Êtes-vous des professionnels?
29.05.2009 - 10:40 - Réglementation - Jean-François Parent
Jean-François Parent
Géographe de formation, Jean-François Parent s’est d’abord intéressé au développement régional avant de passer au journalisme. Il commence comme journaliste généraliste chez Canoë, dont il a été chef des nouvelles, et devient ensuite journaliste indépendant et signe des reportages dans les quotidiens (La Presse, Le Droit), des magazines (L’actualité, Readers Digest) et à la radio de Radio-Canada. Il fait ensuite une incursion dans le monde du documentaire et dans l’enseignement du journalisme. C’est au cours de ces nombreuses pérégrinations qu’il commence à collaborer aux publications économiques de Médias Transcontinental, notamment le journal Les Affaires, Commerce et Affaires PLUS, pour qui il a remporté un Prix du magazine canadien et un Grand Prix des magazines du Québec. Il est journaliste pour Finance et Investissement depuis juin 2006.- OUTILS
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C’est la question qui vient à l’esprit lorsque des litiges entre les clients et leur conseiller aboutissent devant les tribunaux.
Lors d’un désaccord entre un client mécontent de la performance de son portefeuille et son conseiller, plusieurs recours existent.
On fait d’abord appel à la direction du cabinet pour intervenir, puis on remonte la filière, parfois jusqu’à l’ombudsman dans le cas d’une institution financière.
Certains dossiers se retrouvent à l’AMF, qui n’a pas pour mandat d’arbitrer les différends, mais qui ouvrira un dossier pour s’assurer que les règles ont été respectées.
Puis, en dernier ressort, la cause aboutit parfois devant les tribunaux. Et c’est là que le bât blesse.
Dans une entrevue à paraître dans la prochaine édition de Finance et Investissement, le spécialiste des litiges en valeurs mobilières Serge Létourneau relate que, dans les recours qu’il mène, « le problème des conseillers financiers, c’est qu’ils se présentent comme des professionnels alors qu’ils agissent comme des hommes d’affaires ».
Le nœud du problème : alors que toute la publicité de l’industrie des services financiers est axée sur la possibilité d’entretenir une relation de confiance avec un professionnel, dès que les choses se gâtent, adieu la relation professionnelle.
De l’ouverture d’un compte à la préparation des objectifs de placement en passant par la planification financière, les clients misent sur l’expertise de leur conseiller. Ils leur font confiance. S’abandonnent même complètement à eux dans la plupart des cas.
Les conseillers, eux, ont un devoir de moyens. Ils expliquent les tenants et les aboutissants de la stratégie proposée, s’assurent de bien connaître leur client et doivent même parfois les protéger contre eux-mêmes en refusant des stratégies risquées.
Une relation professionnelle implique que le client devrait pouvoir signer des formulaires les yeux fermés. Sur la table d’opération, à l’hôpital, le client est anesthésié sans se demander s’il fait la bonne affaire, s’il doit lire les petits caractères.
Il est sûr que si quelque chose tourne mal, le médecin fera tout en son possible pour son patient. Et qu’il sera redevable en cas de faute ou d’erreur.
Mais lorsqu’un client éprouve un soudain malaise face à une stratégie impliquant l’utilisation d’un levier financier par exemple, il est réputé être responsable de sa déconvenue si les choses tournent mal.
Et s’il engrange des pertes à la suite de la stratégie proposée par le conseiller, on lui rétorque qu’il savait très bien ce qu’il faisait.
C’est souvent vrai. Mais le contraire aussi. Un client qui veut poursuivre un courtier se fait alors dire qu’il avait accepté les transactions, qu’il comprenait ce qui se passait, qu’il était prêt à assumer le risque. Bref, qu’il est responsable de ce qui lui arrive.
L’avocat Létourneau cite l’exemple des transactions autorisées par un client dans son compte, qui illustre à quel point ce dernier fait généralement confiance à son représentant. Même si le courtier doit obtenir l’assentiment du client pour une transaction, dans les causes plaidées par Me Létourneau, il n’est pas rare que sur un millier de transactions, aucune n’ait été refusée.
Cela montre que quoi qu’on en dise, les investisseurs ne sont pas aussi avisés que l’industrie le prétend. « De sorte que même si le client est consulté et approuve les transactions, la réalité est que le courtier décide. Si bien qu’il devient de plus en plus gestionnaire auprès de clients plus ou moins avisés », poursuit Serge Létourneau. Et cela sous-entend des obligations du conseiller envers son client.
Pour avoir souvent couvert les histoires d’horreur impliquant des transactions douteuses au détriment de clients, je me suis souvent demandé comment les clients auraient se prémunir contre les manœuvres parfois dolosives de leurs conseillers.
Et, à la lecture des dossiers judiciaires, les répliques des courtiers ou des conseillers aux doléances de leurs clients mécontents m’ont souvent laissé pantois.
J’ai encore en mémoire la réponse d’un grand courtier bancaire à cette septuagénaire qui s’est retrouvée avec un portefeuille hautement risqué. Une perte de 700 000 $. La réponse? La dame aurait dû lire les relevés, et surveiller son conseiller. Bref, la retraitée n’avait qu’à s’en prendre à elle-même.
C’est d’ailleurs la perspective qu’adoptent un peu trop souvent les tribunaux. Il fallait lire les contrats, faire diligence, prendre les moyens pour réduire les pertes.
On n’exige jamais d’un patient qu’il prenne les moyens pour réduire les torts causés par son médecin. Si les conseillers s’estiment professionnels, pourquoi alors exiger des clients qu’ils prennent des mesures pour se méfier d’eux?
Un représentant n’est pas seulement quelqu’un qui exécute une transaction, poursuit Serge Létourneau. Il devient gestionnaire pour son client. « Et c’est encore trop rare qu’un représentant agisse vraiment dans l’intérêt du client. Tous ceux qui viennent me voir pour récupérer des sommes perdues estiment que leur confiance a été trahie. » On leur a proposé des transactions, on leur en a expliqué les risques potentiels, mais surtout, on leur a demandé leur confiance.
Bien sûr, un avocat représentant des plaignants a une meilleure connaissance du côté noir des choses. Me Létourneau le concède et, surtout, il constate que la fraude et le dol sont plutôt rares.
Mais il se dit perplexe face à une industrie qui se prétend composée de professionnels qui semblent se défiler face à leurs obligations lorsque les choses vont mal pour le client.
Certains prétendent pourtant que les firmes de courtage font exactement ce que Ford a fait dans les années 1970 avec la tristement célèbre Pinto. Lorsqu’il fut prouvé que le réservoir à essence explosait à la suite d’un impact, le constructeur a estimé qu’il revenait moins cher de dédommager les victimes que de remédier au vice de fabrication.
«Les institutions font la même chose avec leurs clients», croit Jean-Claude Dorval, un gestionnaire de fonds de Québec souvent cité comme témoin expert dans des procès. C’est pourquoi les firmes préfèrent laisser les clients s’empêtrer dans de longs et coûteux procès. Tout le contraire du professionnalisme.
Et vous, êtes-vous un professionnel?
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2 commentaires
BONJOUR,
UN COURTIER EN VALEURS MOBILIÈRES EST COMME UN AGENT D’IMMEUBLES, IL REPRÉSENTE AUTANT L’ACHETEUR QUE LE VENDEUR, ALORS IL EST CONSTAMMENT EN CONFLIT D’INTÉRÊT ET CE QUI ARRIVE IL PENSE SEULEMENT À LA COMMISSION QU’IL VA FAIRE EN FAISANT UNE TRANSACTION À N’IMPORTE QUEL PRIX POUR LE PAYEUR ET SE FOUTE DES SUITES DE LA TRANSACTION, MAIS IL SE DIT: JE DOIT FAIRE UNE TRANSACTION SINON IL N’Y A PAS D’ARGENT À FAIRE AVEC CE CLIENT. ET AUSSI FAIRE LA TRANSACTION LA PLUS PAYANTE POSSIBLE, CE QUI N’EST PAS NÉCESSAIREMENT DANS L’INTÉRÊTE DU CLIENT.
JEAN G.
“INVESTISSEUR RETRAITÉ ÉCHAUDÉ PAR UN JEUNE COURTIER EN VALEURS MOBILIÈRES DE SHERBROOKE,QC ET CE, MÊME AVANT LA CRISE ÉCONOMIQUE ACTUELLE”
Je suis représentant en épargne collective et ce que je crois, c’est tout simplement que depuis toujours, les gens ont été habitué à la gratuité des services financiers et que de ce fait, les représentants ne peuvent convenir avec eux d’ententes de service à honoraire raisonnables tant pour l’ouverture l’ouverture d’un nouveau dossier que de sa mise à jour (fréquence variable). À cela s’ajoute le fait que l’AMF accroît sans cesse la lourdeur administrative à laquelle le représentant doit se soumettre, ce qui augmente chez lui le stress de gagner du revenu et cela dans un contexte de conflit d’intérêt quant aux solutions proposées (elle est belle la sauce!!). Il faut être un “Saint” doté d’un diplôme de psychiâtre, pouvoir pratiquer la voyance et cela sans pouvoir bénéficier du droit de se tromper si l’on veut dormir sur nos deux oreilles.
Je crois qu’au Québec le monde de la finance doit commencer à responsabiliser davantage l’investisseur qui décide d’investir dans les produits financiers tels que les fonds communs et tous leursa Hybrides, donc cesser de l’infantiliser.
Dans le domaine de l’immobilier par exemple, lorsqu’un individu décide de s’acheter un immeuble à revenu, peu importe son côut, s’il a obtenu le financement nécessaire et même s’il n’a pas d’expérience dans ce domaine, quand le marché de la location devient difficile au point où notre individu réalise que la réalité est loin d’être ce que lui avait décrit l’agent immobilier lors de l’acquisition, bien que nous sommes ici aussi dans une situation d’investissement, jamais le client ne pourra transférer sa responsabilité d’affaire au courtier ou à la banque qui l’ont “AIDÉ” a réaliser son projet d’investissement.
Alors même si nous établissons les meilleurs stratégies d’investissement pour un client, même si nous lui offrons un service de suivi “A1″, nous devons même lui dire que si un jour quelque chose lui déplait même si cela n’est pas de notre ressort, il n’aura qu’à se plaindre à l’AMF et elle verra rapidement à l’appuyer “GRATUITEMENT” puisqu’elle sera payée à même les amendes qu’elle percevra de la part du représentant et elle lui indiquera même comment faire pour porter sa cause auprès de d’autres instances judiciaires, histoire d’alimenter un système qui se gavera à son tour jusqu’à épuisement des ressources du représentant.
Le client se tournera ensuite vers l’offre de service gratuit proposé par “SA BANQUE”. Déontologiquement, il se verra proposé une stratégie hyper conservatrice qui marquera la fin de son droit à la richesse.
JMB