.

Fred Vettese estime qu’il y a assez d’argent pour couvrir les besoins de base des retraités, mais pas tous les rêves de retraite de tous. Bref, il y a assez d’argent pour le besoins de base, mais pas pour les voyages et les gâteries bien méritées après une carrière.

Bien sûr, des améliorations peuvent être apportées à nos régimes de retraite.

Mais il faut d’abord faire la différence entre le revenu qui sera nécessaire pour vivre décemment, et celui pour vivre grassement.

Et c’est le rôle du conseiller de se livrer à un bon exercice de bilan personnel avec ses clients.

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