« Les États-Unis ne risquent pas de s’en remettre de sitôt », selon Eric Sprott
02.10.2009 - 10:13 - Non classé - Jean-François Parent
Jean-François Parent
Géographe de formation, Jean-François Parent s’est d’abord intéressé au développement régional avant de passer au journalisme. Il commence comme journaliste généraliste chez Canoë, dont il a été chef des nouvelles, et devient ensuite journaliste indépendant et signe des reportages dans les quotidiens (La Presse, Le Droit), des magazines (L’actualité, Readers Digest) et à la radio de Radio-Canada. Il fait ensuite une incursion dans le monde du documentaire et dans l’enseignement du journalisme. C’est au cours de ces nombreuses pérégrinations qu’il commence à collaborer aux publications économiques de Médias Transcontinental, notamment le journal Les Affaires, Commerce et Affaires PLUS, pour qui il a remporté un Prix du magazine canadien et un Grand Prix des magazines du Québec. Il est journaliste pour Finance et Investissement depuis juin 2006.- OUTILS
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Le gestionnaire de fonds de couverture Eric Sprott estime que les indicateurs fondamentaux de l’économie américaine n’augurent rien de bon pour la suite des choses.
Et contrairement à ce qu’on pense, les Chinois ne vont pas tellement mieux non plus.
De passage jeudi à Montréal dans le cadre de sa tournée annuelle des gestionnaires, le grand patron de Sprott Gestion d’actifs a servi cette mise en garde aux investisseurs : « Le trésor américain est à sec. Il lui faut donc maintenant imprimer de l’argent pour financer les sauvetages, et pour acheter la dette émise pour renflouer ses coffres… »
En clair, le gestionnaire étoile de Toronto affirme que le trésor américain dépense de l’argent qu’il n’a pas dans un effort qui, à l’évidence, ne fonctionne pas. « On a beau s’enthousiasmer pour une croissance de 1 % des recettes de ventes au détail par exemple, le fait est que les ventes sont encore à leurs plus bas niveaux. »
Il cite l’exemple de l’automobile, dont les chiffres sont au tiers de qu’ils étaient avant la crise.
Le problème fondamental de l’économie américaine réside notamment dans la spirale du levier utilisé par les banques, avec pour résultat que chaque semaine, la Federal Insurance Deposit Corporation (FIDC) doit en fermer une.
Pour avoir une réelle mesure de la santé de l’économie américaine, Eric Sprott insiste sur l’utilité des indicateurs du revenu gouvernemental. Ainsi, les recettes fiscales sont en moyennes 16 % plus basses cette année que l’an dernier. Les impôts payés par les sociétés ont chuté de moitié. C’est là la réelle mesure du manque à gagner américain, croit encore Eric Sprott. « Et c’est près de 80 % des prêts hypothécaires qui sont financés, en fin de compte, par l’État. La question est donc de savoir où ils prennent l’argent.
La FDIC est aujourd’hui sans le sou, au point où l’on songe à demander des prêts aux banques. « Il serait quand même ironique que les banques prêtent à la FIDC pour que celle-ci puisse sortir les banques du pétrin », dit-il, ajoutant que les mesures d’injection de capitaux équivalent à imprimer de l’argent. De là à conclure que la récession est finalement une dépression, il n’y a qu’un pas.
Ces efforts sont d’autant plus vains que les états financiers des banques sont loin d’être fiables.
Difficile, dans ce contexte, de savoir quand on arrivera à endiguer l’hémorragie. « Alors qu’elle prétendait être solide, voilà que la Bank of America nous apprend que la valeur de ses actifs tangibles était 64 G$ plus basse que ce qu’elle rapportait en juin… » C’est 64 % des actifs tangibles de la BofA, dit-il.
Mais la Chine ne peut-elle aider l’économie mondiale à se relever? « N’y comptez pas. Elle a déjà consacré le quart de son PIB au sauvetage de l’économie, avec le résultat qu’elle est aujourd’hui [en surcapacité]. »
L’économie chinoise étant tributaire des exportations, le fait que ces dernières ne soient tout simplement pas au rendez-vous augure plutôt mal. « Ils ont maintenant plein de produits, comme l’acier ou le ciment, qui dorment sur les tablettes », poursuit Eric Sprott.
Au point où on apprenait récemment que le prix de l’acier serait abaissé de 10 % dans un effort pour mousser les exportations. « Ne comptons pas sur la Chine pour nous sortir du pétrin. »
Et dire qu’on croyait voir la lumière au bout du tunnel…
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5 commentaires
ENFIN une personne qui nous donne l’heure juste, MERCI
Il y a un bon bout que monsieur Sprott donne des “avertissements” dans ce sens et il n’est pas le seul. Les États-Unis sont dans une m…. pas possible. Je suis parfaitement d’accord que l’on nous ment sur l’état véritable de leur économie. Pas très rose le portrait. Gare aux profiteurs (les banques en particulier) qui finissent souvent par tirer leur épingle du jeu sur notre dos évidemment. Le Canada n’est pas si à l’abri que cela.
Sprott est trop pessimiste. Je ne croit pas qu’un comptable connaît vraiment les marché financiers.
Il va dans le même sens que les libertariens autrichiens comme Ron Paul et surtout Peter Schiff.
L’économie ne s’est pas remise d’elle-même, les États ont absorbé la dette et financer massivement (voire racheter) des entreprises inefficaces.
Schumpeter aurait dit qu’il fallait les laisser tomber pour que des entreprises plus innovantes prennent la relève.
Maintenant, on paiera la note, collectivement, avec les intérêts.
Dieu que ça nous prendrait moins d’ingérences du politique dans nos vies… Leur seul but est de rester au pouvoir, en donnant l’impression qu’ils font de bonnes choses.
Sprott est l’un des rares “réalistes” qui constate que Wall Street n’est absolument pas arimé sur Main Street. Ce qui se passe sur l’un ne réflète vraiment pas ce qui se passe sur l’autre. La courbe de l’endettement publique n’est pas parallèle à la courbe des marchés boursiers …