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Plus riche grâce au damné levier

Christian Benoit-Lapointe

Christian Benoit-LapointeFort d'un baccalauréat en communication auquel s'ajoutent des études en vulgarisation scientifique et un diplôme d’études supérieures en gestion, Christian Benoit-Lapointe a rapidement adopté l'univers de la presse économique. À ce titre, il relate avec intérêt l'évolution de l'industrie financière depuis quatre ans. De plus, il a terminé son cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada (CCVM). Au cours de sa carrière, il a collaboré à plusieurs publications (dont Objectif Conseiller, L'actualité et Affaires PLUS) et à quelques quotidiens (La Presse et Le Devoir). Son travail et sa rigueur lui ont d'ailleurs valu le Prix de la relève aux Grands prix de Magazines du Québec. Il a aussi été finaliste du concours de la Canadian Business Press au cours des trois dernières années. Il est journaliste pour Finance et Investissement depuis novembre 2007.
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En utilisant le levier financier, vos clients pourraient prendre leur retraite six ans plus tôt, ou maintenir leur niveau de vie 27 ans plus longtemps.

En effet, lorsque l’âge officiel de la retraite aura sonné, le portefeuille des investisseurs qui ont utilisé l’investissement par emprunt serait de 90 % plus élevé que celui de ceux qui ont investi selon une démarche cycle de vie et 19 % en comparaison d’un portefeuille 100 % investi en titres boursiers.

C’est du moins la conclusion de l’étude Life-Cycle Investing and Leverage: Buying Stock on Margin Can Reduce Retirement Risk, publiée par deux professeurs de l’Université Yale, Ian Ayres et Barry Nalebuff.

Comment sont-ils arrivés à cette conclusion? Prenons un client âgé de 25 ans qui dispose chaque année de 5000 $ à investir pour sa retraite. Durant 15 ans, il empruntera le même montant pour investir 10 000 $ dans un indice boursier.

Or, le rendement moyen de la Bourse américaine depuis 1871 a été de 9,1 %. Le coût d’emprunt moyen était de 5 %, ce qui donnait un rendement net de 4,1 % sur les fonds empruntés pour l’investisseur.

Évidemment, cette étude a été publiée avant le cyclone boursier de l’automne, mais la démarche des auteurs proposait aussi un processus de désendettement dès 40 ans, justement parce qu’une chute des marchés est fatale à l’approche de la retraite. Ce faisait, les investisseurs se trouvent à étaler leur risque sur plusieurs décennies, en comparaison avec un investisseur qui reste en phase d’accumulation durant la trentaine et qui dispose de sommes intéressantes à faire fructifier seulement durant la quarantaine et la cinquantaine.

Évidemment, discuter d’investissement à levier avec ses clients doit être un sujet assez délicat alors que le désendettement (deleveraging) est sur toutes les lèvres.

Pourtant, les taux d’intérêt sont au plancher.

Et malgré la récente poussée, les marchés demeurent abordables. Jusqu’à preuve du contraire, ils demeurent à long terme un formidable outil d’enrichissement.

Enfin, avec la baisse des marchés, beaucoup de clients ont du rattrapage à faire. Ne bénéficieraient-ils pas d’un petit coup de levier?

Les conseillers qui ont proposé un levier de 200 % sur le portefeuille de retraite de leurs clients à l’aube de la retraite méritent d’être sanctionnés, mais utilisé de façon responsable, le levier peut rendre service à vos clients.

Qu’en pensez-vous? Avez-vous vécu des expériences positives… ou désastreuses avec cet outil? Et croyez-vous que le contexte est favorable à l’investissement par emprunt?

3 commentaires

Marcel
05.05.2009 - 14:02

Je veux bien, mais je vais attendre qu’il y ait plus de visibilité dans les marchés. Si je conseille à mon clients d’emprunter 25 000$ pour investir à la Bourse et que le TSX perd 1000 points, je vais passer un mauvais quart d’heure. Le client serait peut-être plus riche dans 10 ans, mais il ne sera peut-être plus mon client…
Donc du levier, j’en fais pour mes affaires personnelles. Avez-vous trouvé une façon d’en parler à vos clients?

06.05.2009 - 15:02

Moi je crois en cette stratégie si utilisée avec parcimonie. Dans une vision à long terme, elle peut être très bénéfique. Je privilégie la formule SANS rappel de marge, afin d’éviter d’être obliger de vendre au pire moment.

Aussi, lorsque je l’a met en place, je ne retiens que des fonds communs de type équilibré ou de revenu qui surclassent leurs moyennes sur 10 ans minimum.

La période actuelle est une fenêtre dans le temps qui nous est rarement ouverte dans une génération. Rappelons que depuis 200 ans, seulement 2 années civiles ont connues des baisses aussi considérables que 2008, soit 1931 et 1937. Entrer dans le marché après des creux historiques, c’est ce donc tout gestionnaires de type valeur rêvent!

Olivier
15.05.2009 - 23:52

J’ai pris la décision d’utiliser un “effet de levier) pour investir massivement dans les marchés. En fait, je viens d’hériter d’une maison en plus d’un montant assez interessant (après impot) qui couvre largement l’hypothèque restante. A la place de rembourser cette hypothèque, (que je peux me permettre de payer aisément) je vais la convertir en marge pour investissement. (Ce qui en rends les intérêt déductibles.)

Le risque est modéré, puisque mon taux d’intérêt faible (3,95 terme de 5 ans) et les possibilitées de rendement sur cet horizon sont assez unique. Comme je suis jeune (25 ans) je ne me retrouverai dans l’obligation d’encaisser l’argent a court terme. Bref j’ai de la marge de manoeuvre.

Sauf que comme tout, il faut être conscient que c’est une statégie risquée, et être pret a faire face aux conséquences en cas que ça ne fonctionne pas selon nos espérances

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